14 septembre 533 : Bélisaire entre dans Carthage.
Victorieux la veille à Ad Decimum, le général byzantin Bélisaire marche sur Carthage et met fin à un siècle de domination vandale en Afrique du Nord. L’autorité impériale est rétablie sur la province la plus riche de l’ancien Empire d’Occident.
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Le royaume vandale d’Afrique, établi par Genséric après la prise de Carthage en 439, contrôlait depuis près d’un siècle l’une des provinces les plus prospères de l’ancien Empire romain d’Occident ; grenier à blé de Rome, et base navale d’où les Vandales avaient conduit le sac de Rome de 455.
L’empereur Justinien, engagé dans un programme de reconquête de l’Occident, y envoie à l’été 533 une expédition placée sous le commandement de Bélisaire : une force relativement modeste, une quinzaine de milliers d’hommes selon les évaluations usuelles, transportée par une flotte de plusieurs centaines de bâtiments.
Le débarquement s’effectue sans opposition, la flotte vandale étant alors engagée en Sardaigne contre une révolte. Bélisaire progresse vers Carthage le long de la côte, en veillant à ne pas laisser ses troupes piller les populations locales — précaution politique autant que disciplinaire, destinée à obtenir le ralliement de la population romanisée et catholique, hostile aux Vandales ariens.
Le 13 septembre, à Ad Decimum (la dixième borne milliaire sur la route de Carthage), le roi vandale Gélimer tente une manœuvre d’encerclement en trois colonnes. Elle échoue par défaut de coordination : les éléments engagent séparément, et la mort du frère de Gélimer dans l’un des affrontements désorganise le commandement vandale au moment décisif.
La route de Carthage est ouverte. Bélisaire y entre sans combat dans les jours qui suivent, la ville n’étant pas défendue. Il y fait proclamer le rétablissement de l’autorité impériale et interdit strictement le pillage.
Gélimer, réfugié à l’intérieur, rassemble ses forces et livre une seconde bataille à Tricamarum, en décembre 533, où il est définitivement battu. Il se rendra au printemps 534 et figurera au triomphe de Bélisaire à Constantinople.
L’Afrique du Nord redevient une province impériale, sous le nom de préfecture du prétoire d’Afrique. La reconquête sera durable (Byzance y restera plus d’un siècle et demi) mais coûteuse : les révoltes berbères et les mutineries de troupes byzantines occuperont la province pendant des décennies, jusqu’à la conquête arabe de la fin du VIIe siècle.
14 septembre 1515 : fin de la bataille de Marignan.
Lire le texte sur Theatrum Belli.

14 septembre 1759 : mort de Montcalm (Québec – actuel Canada).
Il meurt à 05 h 00 du matin, dans le couvent des Ursulines de Québec, d’une balle reçue la veille sur les plaines d’Abraham. Son adversaire, Wolfe, est mort la veille au soir. En 15 minutes de salve britannique, la Nouvelle-France a perdu sa capitale et son commandant en chef.
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Louis-Joseph de Montcalm-Gozon, marquis de Saint-Véran, naît le 28 février 1712 au château de Candiac, dans l’actuel département du Gard. Il appartient à une lignée de la noblesse d’épée languedocienne, dont la carrière militaire est la vocation naturelle et à peu près la seule ressource.
Son parcours est celui, très banal pour son milieu, d’un officier entré au service dans l’enfance : enseigne à 9 ans, capitaine à 17, colonel en 1743. Il n’a rien du théoricien ni de l’officier de cour.
Ce qui le distingue, en revanche, c’est un courage physique répétitivement éprouvé. Montcalm est un officier formé au combat frontal en lignes serrées, dont toute la carrière a validé l’audace personnelle comme vertu militaire première. À la bataille de Plaisance, en juin 1746, chargeant à la tête de son régiment, il reçoit 5 blessures (dont deux coups de sabre) et tombe entre les mains des Autrichiens. Échangé, il reprend le service et combat l’année suivante à l’Assiette, où il est de nouveau blessé. Il avait déjà participé aux sièges de la guerre de Succession de Pologne, dont celui de Kehl, en Bade, en 1733.
La nomination au Canada
En 1756, la guerre de Sept Ans s’ouvre officiellement, alors que les hostilités ont commencé deux ans plus tôt en Amérique du Nord. Le commandant des troupes françaises au Canada, le baron de Dieskau, vient d’être blessé et capturé au lac Saint-Sacrement. Versailles doit le remplacer.
Le choix se porte sur Montcalm, promu maréchal de camp et envoyé outre-Atlantique avec un renfort de bataillons réguliers. Il embarque à Brest sur la frégate La Licorne et débarque à Québec au printemps 1756.
Il y trouve une situation dont la difficulté n’est pas d’abord militaire. La Nouvelle-France compte environ 60 000 colons face à plus d’un million et demi d’habitants dans les colonies britanniques. Les renforts métropolitains sont dérisoires : quelques milliers d’hommes, quand les Anglo-Américains aligneront jusqu’à 40 000 combattants, dont 23 000 mille soldats de métier.
Trois victoires en trois ans
Montcalm n’en obtient pas moins une série de succès qui retardent l’issue de trois années.
- Fort Chouaguen (Oswego), sur le lac Ontario, est enlevé le 14 août 1756 avec plus de mille sept cents prisonniers. La prise coupe les Britanniques de l’accès aux Grands Lacs.
- Fort William Henry, sur le lac Saint-Sacrement, capitule en août 1757. La garnison, autorisée à se retirer avec les honneurs, est attaquée sur la route par les alliés amérindiens de Montcalm, furieux d’être privés du butin et des prisonniers que la coutume de guerre leur garantissait. Sur cet épisode, souvent présenté dans l’historiographie anglo-saxonne (et dans la fiction, depuis Fenimore Cooper) comme une trahison française, il convient d’être précis : Montcalm intervint personnellement et rapidement pour faire cesser les violences, et les recherches modernes ont considérablement révisé à la baisse le bilan longtemps avancé. Le malentendu était structurel : les capitulations à l’européenne, qui accordaient les honneurs de la guerre, privaient les auxiliaires autochtones de la rétribution qui motivait leur participation.
- Carillon (Ticonderoga) est sa victoire la plus remarquable, le 8 juillet 1758 : environ 3 500 cents hommes retranchés derrière un abattis repoussent un assaut frontal de 15 à 16 000 assaillants, avec des pertes britanniques considérables. C’est aussi la bataille où flotte, selon une tradition largement diffusée au Québec, le drapeau qui serait à l’origine du fleurdelisé actuel. Cette filiation est toutefois contestée par les historiens.
En 1758, Montcalm est promu lieutenant-général et reçoit le commandement de toutes les forces militaires du Canada ; ce qui le place au-dessus du gouverneur général Pierre de Rigaud de Vaudreuil, né au Canada et partisan d’une tout autre manière de faire la guerre.
