21 septembre 1435 : traité d’Arras.
En 1435, le roi de France Charles VII cherche à asseoir son autorité en France. Après les victoires obtenues par Jeanne d’Arc, le temps est venu de reconquérir les territoires perdus sur les Anglais. Néanmoins, Charles VII sait qu’il ne peut rien tant que la guerre civile avec les Bourguignons ne sera pas terminée. Il entame donc des négociations avec le duc de Bourgogne, Philippe le Bon. Celui-ci n’attend plus rien des Anglais et souhaite se consacrer au développement de ses provinces. La paix avec la France est pour lui une nécessité. Il accepte donc de traiter avec Charles VII, ce qui ouvre la voie à la conférence d’Arras.
Celle-ci est la première conférence européenne. Outre le royaume de France, dont la délégation de négociateurs est menée par le duc de Bourbon, le maréchal de La Fayette, le comte de Vendôme, le connétable Arthur de Richemont, l’archevêque de Reims et Christophe d’Harcourt, et la Bourgogne, conduite par le duc Philippe de Bourgogne en personne, elle réunit l’empereur Sigismond de Luxembourg, le médiateur Amédée VIII de Savoie, une délégation anglaise, des représentants du Pape, ainsi que les représentants des rois de Pologne, de Castille et d’Aragon.
: la mort subite d’Anne de Bourgogne, épouse du duc de Bedford, régent du royaume pour l’Angleterre, desserre les liens qui avaient été tissés entre la dynastie Lancastre et le duc Philippe. Pire encore : le veuf, pourtant déjà âgé, se déclare épris d’une jeune femme de 17 ans, Jacquette de Luxembourg, héritière du duché de Luxembourg, mais vassale du duc de Bourgogne. Celui-ci s’offense du mariage prévisible. Le 22 avril 1433 à 17 ans, Jacquette se marie à Jean de Lancastre, duc de Bedford, à Thérouanne. À Nevers, le , premiers espoirs pour parvenir à un accord : le chancelier de France, le nouveau connétable Arthur de Richemont, les principaux barons Bourbon et Orléans rencontrent le duc Philippe en personne. L’atmosphère est détendue : on banquette, on danse, on s’embrasse. Mais les Orléans mettent une condition aux négociations en vue de la paix : que les Anglais libèrent Charles d’Orléans, l’aîné de la famille, le poète prisonnier, enfermé en Angleterre depuis de nombreuses années. La mort de Bedford, en , dans sa résidence, à Rouen, hâte le cours des discussions. Le rapprochement des Français avec l’empereur Sigismond d’Allemagne, la colère des tisserands des Flandres qui ne voient plus arriver la laine anglaise qui transitait naguère par le port de Calais inquiètent le duc Philippe qui se décide à lâcher le roi d’Angleterre Henri VI et se rappelle qu’il est aussi le premier pair de France.
Il prend l’initiative d’une conférence à trois, et le congrès s’ouvre à Arras au début d’août avec un déploiement fastueux de tournois, de fêtes et de banquets, avec les vins les plus rares et les plus chers, car cela plait au duc. Il est accompagné de son fils, Charles (le futur Charles le Téméraire), silencieux et indifférent, de ses nombreux bâtards, des seigneurs de ses provinces et de son conseiller indispensable Nicolas Rolin. Les Anglais ont envoyé une délégation présidée par le cardinal de Beaufort, l’archevêque d’York, le comte de Suffolk, ainsi que Pierre Cauchon, représentant des Français ralliés aux Anglais, devenu évêque de Lisieux alors qu’il avait demandé à devenir évêque de Rouen. Les Français étaient représentés par les grands barons, assistés de juristes éminents, docteurs de l’Université, dont notamment le « doyen de Paris ».
Mais l’autorité morale suprême, garante du bon déroulement des séances de travail et des décisions adoptées, avait été confiée au légat pontifical, cardinal de Sainte-Croix, assisté de son secrétaire l’intelligent et savant Enea Silvio Piccolomini (futur pape Pie II), ainsi qu’un cardinal de Chypre, porte-parole du concile de Bâle, et délégué par ledit concile.
Le congrès d’Arras représente un événement d’une importance mondiale. La négociation faillit être interrompue à cause de l’intransigeance des Anglais, qui finirent par quitter la conférence avant la signature du traité de paix : ils voulaient que le roi de France se déclarât vassal du roi d’Angleterre. C’était le point d’achoppement traditionnel qui revenait sur le tapis des négociateurs. Après le départ des Anglais, le roi de France et le duc de Bourgogne arrivèrent à une transaction, mais la portée du traité fut diminuée du fait que la paix qu’ils établissaient n’étaient pas une paix « européenne », mais un accord entre deux États, la France et la Bourgogne.
Par le traité d’Arras, signé le :
- le roi Charles VII fait amende honorable pour le meurtre du duc Jean sans Peur (le traité débutait par cette confession : « Premièrement, le roi dira, ou par ses gens notables suffisamment fondés fera dire à mondit seigneur de Bourgogne, que la mort de feu le duc Jean de Bourgogne, son père, que Dieu absolve, fut iniquement et mauvaisement faite par ceux qui perpétrèrent ledit cas, et par mauvais conseil, et lui en a toujours déplu et de présent déplaît de tout son cœur, et que s’il eût su ledit cas, et en tel âge et entendement qu’il a à présent, il y eût obvié à son pouvoir… ») ;
- Charles VII cède à Philippe le Bon les villes de la Somme, le comté de Mâcon, la vicomté de Bar-sur-Seine et le comté d’Auxerre ;
- il donne une indépendance de fait à l’État bourguignon, le duc de Bourgogne reste vassal du roi de France mais est dispensé personnellement de lui rendre hommage ;
- le duc de Bourgogne reconnait la légitimité de Charles VII comme roi de France — désormais en paix avec la Bourgogne, le roi a les mains libres pour s’atteler à la reconquête des territoires perdus sur les Anglais.
