CHRONICORUM BELLI du 12 septembre

12 septembre -490 (date approximative) : bataille de Marathon (guerres médiques).

12 septembre 1213 : bataille du Muret (croisade des Albigeois).

12 septembre 1218 : fin du siège d’Avignon.

12 septembre 1683 : bataille de Kahlenberg (Autriche).

12 septembre 1814 : bataille de Baltimore.

12 septembre 1819 : mort du feld-maréchal prussien Gebhard Leberecht von Blücher.

12 septembre 1847 : bataille de Chapultepec (guerre américano-mexicaine).

12 septembre 1855 : le général Aimable Pelissier accède au maréchalat.

Aimable Jean Jacques Pélissier, duc de Malakoff, né le  à Maromme et mort le  à Alger, est un officier militaire devenu maréchal de France, et un administrateur colonial. Artilleur de formation, il sert ensuite dans l’état-major et remplit à de nombreuses reprises les fonctions d’aide de camp. Il participe ensuite à la conquête de l’Algérie et en ressort quinze ans plus tard avec le grade de général de division. Appelé en Crimée pour y prendre le commandement en chef des troupes françaises, il est fait maréchal de France après la chute de Sébastopol le . Titré duc de Malakoff en récompense de cette victoire, Pélissier enchaîne les postes sous le Second Empire avant d’être nommé gouverneur général de l’Algérie en 1860. Il meurt dans l’exercice de ses fonctions à Alger, le .

***

Fils de Pierre Pélissier, commissaire des poudres et salpêtres, et de Catherine Chartier, le jeune homme choisit la voie militaire et entre à l’Académie de La Flèche le . Peu après, le , il intègre l’école de Saint-Cyr et en ressort avec le grade de sous-lieutenant le . À cette date, il est incorporé dans l’artillerie de la Maison du Roi avant de passer au 57e régiment d’infanterie de ligne le  de la même année, Louis XVIII ayant fui le retour de Napoléon le . Alors que se déroule la campagne de Belgique, il sert sur le Rhin avec son unité et ne participe donc pas aux combats. L’année 1815 s’achève par une affectation à la légion départementale de la Seine-Inférieure, corps au sein duquel Pélissier sert pendant quatre ans.

Il est ensuite affecté au corps d’état-major en 1819. En 1823, il fait l’expédition d’Espagne comme aide de camp et reçoit les croix de la Légion d’honneur et de Saint-Ferdinand d’Espagne. En 1828, il participe à la campagne de Morée et, à cette occasion, reçoit la croix de Saint-Louis. Il prend part à l’expédition d’Alger de 1830, ce qui lui vaut à son retour le grade de chef d’escadron. Après quelques années à l’état-major à Paris, il est envoyé de nouveau en Afrique du Nord, en 1844, lors de la guerre du Maroc, et commande l’aile gauche française à la bataille d’Isly. Il occupe le poste de chef d’état-major de la province d’Oran avec le grade de lieutenant-colonel.

Pélissier a un comportement particulièrement inhumain lors de l’enfumade du Dahra, en , au cours duquel il fait périr plusieurs centaines de combattants et civils (dont femmes, enfants et vieillards), sans distinction, qui avaient cru trouver asile dans les grottes du Dahra. Malgré le scandale, durant lequel le ministre de la Guerre Jean-de-Dieu Soult le désavoua totalement, déclarant que « la peau de l’un de mes tambours avait plus de valeur que ces 760 personnes », le gouverneur-général Bugeaud nomma Pélissier, qui n’avait fait que suivre les méthodes conseillées par le gouverneur, au grade de général de brigade. Il est ensuite promu général de division en 1850, puis nommé une première fois gouverneur-général de l’Algérie en , poste qu’il conserve pendant sept mois.

Le , il prend l’oasis de Laghouat (siège de Laghouat). Environ les deux tiers (2 500 à 3 000 sur un total de 4 500 habitants restant dans la ville assiégée), y compris des femmes et des enfants, sont massacrés, avec le général Youssouf.

