25 août 1270 : mort de Louis IX devant Tunis (8e croisade).
Frappé par l’épidémie qui ravage le camp franc installé dans les ruines de Carthage, le roi de France meurt sans avoir livré la bataille attendue. L’expédition se termine deux mois plus tard par un traité négocié.
Louis IX avait pris la croix pour la seconde fois le 25 mars 1267, contre l’avis d’une grande partie de ses barons ; Joinville, son plus proche compagnon, refusa de l’accompagner. L’armée royale quitta Aigues-Mortes au début de juillet 1270 et débarqua à La Goulette les 17 et 18 juillet. Le choix de la Tunisie plutôt que de la Syrie ou de l’Égypte reste discuté : espoir de conversion de l’émir hafside al-Mustansir, recherche d’une base de départ contre l’Égypte mamelouke de Baybars, intérêts commerciaux et dynastiques de Charles d’Anjou, frère du roi et souverain de Sicile depuis 1266.
Le camp fut établi près des ruines de Carthage, en plein été, sur un terrain sans eau saine. Une épidémie s’y déclara rapidement. Sa nature demeure incertaine : dysenterie et typhus ont été avancés par les sources médiévales, tandis que l’examen des reliques attribuées au roi, publié en 2019, a mis en évidence un scorbut avancé et peut-être une bilharziose. Jean-Tristan, le plus jeune fils du roi, mourut le 3 août ; l’héritier, Philippe, survécut.
Le roi s’éteignit le 25 août. Charles d’Anjou débarqua avec ses renforts alors que la mort venait de survenir. Le commandement passa à Philippe III, lui-même malade, assisté de son oncle.
Aucune opération d’envergure ne suivit. Un accord conclu à l’automne accorda aux croisés une indemnité, la libération de captifs chrétiens et des facilités commerciales, ainsi que le rétablissement du tribut dû à la Sicile, en échange du rembarquement. La flotte fut ensuite ravagée par une tempête devant Trapani. Le corps du roi, traité selon la méthode dite mos teutonicus (chairs séparées des ossements par ébullition), fut ramené à Saint-Denis. Louis IX fut canonisé le 11 août 1297 ; sa fête liturgique est fixée au jour de sa mort. Aucun roi de France ne repartira en croisade : Acre tombera en 1291.

25 août 1330 : mort de James Douglas, dit Douglas le Noir, tué à Teba (Andalousie).
Le principal lieutenant de Robert Bruce meurt en Espagne, au cours d’une campagne de la Reconquête, en portant le cœur embaumé de son roi.
Compagnon de Robert Bruce depuis 1306, Douglas fut l’un des artisans de l’indépendance écossaise : reprise de son propre château par surprise en 1307, enlèvement du château de Roxburgh en 1313 par un stratagème nocturne, commandement d’une aile à Bannockburn en 1314, raids de dévastation dans le nord de l’Angleterre, campagne de Weardale en 1327 contre l’armée d’Édouard III. Son nom servait, dit-on, à effrayer les enfants des comtés frontaliers.
Bruce, mort en juin 1329 sans avoir accompli son vœu de croisade, avait chargé Douglas de porter son cœur en Terre sainte. Parti au printemps 1330, celui-ci rejoignit en Andalousie l’armée d’Alphonse XI de Castille, engagée devant la place de Teba contre les troupes du sultanat de Grenade.
Le 25 août, au cours d’un engagement dans la vallée en contrebas de la forteresse, Douglas et une partie de sa suite, entraînés dans une poursuite, furent isolés et tués. Le cœur de Bruce fut ramené en Écosse et déposé à l’abbaye de Melrose. Un mémorial se dresse aujourd’hui à Teba, où l’épisode est commémoré chaque année.

25 août 1530 : naissance d’Ivan IV, dit le Terrible (Kolomenskoïe).
Premier souverain russe à porter le titre de tsar, il double le territoire de la Moscovie vers l’est et le sud, mais s’épuise dans un quart de siècle de guerre à l’ouest.
Monté sur le trône à 3 ans, couronné tsar en 1547, Ivan IV entreprend une réforme militaire précoce : création en 1550 des streltsy, corps permanent d’infanterie doté d’armes à feu, réorganisation du service dû par la noblesse terrienne et développement de l’artillerie de siège.
