Jacques Laurent est né le 15 mai 1918 à Vichy et mort en déportation à Buchenwald le 5 février 1944 est un résistant et un poète français.
Jacques nait à Vichy, au 51 bis rue de la Gare (aujourd’hui avenue du Président-Doumer) au domicile de ses parents. Il passe son enfance et adolescence dans l’Allier, à Vichy, Cusset et Montluçon. En 1935, il est « adopté par la Nation », par décision du tribunal civil de Cusset. Il adhère à la FTOF et participe à un centre d’aide aux Républicains espagnols. Il devient ami avec Henri Peigue, un apprenti électricien de Vichy mais qui est aussi poète et auteur de nouvelles inspirées par la littérature prolétarienne.
Il passe son baccalauréat au lycée de Montluçon puis part à la faculté des lettres de Grenoble, où il commence une licence de philosophie. Pendant ses études, il devient membre du bureau de l’UFE et en 1939, responsable de la section locale de l’UEC qui vient d’être créée au niveau national.
Il est mobilisé en 09/1939 et affecté au dépôt d’infanterie no 132 à Clermont-Ferrand. Il est réformé temporairement le 13/11/1939. Il reprend alors ses études à Grenoble en 04/40. À l’été 1940, délégué des étudiants de l’Isère, il est l’un des organisateurs du mouvement patriotique étudiant, qu’il développe à Clermont-Ferrand et à Grenoble. Il aurait participé à la manifestation étudiante et lycéenne à l’Arc de Triomphe à Paris le 11/11/1940. Il est arrêté une première fois en 05/1941 à Grenoble, pour distribution de tracts et activités communistes.
Jugé le 24 juin, il est condamné à 14 mois de prison et incarcéré à la prison Montluc à Lyon. Il se marie en prison le 24 juillet avec Anna Semenof. En 07/1941, sur appel du procureur, il est rejugé une seconde fois et plus lourdement condamné : 2 ans de prison. Il est libéré en 07/1942. Il s’engage alors au sein du mouvement de résistance Libération-Sud. Il est de nouveau arrêté en 09/1943 par la Gestapo, dans le train entre Grenoble et Lyon, sa valise pleine de tracts avec un poème antifasciste intitulé La Mort en Italie et d’exemplaires du journal Libération. De nouveau interné à Montluc puis à Compiègne, il est déporté au camp de Buchenwald le 14/12/1943 dans le convoi n° I.161 avec 992 autres détenus. Il est affecté au block 34.
Début 1944, ses gardiens le transférèrent sous une tente, l’isolant du reste du baraquement, pour une maladie considérée « sans gravité ». Selon le registre des décès de Buchenwald, il meurt le 31 janvier 1944 à 23h30 de « scarlatine ».
Mais l’état civil de Vichy le dit mort le 5 février 1944, comme le Journal officiel N° 2 du 4 janvier 1994. C’est aussi la date qui apparait sur sa carte de déporté-résistant établie à titre posthume pour ses ayants droit en avril 1955. Il avait 25 ans.
- Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume.
- Croix de guerre 1939-1945 avec palmes à titre posthume.
- Médaille de la Résistance française à titre posthume.





