2 avril 1841 : Naissance de Clément Ader, ingénieur aéronautique et visionnaire.

Clément Ader est né le 2 avril 1841 à Muret, en Haute-Garonne. Ingénieur autodidacte de génie, il s’illustre d’abord dans le domaine du téléphone : en 1881, il crée le « théâtrophone », ancêtre de la radio, qui permet de retransmettre en direct depuis l’Opéra de Paris. Mais c’est vers le ciel que se tourne très vite son obsession. Fasciné par les oiseaux — il les observe, les dissèque, en mesure les ailes avec une minutie d’entomologiste — il entreprend dès les années 1870 de construire des appareils volants inspirés du vivant.

Le 9 octobre 1890, dans le parc d’Armainvilliers appartenant à la famille Pereire, son premier appareil, l’Éole, réalise ce qu’Ader affirme être le premier décollage motorisé de l’histoire : 50 mètres parcourus à faible hauteur. En 1897, son Avion n° 3 — il est le premier à employer le mot « avion », dérivé du latin avis, oiseau — est expérimenté au camp de Satory devant une commission militaire présidée par le général Mensier. Le 12 octobre, Ader effectue ce qu’il décrit comme un tour complet de piste de 300 mètres à quelques centimètres du sol.

Puis vient la catastrophe. Une tempête de vent renverse l’appareil. Les expériences s’arrêtent. Surtout, le gouvernement décide d’abandonner les financements. Les travaux d’Ader sont mis sous le sceau du secret militaire, ses avions détruits ou remisés. Lui-même est contraint au silence pendant des années, alors que d’autres — les frères Wright en 1903, Santos-Dumont en 1906 — accèdent à la gloire internationale.

Il avait compris le rôle stratégique qu’aurait une aviation militaire. En 1914, il utilisa son influence pour aider à la création d’une aviation militaire. Il envoie de nombreux courriers au ministère de la Guerre, sans qu’on sache si son avis pesa ou non dans les choix stratégiques. On lui doit deux ouvrages sur l’aviation : La Première Étape de l’aviation militaire française (1907) et L’Aviation militaire (1909), sans compter les nombreuses inventions hors du champ de l’aéronautique.

L’aviation militaire : les grandes idées du livre.

                       

L’avion

Guillaume Apollinaire

Français, qu’avez-vous fait d’Ader l’aérien ?
Il lui restait un mot, il n’en reste plus rien.

Quand il eut assemblé les membres de l’ascèse
Comme ils étaient sans nom dans la langue française
Ader devint poète et nomma l’avion.

Ô peuple de Paris, vous, Marseille et Lyon,
Vous tous, fleuves français, vous françaises montagnes,
Habitants des cités et vous, gens des campagnes,
L’instrument à voler se nomme l’avion.

Cette douce parole eût enchanté Villon,
Les poètes prochains la mettront dans leurs rimes.

Non, tes ailes, Ader, n’étaient pas anonymes.
Lorsque pour les nommer vint le grammairien
Forger un mot savant sans rien d’aérien,
Où le sourd hiatus, l’âne qui l’accompagne
Font ensemble un mot long comme un mot d’Allemagne.

Il fallait un murmure et la voie d’Ariel
Pour nommer l’instrument qui nous emporte au ciel.
La plainte de la brise, un oiseau dans l’espace
Et c’est un mot français qui dans nos bouches passe.

L’avion ! L’avion ! qu’il monte dans les airs,
Qu’il plane sur les monts, qu’il traverse les mers,
Qu’il aille regarder le soleil comme Icare
Et que plus loin encore un avion s’égare
Et trace dans l’éther un éternel sillon
Mais gardons-lui le nom suave d’avion
Car du magique mot les cinq lettres habiles
Eurent cette vertu d’ouvrir les ciels mobiles.

Français, qu’avez-vous fait d’Ader l’aérien ?
Il lui restait un mot, il n’en reste plus rien.

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