Ces moyens sont employés d’abord vers l’est. Kazan tombe en 1552 après un siège mené à la mine et au canon, Astrakhan en 1556 : la vallée de la Volga entière passe sous contrôle moscovite et la route de la Caspienne s’ouvre. La conquête de la Sibérie occidentale commence en 1582 avec l’expédition cosaque de Iermak.
Le bilan est inverse à l’ouest. La guerre de Livonie, engagée en 1558 pour un débouché sur la Baltique, dure 25 ans et se termine en 1582-1583 par la restitution de la quasi-totalité des gains à la Pologne-Lituanie et à la Suède. L’opritchnina (1565-1572), régime de terreur intérieure, désorganise la noblesse de service au moment même où les Tatars de Crimée incendient Moscou, en 1571. La Russie sort exsangue du règne, ce qui prépare le « Temps des troubles ».


25 août 1580 : bataille d’Alcántara (Portugal).
L’armée de Philippe II, commandée par le duc d’Albe, disperse aux portes de Lisbonne les partisans d’Antoine, prieur de Crato. La victoire ouvre soixante ans d’union des deux couronnes ibériques.
La crise de succession portugaise s’était ouverte le 4 août 1578 avec la mort du roi Sébastien Ier à Alcácer-Quibir, au Maroc, sans héritier. Son grand-oncle, le cardinal Henri, régna moins de deux ans et mourut en janvier 1580. Philippe II d’Espagne, petit-fils de Manuel Ier par sa mère, fit valoir ses droits ; Antoine, prieur de Crato, fils illégitime de l’infant Louis, se fit proclamer roi à Santarém le 24 juillet 1580, sans le soutien de la haute noblesse ni du haut clergé.
Philippe II confia le commandement à Ferdinand Alvare de Tolède, troisième duc d’Albe, âgé de 73 ans et jusque-là en disgrâce. L’armée d’invasion, forte d’environ 40 000 hommes dont une proportion importante de mercenaires allemands et italiens, franchit la frontière en juin. Elle était appuyée par une flotte commandée par le marquis de Santa Cruz, qui remonta le Tage.
Le 25 août, l’armée d’Antoine était déployée entre Lisbonne et le ruisseau d’Alcântara, position réputée forte. Albe combina une attaque frontale, un mouvement tournant de cavalerie et l’utilisation de la marée basse pour faire franchir les bas-fonds par un détachement, l’ensemble étant appuyé par l’artillerie des galères. Prises de front et sur les deux flancs, les troupes portugaises (mal encadrées et composées pour partie de volontaires urbains) se disloquèrent en quelques heures et refluèrent vers la ville.
Lisbonne fut occupée et partiellement mise à sac. Antoine s’enfuit vers Coimbra puis Porto, dont la prise par Sancho d’Ávila le 24 octobre acheva la campagne continentale. Philippe II fut reconnu roi de Portugal par les Cortes de Tomar en avril 1581. La résistance se prolongea aux Açores, où une flotte franco-portugaise fut battue en 1582 puis en 1583. L’union des couronnes durera jusqu’à la révolte de 1640, et vaudra au Portugal d’être entraîné dans les guerres maritimes de l’Espagne contre l’Angleterre et les Provinces-Unies.
25 août 1609 : Galilée présente sa lunette au Sénat de Venise.
Depuis le campanile de Saint-Marc, le professeur de Padoue fait la démonstration d’un instrument qu’il vend d’abord comme un outil de guerre navale, avant d’en tirer, quelques mois plus tard, l’astronomie moderne.
Galilée avait eu vent au printemps 1609 des lunettes construites aux Provinces-Unies, dont celle du lunetier Hans Lippershey, qui avait tenté d’en obtenir un brevet l’année précédente. Sans en avoir vu d’exemplaire, il en reconstitue le principe (une lentille convergente comme objectif, une lentille divergente comme oculaire) et porte rapidement le grossissement de 3 à 8 ou 9 fois, très au-delà des modèles hollandais.
