IN MEMORIAM – Capitaine Saïd BOUALAM (décédé le 8 février 1982)

Saïd Boualam est né le  à Souk Ahras, dans le département de Bône. Il appartient à une ancienne famille de notables de la tribu arabo-berbère des Beni Boudouane. Enfant de troupe à Saint-Hippolyte-du-Fort et à Montreuil de 1919 à 1924, il devient officier dans l’armée française, au 1er régiment de tirailleurs algériens.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il atteint le grade de capitaine. Il est promu commandeur de la Légion d’honneur à titre militaire et reçoit la croix de guerre, la croix du combattant et la croix de la valeur militaire.

Bachaga de l’Ouarsenis, il devient responsable de la harka de la région en juillet 1956. À partir de février/mars 1962 sous la responsabilité de l’ex-colonel Jean Gardes, membre dirigeant de l’OAS, il forme un maquis dans l’Ouarsenis, « mais les maigres troupes activistes sont vite anéanties par les soldats français ». Durant les combats contre le FLN, il perd dix-sept membres de sa famille, dont un de ses fils, Abdelkader.

En 1945, il devient « caïd » du douar des Beni Boudouane, il est nommé « agha » en 1955 et « bachaga » en 1956. En , Saïd Boualam se rallie au général de Gaulle. Il est élu député de la 5e circonscription d’Algérie le , celle d’Orléansville (actuelle Chlef), sur la liste de l’Union nationale pour l’intégration et le renouveau (UNIR). Il est élu vice-président de l’Assemblée nationale. Il siège au sein du groupe des élus de la « Formation administrative des élus d’Algérie et du Sahara » (EAS), puis du « Regroupement national pour l’unité de la République » à partir de 1960.

En 1959, il est élu maire de la commune de Beni Boudouane et conseiller général du département d’Orléansville. Il est l’objet d’une tentative d’assassinat le , à Orléansville.

Le , il préside à la création du Front Algérie française (FAF), qui regroupe très vite 500 000 adhérents dont 200 000 musulmans pour finir à 1 million avant sa dissolution par les autorités en décembre.

Il s’éloigne peu à peu du gaullisme et ne prend pas part au vote sur la déclaration de politique générale de Michel Debré le . Le , il vote contre le projet attribuant des pouvoirs spéciaux au gouvernement et s’oppose à la modification de la Constitution le . Il est démis de son mandat à l’indépendance algérienne, le .

Rapatrié d’Algérie le , avec 67 membres proches de sa famille, il se retire en Camargue, à Mas-Thibert, à 18 km d’Arles, où l’État français lui a attribué le domaine agricole du « Mas Fondu ».

Il préside alors le Front national des rapatriés français de confession islamique (FNRFCI). À ce titre, il est nommé à la Commission nationale chargée de l’étude des problèmes des Français musulmans en 1979. Il meurt le .

En 2010, une stèle est inaugurée à la cité du Mazet à Mas-Thibert (Arles), en l’honneur du Bachaga. En 2013, une deuxième stèle est érigée au Sanctuaire Notre-Dame-de-Santa-Cruz à Nîmes.

« Quand les Français débarquèrent sur nos côtes, le mot Algérie n’existait pas. Notre histoire commence en 1845 comme celle de la France, en tant que peuple, a commencé avec les Capétiens. 1830, en cette terre d’Afrique du Nord, c’est le chaos, deux millions d’esclaves rançonnés par les pillards ou les féodaux, rongés par la syphilis, le trachome, le choléra, la malaria ; des déserts, des marais pestilentiels, plus rien de ce qui avait été la paix romaine. »

  • Commandeur de la Légion d’honneur
  • Croix de guerre 39-45 (2 citations)
  • Croix du combattant
  • Croix de la valeur militaire
Jean-Baptiste TOMACHEVSKY
Jean-Baptiste TOMACHEVSKY
Mon grand-oncle paternel s'est engagé dans la Légion étrangère, parti combattre pendant la guerre d'Algérie. Il est mort pour la France en 1962. C'est lui qui m'a donné l'amour de la Patrie et l'envie de la servir. Appelé sous les drapeaux en février 95, j'ai servi dans 6 régiments et dans 5 armes différentes (le Train, le Génie travaux, l'artillerie sol-air, les Troupes de marine et l'infanterie). J'ai participé à 4 opérations extérieures et à une MCD (ex-Yougoslavie, Kosovo, Côte d'Ivoire, Guyane). Terminant ma carrière au grade de caporal-chef de 1ère classe, j'ai basculé dans la fonction publique hospitalière en 2013 en devenant Responsable des ressources humaines au centre hospitalier de Dieuze. J'ai décidé ensuite de servir la Patrie différemment en devenant Vice-président du Souvenir Français (Comité de Lorquin-57) où je suis amené à participer à une cinquantaine de cérémonies mémorielles par an. Je participe également à des actions mémorielles auprès de notre jeunesse. Je suis également porte-drapeau au sein de l'Union nationale des combattants (UNC) de Lorquin (57) et membre du conseil départemental de l'ONaCVG de la Moselle, collège 2 et 3. J'ai également créé sur un réseau social professionnel un compte qui regroupe près de 16 000 personnes dédié au Devoir de mémoire. Je transmets et partage les destinées de ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour la France. J'ai rejoint THEATRUM BELLI en novembre 2024 pour animer la rubrique "Mémoires combattantes".
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