L’Agence de communication et d’information de l’OTAN (NCIA) a retenu le consortium franco-italien formé par Thales et Leonardo pour concevoir et livrer un système de communication et d’information déployable de nouvelle génération, destiné au Commandement des forces spéciales alliées (SOFCOM). Les deux industriels, désignés comme « intégrateur de confiance », ont annoncé ce contrat le 6 juillet 2026.
Ce marché constitue, selon les deux groupes, le premier projet d’un programme plus vaste par lequel l’OTAN entend doter le SOFCOM de systèmes de communication et d’information avancés. L’objectif affiché est de renforcer la résilience de l’Alliance face aux exigences des conflits contemporains, dans un contexte où les forces spéciales opèrent sur des théâtres de plus en plus contestés, y compris sur le plan électronique et cyber.
Six postes de commandement déployables
Le contrat porte sur la livraison et la formation associées à six systèmes de postes de commandement déployables, désignés sous l’acronyme DPOP SOCC — pour Points de présence déployables des commandements de composantes d’opérations spéciales (Deployable Points of Presence for Special Operations Component Commands). Ces systèmes fournissent des moyens de communication et d’information transportables, adaptés aux besoins spécifiques des unités d’opérations spéciales de l’OTAN.
Thales et Leonardo présentent ces DPOP comme la « pierre angulaire » d’un futur système d’information et de communication complet et sécurisé pour les opérations spéciales, appuyé sur des réseaux classifiés et résilients. La formation et le soutien des utilisateurs resteront placés sous la responsabilité de la NCIA, tandis que les deux industriels assureront la livraison des systèmes et leur maintien en condition tout au long de leur cycle de vie.
Trois capacités mises en avant
Le consortium met en avant plusieurs caractéristiques techniques du système. La première tient à une infrastructure cloud et informatique déployable dès le premier jour d’une opération, associée à des communications présentées comme résilientes et à des capacités de calcul haute performance, le tout avec une empreinte électromagnétique et physique réduite ; un critère déterminant pour des unités dont la discrétion conditionne la survie.
Le système offrirait par ailleurs un environnement sécurisé et multidomaines pour l’échange de données de mission, reposant sur des solutions que les deux groupes qualifient d’« éprouvées sur le terrain » et censées garantir robustesse, interopérabilité et un haut niveau de cybersécurité.
Les industriels revendiquent enfin une première dans un cadre OTAN : le partage, en temps réel, de vidéo en mouvement intégral (FMV, Full Motion Video) entre différents systèmes déployables. Cette fonction vise à améliorer la coordination des forces spéciales et leur connaissance de la situation sur le terrain.
Un montage industriel paneuropéen
Au-delà du partenariat franco-italien, le consortium indique s’appuyer sur des ressources industrielles réparties dans plusieurs pays de l’Alliance, avec des technologies clés provenant notamment du Royaume-Uni et de l’Allemagne. Les deux groupes décrivent l’ensemble comme un système modulaire et évolutif combinant des briques existantes et des technologies plus récentes.
« Thales apporte une expertise de bout en bout dans les systèmes d’information et de communication sécurisés, une connaissance approfondie de l’architecture de référence de l’OTAN et une longue expérience dans la réalisation de projets pour l’Alliance », a déclaré Alexandre Bottero, vice-président des réseaux et systèmes d’infrastructure chez Thales. Il présente le dispositif comme « la prochaine génération de cloud déployable conçu pour les conflits d’intensité moyenne ».
Du côté italien, Antonio Levato, vice-président senior des activités Systèmes aériens et terrestres au sein de la division Terrestre et Navale de Leonardo Electronics, a souligné l’expérience acquise par le groupe dans la livraison de capacités de postes de commandement régimentaires et divisionnaires. Il met en avant des systèmes modulaires « prêts pour l’OTAN », fondés sur des abris fixes et extensibles, et insiste sur la « collaboration étroite entre l’industrie et l’utilisateur final ».
Le calendrier précis de déploiement des six systèmes n’a pas été communiqué par les partenaires.






