IN MEMORIAM – Charles BOCHARD, résistant (exécuté le 26 janvier 1944)

Charles Bochard naît en 1916 à Lons-le-Saunier. Comme beaucoup de jeunes gens de cette époque, son histoire est marquée par la guerre. Il perd son père en 1919, lors de la Première Guerre mondiale. Pupille de la Nation, Charles Bochard devient aide-mécanicien pour un garage de Besançon.

En parallèle, il découvre le rugby. Son bon niveau l’amène à intégrer le RCFC – Racing Club Franche-Comté, l’ancêtre de l’Olympique de Besançon. À cette période, le club fait partie de l’élite du rugby français. Charles Bochard y est demi de mêlée, et c’est un joueur très populaire.

Lorsque la guerre éclate, il est mobilisé dans la Marine. Envoyé en Algérie il échappe par miracle à la mort lorsque la flotte française est bombardée par l’aviation anglaise. Les Alliés, qui craignant que les allemands ne s’emparent des navires français, ont en effet décidé de les couler par surprise à Mers-el-Kébir. L’incident fait 1 300 morts, mais Charles Bochard parvient à nager jusqu’à la rive.

Marqué par cet incident et par le décès de ses deux frères aux premières heures de la Guerre, il rejoint Besançon. Charles Bochard reprend son activité de mécanicien, le rugby et s’engage clandestinement dans la Résistance. Il rejoint l’un des groupes des Francs-tireurs et partisans — proche du Parti Communiste — avec lequel il participe à des opérations de sabotage.

En 1943, Charles Bochard part à Bordeaux, pour rejoindre le groupe Bourgois. Pour se couvrir, il prétexte un transfert sportif au club de rugby de la ville. En réalité, il est missionné pour assassiner le collaborationniste André Langeron.

Le 26 août, avec l’aide d’un complice, il se rend sur la place de la gare de Bordeaux et tire au révolver sur sa cible. Mission réussie. il rentre alors à Besançon pour reprendre une activité presque normale. Il se sait recherché et joue donc au rugby avec une fausse licence. Il est néanmoins retrouvé par la police française, arrêté et remis à l’Occupant à Dijon en octobre 1943.

Il est interné à partir du 29 novembre 1943 au fort du Hâ, près de Bordeaux. Interrogé, torturé, il est condamné à mort le 20 janvier 1944 et fusillé le 26 janvier. Avant sa mort, il écrit une lettre à son meilleur ami, qu’il glisse dans la doublure de sa veste. Après sa mort, la lettre est retrouvée, tâchée de sang, mais remise à son destinataire.

L’équipe du RCFC est choquée par la mort de l’un des leurs. Les rugbymen bisontins décident alors de mettre un terme à leur saison. Depuis 80 ans, le club honore chaque année la mémoire de Charles Bochard.

Jean-Baptiste TOMACHEVSKY
Jean-Baptiste TOMACHEVSKY
Mon grand-oncle paternel s'est engagé dans la Légion étrangère, parti combattre pendant la guerre d'Algérie. Il est mort pour la France en 1962. C'est lui qui m'a donné l'amour de la Patrie et l'envie de la servir. Appelé sous les drapeaux en février 95, j'ai servi dans 6 régiments et dans 5 armes différentes (le Train, le Génie travaux, l'artillerie sol-air, les Troupes de marine et l'infanterie). J'ai participé à 4 opérations extérieures et à une MCD (ex-Yougoslavie, Kosovo, Côte d'Ivoire, Guyane). Terminant ma carrière au grade de caporal-chef de 1ère classe, j'ai basculé dans la fonction publique hospitalière en 2013 en devenant Responsable des ressources humaines au centre hospitalier de Dieuze. J'ai décidé ensuite de servir la Patrie différemment en devenant Vice-président du Souvenir Français (Comité de Lorquin-57) où je suis amené à participer à une cinquantaine de cérémonies mémorielles par an. Je participe également à des actions mémorielles auprès de notre jeunesse. Je suis également porte-drapeau au sein de l'Union nationale des combattants (UNC) de Lorquin (57) et membre du conseil départemental de l'ONaCVG de la Moselle, collège 2 et 3. J'ai également créé sur un réseau social professionnel un compte qui regroupe près de 16 000 personnes dédié au Devoir de mémoire. Je transmets et partage les destinées de ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour la France. J'ai rejoint THEATRUM BELLI en novembre 2024 pour animer la rubrique "Mémoires combattantes".

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