Le désaccord est doctrinal et il est profond. Vaudreuil défend la guerre de coups de main, de raids et d’embuscades, conduite avec les miliciens canadiens et les alliés amérindiens, qui avait donné à la Nouvelle-France une supériorité durable sur un territoire immense. Montcalm, formé aux campagnes d’Europe, concentre l’effort sur la défense des forts et les batailles rangées, se défie des auxiliaires autochtones et tient les miliciens en médiocre estime.
Les deux hommes s’affrontent par mémoires et par correspondances envoyées séparément à Versailles. La subordination de l’un à l’autre à partir de 1758 n’apaise rien.
La même année, Montcalm adresse à la métropole une analyse remarquablement lucide : il annonce la défaite et demande des renforts qu’il sait ne pas devoir obtenir. Louis XV, engagé sur le théâtre européen, ne dégarnira pas le continent pour quelques arpents de neige.
Le siège de Québec
La chute de Louisbourg, en juillet 1758, ouvre le Saint-Laurent. Au début de l’été 1759, Montcalm concentre ses forces autour de Québec, capitale de la Nouvelle-France, dont il a compris qu’elle est l’objectif suivant.
Le blocus s’installe. Le major-général James Wolfe dispose d’une flotte et de moyens très supérieurs, mais se heurte pendant 2 mois aux défenses françaises ; une tentative de débarquement sur la rive de Beauport échoue en juillet.
Conseillé par ses brigadiers, Wolfe se rabat sur un site jugé inaccessible : l’Anse-au-Foulon, où une falaise escarpée domine le fleuve à l’ouest de la ville. Montcalm avait refusé d’y renforcer les défenses, tenant l’escalade pour impraticable.
Dans la nuit du 12 au 13 septembre, un premier détachement britannique atteint le rivage. Les vigies prennent les barques pour un convoi de ravitaillement français attendu. Au matin, quatre mille huit cents hommes sont déployés en ligne sur le plateau, à un kilomètre des murailles.
La décision du 13 septembre
Il disposait de deux options. Attendre : les renforts de Bougainville, postés en amont, et ceux de Vaudreuil, à Beauport, pouvaient converger en quelques heures et prendre les Britanniques à revers, adossés à une falaise sans possibilité de retraite. Ou attaquer immédiatement, avant que l’adversaire ne s’établisse et ne fortifie sa position.
Il attaque. Les colonnes françaises (troupes réglées, miliciens canadiens et auxiliaires autochtones mêlés) s’ébranlent sur un terrain découvert contre une ligne d’infanterie britannique parfaitement en ordre. La salve britannique, tirée à courte distance, brise l’assaut en une quinzaine de minutes.
L’armée française reflue vers la ville et vers Beauport. Wolfe, blessé à trois reprises, meurt sur le champ de bataille en apprenant la victoire.
La blessure et la mort
À un millier de mètres de là, alors qu’il tente de rallier ses fuyards à cheval, Montcalm est atteint au bas-ventre par une balle de mousquet tirée depuis les abords des fortifications. Maintenu sur sa selle par deux officiers, il rentre dans Québec.
Le chirurgien Arnoux examine la plaie : le projectile a sectionné l’artère iliaque. La blessure est mortelle et il le lui dit.
Montcalm passe la nuit au couvent des Ursulines. Au matin, il dicte un dernier billet destiné à Townshend, qui a succédé à Wolfe à la tête de l’armée britannique, pour lui recommander le sort des prisonniers français ; geste qui, venant d’un homme accusé du contraire à Fort William Henry, mérite d’être relevé.
Il meurt à 05 h 00 du matin, le 14 septembre 1759, à 47 ans.
Faute de temps et de moyens dans une ville assiégée, il est inhumé sous la chapelle des Ursulines, dans un trou creusé par un obus britannique. Ses restes seront transférés en 2001 au cimetière de l’Hôpital-Général de Québec, où reposent côte à côte les combattants français et britanniques des batailles de 1759 et 1760.
Québec capitule le 18 septembre 1759. La garnison obtient les honneurs de la guerre et embarque pour la France.
La contre-offensive n’est pas abandonnée : le chevalier de Lévis, successeur de Montcalm, bat les Britanniques à Sainte-Foy en avril 1760. Mais faute de flotte de secours (les vaisseaux qui remontent le Saint-Laurent au printemps sont britanniques), Montréal capitule en septembre 1760. Le traité de Paris, en 1763, consacre la cession du Canada.
NOTA : La controverse s’ouvre le jour même de la bataille. Bougainville et Lévis se sentent obligés, dans leur correspondance avec la métropole, de défendre la mémoire de leur général. Vaudreuil, lui, l’accable. Deux lectures s’opposent depuis :
- La première tient la décision du 13 septembre pour une faute caractérisée : attaquer sans attendre des renforts disponibles, sur un terrain favorable à l’adversaire, avec des troupes de qualité inégale contre l’infanterie la mieux instruite d’Europe, c’était offrir la bataille que Wolfe cherchait depuis deux mois sans parvenir à l’obtenir.
- La seconde souligne ce que la première néglige : Montcalm redoutait que les Britanniques, laissés en place, ne fortifient le plateau et n’y installent une artillerie de siège rendant Québec intenable ; la coordination avec Bougainville et Vaudreuil, avec lesquels il était en conflit ouvert, était tout sauf assurée ; et le rapport de forces général, qu’il avait lui-même analysé dès 1758, ne laissait aucune issue durable.

14 septembre 1901 : mort du président McKinley.
Atteint de deux balles le 6 septembre à Buffalo, le président des États-Unis meurt 8 jours plus tard d’une gangrène. Theodore Roosevelt lui succède le jour même et devient, à 42 ans, le plus jeune président de l’histoire américaine.
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Le 6 septembre 1901, dans le Temple de la Musique de l’Exposition panaméricaine de Buffalo, l’anarchiste Leon Czolgosz avait tiré deux balles à bout portant sur William McKinley. Le président avait d’abord semblé se rétablir ; la gangrène emporta la partie.
Il meurt le 14 septembre 1901. Theodore Roosevelt, vice-président, prête serment le jour même.
La coïncidence de calendrier mérite d’être relevée, car elle éclaire la suite. Douze jours avant l’attentat, le 2 septembre, Roosevelt avait publiquement résumé à la foire agricole du Minnesota sa conception de la politique étrangère : parler doucement et porter un gros bâton. La mort de McKinley lui donne les moyens de l’appliquer, et il ne s’en privera pas ; médiation de la paix de Portsmouth entre la Russie et le Japon en 1905, corollaire à la doctrine de Monroe en 1904, soutien à la sécession panaméenne, croisière mondiale de la Grande Flotte blanche de 1907 à 1909.