Le traité d’Arras de 1435 met fin à la querelle des Armagnacs et des Bourguignons et à l’alliance anglo-bourguignonne.
Le traité est confirmé le . Ce jour-là, le roi Charles VII jura de respecter scrupuleusement toutes les clauses du traité d’Arras devant le duc de Bourgogne, représenté par Guy III de Pontailler (dit Guyard), maréchal de Bourgogne (commandant en chef de l’armée bourguignonne), seigneur de Talmay, Heuilley-sur-Saône et autres lieux.
Ce traité est réputé avoir mis fin à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.
Les villes de la Somme cédées par Charles VII furent ensuite rachetées par Louis XI, le , à Philippe le Bon pour la somme de 400 000 écus, afin que les Bourguignons soient éloignés de Paris et que soit oublié ce traité moins glorieux pour la couronne de France. Furent rachetées notamment les villes de Saint-Quentin, Corbie, Amiens, Doullens, Abbeville, Montreuil-sur-Mer, Rue, Saint-Valery, Le Crotoy, Saint-Riquier, Crèvecœur-en-Cambrésis et Mortagne ; ainsi que les châtellenies de Roye, Péronne et Montdidier.
Plus tard, le nouveau duc de Bourgogne Charles le Téméraire lutta pour obtenir une indépendance totale et pour créer un royaume de Bourgogne, mais il s’aliéna les habitants des Flandres, de l’Alsace et les Suisses et trouva la mort face au duc René II de Lorraine à la bataille de Nancy en 1477 sans avoir réalisé son rêve.
Louis XI en profita pour récupérer le duché de Bourgogne tandis que la « Bourgogne impériale » (Franche-Comté), le comté de Charolais et les Pays-Bas bourguignons passèrent aux Habsbourg à la suite du mariage de Marie de Bourgogne, fille unique de Charles le Téméraire, avec Maximilien de Habsbourg, futur empereur Maximilien 1er.
21 septembre 1558 : mort à 58 ans de Charles Quint.
Charles de Habsbourg, né le à Gand (comté de Flandre) et mort le au monastère de Yuste (Espagne), élu en 1520 empereur sous le nom de Charles V, couramment en français Charles Quint, fils de Philippe le Beau et de Jeanne la Folle, héritier par son père des possessions de la maison de Habsbourg (archiduché d’Autriche, etc.) ainsi que des dix-sept provinces des Pays-Bas et de la Franche-Comté, par sa mère des royaumes de Castille et d’Aragon (sous le nom de Charles 1er) et de l’empire colonial espagnol, ainsi que du royaume de Naples (Charles II), est le monarque européen le plus puissant de la première moitié du XVIe siècle.
Cette accumulation de territoires et de pouvoirs est en partie le résultat du hasard (la mort de sa tante, Isabelle d’Aragon, princesse des Asturies, en 1498, puis du fils de cette dernière, l’infant Miguel de la Paz, en , ont fait de sa mère l’héritière des deux couronnes espagnoles), mais surtout le résultat d’une politique délibérée d’alliances matrimoniales qui a fait de lui l’héritier de quatre dynasties : petit-fils de la duchesse Marie de Bourgogne, de Maximilien d’Autriche, d’Isabelle la Catholique, reine de Castille, et de Ferdinand le Catholique, roi d’Aragon et de Naples, il est duc de Bourgogne sous le nom de Charles II, roi des Espagnes sous le nom de Charles 1er (en espagnol Carlos I), mais est surtout passé à la postérité comme l’empereur romain germanique Charles V (en allemand Karl V.).
Il apparaît comme le dernier empereur qui ait souhaité réaliser le rêve carolingien d’un empire à la tête de la chrétienté unie. Cette volonté d’unité chrétienne face à la progression de l’Empire ottoman dans les Balkans et en Méditerranée a été systématiquement combattue par les rois de France François 1er et Henri II, qui recherchent volontiers l’alliance turque, et remise en cause par la Réforme protestante, initiée par Martin Luther à partir de 1517. À ces problèmes qui se posent pendant tout son règne s’ajoutent des révoltes en Castille, dans le Saint-Empire, en Flandre et en Brabant.
Au terme d’une vie de combats, miné physiquement et désabusé par ses échecs face à la France, aux luthériens et à sa propre famille, il se dépouille volontairement de ses pouvoirs. Par une série de conventions avec son frère Ferdinand, il lui cède les États autrichiens et la dignité impériale. Le , à Bruxelles, il abdique ses droits sur les Pays-Bas, unis par la Pragmatique Sanction (1549) et séparés de l’Empire par la transaction d’Augsbourg, en faveur de son fils Philippe, déjà duc de Milan et roi de Naples, et lui cède enfin ses droits sur l’Espagne en 1556. Il se retire alors dans le Monastère de Yuste pour ses dernières années de vie. Il y meurt le 21 septembre 1558, âgé de 58 ans. Ses restes sont transférés en 1574 de ce monastère à la nécropole royale de l’Escurial, édifiée par son fils Philippe à 40 km de Madrid.

