IN MEMORIAM – Valentin FELDMAN, résistant (exécuté le 27 juillet 1942).

Valentin Feldman naît à Saint-Petersbourg le 25 juin 1909. Il vit en Russie jusqu’à l’âge de douze ans. En 1921, Valentin Feldman fuit son pays natal, face à la révolution, à destination de la France, en compagnie de sa mère. Il poursuit de brillantes études à Paris au lycée Henri IV.

Il devient professeur de philosophie à Fécamp. En 1936, Valentin Feldman publie un essai L’Esthétique française contemporaine. Il adhère au parti communiste français. Bouleversé par l’annonce du pacte germano-soviétique d’août 1939, il décide de partir volontairement aux armées, alors qu’il bénéficie d’une réforme pour une maladie de cœur. Il est affecté dans une compagnie hippomobile à Rethel (Ardennes), où il entame en janvier 1940 la rédaction de ce qui devient son Journal de guerre (1940-1941).

Surpris par l’attaque allemande du 10 mai 1940, il subit avec son unité de nombreuses attaques aériennes et manque d’être tué lors du bombardement de Toucy (Yonne), le 15 juin 1940. Pour sa conduite au feu, il obtient la Croix de guerre.

Après l’armistice, démobilisé, il retourne enseigner à Dieppe.

Feldman refuse la défaite et s’engage dans la résistance. Il participe à la propagande du PCF dans la région de Dieppe (Seine-Inférieure). En juillet 1941, considéré comme juif, Valentin Feldman est révoqué de son poste de professeur.

Il est arrêté par la police allemande, le 6 février 1942 à Rouen, sur dénonciation, suite au sabotage de l’usine de Déville-lès-Rouen (Seine-Inférieure). Il fut emprisonné à Rouen puis à Fresnes. Les tentatives mises en œuvre pour le sauver — notamment par René Zazzo — n’aboutissent pas, d’autant que le philosophe a refusé de signer sa demande de grâce.

Le tribunal militaire allemand de Paris le condamné à mort le 18 juillet 1942.

Il laissait ces mots griffonnés au fond de sa cellule : « Ma mort aura été, avec mon amour, la plus belle réussite de ma vie ».

Le 27 juillet 1942, il est fusillé à la forteresse du Mont-Valérien. S’adressant aux soldats allemands du peloton d’exécution, il leur lance :

« Imbéciles, c’est pour vous que je meurs ! »

Sa dépouille est inhumée au cimetière d’Ivry-sur-Seine.

Valentin Feldman est homologué FTP – groupe Musée de l’Homme et la mention Mort pour la France lui est attribuée par le Secrétariat général aux Anciens Combattants en date du 8 novembre 1945.

Jean-Baptiste TOMACHEVSKY
Jean-Baptiste TOMACHEVSKY
Mon grand-oncle paternel s'est engagé dans la Légion étrangère, parti combattre pendant la guerre d'Algérie. Il est mort pour la France en 1962. C'est lui qui m'a donné l'amour de la Patrie et l'envie de la servir. Appelé sous les drapeaux en février 95, j'ai servi dans 6 régiments et dans 5 armes différentes (le Train, le Génie travaux, l'artillerie sol-air, les Troupes de marine et l'infanterie). J'ai participé à 4 opérations extérieures et à une MCD (ex-Yougoslavie, Kosovo, Côte d'Ivoire, Guyane). Terminant ma carrière au grade de caporal-chef de 1ère classe, j'ai basculé dans la fonction publique hospitalière en 2013 en devenant Responsable des ressources humaines au centre hospitalier de Dieuze. J'ai décidé ensuite de servir la Patrie différemment en devenant Vice-président du Souvenir Français (Comité de Lorquin-57) où je suis amené à participer à une cinquantaine de cérémonies mémorielles par an. Je participe également à des actions mémorielles auprès de notre jeunesse. Je suis également porte-drapeau au sein de l'Union nationale des combattants (UNC) de Lorquin (57) et membre du conseil départemental de l'ONaCVG de la Moselle, collège 2 et 3. J'ai également créé sur un réseau social professionnel un compte qui regroupe près de 16 000 personnes dédié au Devoir de mémoire. Je transmets et partage les destinées de ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour la France. J'ai rejoint THEATRUM BELLI en novembre 2024 pour animer la rubrique "Mémoires combattantes".

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