La transformation des États-Unis en puissance navale globale procède de cette présidence et donc, indirectement, de ce coup de revolver. McKinley est le 3e président américain assassiné en 36 ans, après Lincoln en 1865 et Garfield en 1881 ; c’est à la suite de cet attentat que la protection permanente du président sera confiée au Secret Service, informellement dès l’automne 1901, par la loi en 1906.
14 septembre 1905 : mort de Savorgnan de Brazza (Dakar).
L’explorateur meurt à Dakar, au retour de la mission d’inspection qu’il avait conduite au Congo français et dont le rapport accablant sera enterré par l’Assemblée nationale. Son épitaphe, rédigée par un ami, affirme que sa mémoire est pure de sang humain.
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Avec l’avènement de la IIIe République, sa deuxième affectation dans la marine française est la frégate Vénus, qui faisait régulièrement escale au Gabon. En 1874, Brazza remonte deux fois le fleuve Ogooué. Il propose ensuite au gouvernement d’explorer l’Ogooué jusqu’à sa source, afin de démontrer que ce fleuve et le Congo ne font qu’un. Avec l’aide de relations bien placées, comme Jules Ferry et Léon Gambetta, il obtient des subsides, qu’il n’hésite pas à compléter avec ses propres ressources (selon les documents, la famille de Brazza a contribué aux deux premières expéditions de l’explorateur avec une somme d’un million de francs, et le gouvernement français n’a donné que 200 000 francs). À la même époque, sa demande de naturalisation aboutit enfin et il adopte la francisation de son nom. Il doit cependant revenir quelques mois à Paris pour passer son diplôme de capitaine, ses grades acquis en tant qu’étranger ne comptant plus, afin de demeurer dans la Marine nationale et y poursuivre son dessein.
Pour cette expédition, qui dure de 1875 à 1878, il se munit de toiles de coton et d’outils pour le troc. Il est seulement accompagné d’un médecin, d’un naturaliste et d’une douzaine de fantassins sénégalais. Brazza s’enfonce dans l’intérieur des terres et réussit à nouer de bonnes relations avec la population locale, grâce à son charme et son bagout. Ayant atteint les rives de l’Alima, en pays Téké, il subit l’attaque des Bafourou et doit faire demi-tour. Son expédition n’est toutefois qu’un échec relatif du point de vue de son but d’origine, mais une réussite d’exploration, car il a démontré que les deux fleuves sont différents. En tout état de cause, le , Brazza et ses compagnons d’exploration, fatigués et malades, décident de faire demi-tour.
Sous l’impulsion du ministre de l’Instruction publique, Jules Ferry, le gouvernement français autorise alors une deuxième mission (1879-1882) en collaboration avec Antoine Mizon, pour faire pièce aux visées coloniales belges sur le continent africain. Financée par la Société française de géographie ainsi que par les ministères de la Marine, des Affaires étrangères et de l’Instruction publique représentés par François Paul de Dufourcq, officier de marine et délégué du ministère de l’Instruction publique, la deuxième mission est nettement plus fructueuse. Parti le , en compagnie notamment de Jean-Noël Savelli, Brazza atteint le fleuve Congo en 1880. Il propose à Illoy 1er, Makoko de Mbé, chef des Téké de Mbé, de placer « son pays » sous la protection de la France. Ce chef, poussé par des intérêts commerciaux et par la possibilité d’affaiblir ses rivaux, signe le traité à Nkuna, où Brazza obtint du roi Makoko la concession d’un petit territoire permettant ainsi un établissement français sur le Congo, endroit appelé plus tard Brazzaville. En tentant de rallier l’océan depuis Franceville, Brazza tombe par hasard sur le but premier de ses recherches : les sources de l’Ogooué.
De retour en France, il popularise ses découvertes grâce à de multiples réunions publiques et articles de presse. Le , la loi ratifiant le traité d’amitié, signé entre Illoy 1er et Brazza, est promulguée. Les régions découvertes sont de fait placées sous protectorat français. Un mois plus tard, de nouveaux crédits sont votés pour une troisième expédition. La publication du compte-rendu des « Voyages dans l’Ouest Africain, 1875-1887 » (Le Tour du monde de 1887 et 1888) est accompagnée de nombreuses gravures réalisées d’après des dessins fondés sur les photographies prises par son frère, Jacques de Brazza, qui avait réalisé une mission jusqu’en pays Téké, sur les rives de la Likouala en 1885. En , il est nommé commissaire général du Congo français. Des journalistes font état des salaires décents et des conditions humaines qui contrastaient avec le régime personnel de Léopold II sur l’autre rive du Congo. Mais son succès lui procure aussi des inimitiés et il est soumis à une intense campagne de dénigrement.
En 1897, Brazza s’oppose à la décision du ministre des Colonies, André Lebon, de soumettre les territoires qu’il a gagnés à la France au régime de la concession, déjà en vigueur au Congo belge, et qui livrerait les populations à la cupidité des sociétés capitalistes privées chargées de « mettre en valeur » ce territoire de 650 000 km² composé du Gabon, du Congo et de l’Oubangui-Chari.
En , touché par un « dégagement des cadres », Brazza est écarté de la marine nationale et placé à la retraite d’office. Marchand et ses officiers (Baratier, Mangin, Largeau fils, futur fondateur du Tchad, etc.) l’ont déclaré responsable du retard de la mission Congo-Nil. Marchand décrit la colonie du Congo français géré par Brazza comme un « marécage puant » dirigé par des « gloires en baudruche ». Selon les documents, Brazza s’oppose à l’expédition Marchand à cause de la présence d’un grand nombre de soldats, ce qui témoignait de l’esprit de soumission des populations qui inspirait cette entreprise. Brazza proposait depuis six ans d’organiser une expédition avec le même parcours, pour ouvrir une voie de connexion entre le Congo et l’Afrique du nord. L’expédition Marchand ne s’arrêta pas devant l’opposition de Brazza, et termina avec le honteux épisode de Fachoda, qui a sérieusement affaibli la réputation internationale de la France et sa position en Afrique.
Victor Largeau, explorateur du Sahara et du Congo, administrateur de Loango et de ses dépendances sous les ordres de Brazza, fit dans ses correspondances un portrait peu flatteur de Brazza, le surnommant « farniente » compte tenu de sa propension à circuler en hamac porté par des Noirs et de son absence de décision. « Le désordre que l’on remarque autour de lui, le débraillé de sa tenue, sont les répercussions de son état intellectuel, il n’a aucun plan arrêté, change d’idées 20 fois par jour et le moment d’agir venu, il cède à l’impulsion de ce moment-là. Le même désordre règne dans toutes les branches du service : le gaspillage est épouvantable : on va de l’avant parce que le ministère l’exige, mais sans rien organiser… » (lettre du à son fils). De l’autre côté, Brazza accuse Largeau d’être corrompu par les agents commerciaux désireux de mettre en place un régime d’exploitation sans se préoccuper des droits des indigènes. Selon les documents, le manque d’organisation de la colonie était dû en partie au budget très limité.
