Un an après son premier vol, le futur hélicoptère interarmées des forces françaises a franchi une étape clé de son développement. La Direction générale de l’armement (DGA) et Airbus Helicopters ont mené avec succès les premiers essais d’armement de l’appareil.
La DGA a annoncé, mercredi 15 juillet, le succès de la première campagne de tirs de l’hélicoptère Guépard, conduite sur son site d’essais en vol de Cazaux (Gironde) en collaboration avec Airbus Helicopters. Ces essais interviennent moins d’un an après le premier vol du prototype, réalisé en juillet 2025, et respectent le calendrier de développement du programme.
Des tirs d’armements et de leurres
La campagne a porté sur des tirs du pod canon axial, des armements aux portes (mitrailleuse et fusil de précision) ainsi que des leurres. Elle a également permis de réaliser les premiers essais en vol de l’assistant de mission, un système informatique connecté à l’ensemble des senseurs, moyens de communication et armements de l’appareil, destiné à optimiser les performances de l’équipage.
Les essais se sont déroulés sur le polygone instrumenté CALAMAR, spécialisé dans l’évaluation de systèmes d’armes en conditions réelles. Le site de Cazaux a mobilisé l’ensemble de son ingénierie d’essais : sauvegarde, encadrement réglementaire des travaux pyrotechniques, contrôle aérien, télémesure et infrastructures au sol. La préparation de la campagne, coordonnée par le centre DGA Ingénierie et Projets, a associé les experts de plusieurs centres : DGA Essais en vol, DGA Techniques terrestres et DGA Techniques aérospatiales.
Un appareil unique pour remplacer cinq modèles
Le Guépard est développé dans le cadre du programme d’Hélicoptère interarmées léger (HIL). Il doit équiper les trois armées françaises d’une plateforme unique et multirôle, en remplacement de cinq modèles actuellement en service : Gazelle, Alouette III, Dauphin, Panther et Fennec.
Inscrit à la loi de programmation militaire 2024-2030 actualisée, le programme prévoit l’acquisition de 80 appareils pour l’armée de Terre, 49 pour la Marine nationale et 40 pour l’armée de l’Air et de l’Espace, avec une première livraison attendue en 2028.
Conçu sur la base du H160 civil d’Airbus Helicopters, l’hélicoptère assurera des missions de combat, de renseignement, de surveillance des espaces aériens et maritimes, de transport léger opérationnel et de soutien, ainsi que des missions de service public, en complément des Tigre, NH90 et Caracal déjà en service.
Avionique Thales et coopération avec les drones
L’appareil sera équipé d’une avionique dérivée du système FlytX de Thales, à vocation duale. Outre les armements testés lors de cette campagne, l’intégration de roquettes, de roquettes guidées laser et de missiles antichar Akeron LP est à l’étude.
Pour ses missions au profit de la Marine nationale et de l’armée de l’Air et de l’Espace, le Guépard recevra le radar de nouvelle génération Airmaster C, développé par Thales, dont une campagne d’essais est en préparation à DGA Essais en vol. Des systèmes avancés de navigation résiliente et de radiocommunication permettront par ailleurs une coopération renforcée entre drones et hélicoptères, y compris en environnement brouillé.
Plus de 2 000 emplois en France
Le Guépard sera assemblé sur le site d’Airbus Helicopters de Marignane (Bouches-du-Rhône). Selon le ministère des Armées, 80 % des fournisseurs du programme sont installés en France, et plus de 2 000 emplois seront durablement soutenus sur le territoire par la production de l’appareil et de ses dérivés destinés à l’export. Une attention particulière a par ailleurs été portée aux enjeux de soutien dès le début du programme, afin de garantir une forte disponibilité opérationnelle.