L’argument présenté aux autorités vénitiennes est militaire et commercial. Depuis le campanile, les sénateurs constatent qu’ils identifient des navires en approche 2 heures environ avant qu’ils ne soient visibles à l’œil nu ; avantage décisif pour une république maritime dont la sécurité et le commerce dépendent de la surveillance de l’Adriatique. La démonstration lui vaut la confirmation à vie de sa chaire à l’université de Padoue et un doublement de traitement.
Galilée porte ensuite le grossissement à une vingtaine de fois et tourne l’instrument vers le ciel : reliefs lunaires, résolution de la Voie lactée, puis, à partir du 7 janvier 1610, les quatre principaux satellites de Jupiter. Ces observations paraissent en mars 1610 dans le Sidereus Nuncius.
L’usage militaire ne disparaît pas pour autant : la longue-vue devient en une génération un équipement standard des états-majors et des bâtiments de guerre, et le premier instrument d’observation à distance du champ de bataille.

25 août 1688 : mort d’Henry Morgan, corsaire et lieutenant-gouverneur de la Jamaïque (Port Royal).
Ses raids sur les possessions espagnoles des Caraïbes ont relevé de l’opération militaire davantage que de la piraterie ; l’Angleterre les a couverts tant qu’ils servaient sa politique.
Établi à la Jamaïque après la prise de l’île par les Anglais en 1655, Morgan opère sous commission du gouverneur, avec des forces qui atteignent plusieurs milliers d’hommes et des dizaines de bâtiments. Ses opérations combinent débarquement, marche à l’intérieur des terres et attaque des places par l’arrière, là où les défenses espagnoles sont orientées vers la mer : Porto Bello en 1668, Maracaibo en 1669 — où il force le passage de la barre en incendiant l’escadre espagnole au brûlot —, Panama en janvier 1671.
Le sac de Panama intervient après la signature du traité de Madrid entre l’Angleterre et l’Espagne. Rappelé à Londres et brièvement détenu, Morgan est non seulement relâché mais anobli et renvoyé à la Jamaïque comme lieutenant-gouverneur, chargé cette fois de réprimer la course qu’il avait pratiquée. Il meurt à Port Royal ; la ville sera engloutie par le séisme de 1692.

25 août 1758 : bataille de Zorndorf (guerre de Sept Ans).
Frédéric II attaque à l’est de l’Oder l’armée russe de Fermor, qui assiégeait Küstrin. La journée, l’une des plus meurtrières du siècle, laisse les deux armées épuisées et sans décision.
L’été 1758 est le moment le plus critique de la guerre pour la Prusse, engagée simultanément contre l’Autriche en Silésie et en Bohême, contre la France et les contingents de l’Empire à l’ouest, et désormais contre la Russie à l’est. L’armée du général Villim Fermor, environ 43 000 hommes, avait occupé la Prusse-Orientale, atteint l’Oder et entrepris le bombardement de la forteresse de Küstrin. Frédéric II accourut de Silésie avec quelque 36 000 hommes, franchit le fleuve en amont et manœuvra par le nord afin d’attaquer les Russes à revers et de les couper de leurs communications.
Fermor, surpris, dut faire pivoter tout son dispositif vers le nord sur un terrain coupé de ravins, de marais et de bois. Les cosaques avaient incendié le village de Zorndorf et les champs alentour ; la fumée et la poussière, poussées par le vent, brouillèrent la conduite de la bataille dès les premières heures.
Après une préparation d’artillerie, l’aile prussienne de Manteuffel enfonça la droite russe désorganisée par le pivotement. La percée ne fut pas exploitée : l’infanterie russe, formée en masses serrées, refusa de rompre et se battit à l’arme blanche. La bataille dégénéra en une série de mêlées confuses, où les charges de cavalerie de Seydlitz jouèrent un rôle décisif pour rétablir les situations compromises. Le pillage des fourgons d’eau-de-vie par des unités russes ajouta au désordre.
Les pertes sont considérables et diversement estimées : de 16 000 à plus de 20 000 hommes hors de combat côté russe, de 11 000 à 13 000 côté prussien, soit environ un tiers des effectifs engagés de part et d’autre. Fermor se retira dans les jours suivants, mais son armée ne fut pas détruite : Frédéric ne put ni la poursuivre ni l’empêcher de revenir l’année suivante. Rappelé vers la Saxe, il y fut surpris à Hochkirch le 14 octobre. Le problème russe restait entier ; il se posera de nouveau, et bien plus durement, à Kunersdorf le 12 août 1759.
