Depuis ce 12 octobre 2026, les noms des 268 morts pour la France du bataillon français de l’ONU en Corée figurent sur le monument national aux morts en opérations extérieures, aux côtés de leurs frères d’armes de toutes les générations du feu.
La cérémonie, présidée par Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, en présence de l’ambassadeur de la République de Corée en France, s’est tenue au parc André-Citroën, à Paris. Ont également été inscrits les noms des soldats morts pour la France au sein de l’ONUST, la mission d’observation des Nations unies créée en 1948 au Moyen-Orient, ainsi que lors de l’expédition de Suez en 1956.
Entre 1950 et 1953, près de 3 500 militaires français se sont portés volontaires pour ce conflit lointain. Sous le drapeau des Nations unies, ils sont venus défendre la Corée du Sud, sa liberté et son existence même, menacées par l’expansionnisme communiste.
À leur tête, une figure hors du commun : le général Raoul Magrin-Vernerey, dit Monclar. Pour commander ce bataillon, il renonça à ses quatre étoiles de général de corps d’armée et reprit les galons de lieutenant-colonel.

Intégrés à la 2e division d’infanterie américaine, l’« Indianhead », les Français prirent part à 14 batailles victorieuses, dont trois engagements décisifs pour le cours de la guerre.
La date de la cérémonie ne doit rien au hasard. Le 12 octobre 1951, il y a exactement 75 ans, le bataillon français s’emparait des pitons rocheux de Crèvecœur, au terme de combats d’une violence inouïe. Monclar, ancien poilu de 14-18, les comparera à ceux de Verdun.
La République de Corée garde une mémoire vive de l’engagement et du sacrifice de ces soldats venus se battre à des milliers de kilomètres de chez eux. Il était juste que la France inscrive à son tour leurs noms au cœur de sa mémoire nationale, auprès de tous ceux qui ont donné leur vie pour elle, unis par le même idéal et par cette fraternité d’armes dont Patrick Beaudouin, président de l’association des anciens et des familles des volontaires du bataillon français, a si bien parlé.
Un hommage mérité, longtemps attendu par les 16 derniers vétérans encore en vie, par leurs familles, et par tous ceux, institutions comme associations, qui font vivre leur mémoire et ont œuvré à cette reconnaissance.










