IN MEMORIAM – Sergent Némir, compagnon de la Libération (décédé le 21 décembre 1953)

Némir naît à Fort-Lamy, dans la colonie française du Tchad, vers 1904. Il est issu de Mango, du peuple des Saras, dans le sud du Tchad.

À vingt ans, Némir est engagé volontaire dans les tirailleurs sénégalais le , pour quatre ans, au régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (« RTST »). Affecté le mois suivant à la 11e compagnie de ce régiment, il est admis au peloton des élèves caporaux d’avril à , à Abéché. Après cette formation, il rejoint sa 11e compagnie du RTST.

En , Némir se rengage pour trois ans. Il est affecté pour servir en France métropolitaine, et arrive à Bordeaux ans en . Il y a des incertitudes dans son dossier militaire, mais il semble avoir été nommé le 1er juillet suivant à Montauban, au 16e régiment de tirailleurs sénégalais (« 16e RTS »). Nommé caporal le 1er, il est affecté le même jour à Castelsarrasin, à la 11e compagnie. Un an et demi après, le 1er , il est affecté à la 9e compagnie. Du même coup, il prolonge d’un an son engagement.

Némir est promu au grade de sergent le  et se rengage pour cinq ans, toujours dans le 16e RTS. Rapatrié au Tchad à l’expiration de son affectation en métropole le , il arrive en  à Fort-Archambault. En décembre suivant, Némir est affecté à la 1re compagnie du même régiment de tirailleurs. Rengagé pour un an le , Némir est affecté pour la relève du groupe III, au sein de la 8e compagnie.

Il est nommé de nouveau au RTST le 1er , dans la 3e compagnie. Il se réengage pour deux ans, et est promu sergent-chef en . Il change ensuite fréquemment d’affectation, passant successivement à la CHR, à la 5e compagnie, à la 17e compagnie, et après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale il retrouve de nouveau la 5e compagnie en .

Lorsque le Tchad rallie la France libre , Némir est un des cadres qui s’y rallient aussitôt. Il est nommé dans le Bataillon de marche n° 3 (« BM 3 ») dès sa création le 1er , dans la 11e compagnie de ce bataillon.

Némir participe à la campagne d’Érythrée avec le BM 3. Il s’illustre notamment du 21 au  au combat de Kub Kub, par sa ténacité comme par la façon dont il soutient le moral des tirailleurs. Cela lui vaut d’être cité à l’ordre de l’armée. Il participe ensuite aux combats de l’Engiahat au cours de la bataille de Keren, du 14 au .

Il débarque ensuite en Palestine avec son bataillon le . Le sergent-chef Némir est alors rétrogradé simple 2e classe, pour une raison que les sources disponibles ne précisent pas.

Némir est malgré cela créé compagnon de la Libération, pour ses faits d’armes antérieurs en Érythrée. Il est ainsi un des rares Africains ayant reçu cette prestigieuse distinction. Le décret qui lui décerne la croix de la Libération est du . Il est d’ailleurs encore qualifié de sergent-chef dans le texte de ce décret.

Nommé au bataillon de marche n° 4 (« BM 4 »), Némir part avec lui pour la campagne de Syrie, puis pour la Somalie britannique, à Burao. Le , il y retrouve le grade de caporal. Il continue ensuite avec le BM 4 en Abyssinie.

Envoyé de nouveau vers le Levant en , Némir passe par Berbera, sur le golfe d’Aden, où il arrive le . Il s’y embarque le  pour Suez où il arrive le . Il stationne ensuite au col de Zahlé au Liban, puis dans la ville de Tripoli, dans le Nord du Liban.

Il reste au Liban jusqu’au , date à laquelle il est envoyé vers les théâtres d’opérations d’Afrique du Nord ; passant par l’Égypte, il arrive en Cyrénaïque et stationne à Tobrouk du  au  suivant. Son unité, le BM 4, est intégré à la 2e brigade de la 1re division française libre. Avec cette brigade, il est envoyé en Tunisie. Il y parvient le , et stationne à Stilka du 3 au .

Némir est engagé dans les opérations de la fin de la campagne de Tunisie, et y participe à Tobrouk du 7 au . Il combat ensuite à Takrouna du 7 au , puis à Hammam et à Sousse du  au , où il est promu sergent le . Il participe ensuite aux opérations à Zuara, sur la côte de la Tripolitaine, à partir du .

Il semble ensuite dirigé sur le Tchad, où il est libéré le  du service actif, d’après les brèves indications de son dossier militaire.

Némir se retire alors à Fort-Lamy, actuellement N’Djaména, capitale du Tchad. Il y meurt le , et y est enterré.

Il n’existe pas de portrait connu représentant Némir. L’ordre de la Libération a lancé un appel pour trouver sa photographie et celle de 18 autres compagnons « sans visage ».

 

 

 

 

 

 

 



Le sergent Némir est décédé le 21 décembre 1953 au Tchad, à Fort-Lamy (N’Djamena) où il est inhumé.


• Compagnon de la Libération – décret du 23 juin 1941
• Médaille Militaire
• Croix de Guerre avec Palme
• Médaille coloniale avec agrafes « AEF », « Erythrée »

Jean-Baptiste TOMACHEVSKY
Jean-Baptiste TOMACHEVSKY
Mon grand-oncle paternel s'est engagé dans la Légion étrangère, parti combattre pendant la guerre d'Algérie. Il est mort pour la France en 1962. C'est lui qui m'a donné l'amour de la Patrie et l'envie de la servir. Appelé sous les drapeaux en février 95, j'ai servi dans 6 régiments et dans 5 armes différentes (le Train, le Génie travaux, l'artillerie sol-air, les Troupes de marine et l'infanterie). J'ai participé à 4 opérations extérieures et à une MCD (ex-Yougoslavie, Kosovo, Côte d'Ivoire, Guyane). Terminant ma carrière au grade de caporal-chef de 1ère classe, j'ai basculé dans la fonction publique hospitalière en 2013 en devenant Responsable des ressources humaines au centre hospitalier de Dieuze. J'ai décidé ensuite de servir la Patrie différemment en devenant Vice-président du Souvenir Français (Comité de Lorquin-57) où je suis amené à participer à une cinquantaine de cérémonies mémorielles par an. Je participe également à des actions mémorielles auprès de notre jeunesse. Je suis également porte-drapeau au sein de l'Union nationale des combattants (UNC) de Lorquin (57) et membre du conseil départemental de l'ONaCVG de la Moselle, collège 2 et 3. J'ai également créé sur un réseau social professionnel un compte qui regroupe près de 16 000 personnes dédié au Devoir de mémoire. Je transmets et partage les destinées de ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour la France. J'ai rejoint THEATRUM BELLI en novembre 2024 pour animer la rubrique "Mémoires combattantes".

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