Janvier 1959.
L’armée française vient d’apprendre qu’une importante réunion de plusieurs responsables de l’ALN va avoir lieu. Elle organise une grande opération : c’est l’opération Kabylie 16.
Le 5 janvier 1959, des sentinelles de l’ALN repèrent un mouvement important des troupes françaises. L’ordre d’exfiltration est donné aux chefs de l’ALN. Le lendemain, 6 janvier, vers 10 h 00, le 6e RCP est au contact avec 3 katibas d’Amirouche et un commando zonal.
Les combats sont violents. Les appuis aériens se succèdent, l’artillerie bombarde, le secteur s’embrase. Chasseurs alpins, parachutistes, hussards, infanterie : tous combattent avec rage. Vers 15 h 00, pour rompre l’encerclement, les troupes d’Amirouche lancent un violent assaut sur la 4e Cie.
600 fellaghas arrivent droit sur la 4e compagnie du 6e RCP. Ils se heurtent au Capitaine Graziani et à ses hommes dans un furieux corps à corps. Le Capitaine et ses hommes tiennent bon, sans céder. L’ALN laissera près de 300 cadavres et plus de 100 armes sur le terrain.
Le 6e RCP comptera 21 tués et 32 blessés.
Lors du corps à corps, Graziani, en tête de ses hommes, est touché au foie par une rafale de pistolet-mitrailleur. Il est évacué par hélicoptère vers Tizi-Ouzou.
Mal remis de sa blessure à la poitrine et grièvement atteint, le capitaine Graziani s’éteint le lendemain, à l’âge de 33 ans.
À la tête de la 4e Cie du 6e RCP, cet homme fut un officier légendaire, au parcours militaire prestigieux. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est membre du 3e SAS, commandé par le Commandant Château-Jobert. Il participe à tous les combats.
En 1947, en Indochine, il prend part à l’opération lancée sur Nam Dinh. Cette même année, avec son SAS, il participe à toutes les opérations. Il rejoint ensuite le 3e BCCP, est affecté au Groupement Commando, et participe à l’opération Pho Lu, où 135 hommes sont largués pour tenir tête à plus de 2 000 Viêts.
En mai 1950, il reprend le poste de Dong Khé aux Viêts, puis est engagé à Lung Phaï, That Khé, Lang Son, Cao Bang. Fait prisonnier au camp n°1, il tentera de s’évader à deux reprises. Il sera libéré en 1954.
En 1957, il rejoint la 10e DP à Alger et participe à la bataille d’Alger. En juillet 1958, il intègre le 6e RCP. Ses obsèques eurent lieu en présence de sa femme, de sa fille, des généraux Allard et Massu, du colonel Ducasse, et de nombreux compagnons d’armes.
Le Colonel Romain-Desfossés prit la parole pour un dernier adieu :
« Salut, enfin, au capitaine Graziani. Héros au sens propre du mot. Violent, ardent, passionné, sans détour et sans calcul, parfois excessif, toujours droit, cherchant sans cesse à reculer les limites de ce qu’on peut exiger de soi-même. Il est un symbole, le symbole de cette jeunesse qui a la foi, le symbole de ces jeunes capitaines qui sont le symbole de notre armée. »
IN MEMORIAM – Capitaine Jean GRAZIANI (mort au combat le 7 janvier 1959).

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M&O 289 de décembre 2025





