LE GUETTEUR 2025-08
LAISSER UN COMMENTAIRE

Abonnez-vous à notre lettre d'information hebdomadaire


Dans le cadre de notre opération de promotion estivale, ce numéro de Marine & Océans est exceptionnellement accessible gratuitement et en intégralité.
Marine & Océans remercie chaleureusement ses fidèles abonnés pour leur compréhension et leur confiance renouvelée.
À tous ceux qui nous découvrent aujourd’hui et souhaitent mieux comprendre les grands enjeux maritimes :
Rejoignez la communauté Marine & Océans et accompagnez-nous tout au long de l’année.




Petites remarques à l’attention des rédacteurs du site Theatrum Belli.
Juste un petit commentaire au sujet des opérations cyber en Asie du Sud-Est. A l’occasion du Shangri-La Dialogue 2025, leur site propose un Dashboard en version beta, qui donne une représentation cartographique des multiples opérations cyber et informationnelles :
https://www.iiss.org/cyber-power-matrix/dashboard/
Cette représentation est tout à fait bien faite, explicite, et permet d’avoir une vue d’ensemble que l’on peut affiner par pays, par type d’opérations. Remarquablement bien fait… sauf qu’en faisant un focus sur la Chine, sur les opérations cyber qu’elle a menées et sur celles dont elle a été la victime, il en manque plusieurs : apparemment, la Chine n’a mené aucune opérations de désinformation. Or dans (l’excellent) livre « La France au coeur des intérêts géostratégiques indopacifiques » (editions Presses Universitaires Rhin & Danube, 2023), l’article de Raphael Chauvancy développe plusieurs aspects de la relation Chine-Australie, ainsi que les conséquences de la légereté de la France a accordé un vif intérêt pour la Nouvelle-Calédonie (dans un contexte pourtant tendu). Ces « omissions » incitent donc d’une part à la prudence à l’égard des informations lues sur cette version Beta du Dashboard IISS (peut-être n’est-il pas encore achevé, donc incomplet), mais également à envisager que ces omissions sont intentionnelles, allégeant sciemment la culpabilité de la Chine. De plus la Nouvelle Calédonie, qui a subi plusieurs opérations de désinformation, n’apparaît nulle part comme si elle n’existait pas : la France n’existe pas aux yeux des créateurs de cette carte interactive ?
Et donc, question : les diplomates français manifestent-ils leur agacement quand la France est effacée volontairement de la photo ? on se plaint toujours que les Européens perdent leur leadership, mais s’ils ne protestent jamais quand on les méprise (quand on les oublie volontairement)
est-ce que leur effacement est dû à l’émergence de puissants pays du Sud Global, ou à la désinvolture, au je-m’en-foutisme des Européens qui s’excusent presque d’avoir exercé un leadership durant le 20e siècle ? (ce site IISS a-t-il été fait par des Américains ? des Australiens ? des Singapouriens ? qui a choisi d’invisibiliser la France ?)
Agnès NICOL