Partisan des palabres, farouchement opposé à la violence, Brazza garde comme modèle Livingstone et s’oppose en cela à Stanley, surnommé « Boula Matari » (« briseur de roches »). Léopold II tente de rallier le Français à sa cause pour ses territoires de la rive gauche du Congo ; Brazza refuse ses avances car les méthodes d’exploitation des indigènes des pays conquis ne lui convenaient pas. Léopold II se tourne alors vers Stanley, mercenaire de l’exploration. Stanley d’abord peu méfiant, voire admiratif à l’égard de Brazza, s’aperçoit trop tard qu’il a été trompé par le Français, qui ne l’informe pas du traité qu’il a signé avec le Makoko. La réputation de Stanley en souffre durablement, en France, où il est vertement critiqué, et en Angleterre, où sa naïveté est raillée. Un an après la signature du traité entre Brazza et le Makoko, le chef téké des tribus de la rive gauche, Ngaliema, signe le « traité de l’amitié » avec Stanley, ne se considérant plus soumis au Makoko de Mbé. Il place ainsi la rive gauche du fleuve sous la protection de l’Association internationale africaine.
Du 28 septembre 1897 au 28 avril 1900, Henri-Félix de Lamothe est Commissaire général du Congo français en remplacement de Savorgnan de Brazza mis à la retraite et retiré à Alger où le climat lui est plus favorable qu’à Paris. Le nouveau Commissaire instaure l’impôt de capitation dans le territoire, comme demandé par les sociétés concessionnaires. La rareté de la monnaie française au Congo français impliquait que cet impôt soit payable en nature.
Le territoire de l’Afrique équatoriale française est réparti entre une quarantaine de compagnies concessionnaires. Les sociétés qui se partagent l’exploitation de ces pays déciment les populations, soumises aux violences et aux brutalités : portage, travaux forcés, réquisitions et répression de toute tentative de résistance.
L’affaire Toqué-Gaud rajoute à la situation désastreuse de la colonie. Le , à Fort-Crampel, en Oubangui-Chari, un administrateur des colonies, Georges Toqué, et un commis des affaires indigènes, Fernand Gaud, décident de faire exécuter Pakpa, ancien guide, en lui attachant de la dynamite autour du cou. Au procès, les accusés rappellent qu’ils ont déclaré avant cette action épouvantable : « Ça a l’air idiot ; mais ça médusera les indigènes. Si après ça ils ne se tiennent pas tranquilles ! ». Gaud dira à son procès qu’il voulait faire constater autour de lui l’étrangeté de cette mort : « Ni trace de coup de fusil, ni trace de coup de sagaie : c’est par une sorte de miracle qu’est mort celui qui n’avait pas voulu faire amitié avec les Blancs. » (propos rapportés par Félicien Challaye, qui accompagna Brazza dans sa mission d’inspection).
En 1905, pour toutes ces raisons, le ministre des Colonies alors M. Clementel, demande à Brazza d’inspecter les conditions de vie dans les colonies. De cette mission, il tire un rapport baptisé le rapport Brazza, qui dénonce les influences de l’intérêt privé dans la politique coloniale et qui restera pendant longtemps inaccessible au public.
La santé de Brazza se détériore. Au retour de sa mission, atteint de fortes fièvres, il est contraint de débarquer à Dakar. Le , veillé par sa femme et par le capitaine Mangin, il meurt à 18 h 00. La photo de Jacques, son enfant de 5 ans, disparu deux ans auparavant, a été placée à sa demande sur sa table de nuit.
Quant à l’Assemblée nationale, elle s’empresse de mettre son embarrassant rapport sous l’éteignoir. Son corps est d’abord réclamé par le gouvernement français. La Troisième République cherche en effet ses nouveaux héros. Brazza, officier de marine aristocrate, élégant, héroïque, révolté par l’esclavagisme, apôtre de la paix, et surtout désintéressé, a un profil parfait à tous ces égards. Il est envisagé de l’inhumer au Panthéon pour récupérer sa gloire intacte. Thérèse refuse l’honneur. Son corps est alors inhumé au Père-Lachaise, puis déplacé, trois ans plus tard, à Alger, où vivent sa veuve et ses enfants. Sur sa tombe, l’épitaphe, rédigée par son ami Charles de Chavannes, indique que « Sa mémoire est pure de sang humain. Il succomba le 14 septembre 1905 au cours d’une dernière mission entreprise pour sauvegarder les droits des indigènes et l’honneur de la nation ».

14 septembre 1917 : naissance du pilote et as allemand Heinrich Ehrler.
Heinrich Ehrler, né le à Oberbalbach et mort au combat le , est un as allemand de la Luftwaffe de la Seconde Guerre mondiale, titulaire de 208 victoires aériennes. Il fait partie du cercle très fermé des 15 pilotes de la Luftwaffe à avoir franchi la barre des 200 victoires.
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Heinrich Ehrler rejoint l’armée en 1935 et sert dans la flak durant la guerre civile espagnole. Formé au pilotage en 1940, il intègre la 4./JG 77, elle-même appartenant au I./JG 77 Jgr. Stavanger, un groupe nouvellement créé en opérant en Norvège contre les forces Britanniques. Les unités qui le composent sont alors la 1, 2, 3, 4, 13, 14, et 1.(Z)/JG 77. À cette époque, la Luftwaffe possédait deux unités baptisés 4./JG 77 : celle appartenant au II./JG 77 « Herz As » (as de cœur), l’autre donc, appartenant au I./JG 77 Jgr. Stavanger.
Ehrler remporte sa première victoire en mai contre un bombardier anglais. Cependant, le grand nombre de sous unités dans ce secteur amène à un regroupement de plusieurs d’entre elles et à la création d’une nouvelle escadre début 1942, la JG 5 « Eismeer » (mer de glace), placée très au nord sur le front arctique, d’où son nom. Quatre groupes la composent : les I. et IV./JG 5 restent combattre contre l’adversaire britannique en Norvège, les II. et III./JG 5 combattent les Soviétiques en Finlande. La 4./JG 77 de Ehrler est renommée 4./JG 5 le .