21 septembre 1589 : A Arques, Henri IV tient tête à un contre quatre.
Henri de Navarre est roi de France depuis six semaines, et il ne possède rien. Henri III a été assassiné le 2 août 1589 ; le nouveau roi est protestant, la Ligue catholique tient Paris et la plupart des grandes villes, et une partie de sa propre armée l’a quitté en apprenant qu’il ne se convertirait pas sur-le-champ.
Il descend vers la Normandie avec ce qui lui reste (8 000 hommes environ) et s’installe autour d’Arques, à quelques kilomètres de Dieppe. Le choix du lieu est réfléchi. Dieppe est un port, donc une porte ouverte sur l’Angleterre et sur les secours qu’Élisabeth a promis. Arques commande la route de Dieppe, et le terrain s’y prête : une vallée étroite entre des hauteurs boisées et des marais, dominée par un château perché.
Le duc de Mayenne arrive avec 35 000 hommes, renforcés de contingents espagnols. Quatre contre un.
Les combats commencent le 15 septembre et durent deux semaines. Henri ne cherche pas la bataille rangée, qu’il perdrait. Il fait creuser des retranchements en travers de la vallée, échelonnés en profondeur, et il installe son artillerie dans le château, d’où elle plonge sur les colonnes qui s’engagent dans le fond.
Le 21 septembre, Mayenne donne l’assaut général. Ses troupes forcent les premières lignes et s’enfoncent dans la vallée. C’est à ce moment que le terrain se referme : les ligueurs, serrés entre les pentes et les marais, ne peuvent plus déployer leur supériorité numérique, et l’artillerie du château les prend d’enfilade.
Deux jours plus tard, 4 000 Anglais débarquent à Dieppe. Mayenne, qui n’a plus l’avantage du nombre et ne peut pas nourrir son armée sur place, lève le camp le 29 septembre.
Henri écrira à Crillon la lettre qui a fait sa réputation d’homme d’esprit (« Brave Crillon, pends-toi de n’avoir pas été ici ») ; phrase dont les historiens contestent l’authenticité.
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NOTA : L’affaire d’Arques n’est pas une victoire éclatante. C’est un roi sans royaume qui refuse le combat qu’on lui offre, choisit un terrain où le nombre ne sert à rien, et tient assez longtemps pour que les secours arrivent. Il lui faudra encore 9 ans, une autre bataille à Ivry, un siège de Paris manqué, une conversion et l’édit de Nantes pour achever ce qu’il a commencé dans cette vallée normande.


21 septembre 1711 : Duguay-Trouin s’empare de Rio de Janeiro.
L’année précédente, une expédition française avait échoué devant Rio. Son chef, Jean-François Duclerc, avait été fait prisonnier avec plus de 600 hommes ; il fut assassiné dans sa geôle en mars 1711, et les Portugais refusaient tout échange de prisonniers malgré les traités.
René Duguay-Trouin, corsaire malouin passé au service du roi, monte l’opération de représailles. Le montage financier mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il caractérise la guerre navale française sous Louis XIV : le trésor royal est vide, alors on associe l’État et les marchands. Louis XIV fournit l’escadre armée et deux mille soldats ; des armateurs de Saint-Malo et le comte de Toulouse, fils légitimé du roi, apportent sept cent mille livres de capital. Un traité signé en mars 1711 prévoit que le roi touchera un cinquième du produit net ; droit auquel il renoncera ensuite.
L’escadre compte 7 vaisseaux de ligne et une dizaine de bâtiments plus légers, environ 740 canons, 2 000 soldats et plus de 6 000 hommes d’équipage.
Le 12 septembre 1711, Duguay-Trouin force la passe de la baie de Guanabara sous le feu des forts. Le passage lui coûte environ trois cents hommes. Le 15, il débarque 3 700 hommes. Pendant une semaine, les batteries françaises travaillent les défenses et la ville.
Le gouverneur, Francisco de Castro Morais, avait dispersé sa milice la veille de l’attaque. Il dispose pourtant de 3 000 réguliers, 4 000 miliciens, 7 vaisseaux et 4 forteresses. Dans la nuit du 21 au 22 septembre, il évacue la ville avec sa garnison, abandonnant Rio aux Français. Les Portugais incendient eux-mêmes les navires qu’ils ne peuvent pas défendre.
Suit une négociation de rançon qui dure deux mois. La ville verse environ 4 millions de livres en or, en sucre, en marchandises et en esclaves africains que les Français revendront à Cayenne. Les 500 survivants de l’expédition Duclerc sont libérés. 60 navires marchands sont pris ou brûlés. Les dommages totaux infligés à la place ont été évalués à 25 millions de livres.
L’escadre appareille le 13 novembre. Le retour est cruel : une tempête après le passage de l’équateur coule 3 bâtiments, dont le Magnanime avec 600 000 livres d’or et d’argent à bord, et le Fidèle avec une grande partie de son équipage. Duguay-Trouin rentre à Brest le 6 février 1712 avec plus d’une tonne et demie d’or.
