Le français Dassault et l’allemand OHB s’associent pour proposer à l’ESA l’avion spatial VORTEX-S.

L’avionneur français Dassault Aviation et le groupe spatial allemand OHB ont annoncé lundi leur association en vue de proposer à l’Agence spatiale européenne (ESA) un avion spatial polyvalent baptisé VORTEX-S. Conçu pour assurer aussi bien la desserte des stations spatiales que des missions orbitales autonomes en vol libre, l’engin se veut une réponse européenne au besoin croissant de capacités de transport spatial souverain.

Dans la répartition annoncée, Dassault Aviation assurera l’architecture d’ensemble et l’intégration globale du véhicule, tandis qu’OHB prendra en charge la conception et l’intégration du module de service. Les deux industriels formeront ainsi le noyau dur de l’équipe projet, qui a vocation à s’élargir : des discussions sont déjà engagées avec plusieurs grands acteurs européens du secteur spatial.

Pour Éric Trappier, président-directeur général de Dassault Aviation, l’enjeu est clair : renforcer les capacités spatiales du Vieux Continent. Le dirigeant a salué « l’expertise remarquable » de son partenaire allemand, qualifié de « partenaire naturel » pour ce programme. Du côté d’OHB, Marco Fuchs, directeur général, a insisté sur la complémentarité du tandem – un avionneur historique associé à une entreprise spatiale de premier plan – et sur la convergence de cultures entre deux groupes familiaux de haute technologie partageant une même vision.

Le projet VORTEX-S s’inscrit dans la lignée de l’héritage européen en matière de retour atmosphérique, qu’il s’agisse du programme Hermès, mené dans les années 1980-1990, ou du démonstrateur IXV de l’ESA, auxquels Dassault Aviation a pris part. Le groupe de Saint-Cloud entend ainsi capitaliser sur son savoir-faire en aéronautique avancée, systèmes à haute fiabilité et technologies hypersoniques. OHB, fort de quelque 4 000 collaborateurs et structuré autour de trois branches – Systèmes spatiaux, Accès à l’espace et Digital –, apporte de son côté une expérience étendue dans la maîtrise d’œuvre de systèmes orbitaux complets.

Au-delà du symbole industriel d’un rapprochement franco-allemand, le VORTEX-S pose une question stratégique de fond : celle de l’autonomie de l’Europe en matière de mobilité spatiale, à l’heure où l’orbite basse devient un théâtre de compétition économique et géopolitique majeur.

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