Le , Ehrler obtient sa 2e victoire. Le , il devient Staffelkäpitan de la 6./JG 5 ayant à ce moment 11 victoires. À la fin de l’année, son score s’établit à 64 succès, gagnant au passage la croix de chevalier de la croix de fer le après 54 succès. La 6./JG 5 est alors la pépite de la Luftwaffe sur le front extrême Nord avec des pilotes comme Horst Carganico, lui-même ancien Staffelkäpitan de la 6./JG 5, Theodor Weissenberger, Rudolf Müller, Hans-Heinrich Döbrich, et Albert Brunner pour ne citer qu’eux. Le , cette seule escadrille atteint les 500 victoires.
Promu Hauptmann et décoré avec la croix allemande en or le , Ehrler est engagé dans un violent combat le 27, et abat en quelques minutes cinq P-40 et P-39 soviétiques. En essayant d’abattre d’autres chasseurs, il est atteint par le feu adverse ce qui l’oblige à désengager et à retourner à sa base avec des blessures légères.
Le 1er, Ehrler est placé à la tête du III./JG 5 et remporte le 7 sa 100e victoire. À la suite de sa 112e victoire, il reçoit les feuilles de chêne le et termine l’année avec un palmarès d’environ 120. Il remporte 7 victoires pour la seule journée du , et 18 sur seulement quatre jours de combat en mai, portant son score à 155. En juin, il devient commandant de l’entière JG 5. Le , il est finalement nommé pour les glaives avec 199 victoires.
Le , les Britanniques montent un raid dans un fjord norvégien pour tenter de détruire une énième fois le cuirassé allemand Tirpitz. L’alerte est donnée mais faute d’une coordination fiable entre la marine et l’aviation allemande, les Bf 109 de la JG 5 du Major Ehrler arrivent en retard pour l’interception. Les bombardiers anglais franchissent finalement le rideau défensif et coulent le navire qui chavire, entraînant dans la mort plusieurs centaines de marins. Huit jours plus tard, Ehrler parvient à sa 200e victoire, mais le IIIe Reich veut un coupable pour la perte du cuirassé.
Désigné comme bouc émissaire, Ehrler est immédiatement relevé de son commandement et envoyé devant le conseil de guerre. Sa dernière décoration (glaives) est également annulée. En raison de ses états de service, la sentence de mort est toutefois commuée à trois ans de travaux forcés à effectuer après la guerre. Les investigations futures prouveront finalement l’innocence d’Erlher. L’as obtient l’autorisation de poursuivre le combat contre l’ennemi, mais Heinrich Ehrler est un homme brisé à jamais.
Son ancien camarade et ami Theodor Weissenberger le recrute alors pour combattre avec lui aux commandes d’un Me 262 au Stab JG 7 « Nowotny » qu’il rejoint le . Il descend un total de 8 adversaires sur cet appareil, ses deux derniers contre des quadrimoteurs américains le . Ehrler engage ensuite un troisième bombardier au-dessus de Kyritz mais la suite n’est pas claire. Ehrler transmit un dernier message radio pour son ami Weissenberger : « Théo, c’est Heinrich. J’ai abattu deux bombardiers. Je n’ai plus de munitions. Je vais percuter celui-là. Au revoir. On se reverra au Valhalla ». Les deux appareils furent détruits, le bombardier se crashant à Krüllenkempe, près de Havelberg, le jet d’Ehrler dans les bois de Scharlibbe. Son corps fut retrouvé le lendemain à Scharlibbe, près de Stendal où il fut enterré le 10. La tombe d’Ehrler confirme la date de sa mort le .
Heinrich Ehrler avait 28 ans. En environ 400 missions, il a remporté 208 victoires : 199 sur le front Est et 9 à l’Ouest, dont 8 obtenues sur chasseur Me 262. Il a abattu 7 quadrimoteurs.

14 septembre 1918 : Max Boucher fait voler un avion sans pilote.
14 septembre 1953 : mort à 51 ans de Jean Orbello, Compagnon de la Libération.
Fils d’entrepreneur, Jean Orbello est né le 18 novembre 1902 à Antibes dans les Alpes-Maritimes.
Il fait des études d’ingénieur à l’Ecole d’Electricité industrielle de Paris où il est admis en 1922.
Elève officier de réserve, il fait son service militaire, après une PMS, comme aspirant puis comme sous lieutenant. Il exerce ensuite la profession d’ingénieur jusqu’à la déclaration de guerre.
En septembre 1939 Jean Orbello est mobilisé comme sous-lieutenant; en juin 1940 il entend l’appel du général de Gaulle et, refusant l’armistice, entre immédiatement dans la Résistance dans les Alpes-Maritimes d’où il est originaire.
De juin 1940 à janvier 1942, il manifeste une intense activité : récupération d’armes et de munitions, sabotage de matériel (notamment des camions). Il organise bientôt avec succès un service de presse clandestine (impression et diffusion) extrêmement utile.
De janvier 1942 à février 1943, il recrute des volontaires et met sur pied un certain nombre de groupes francs, dont le groupe « Olivier », qu’il mène à l’action directe. Il intensifie son action de sabotage sur les matériels destinés aux fortifications et sur les lignes électriques du Var et des Alpes-Maritimes.
En février 1943 Jean Orbello intègre le mouvement des Franc-Tireurs et Partisans (FTP) comme chef de section ; à ce titre il prend part aux plus dangereuses missions, attaquant de nombreux convois ennemis et leur infligeant des pertes sévères. En mai 1943, à la suite d’un engagement particulièrement violent dans les Gorges de la Mescla, il est nommé capitaine de la 9e Compagnie de FTP.
Au moment de la capitulation italienne en août 1943, il parvient à s’emparer d’une grande quantité d’armes et de munitions qui serviront à armer les différents maquis du département.
Membre de l’Etat-major des Forces françaises de l’intérieur (FFI), il est chargé du recrutement et de l’organisation des Milices patriotiques à Nice et dans les Alpes-Maritimes où il met sur pied les plans d’insurrection locale.
En juin 1944 il est nommé chef de secteur nord des Alpes-Maritimes, organise de nouvelles compagnies et leur assure armement et ravitaillement par des coups de mains incessants sur l’ennemi. Au moment du débarquement de Provence, le 15 août 1944, il est envoyé auprès de l’Etat-Major américain du sud-est en qualité d’officier chargé de la coordination des opérations entre les FFI et les troupes débarquées.
Jean Orbello participe alors aux engagements qui amènent la libération de Fréjus et, à la tête de ses hommes, prend part aux combats pour la libération de Nice. Ainsi, il traverse à huit reprises les lignes ennemies pour assurer la coordination des opérations avant de rallier la 1ère Armée Française du général de Lattre.
Il poursuit la guerre au sein du Groupement alpin Sud puis, en mai 1945, est envoyé en Allemagne en qualité de commandant des camps de Berzzabern et de Wollmensviller.
Le 1er juin 1945 Jean Orbello est intégré dans l’armée de l’air avec le grade de capitaine. Deux mois plus tard il est affecté à la 4e Région des Sports aériens à Aix-en-Provence.