Les armateurs ont doublé leur mise. Et la France, qui vient de perdre Malplaquet et souffre de la famine, tient un succès à montrer au moment où s’ouvrent les négociations d’Utrecht.

21 septembre 1746 : le général La Bourdonnais et les troupes française prennent la ville de Madras (Indes).

21 coups de canon saluent le pavillon français hissé sur le fort Saint-Georges. La France vient de prendre Madras, principal établissement anglais de la côte de Coromandel. Nous sommes le 21 septembre 1746. Elle rendra la place 2 ans après, et l’homme qui l’a prise passera 3 ans à la Bastille.
Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais est un marin, ancien officier de la Compagnie des Indes, gouverneur général des Mascareignes (l’île de France et l’île Bourbon) dont il a fait en 10 ans la base arrière de la puissance française dans l’océan Indien. Il a armé sa propre escadre presque sans secours de la métropole.
Après avoir tenu tête à l’escadre anglaise de Peyton au large de Négapatam en juillet, il paraît devant Madras le 14 septembre avec 9 vaisseaux. Il débarque 1 100 Européens et 400 cipayes. En face, la garnison britannique compte 2 à 300 hommes.
Le bombardement commence le 18 et dure trois jours. Le gouverneur anglais, Nicholas Morse, capitule le 21.
La Bourdonnais accepte une rançon qu’on lui reprochera jusqu’à la Bastille.
L’accord qu’il signe prévoit que la France garde le fort et les entrepôts, restitue la ville à ses habitants anglais contre paiement, et se retire. Le montant est fixé à 1,1 million pagodes, quelque 9 millions de livres. Ses instructions lui prescrivaient de ne conserver aucune conquête en Inde ; il les applique.
Joseph-François Dupleix, gouverneur général de Pondichéry, s’y oppose violemment. Il ne veut pas d’argent, il veut la place. Sa politique consiste à construire une domination territoriale française en Inde en s’appuyant sur les princes locaux, et rendre Madras contre espèces ruine ce dessein.
La querelle est celle de deux conceptions de la guerre coloniale. Pour le marin, une conquête est une monnaie d’échange et une prise de guerre. Pour l’administrateur, c’est un territoire à garder. Dupleix l’emportera : une tempête d’octobre force l’escadre de La Bourdonnais à reprendre la mer, il dénonce l’accord, et Madras reste française jusqu’au traité d’Aix-la-Chapelle de 1748, qui la restitue à l’Angleterre en échange de Louisbourg, au Canada.
La Bourdonnais rentre en France en passant par l’Europe. Capturé par les Anglais en route, relâché, il arrive à Paris pour y trouver les accusations de Dupleix ; trahison, entente avec l’ennemi, profits personnels. Il est embastillé et y reste trois ans. Acquitté en 1751, il meurt en 1753, la santé détruite.
21 septembre 1792 : abolition de la royauté.
La proclamation de l’abolition de la royauté s’est déroulé lors de la première séance de la Convention nationale, au cours de laquelle les députés ont pris un décret proclamant l’abolition de la royauté en France (qui prenait la forme d’une monarchie constitutionnelle instituée par la Constitution du ), instaurant de facto une république. Elle marque ainsi la fin de près de 8 siècles de monarchie ininterrompue et la naissance de la Première République, premier régime républicain de l’histoire de France.
Le lendemain, 22 septembre, l’assemblée ordonne que les actes publics soient désormais datés de l’an premier de la République. Ce détail administratif fonde la date officielle de naissance du régime. Trois jours plus tard, Georges Couthon fait décréter que la République est une et indivisible.

21 septembre 1793 : victoire des Vendéens à la 2e bataille de Montaigu.
Après leur victoire à la bataille de Torfou, les Vendéens décident aussitôt de contre-attaquer. Un plan de bataille est mis en place le soir même à Tiffauges par le généralissime Maurice d’Elbée pour empêcher les républicains de battre en retraite sur Nantes. Lescure, Charette, Joly et Savin sont chargés d’attaquer la garnison de Montaigu, puis de se tourner vers Clisson afin de prendre en tenailles le gros de l’Armée de Mayence avec les forces de Bonchamps et de Lyrot.
La petite ville de Montaigu est alors occupée par le général Jean-Michel Beysser, qui est à la tête d’un corps de 7 000 hommes de l’Armée des côtes de Brest. Le représentant en mission Jean-Baptiste Cavaignac se trouve également sur place.
Le matin du 21 septembre, à Clisson, le général Canclaux, le commandant en chef des forces de l’Armée des côtes de Brest et de l’Armée de Mayence, envoie l’ordre au général Beysser d’évacuer Montaigu et de se porter sur le bourg de Boussay afin de faire sa jonction avec les troupes de Kléber. Cependant Beysser n’exécute pas l’ordre avec toute la célérité voulue.
Le , les troupes vendéennes de Lescure, Charette, Joly et Savin sont devant Montaigu. Une première escarmouche éclate dans la matinée entre les républicains et les hommes de Joly, mais le combat s’engage véritablement aux environs de deux heures de l’après-midi, alors que Beysser et ses hommes déjeunent.
