IN MEMORIAM – Charles CLIQUET, compagnon de la Libération (décédé le 27 mars 1956).

Né le 21 janvier 1891 à Imphy dans la Nièvre, Charles Cliquet est Licencié en Droit.

Pendant plusieurs années, il dirige une petite entreprise qui fait faillite à la fin des années trente.

Il entame alors des études de médecine et, au moment de l’armistice, habite, avec sa femme et ses deux enfants, à Vierzon.

Il commence avec son épouse ses activités de résistant dès le mois de juin 1940 (les Allemands étant arrivés le 20), en aidant des détachements français et des prisonniers évadés à passer en zone libre, par le Cher et par la ligne de démarcation.

Dénoncé, il est arrêté une première fois en juillet 1940, incarcéré à la prison de Vierzon mais relâché au bout de cinq jours faute de preuves suffisantes contre lui.

Il recommence immédiatement ces activités de « passeur », venant ainsi en aide non seulement à des prisonniers évadés, mais aussi aux agents de plusieurs services de renseignements, ou à des membres des Forces alliées qui s’efforçent de regagner l’Angleterre.

De juin 1940, jusqu’à la suppression de la ligne de démarcation, il réussit à faire passer clandestinement d’une zone à l’autre de 1 000 à 1 500 personnes, parmi lesquelles 21 aviateurs anglais ou américains, 5 canadiens qui avaient participé au débarquement de Dieppe, et de nombreux agents français ou alliés des services de renseignements ou des organisations de résistance. Il réalise ces passages, soit au moyen de faux papiers qu’il fabrique lui-même, soit en guidant lui-même de jour ou de nuit, ceux qui viennent lui demander son aide, entre les postes allemands et la ligne de démarcation.

Charles Cliquet s’est trouvé en rapport avec un grand nombre d’organisations de résistance, ou de services de renseignements qui, tous, ont fait largement appel à son concours, comme le SR (5e Bureau), l’organisation anglaise qui s’occupait du rapatriement des aviateurs alliés tombés en France, l’Organisation Civile et Militaire (OCM), etc. Il concourt à l’activité de ces organisations, en assurant les passages de leurs agents d’une zone à l’autre, mais traverse également lui-même régulièrement la ligne avec des renseignements et des documents. Il transmet en outre à ces organisations les informations d’ordre militaire qu’il peut recueillir lui-même.

Parallèlement à ses activités de résistant, Charles Cliquet continue tant bien que mal ses études de médecine et travaille de temps en temps dans une clinique de la région.

Il poursuit son activité, connue d’un très grand nombre de personnes, bien qu’il sache à quel point il est soupçonné et surveillé par la police allemande. En plus de son arrestation de juillet 1940, il subit, en mars 1941, une perquisition de la gendarmerie allemande à domicile. Plus tard, en août 1942, à la suite de nouvelles dénonciations, il est arrêté ainsi que sa femme, et emprisonné pendant quatre jours, puis une nouvelle fois relâché faute de preuves.

Enfin, le 23 mars 1943, il est arrêté à nouveau, son adresse ayant été trouvée par la police allemande dans les papiers d’un officier anglais appartenant à l’organisation chargée de l’aide aux aviateurs alliés.

Après 17 jours d’interrogatoire à Bourges, au cours duquel il ne livre aucun renseignement à la Gestapo, malgré les menaces et les tortures subies, il est transféré à Fresnes, et, de là, le 13 septembre, au camp de Sarrebruck, puis au camp de concentration de Buchenwald et de là au camp de punition de Laura. Il y travaille à la fabrication des VI et des V2, et y voit mourir, en trois mois, les deux tiers de ses camarades.

En juin 1944, Charles Cliquet est renvoyé à Buchenwald. Il en repart au mois de septembre suivant, s’étant porté volontaire pour un Kommando de travail à Deutz, près de Cologne, d’où il espère pouvoir s’évader et rejoindre les Alliés. Il s’évade effectivement le 6 février 1945, mais il est repris le 16 par la Gestapo, alors qu’il tente de franchir le Rhin.

Conduit à Kaiserau, à 40 km à l’Est de Cologne, et privé presque totalement de nourriture pendant quatre semaines, il réussit cependant à s’évader de nouveau le 11 avril, à traverser les lignes allemandes à Runderoth, et à rejoindre les lignes alliées.

Après la guerre, il termine rapidement des études et, docteur en médecine, s’installe à Montreuil-sous-Bois.

Charles Cliquet est décédé à Paris, à l’hôpital Saint-Antoine le 27 mars 1956 des suites de sa déportation. L’inhumation a eu lieu au Cimetière de Vierzon-Ville (Cher).

• Chevalier de la Légion d’Honneur
Compagnon de la Libération – décret du 26 septembre 1945
• Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
• Croix du Combattant
• Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
• Médaille des Evadés
• Médaille de la France Libre
• Médaille d’Argent des Epidémies
Medal of Freedom (USA)
King’s Medal for Courage (GB)

Jean-Baptiste TOMACHEVSKY
Jean-Baptiste TOMACHEVSKY
Mon grand-oncle paternel s'est engagé dans la Légion étrangère, parti combattre pendant la guerre d'Algérie. Il est mort pour la France en 1962. C'est lui qui m'a donné l'amour de la Patrie et l'envie de la servir. Appelé sous les drapeaux en février 95, j'ai servi dans 6 régiments et dans 5 armes différentes (le Train, le Génie travaux, l'artillerie sol-air, les Troupes de marine et l'infanterie). J'ai participé à 4 opérations extérieures et à une MCD (ex-Yougoslavie, Kosovo, Côte d'Ivoire, Guyane). Terminant ma carrière au grade de caporal-chef de 1ère classe, j'ai basculé dans la fonction publique hospitalière en 2013 en devenant Responsable des ressources humaines au centre hospitalier de Dieuze. J'ai décidé ensuite de servir la Patrie différemment en devenant Vice-président du Souvenir Français (Comité de Lorquin-57) où je suis amené à participer à une cinquantaine de cérémonies mémorielles par an. Je participe également à des actions mémorielles auprès de notre jeunesse. Je suis également porte-drapeau au sein de l'Union nationale des combattants (UNC) de Lorquin (57) et membre du conseil départemental de l'ONaCVG de la Moselle, collège 2 et 3. J'ai également créé sur un réseau social professionnel un compte qui regroupe près de 16 000 personnes dédié au Devoir de mémoire. Je transmets et partage les destinées de ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour la France. J'ai rejoint THEATRUM BELLI en novembre 2024 pour animer la rubrique "Mémoires combattantes".
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