Il est démobilisé en 1946 avec le grade de commandant de réserve de l’Armée de l’Air.
Jean Orbello est décédé à Nice le 14 septembre 1953. Il a été inhumé à Nice.
• Chevalier de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 17 novembre 1945
•Croix de Guerre 39/45 (1 citation)
14 septembre 1956 : les derniers éléments militaires français quittent l’Indochine.
Le 14 septembre 1956, le dernier soldat français quitte l’Indochine. Les pertes militaires françaises sont évaluées à plus de 47 000 soldats, dont le mémorial de Fréjus commémore aujourd’hui le souvenir, ainsi que le monument élevé à l’initiative d’un ancien sous-officier de la Légion sur le site de Dien Bien Phu.
Le décret n° 2005-547 du 26 mai 2005 a institué une journée nationale d’hommage aux « morts pour la France » en Indochine le 8 juin de chaque année.
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Date |
Étape du retrait |
Zone géographique |
Effectifs concernés |
Précisions |
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| 21 juillet 1954 | Signature des accords de Genève mettant fin à la guerre d’Indochine. | Genève (Suisse) ; Indochine. | CEFEO : ~171 000 hommes + ~5 000 personnes des missions auprès des États associés. | Cessez-le-feu entrant en vigueur le 22 juillet. Le retrait du CEFEO n’est pas encore à l’ordre du jour ; les accords prévoient le regroupement des forces au Nord et au Sud du 17e parallèle. |
| À partir de juillet 1954 | Préparation de l’évacuation de la zone au nord du 17e parallèle — opération « Saumon ». | Nord Viêt-nam (Tonkin) ; zone nord du 17e parallèle ; Hanoï. | Démarrage de la déflation des effectifs. | Les accords accordent 300 jours au CEFEO pour évacuer le Nord Viêt-nam, dont 100 jours pour Hanoï. Déflation spontanée par désertions de soldats autochtones (ex. : 52 % du potentiel au 62e bataillon du génie). |
| 14 août 1954 | Accord de Trung Gia sur l’échange des prisonniers. | Trung Gia (Tonkin). | Échange de prisonniers franco-vietnamiens et Viêt-minh. | Accord entre l’armée française et le Viêt-minh pour l’échange des prisonniers de guerre. |
| 19 août 1954 | Début des opérations d’échange de prisonniers. | Tonkin. | — | Mise en œuvre de l’accord de Trung Gia. |
| 9 septembre 1954 | Départ des troupes françaises de Hanoï. | Hanoï (Tonkin) | Une partie des unités rapatriée en métropole, une autre redéployée vers le Sud Viêt-nam ou l’AFN. | Prélude à la remise de la capitale aux autorités du Viêt-minh. |
| 9-10 octobre 1954 | Évacuation et remise de Hanoï au Viêt-minh. | Hanoï (Tonkin). | — | Le pavillon français est amené une dernière fois le 8 octobre. Entrée du Viêt-minh à Hanoï le 10 octobre. Un fort contingent reste dans la « zone des 300 jours ». |
| Octobre 1954 — mai 1955 | Fonctionnement des organismes d’évacuation des réfugiés ; tête de pont de Haïphong. | Hanoï ; Haïphong ; Nord Viêt-nam ; Sud Viêt-nam. | ~330 000 réfugiés lors de la première vague (117 000 par voie aérienne, 103 000 par voie maritime ; ~110 000 transférés par la marine américaine). | Le CEFEO organise le transport, l’accueil et le transfert des populations fuyant le Nord. Au total, 800 000 à 1 million de personnes fuient le Nord Viêt-nam entre octobre 1954 et mai 1955. |
| Automne 1954 | Fixation des effectifs théoriques du corps expéditionnaire regroupé dans le Sud. | Sud Viêt-nam (Cochinchine). | Objectif : 75 000 hommes. | Déflation devant se poursuivre par tranches de 5 000 hommes, sur décision gouvernementale. |
| Octobre 1955 | Poursuite de la réduction des effectifs du CEFEO. | Sud Viêt-nam. | ~45 000 hommes. | Le CEFEO est réarticulé en 4 divisions au début de 1955, puis 2 divisions à la fin de l’année. |
| 26 janvier 1956 | Demande officielle sud-vietnamienne de retrait des troupes françaises. | Saïgon ; Paris. | — | Le gouvernement de Ngô Đình Diệm fait savoir que la présence militaire française n’est plus souhaitée. La France dispose de 6 mois pour rapatrier les derniers contingents ; échéance fixée à fin juin 1956. |
| Début 1956 | Dernière phase du retrait du CEFEO. | Sud Viêt-nam. | ~30 000 soldats + ~5 000 autochtones. | Rythme moyen de rapatriement : 7 000 hommes par mois vers la métropole ou l’AFN, principalement par voie maritime. |
| 10 février 1956 | Appareillage du navire Pasteur pour sa dernière rotation militaire. | Marseille → Indochine. | Le Pasteur a assuré à lui seul un tiers des transports militaires du CEFEO. | Départ de Marseille pour la dernière rotation. |
| 15 mars 1956 | Dernier adieu du Pasteur à l’Indochine. | Indochine. | — | Voyage de retour du navire vers la France. |
| 1er avril 1956 | Départ des derniers éléments du CEFEO de Saïgon. | Saïgon (Sud Viêt-nam). | Reste seulement de petites missions d’instruction de l’armée de l’Air et de la Marine. | Les restes du corps expéditionnaire quittent Saïgon ; seules subsistent des missions de formation. |
| 10 avril 1956 | Dernière cérémonie publique du CEFEO à Saïgon. | Saïgon (Sud Viêt-nam). | 5 détachements symboliques représentant les trois armées. | Le général Jacquot, dernier commandant en chef, organise dépôt de gerbe au monument aux morts et défilé. Présentée comme l’« ultime manifestation » de la présence française en Extrême-Orient. La radio « La Voix des forces françaises en Extrême-Orient » cesse d’émettre le 11 avril à minuit. |
| 28 avril 1956 | Dissolution du haut commandement français en Indochine et dissolution du CEFEO. | Saïgon ; Indochine. | Il reste ~3 000 militaires français. | Dissolution officielle opérée par le général Pierre-Élie Jacquot. Les dernières troupes du corps expéditionnaire s’embarquent à Saïgon. La présence militaire se limite désormais à la garnison de la base aéroterrestre de Seno (Laos) et aux militaires chargés des questions administratives et financières. |
| Fin avril 1956 | Réduction à un dispositif résiduel. | Seno (Laos) ; Saïgon. | ~3 000 militaires français. | Les 3 000 militaires restants sont membres de différents organes liquidateurs et instructeurs détachés auprès des forces armées vietnamiennes (FAVN), en attendant leur relève par du personnel américain. |
| Fin juin 1956 | Achèvement prévu du rapatriement des derniers contingents. | Sud Viêt-nam → métropole ; AFN. | La plupart des militaires encore présents sont rapatriés. | Échéance du délai de six mois fixé par le gouvernement sud-vietnamien en janvier 1956. |
| 14 septembre 1956 | Départ du dernier contingent résiduel — départ définitif. | Saïgon (Sud Viêt-nam). | Dernier contingent résiduel (~3 000 militaires initialement, réduits progressivement). | Le dernier soldat français quitte l’Indochine, presque un siècle après la prise de Saïgon par l’amiral Rigault de Genouilly en 1859. Fin de la présence militaire française en Indochine. La garnison de Seno (Laos) subsiste toutefois jusqu’à l’été 1963. |
14 septembre 1960 : création de l’OPEP (guerre économique).