Les défenses des patriotes s’effondrent très rapidement : les avant-postes sont pris d’assaut et les Vendéens s’engouffrent dans la ville. Beysser se montre incapable de rallier ses troupes et de les mettre en bataille. Son artillerie est inefficace et sa cavalerie ne parvient pas à manœuvrer. Seuls les soldats du 79e et du 109e régiment d’infanterie de ligne montrent une certaine combativité et parviennent à repousser un moment les troupes de Charette. Le général républicain donne alors l’ordre de la retraite, mais celle-ci s’effectue dans la confusion la plus totale. Les républicains abandonnent la ville et sont harcelés sur la route par des tireurs embusqués derrières des haies. Ils sont poursuivis jusqu’à Remouillé et Aigrefeuille, à 10 kilomètres de Montaigu, où la tombée de la nuit met fin aux combats. Ils n’arrêtent cependant leur fuite qu’aux Sorinières, au sud de Nantes.
Un détachement républicain se retrouve coupé du reste de l’armée et encerclé à l’intérieur du château de Montaigu. Cependant le gros de l’armée vendéenne se rue à la poursuite de Beysser sur la route de Nantes et ne laisse derrière elle que ses forces les moins combatives. Les assiégés parviennent ainsi à effectuer une percée et à rejoindre Les Sorinières en passant par la route de Vieillevigne.
21 septembre 1832 : mort à 61 ans de l’écrivain écossais Walter Scott.
Sir Walter Scott naît le 15 août 1771 à Édimbourg dans une famille bourgeoise écossaise. Son père, avoué, et sa mère, fille de médecin, l’élèvent dans un milieu cultivé où résonnent les légendes et ballades des Borders, cette région frontalière entre l’Écosse et l’Angleterre qui nourrira plus tard son imagination littéraire.
Frappé de poliomyélite dans sa petite enfance, Scott garde une claudication qui marquera sa personnalité. Après des études de droit à l’université d’Édimbourg, il devient avocat en 1792, puis shérif du Selkirkshire en 1799. Cette carrière juridique lui assure une stabilité financière tout en lui laissant du temps pour ses passions littéraires.
Scott commence sa carrière littéraire par la poésie narrative. Ses premiers succès, « Le Lai du dernier ménestrel » (1805), « Marmion » (1808) et « La Dame du lac » (1810), connaissent un immense retentissement. Ces longs poèmes épiques, inspirés des légendes écossaises et de l’histoire médiévale, établissent sa réputation et lui valent une fortune considérable.
En 1814, Scott révolutionne la littérature avec « Waverley », publié anonymement. Ce premier roman, situé pendant les soulèvements jacobites de 1745, inaugure un genre nouveau : le roman historique moderne. Il mêle fiction et histoire avec un art consommé, ressuscitant le passé écossais avec une vérité saisissante.
Le succès est foudroyant. Scott enchaîne avec les romans écossais : « Guy Mannering » (1815), « L’Antiquaire » (1816), « Rob Roy » (1817), « Le Cœur du Midlothian » (1818), considéré comme son chef-d’œuvre. Ces œuvres explorent l’histoire tumultueuse de l’Écosse, de ses clans et de ses traditions.
À partir de 1819 avec « Ivanhoé », Scott élargit son horizon géographique et temporel. Il explore l’Angleterre médiévale, les croisades, la France révolutionnaire. « Quentin Durward » (1823), situé à la cour de Louis XI, remporte un triomphe européen et fait de Scott le romancier le plus lu de son époque.
Scott mène grand train à Abbotsford, son domaine des Borders qu’il transforme en château néo-gothique. Collectionneur passionné, il rassemble armes, armures et manuscrits anciens. Anobli en 1820, il devient une figure emblématique du romantisme naissant.
Organisateur du voyage de George IV en Écosse (1822), il contribue à réconcilier l’Angleterre avec l’identité écossaise. Son influence dépasse la littérature : il participe à la réhabilitation du kilt et de la culture highlander.
En 1826, la faillite de son éditeur et associé entraîne Scott dans la ruine. Refusant la banqueroute, il s’engage à rembourser l’énorme dette de 130 000 livres par sa seule plume. Cette course héroïque contre la montre use ses forces mais témoigne de son intégrité.
Il multiplie les publications : « Woodstock » (1826), « Chroniques de la Canongate » (1827), « La Jolie Fille de Perth » (1828). Parallèlement, il rédige une monumentale « Histoire de Napoléon » et ses mémoires.
Walter Scott s’éteint le 21 septembre 1832 à Abbotsford, ayant presque soldé ses dettes. Son influence sur la littérature européenne est considérable. Il inspire Balzac, Hugo, Dumas, Pouchkine, et fait du roman historique un genre majeur du XIXe siècle.
Au-delà de la littérature, Scott transforme la perception de l’histoire et du Moyen Âge. Il contribue à l’essor du tourisme en Écosse et influence l’architecture néo-gothique. Figure tutélaire du romantisme, il réconcilie tradition et modernité, local et universel, léguant une œuvre qui continue de fasciner par sa capacité à faire revivre le passé.
21 septembre 1860 : bataille de Palikao (Chine).
1 200 morts d’un côté, 5 de l’autre. Ces deux chiffres résument la journée du 21 septembre 1860, à une quinzaine de kilomètres de Pékin, où environ 10 000 soldats français et britanniques affrontent 50 000 Chinois commandés par le prince mongol Sengge Rinchen.