NOTA : les chiffres de pertes de Zorndorf varient fortement selon les sources, prussiennes ou russes, et selon qu’elles incluent ou non les prisonniers et les disparus.

25 août 1793 : les troupes de la Convention entrent dans Marseille.
L’armée du général Carteaux met fin à l’insurrection fédéraliste des Bouches-du-Rhône. Trois jours plus tard, Toulon se livre aux escadres anglo-espagnoles.
L’arrestation des députés girondins, les 31 mai et 2 juin 1793, avait provoqué le soulèvement de plusieurs grandes villes contre la Convention. À Marseille, les sections avaient pris le contrôle de l’administration départementale, créé un tribunal populaire et levé une armée départementale qui occupa Avignon le 7 juillet.
Le général Jean-François Carteaux, ancien peintre devenu commandant d’une division de l’armée des Alpes, reçut mission de descendre la vallée du Rhône. Il enleva Pont-Saint-Esprit le 13 juillet, entra dans Avignon le 25, puis battit les fédéralistes à Cadenet au début du mois d’août. Les colonnes marseillaises, mal armées et minées par les défections, se replièrent sans livrer de bataille.
Le 25 août, la ville ouvrit ses portes sans combat sérieux. Les principaux responsables sectionnaires avaient pris la fuite, une partie vers Toulon. Un tribunal criminel fut installé dès le lendemain ; la répression, conduite ensuite par les représentants en mission Barras et Fréron, fit plusieurs centaines de condamnations. Marseille fut un temps privée de son nom par décret et rebaptisée « Ville-sans-Nom ».
L’événement eut une conséquence militaire immédiate : le 28 août, les sectionnaires toulonnais, redoutant le même sort, livrèrent la rade et l’arsenal à l’amiral Hood. Carteaux, poussant vers l’ouest de la rade, prit la tête de l’armée de siège. C’est là qu’un capitaine d’artillerie nommé Bonaparte, arrivé en septembre à la faveur d’une blessure du commandant du parc, se fit connaître.
25 août 1819 : naissance d’Allan Pinkerton (Glasgow).
Fondateur de la première agence de détectives des États-Unis, il dirige pendant la guerre de Sécession le service de renseignement de l’armée du Potomac.
Émigré aux États-Unis en 1842, Pinkerton crée à Chicago en 1850 une agence privée employée par les compagnies de chemin de fer. En février 1861, il affirme avoir déjoué un projet d’attentat contre Abraham Lincoln lors de son passage à Baltimore.
En 1861, le général McClellan, qu’il avait connu à l’Illinois Central, le charge du renseignement de l’armée du Potomac. Pinkerton y organise un service reposant sur des agents infiltrés en Virginie et sur l’interrogatoire de déserteurs et de prisonniers.
Le bilan est contesté. Ses estimations d’effectifs confédérés, surévaluées d’un facteur voisin de deux, ont conforté la prudence de McClellan pendant la campagne de la Péninsule et à Antietam. Pinkerton quitte le service au départ de McClellan, fin 1862. L’épisode est régulièrement cité comme cas d’école du biais introduit par une source unique travaillant pour un commandement dont elle partage les préventions.

25 août 1825 : déclaration d’indépendance de la Bande orientale (actuel Uruguay).
Le congrès réuni à Florida proclame la séparation d’avec le Brésil et l’union aux Provinces-Unies du Río de la Plata. La déclaration ouvre la guerre de Cisplatine.
La Bande orientale, disputée depuis le XVIIIe siècle entre les couronnes espagnole et portugaise, avait été annexée par le Brésil en 1821 sous le nom de province Cisplatine. Le 19 avril 1825, une expédition de 33 hommes conduite par Juan Antonio Lavalleja (les « Trente-Trois Orientaux ») débarqua depuis la rive argentine et souleva la campagne.