Cinq pays producteurs de pétrole réunis à Bagdad fondent une organisation destinée à leur rendre le contrôle du prix de leur principale ressource. Aucun n’est africain à l’origine ; le Nigeria, la Libye, l’Algérie, le Gabon, l’Angola, la Guinée équatoriale et le Congo y adhéreront ensuite, faisant de l’Afrique l’une des composantes majeures du cartel.
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Jusqu’en 1960, le prix du pétrole brut est fixé unilatéralement par un petit nombre de compagnies occidentales (les « sept sœurs ») qui contrôlent l’extraction, le raffinage et la distribution. Les États producteurs perçoivent une redevance sur un prix qu’ils ne négocient pas.
Une baisse unilatérale des prix affichés, décidée par ces compagnies en 1959 puis en 1960, réduit mécaniquement les revenus des pays producteurs et provoque la réaction qui aboutira à Bagdad.
Du 10 au 14 septembre 1960, cinq États (Iran, Irak, Koweït, Arabie saoudite et Venezuela) se réunissent à Bagdad et créent l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. L’objectif affiché est la coordination des politiques pétrolières et la stabilisation des prix ; l’objectif réel est de reprendre aux compagnies la maîtrise de la rente.
Aucun État africain ne figure parmi les fondateurs. La composante africaine se constitue ensuite, par vagues : la Libye en 1962, l’Algérie en 1969, le Nigeria en 1971, le Gabon en 1975, l’Angola en 2007, la Guinée équatoriale en 2017, le Congo en 2018.
Cette adhésion a modifié la nature même de l’organisation. Les producteurs africains, dont les revenus d’exportation dépendent dans des proportions considérables du pétrole, y ont pesé pour une politique de prix plus offensive que celle des producteurs du Golfe, dont les réserves et la capacité de production permettaient d’envisager le long terme. Le Gabon s’est retiré en 1995 avant de réintégrer l’organisation en 2016, illustrant la difficulté pour les producteurs modestes de tenir les quotas de production imposés.
La démonstration de 1973
L’instrument acquiert sa portée stratégique lors de la guerre du Kippour. En octobre 1973, les producteurs arabes (par l’intermédiaire de l’OPAEP, organisation distincte mais aux membres largement communs) décrètent un embargo sur les livraisons aux États soutenant Israël et réduisent leur production. Le prix du brut quadruple en quelques mois.
C’est l’un des exemples les mieux documentés d’emploi délibéré d’une ressource naturelle comme arme dans un conflit, et il a directement produit les politiques occidentales de sécurité énergétique ; constitution de stocks stratégiques, création de l’Agence internationale de l’énergie en 1974, programmes nucléaires civils accélérés, dont le plan Messmer en France.
Aller au contenu PDF14 septembre 1972 : mort à 62 ans d’Albert Chavanac, Compagnon de la Libération.
Albert Chavanac est né le 19 octobre 1909 à Saint-Hilaire-Saint-Florent, près de Saumur, il est le fils d’un officier de carrière mort au champ d’honneur en 1915.Il fait ses études au Prytanée militaire de la Flèche, puis au lycée Saint-Louis et à la faculté des Sciences de Paris.
Incorporé en 1930, au 28e Régiment d’artillerie divisionnaire, il suit les cours d’EOR à Poitiers et est nommé sous-lieutenant en 1931.
L’année suivante, il est obligé de quitter l’armée pour raisons de santé et exerce dès lors dans l’industrie en Guyane et en Indochine.
Au début de la guerre, Albert Chavanac est lieutenant d’artillerie de réserve, en indisponibilité en raison de deux opérations d’une thoracoplastie (septembre 1938 et mars 1939).
En juin 1940, il quitte Paris avant l’arrivée des Allemands, se replie sur Clermont-Ferrand, Bordeaux et cherche vainement à passer en Espagne avec un camarade pour rejoindre l’Angleterre. Finalement, le 26 juin, à Saint-Jean-de-Luz, les deux hommes réussissent à embarquer sur le S/S Kelso, dernier cargo d’un convoi anglais venu chercher des soldats polonais. A son arrivée à Liverpool, Albert Chavanac s’engage dans les Forces françaises libres et est affecté au détachement d’artillerie.
Il participe, avec son unité, à l’opération de Dakar en septembre 1940. Promu capitaine le 1er novembre, il sert en Palestine où il parvient en février 1941 comme chef de la section n° 2 de canons de 75.
Il commande ensuite, à partir de mai 1941, la 2e Batterie de la 1ère Division légère française libre avec laquelle, en juin et juillet 1941, il prend part à la campagne de Syrie.
Albert Chavanac est ensuite, au sein de la 1ère Division française libre (1ère DFL), commandant de batterie, puis de groupe au 1er Régiment d’artillerie coloniale (1er RAC) sous les ordres du lieutenant-colonel Laurent-Champrosay.
Début 1942, il est en Libye et participe aux opérations de Jock-Columns autour de la position de Bir-Hakeim. Le 16 mars, il se signale particulièrement en dirigeant avec sang-froid et précision le tir de sa batterie, s’opposant à l’avance de trois colonnes de chars ennemis parvenus à trois kilomètres de la position.
Il s’illustre également aux combats de l’Himeimat (El Alamein) en octobre 1942.
Après la campagne de Tunisie, Albert Chavanac participe à celle d’Italie, où, pendant l’offensive du 11 mai au 20 juin 1944, il montre de grandes qualités de commandant de batterie. Il se bat notamment au Rio Forma Quesa le 28 mai, au Monte Leucio et à Radicofani le 18 juin.
Lors du débarquement en Provence, en août 1944, il contribue aux opérations de la prise de Toulon, notamment par des bombardements sur les forts de Sainte Marguerite et Le Malgue (24-25 août 1944).