L’armée de Sengge Rinchen compte une cavalerie mongole réputée, et elle charge. Elle charge à plusieurs reprises, de front, contre des carrés d’infanterie armés de fusils rayés et appuyés par une artillerie rayée elle aussi ; le canon La Hitte français, entré en service l’année précédente. Les charges sont détruites avant le contact, les unes après les autres. Le corps d’élite de l’armée impériale cesse d’exister en quelques heures.
Le deuxième bataillon de chasseurs à pied enlève le pont de Palikao, qui donne son nom à la journée. Les pertes alliées se répartissent en trois tués et dix-huit blessés du côté français, deux tués et vingt-neuf blessés du côté britannique.
L’empereur Xianfeng quitte Pékin et laisse son frère, le prince Gong, négocier. Les Alliés entrent dans la capitale le 11 octobre. Du 6 au 9 octobre, les deux armées pillent le Palais d’Été ; un ensemble de jardins, de pavillons et de collections accumulées depuis un siècle et demi. Puis, le 18 octobre, Lord Elgin ordonne de l’incendier, en représailles de la mort de prisonniers britanniques et français maltraités par les Chinois. Le commandant français s’y oppose et n’y participe pas.
Victor Hugo écrira en 1861 qu’un jour, « deux bandits » (la France et l’Angleterre) seraient jugés pour cela. En Chine, la destruction du Yuanmingyuan reste l’emblème du siècle des humiliations ; les ruines ont été volontairement laissées en l’état.
Cousin-Montauban, lui, fut fait comte de Palikao par Napoléon III. Il sera ministre de la Guerre et chef du gouvernement pendant les dernières semaines du Second Empire, en août 1870.

21 septembre 1895 : naissance de Juan de Cierva, inventeur de l’autogire.
21 septembre 1909 : naissance de Kwame Nkrumah, qui voulut une armée africaine unifiée.
Kwame Nkrumah naît le 21 septembre 1909 à Nkroful, un village de l’ouest de la Gold Coast, dans une famille de forgeron. La date est celle qu’il a lui-même toujours donnée ; sa mère avançait 1912, et l’incertitude n’a jamais été levée. Le Ghana en a fait un jour férié.
Nkrumah passe 12 ans à l’étranger, de 1935 à 1947. Aux États-Unis d’abord, à l’université Lincoln puis à Pennsylvanie, où il accumule les diplômes (économie et sociologie, théologie, philosophie, éducation) en travaillant comme ouvrier, serveur et vendeur. À Londres ensuite, de 1945 à 1947, où il côtoie George Padmore et W. E. B. Du Bois et participe à l’organisation du cinquième congrès panafricain de Manchester.
Il rentre en 1947, rompt avec les notables modérés de l’UGCC, fonde en 1949 la Convention People’s Party sur un mot d’ordre (l’indépendance immédiate) et sur une méthode : l’action positive, c’est-à-dire grèves, boycotts et désobéissance civile empruntés à Gandhi. Il est emprisonné. Son parti gagne les élections de 1951 alors qu’il est encore en cellule. Les Britanniques le libèrent et le font Premier ministre.
Le 6 mars 1957, la Gold Coast devient le Ghana, premier État d’Afrique subsaharienne à sortir de la domination coloniale.
Son projet dépasse largement son pays, et il est militaire autant que politique. Nkrumah soutient que des États africains pris séparément resteront dépendants, et il plaide pour une union continentale dotée d’une citoyenneté commune, d’une monnaie commune et d’un commandement militaire unifié ; un haut commandement africain capable de défendre le continent sans recourir aux anciennes métropoles. Il le dit à la conférence des États indépendants d’Afrique, à Accra, en avril 1958, et il le répétera jusqu’à la fondation de l’Organisation de l’unité africaine en 1963.
Il n’obtient ni l’union ni le commandement. Les États nouvellement indépendants, la plupart liés à Paris ou à Londres par des accords de défense, choisissent la coopération entre souverainetés plutôt que la fusion. L’OUA consacre le principe de l’intangibilité des frontières héritées et n’aura jamais d’armée.
Accra devient en revanche la base arrière des mouvements de libération d’Afrique australe et lusophone, et Nkrumah finance et abrite ceux qui prendront les armes dans les années 60.
Le 24 février 1966, pendant qu’il est en route pour Pékin, l’armée et la police le renversent. Une implication américaine a été alléguée sans jamais être établie. Il finit sa vie en Guinée, où Sékou Touré le nomme coprésident à titre honorifique, et meurt à Bucarest le 27 avril 1972.

21-22 septembre 1914 : prise de Cocobeach (Muni allemand, actuel Gabon).
Une compagnie de tirailleurs débarquée par la canonnière Surprise s’empare du poste allemand de Cocobeach, à l’embouchure du Muni. Le 23 septembre, l’officier canonnier de la Surprise, l’enseigne de vaisseau Blache, meurt de ses blessures.
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Par l’accord franco-allemand du 4 novembre 1911, qui solde la crise d’Agadir, la France a cédé au Cameroun allemand une partie du Congo français, dont une bande de territoire au nord du Gabon. Cocobeach, sur la rive sud de l’estuaire du Muni, face à la Guinée espagnole, est devenu un poste allemand, à quelques dizaines de kilomètres de Libreville. À la déclaration de guerre, Français et Britanniques entreprennent la conquête du Cameroun.