Réuni à Florida, le congrès des représentants de la province vota le 25 août trois lois : l’annulation des actes d’incorporation au Brésil, la proclamation de l’indépendance et l’union aux Provinces-Unies du Río de la Plata. Buenos Aires accepta cette union en octobre, ce qui valut au Brésil de lui déclarer la guerre le 10 décembre.
Le conflit dura trois ans. Sur terre, la victoire argentino-orientale d’Ituzaingó, le 20 février 1827, ne fut pas exploitée. Sur mer, la marine impériale brésilienne imposa le blocus du Río de la Plata, avec un effet économique lourd sur les deux belligérants, tandis que la guerre de course argentine, menée notamment par Guillermo Brown, contestait les communications brésiliennes.
L’épuisement des deux camps et la médiation britannique aboutirent à la convention préliminaire de paix du 27 août 1828, qui créa un État tampon indépendant entre les deux puissances : la République orientale de l’Uruguay. Le 25 août reste la fête nationale uruguayenne.
25 août 1914 : sac de Louvain (Belgique).
Après une fusillade nocturne où des unités allemandes se sont tiré dessus, l’occupant se livre à des représailles massives contre la population. La bibliothèque universitaire et ses collections brûlent ; l’affaire devient un enjeu de propagande mondial.
Louvain était occupée depuis le 19-20 août, sans incident notable pendant six jours. Le 25, l’armée belge retranchée dans le camp de position d’Anvers effectua une sortie en direction de Malines. Repoussées, des unités allemandes refluèrent en désordre sur Louvain à la tombée du jour, dans une atmosphère déjà tendue par la rumeur d’une offensive alliée.
Des coups de feu éclatèrent en début de soirée dans plusieurs rues. Selon les enquêtes belges menées après-guerre, il s’agissait de tirs entre unités allemandes qui se prenaient mutuellement pour l’ennemi. Le commandement retint la thèse du franc-tireur, obsession héritée de la guerre de 1870-1871, et ordonna des représailles : prise d’otages, exécutions sommaires, incendie systématique de quartiers entiers au moyen de pastilles incendiaires et d’essence.
Les halles universitaires, qui abritaient depuis 1834 la bibliothèque de l’université fondée en 1425, furent incendiées dans la nuit. Les quelque 230 000 à 300 000 volumes, dont un millier d’incunables et huit cents manuscrits, furent détruits. La collégiale Saint-Pierre, le théâtre et de nombreux édifices publics furent également touchés. L’incendie de la ville dura plusieurs jours ; la population fut évacuée, une partie des hommes déportés vers l’Allemagne. Le bilan humain est établi autour de 250 civils tués, celui des destructions à un ou deux milliers de maisons selon les décomptes.
Louvain n’est pas un cas isolé : elle s’inscrit dans la série des exécutions collectives d’août 1914 (Aarschot, Andenne, Tamines, Dinant) qui ont coûté la vie à environ 6 000 civils belges et français. Mais la destruction d’une bibliothèque cinq fois centenaire lui donna un retentissement particulier. Elle devint un argument central de la propagande alliée et pesa sur l’opinion américaine. La bibliothèque, reconstruite avec des fonds largement américains et réinaugurée en 1928, fut de nouveau détruite en mai 1940.
Aller au contenu PDF25 août 1925 : mort de Franz Conrad von Hötzendorf, maréchal austro-hongrois (Bad Mergentheim).
Chef d’état-major général de 1906 à 1917, il est l’un des principaux artisans de l’entrée en guerre de l’Autriche-Hongrie en 1914 et de ses premiers désastres.
Théoricien reconnu de la tactique d’infanterie avant 1914, Conrad prône avec constance la guerre préventive : contre la Serbie à partir de 1908, contre l’Italie à partir de 1911 ; position qui lui vaut une éviction temporaire. Après l’attentat de Sarajevo, il pèse de tout son poids en faveur de l’action immédiate.
Sa conduite des opérations en 1914 illustre les limites de sa planification. La dispersion de l’armée entre les fronts serbe et galicien, décidée en cours de mobilisation, prive les deux théâtres de moyens suffisants : échec devant la Serbie, défaite en Galicie, perte de Lemberg et encerclement de Przemyśl. Les pertes de la première année amputent l’armée de son encadrement d’active.