En mai 1855, il est envoyé en Crimée, où il remplace le maréchal Canrobert comme commandant en chef des forces françaises devant Sébastopol. Son commandement se caractérise par une pression impitoyable sur l’ennemi et une détermination immuable à mener sa campagne hors de toute ingérence parisienne. Sa persévérance est récompensée le  avec le succès de l’assaut donné sur Malakoff. Le 12, il est promu maréchal de France. Franc-maçon, il participe à la création de la loge « St Jean de Crimée » pendant le siège de Sébastopol, en 1856. Officier particulièrement dur, il n’avait d’aimable que le prénom : L’un de ses soldats en Crimée, excédé, le met en joue et tire. Incident de tir, le coup ne part pas. Pélissier qui a tout vu, inspecte l’arme et constatant un manque d’entretien de l’arme punit le soldat pour ce motif… et celui-là seul.

À son retour à Paris, il est nommé sénateur, fait duc de Malakoff et nanti d’une pension annuelle de 100 000 francs par Napoléon III. De  à , il est ambassadeur de France à Londres, d’où il est rappelé pour prendre le commandement de l’armée d’observation sur le Rhin. Il devient la même année grand chancelier de la Légion d’honneur.

Dans son discours à Alger du , Napoléon III dit que « Le but de la France doit être d’élever les Arabes à la dignité d’hommes libres, de répandre sur eux l’instruction, tout en respectant leur religion, d’améliorer leur existence en faisant sortir de cette terre tous les trésors que la Providence y a enfouis et qu’un mauvais gouvernement laisserait stériles. » Cependant, après la suppression du ministère pour l’Algérie et les colonies, Napoléon III se voit contraint, en , de rétablir le poste de gouverneur-général de l’Algérie : la nomination du maréchal Pélissier est accueillie avec enthousiasme, aussi bien par l’armée que par les fonctionnaires civils et les colons. Il est secondé par le général de Martimprey et Gustave Mercier-Lacombe.

Napoléon, conseillé par Ismaïl Urbain, fait adopter le Sénatus-consulte du 22 avril 1863 que Pélissier met en œuvre sans enthousiasme. D’après le général du Barail, il avait beaucoup vieilli : « alourdi, empâté, somnolent, il s’en remettait au prestige de sa gloire et au souvenir de ses actes passés d’implacable rigueur pour maintenir l’Algérie dans le calme et la soumission. Il n’avait jamais beaucoup aimé le travail et ne l’aimait plus. Les occupations sérieuses le fatiguaient ; il les écartait, cueillait les roses du pouvoir et en dédaignait les épines … [t]ant et si bien qu’un beau matin de mars 1864, on se réveilla avec une insurrection sur les bras. »

Militaires, colons et caïds se montrent réticents à mettre en œuvre le projet de Napoléon III, tandis que le peuple algérien est hostile au « cantonnement » (la spoliation de leurs terres, destinées aux colons, en dépit de l’empereur). Les Sidi Cheikh se soulèvent en , suivis par les Flittas en mai, dans la région de Relizane. Si Slimane écrase le colonel Beauprêtre et ses troupes, puis son frère Si Mohammed étend l’insurrection à presque tout le Tell. Quant à Pélissier, il meurt le , d’une congestion cérébrale.

Un village voisin de Mostaganem, Les Libérés militaires, est alors rebaptisé Pélissier en son honneur, avant de prendre le nom de Sayada lors de l’indépendance de l’Algérie.

Durant sa carrière, Pélissier a été couvert d’honneurs et a été le premier maréchal du Second Empire créé duc.

12 septembre 1919 : D’Annunzio s’empare de Fiume.

12 septembre 1942 : le RMS Laconia est coulé au large de l’île de l’Ascension

12 septembre 1943 : un commando allemand libère Mussolini (Italie – Abruzzes).

12 septembre 1987 : mort à 67 ans du colonel Georges Laouénan, légionnaire, Compagnon de la Libération.

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