La canonnière Surprise, commandée par le lieutenant de vaisseau Mégissier, arrive à Libreville le 19 septembre. Le 21, elle se présente devant Cocobeach à 5 heures du matin avec un détachement de la 7e compagnie du régiment de tirailleurs du Gabon, environ 220 hommes sous les ordres du commandant Miquelard. Elle coule une chaloupe armée d’une mitrailleuse, couvre le débarquement de son artillerie, puis entre dans le Muni et coule le vapeur allemand Itolo, de la compagnie Woermann.
À terre, les tirailleurs enlèvent à la baïonnette l’ancien hôpital, puis la maison de l’administrateur. Les combats cessent en fin d’après-midi ; les derniers Allemands se rendent le lendemain. Huit Allemands sont tués et trois blessés ; les pertes des miliciens africains au service de l’Allemagne sont élevées. Côté français, cinq tirailleurs sont tués, ainsi que trois marins de la Surprise : le gabier Leizour, le matelot Fara Gomis et l’enseigne de vaisseau de 1re classe Georges Blache, blessé pendant l’action et mort à bord le 23 septembre.
La Surprise participe ensuite aux opérations de l’estuaire du Wouri, qui aboutissent à la prise de Douala le 27 septembre. Le 3 décembre 1916, alors qu’elle escorte le câblier Dacia vers Dakar, elle est torpillée au mouillage de Funchal, à Madère, par le sous-marin allemand U-38 : coupée en deux par l’explosion de sa soute à munitions, elle coule en moins d’une minute, avec son commandant, le lieutenant de vaisseau Ladonne, et une trentaine d’hommes.
21 septembre 1918 : bataille de Megiddo (Naplouse).
La plaine d’Esdrelon, en Palestine, porte un nom que la tradition chrétienne a retenu sous une autre forme : Har Megiddo, la colline de Megiddo, devenue Armageddon. Le général Allenby, qui avait le sens des symboles, prendra ce nom comme titre nobiliaire.
L’offensive commence le 19 septembre 1918 et s’achève le 25. Elle oppose environ 73 000 hommes du corps expéditionnaire égyptien (57 000 fantassins, 12 000 cavaliers, 540 canons) aux trois armées ottomanes du groupe Yildirim, commandé par Liman von Sanders, qui alignent une trentaine de milliers d’hommes et 402 canons. La 7e armée ottomane est commandée par Mustafa Kemal.
Le plan d’Allenby repose sur une tromperie et sur la vitesse. Il fait croire à une offensive dans la vallée du Jourdain (camps factices, chevaux de toile, mouvements visibles) pendant qu’il concentre sa masse sur la plaine côtière. Les Arabes de la révolte, encadrés notamment par Lawrence, attaquent les voies ferrées autour de Deraa et obligent les Ottomans à disperser leurs réserves.
Le 19 septembre au matin, l’infanterie britannique et indienne perce la ligne côtière dans la plaine du Sharon. Le Desert Mounted Corps du général Chauvel s’engouffre dans la brèche, franchit les collines et débouche dans la plaine d’Esdrelon. En 2 jours, la cavalerie coupe les arrières des 7e et 8e armées ottomanes.
Le 21 septembre est la journée décisive. Dans la nuit, la 7e armée évacue Naplouse et s’engage dans le défilé de Wadi Fara, une gorge étroite sans issue latérale. Les avions britanniques et australiens la surprennent dans ce couloir. Les vagues de bombardement se succèdent toutes les 3 minutes. L’opération était prévue pour durer 5 heures ; la colonne cesse d’exister en 1 heure. 87 canons sont abandonnés sur place. C’est l’un des premiers cas où une armée en retraite est détruite par le seul moyen aérien.
- La 5e escadre, dite « de corps », travaillait pour les troupes au sol : les n° 14, 113 et 142 Squadrons, sur RE8 (biplace de reconnaissance et de réglage d’artillerie), chacune dotée en outre de 4 Nieuport pour le mitraillage au sol. Le n° 113 a réglé à lui seul les tirs contre 32 batteries ottomanes.
- La 40e escadre, dite « d’armée », faisait la chasse et le bombardement : les n° 111 et 145 Squadrons sur SE5a, le n° 1 Squadron de l’Australian Flying Corps sur Bristol F.2B, le n° 144 Squadron sur DH.9 de bombardement de jour. Et un unique Handley Page O/400, bombardier lourd bimoteur arrivé par la voie des airs depuis l’Angleterre (le seul du théâtre), qui ouvrit la bataille dans la nuit du 19 septembre en frappant à une heure quinze le central téléphonique et l’aérodrome d’El Afoulé, coupant Liman von Sanders de ses armées dès la première minute.
Damas tombe le 1er octobre, Alep le 26. Environ 75 000 prisonniers ottomans sont capturés ; 6 000 hommes seulement s’échappent. L’armistice de Moudros est signé le 30 octobre 1918 ; les derniers combats avaient lieu à Haritan, au nord d’Alep.

21 septembre 1942 : premier vol du Boeing B-29 Superfortress.
Le projet B-29 est le programme d’armement américain le plus cher de la Seconde Guerre mondiale, dépassant le coût du projet Manhattan de plus d’un milliard de dollars.
C’est le premier bombardier américain à recevoir une cabine pressurisée, ainsi qu’un système de tourelles contrôlées à distance. Conçu comme un bombardier stratégique à haute altitude, le B-29 est aussi capable de réaliser des missions de bombardement incendiaire à basse altitude.