L’offensive du Trentin, qu’il lance en mai 1916 contre l’Italie en dégarnissant le front russe, obtient des gains initiaux mais est stoppée par le déclenchement de l’offensive Broussilov, qui manque de faire s’effondrer le front oriental. À partir de 1916, la conduite de la guerre passe de fait au commandement allemand. Charles Ier le remplace en mars 1917 ; il commande un groupe d’armées en Italie jusqu’en juillet 1918.

25 août 1939 : accord d’assistance mutuelle anglo-polonais (Londres).
Deux jours après le pacte germano-soviétique, Londres transforme sa garantie unilatérale à Varsovie en alliance formelle. Informé le soir même, Hitler suspend l’ordre d’attaque prévu pour le lendemain matin.
Après l’entrée de la Wehrmacht à Prague, le gouvernement britannique avait accordé le 31 mars 1939 une garantie unilatérale à la Pologne, complétée en avril par un protocole. Le pacte Ribbentrop-Molotov du 23 août, assorti d’un protocole secret partageant l’Europe orientale, changea la donne : Londres choisit de durcir son engagement plutôt que de reculer.
L’accord fut signé à Londres le 25 août par Lord Halifax et l’ambassadeur Edward Raczyński. Il prévoit l’assistance militaire mutuelle en cas d’agression d’une puissance européenne, un protocole secret précisant que cette puissance est l’Allemagne. Il s’agit d’un engagement automatique, sans clause de consultation préalable.
À Berlin, la même journée fut décisive. Hitler diffusa dans la matinée l’ordre d’exécution de Fall Weiss, l’attaque devant se déclencher le 26 août au petit matin. En fin d’après-midi lui parvinrent coup sur coup la nouvelle de la signature de Londres et une lettre de Mussolini indiquant que l’Italie n’était pas en mesure d’entrer en guerre. Vers 19 h 30, il suspendit l’ordre. Le contre-ordre ne put être répercuté partout : plusieurs éléments avancés étaient déjà engagés, dont un détachement du groupe Herzner au col de Jablunka, en Slovaquie.
Suivirent six jours de manœuvres diplomatiques : missions officieuses de l’homme d’affaires suédois Birger Dahlerus, exigence allemande d’un plénipotentiaire polonais à Berlin pour le 30 août, communication tardive d’un protocole en seize points impossible à examiner dans les délais. L’incident monté de Gleiwitz, le 31 août au soir, fournit le prétexte. L’invasion commença le 1er septembre ; le Royaume-Uni et la France déclarèrent la guerre le 3. L’alliance ne se traduisit pas par l’offensive occidentale qu’attendait Varsovie.
25 août 1940 : premier bombardement de Berlin par le Bomber Command (nuit du 25 au 26).
En représailles au largage accidentel de bombes sur Londres, la RAF envoie plus de 80 bimoteurs sur la capitale allemande.
À la fin d’août 1940, la Luftwaffe concentrait son effort sur les terrains et le système de détection du Fighter Command. Hitler avait explicitement interdit le bombardement de Londres. Dans la nuit du 24 au 25 août, des équipages égarés larguèrent néanmoins leurs bombes sur la City et l’East End. Churchill ordonna une riposte immédiate sur Berlin, décision de nature autant politique que militaire.
L’opération fut montée dans la journée. Quelque 80 à 90 Vickers Wellington, Handley Page Hampden et Armstrong Whitworth Whitley décollèrent d’East Anglia et du Lincolnshire pour un trajet aller-retour d’environ 1 900 km, proche du rayon d’action maximal de ces appareils. Les objectifs désignés étaient l’usine Siemens de Siemensstadt, la centrale électrique de Klingenberg, l’aérodrome de Tempelhof et les gares de triage du sud de la ville.
La couverture nuageuse, la défense antiaérienne et la navigation à l’estime réduisirent l’efficacité de l’attaque. Environ la moitié des équipages atteignirent la région de Berlin ; une trentaine larguèrent sur la ville. Les dégâts matériels furent négligeables et aucun civil ne fut tué. Six appareils furent perdus. Des raids furent renouvelés les nuits suivantes ; celui des 28-29 août fit les premières victimes allemandes à Berlin.