Promu chef d’escadrons en septembre 1944, il commande le 1er Groupe du Régiment et participe aux combats de la percée de la trouée de Belfort, puis aux batailles de la libération de l’Alsace. Devant Bourbach, les 6 et 7 décembre, il appuie un groupement d’infanterie et de chars sur un terrain difficile.
Au début de l’année 1945, il se bat encore à l’Ill (au sud de L’Illwald) et s’illustre dans des engagements les 23 janvier et 2 février.
La guerre terminée, le commandant Chavanac fait partie du cabinet du général Koenig commandant en chef en Allemagne, comme directeur adjoint de la Sûreté de la zone française.
En 1949, il est délégué du RPF pour le sud-ouest. Lieutenant-colonel de réserve, après un bref passage dans le secteur privé, qui le conduit en Guyane et en Indochine dans le secteur du bois, il est élu conseiller municipal de Paris en 1959.
Président de la troisième commission chargée de la voirie, de l’urbanisme et de l’environnement, il représente la ville de Paris au conseil d’administration de la compagnie du chauffage urbain et de l’aéroport de Paris.
En avril 1965, il est élu président du conseil municipal de Paris puis sénateur de Paris en 1968.
Albert Chavanac est décédé le 14 septembre 1972 à Rennes. Il a été inhumé au cimetière de Bagneux (92)
• Commandeur de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 2 juin 1943
• Croix de Guerre 1939-1945 (6 citations)
• Croix du Combattant
• Combattant Volontaire de la Résistance
• Médaille coloniale avec agrafes « Libye », « Bir-Hakeim », « Tunisie »
• Médaille Commémorative des Services Volontaires dans la France Libre
• Member of the British Empire (GB)
• Military Cross (GB)
• Mérite Syrien
14 septembre 1989 : Frederik De Klerk élu président de l’Afrique du Sud.
Le Parlement sud-africain élit à la présidence l’homme qui, en moins de cinq ans, démantèlera le régime d’apartheid qu’il avait servi toute sa carrière. Il libérera Nelson Mandela 5 mois plus tard.
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Pieter Willem Botha, président depuis 1978 et artisan d’une répression accrue face à l’insurrection des townships, avait été frappé d’un accident vasculaire en janvier 1989. Contraint d’abandonner la direction du Parti national en février, il démissionne de la présidence le 14 août, dans des conditions conflictuelles.
Frederik Willem De Klerk, qui assurait l’intérim, est élu président par le Parlement le 14 septembre 1989.
Rien dans son parcours ne le désignait comme réformateur : issu d’une famille dirigeante du Parti national, ministre depuis 1978, il avait défendu l’apartheid sans état d’âme. Les raisons de son revirement sont discutées, mais les contraintes sont identifiables ; l’isolement diplomatique et l’embargo, une économie asphyxiée par les sanctions, le coût de la guerre en Angola et en Namibie, et l’impossibilité militaire de tenir indéfiniment des townships en insurrection.
Le 2 février 1990, il annonce devant le Parlement la levée de l’interdiction de l’ANC et la libération des prisonniers politiques. Nelson Mandela est libéré le 11 février 1990, après vingt-sept ans de détention. Les deux hommes recevront ensemble le prix Nobel de la paix en 1993 ; les premières élections au suffrage universel se tiendront en avril 1994.
NOTA : De Klerk sera vice-président de Mandela jusqu’en 1996. Son bilan reste contesté en Afrique du Sud, notamment sur la question de sa connaissance des violences commises par les services de sécurité pendant sa présidence, point sur lequel la Commission vérité et réconciliation a rendu des conclusions qu’il a contestées jusqu’à sa mort en 2021.
14 septembre 2003 : coup d’État en Guinée-Bissau.
Un coup d’État militaire sans effusion de sang renverse le président Kumba Yalá. C’est le troisième renversement de régime en 23 ans dans un pays dont l’indépendance, obtenue les armes à la main, avait été reconnue un 10 septembre.
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L’indépendance de 1974 avait porté au pouvoir Luís Cabral, demi-frère du fondateur assassiné du PAIGC. Il est renversé en 1980 par João Bernardo Vieira, qui gouvernera 19 ans avant d’être chassé par une guerre civile en 1999. Kumba Yalá, élu en 2000, dissout le Parlement en novembre 2002 et gouverne par décret, reportant indéfiniment les élections législatives.
Le 14 septembre 2003, l’armée, conduite par le général Veríssimo Correia Seabra, chef d’état-major, arrête le président et suspend les institutions. L’opération se déroule sans combat ni victime. La justification avancée est la crise institutionnelle et le blocage politique répété ; argument que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest jugera suffisamment recevable pour négocier une transition plutôt que d’imposer des sanctions.
Un gouvernement de transition est installé, des élections législatives se tiennent en mars 2004, et Vieira revient au pouvoir par les urnes en 2005.
Correia Seabra sera lui-même tué en octobre 2004 lors d’une mutinerie de soldats réclamant des arriérés de solde. Vieira sera assassiné en mars 2009, quelques heures après la mort de son chef d’état-major dans un attentat. Un nouveau coup d’État interviendra en avril 2012, un autre en 2023.
NOTA : Le cas de la Guinée-Bissau est régulièrement étudié comme celui d’un État où l’armée, née d’une guerre de libération victorieuse et porteuse à ce titre d’une légitimité historique supérieure à celle des institutions civiles, n’a jamais accepté de se subordonner au pouvoir politique et où la pénétration du trafic de cocaïne à partir des années 2000 a fourni à cette autonomie militaire des ressources propres.
14 septembre 2005 : mort de Vladimir Volkoff (Dordogne).
Les Britanniques ont encore le célébrissime John Le Carré, les Français avaient Volkoff. Écrivain français (né à Paris en 1932) d’origine russe, il est l’auteur de très nombreux ouvrages sur le monde du renseignement, la désinformation et d’une manière générale sur la difficulté d’agir sans se corrompre. Docteur en philosophie, professeur d’anglais et de russe, Volkoff était chrétien orthodoxe. Après ses études à la Sorbonne, il sert en Algérie en tant qu’officier renseignement (1957-1962).
Il passe ensuite quelques années aux États-Unis où il commence à publier. Revenu en France dans les années 70, il devient un des écrivains français les plus pertinents sur la lutte secrète des blocs durant la Guerre Froide. Quelques ouvrages ont fait date : le retournement (1979), Le montage (1982 grand prix de l’Académie française), La désinformation, arme de guerre (1984), Le professeur d’histoire (1985), Le bouclage (1990), Le Berkeley à cinq heures (1993), L’enlèvement (2000)…
Il publiait dans la collection de la bibliothèque verte et sous le nom d’emprunt Lieutenant X, la fameuse série Langelot qui avec sa quarantaine d’aventures a bercé l’adolescence de quelques générations de futurs militaires.