Les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki (6 et 9 août 1945) ont été effectués avec des B-29.

21 septembre 2013 : Westgate, quatre jours de siège à Nairobi.
Le samedi 21 septembre 2013, en début d’après-midi, quatre à six hommes armés de fusils d’assaut et de grenades entrent dans le centre commercial Westgate, à Nairobi. Le bâtiment compte quatre niveaux, il est bondé, et il abrite ce jour-là un concours de cuisine pour enfants sur le parking du toit.
Les assaillants tirent d’abord dans la foule, puis se retranchent avec des otages. Des témoignages rapportent qu’ils interrogèrent certaines personnes sur leur religion avant de décider de leur sort, pratique déjà observée dans d’autres attaques des Chabab.
Le siège dure quatre jours, jusqu’au 24 septembre. Les forces kényanes progressent lentement dans un bâtiment qu’elles connaissent mal, avec une coordination défaillante entre police et armée ; au point qu’un échange de tirs entre unités kényanes fit un mort parmi elles. Une partie de la structure s’effondre au troisième jour, après un incendie dont l’origine reste contestée.
Le bilan officiel s’établit à 67 morts, dont environ 61 civils et 6 membres des forces de sécurité, et plus de 175 blessés. Parmi les victimes étrangères figurent 6 Britanniques, 2 Françaises, 2 Canadiens, et le poète ghanéen Kofi Awoonor, venu pour un festival littéraire. Les autorités annoncèrent 5 assaillants tués et onze personnes arrêtées ; le nombre exact d’assaillants n’a jamais été établi avec certitude.
Une enquête ultérieure établit que des militaires kényans avaient pillé les boutiques pendant l’opération, ce que des images de vidéosurveillance confirmèrent.
Les Chabab revendiquèrent l’attaque comme une riposte à l’intervention militaire kényane en Somalie, engagée en octobre 2011 sous le nom d’opération Linda Nchi, puis intégrée à la force de l’Union africaine.
Westgate appartient à la même famille que Beslan en 2004 et le Bataclan en 2015 : un commando restreint s’empare d’un lieu civil clos et rempli, non pour négocier mais pour tuer et pour durer devant les caméras. La prise d’otages n’y est pas un moyen d’obtenir quelque chose, elle est un moyen de prolonger l’événement. Les forces d’intervention qui arrivent doivent choisir entre l’assaut immédiat, coûteux, et l’attente, qui l’est aussi. Le Kenya choisit l’attente, et 4 jours de télévision mondiale.
Une enquête ultérieure établit que des militaires kényans avaient pillé les boutiques pendant l’opération, ce que des images de vidéosurveillance confirmèrent.
Pendant ces quatre jours, des hommes sans uniforme entrèrent dans le bâtiment de leur propre initiative, et leur action est mieux documentée que celle des unités régulières.
Le plus connu s’appelle Dominic Troulan. Major britannique en retraite, 19 ans de Royal Marines et 11 dans l’armée de terre, il travaillait à Nairobi comme consultant en sécurité. La citation officielle de sa décoration établit qu’il est entré dans le centre commercial au moins une douzaine de fois, armé d’un simple pistolet contre des hommes qui disposaient de grenades et de mitrailleuses, qu’il a été pris sous le feu à deux reprises et a contraint les assaillants à reculer, et qu’il ressortait chaque fois avec des civils. La presse lui en attribue environ deux cents. Une phrase de la citation mérite d’être retenue : une fois les rescapés mis à l’abri, il les fouillait, ayant compris qu’un assaillant pouvait se glisser parmi eux. Il a reçu la George Cross en juin 2017, plus haute distinction civile britannique pour bravoure, et premier civil à l’obtenir depuis vingt-cinq ans.
Deux autres consultants, un ancien du SAS britannique et un ancien de l’Army Ranger Wing irlandaise, employés par une compagnie pétrolière, sont intervenus avec des réservistes de la police kényane en civil et ont extrait deux groupes d’une centaine de personnes chacun.
Le plus photographié, enfin, n’était pas militaire du tout. Abdul Haji, homme d’affaires kényan, fils d’un ancien ministre de la Défense, est venu armé après avoir reçu un message de son frère, officier antiterroriste en civil déjà sur place. C’est lui qu’on voit sur l’image devenue emblématique de la journée, accroupi derrière un muret, tendant la main à une fillette qui court vers lui.
Les Chabab revendiquèrent l’attaque comme une riposte à l’intervention militaire kényane en Somalie, engagée en octobre 2011 sous le nom d’opération Linda Nchi, puis intégrée à la force de l’Union africaine.
Westgate appartient à la même famille que Beslan en 2004 et le Bataclan en 2015 : un commando restreint s’empare d’un lieu civil clos et rempli, non pour négocier mais pour tuer et pour durer devant les caméras. La prise d’otages n’y est pas un moyen d’obtenir quelque chose, elle est un moyen de prolonger l’événement. Les forces d’intervention qui arrivent doivent choisir entre l’assaut immédiat, coûteux, et l’attente, qui l’est aussi. Le Kenya choisit l’attente, et quatre jours de télévision mondiale.
Le groupe a récidivé depuis : à l’université de Garissa en avril 2015, avec 148 morts, et au complexe DusitD2 de Nairobi en janvier 2019.