L’effet fut politique. La propagande du Reich avait garanti l’inviolabilité de la capitale. Le 4 septembre, Hitler annonça publiquement des représailles ; le 7 septembre, la Luftwaffe reporta son effort principal sur Londres. Ce changement d’objectif, en soulageant les terrains et les stations radar du 11 Group au moment où leur usure devenait critique, est généralement tenu pour l’un des tournants de la bataille d’Angleterre.
25 août 1941 : opération Countenance, invasion anglo-soviétique de l’Iran.
Britanniques et Soviétiques entrent simultanément dans un pays neutre. L’objectif est de sécuriser le pétrole d’Abadan et d’ouvrir vers l’URSS le « corridor persan ».
Depuis le déclenchement de Barbarossa, le 22 juin 1941, Londres et Moscou cherchaient une voie de ravitaillement praticable vers le front de l’Est, moins exposée que les convois arctiques. L’Iran offrait le Transiranien, achevé en 1938, reliant le golfe Persique à la Caspienne. S’y ajoutait la protection de la raffinerie d’Abadan, la plus importante du monde à l’époque, et la crainte d’une répétition du coup d’État pro-allemand de Rachid Ali en Irak, en mai. Reza Chah, invoquant la neutralité, refusa d’expulser les ressortissants allemands présents dans le pays et de mettre le chemin de fer à disposition.
L’attaque fut déclenchée avant l’aube le 25 août. Au sud, la Iraqforce du lieutenant-général Edward Quinan (rebaptisée peu après Paiforce) franchit la frontière irakienne vers Kermanshah et le Khouzistan. Sur le Chatt-el-Arab, le sloop HMS Shoreham ouvrit le feu devant Abadan et détruisit plusieurs bâtiments de la marine impériale iranienne ; des troupes furent débarquées à Bandar Chapour, où des navires de commerce de l’Axe furent saisis. Au nord, trois armées soviétiques entrèrent depuis l’Arménie, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan, appuyées par l’aviation et par la flottille de la Caspienne.
La résistance iranienne, dispersée et dépassée sur le plan matériel, s’effondra en quelques jours. Le gouvernement accepta un cessez-le-feu le 30 août et capitula formellement le 31. Kermanshah fut déclarée ville ouverte le 1er septembre. Les Alliés entrèrent à Téhéran le 17 septembre, au lendemain de l’abdication de Reza Chah en faveur de son fils Mohammad Reza, âgé de 21 ans. Le souverain déchu fut exilé, à l’île Maurice puis en Afrique du Sud, où il mourut en 1944.
Le pays fut partagé en deux zones d’occupation, soviétique au nord, britannique au sud, Téhéran restant sous statut particulier ; le traité tripartite de janvier 1942 en fixa le cadre. Les Américains prirent en charge la logistique du corridor à partir de 1942 (Persian Gulf Command) : plusieurs millions de tonnes de matériel de prêt-bail y transitèrent. Le maintien de troupes soviétiques en Azerbaïdjan iranien au-delà du délai convenu provoquera en 1946 la crise irano-soviétique, souvent tenue pour la première crise de la guerre froide.
25 août 1942 : débarquement japonais à Milne Bay (Papouasie).
Une force amphibie de la marine impériale prend pied à la pointe orientale de la Nouvelle-Guinée. Treize jours plus tard, ses survivants sont évacués : c’est le premier échec terrestre incontestable subi par le Japon.
Après l’échec de la tentative de prise de Port Moresby par la mer, arrêtée en mai à la bataille de la mer de Corail, le commandement japonais avait choisi la voie terrestre par la piste Kokoda, engagée depuis juillet. Milne Bay, vaste baie abritée à l’extrémité orientale de la Papouasie, constituait la pièce complémentaire : les Alliés y construisaient depuis juin trois terrains d’aviation destinés à couvrir les approches maritimes de Port Moresby.
Le renseignement japonais évaluait la garnison à deux ou trois compagnies. Elle comptait en réalité près de 9 000 hommes, dont les 7e et 18e brigades d’infanterie australiennes (la seconde composée de vétérans du Moyen-Orient), des unités du génie américain, une batterie antiaérienne et deux escadrons de chasse de la Royal Australian Air Force, les n° 75 et 76, équipés de P-40 Kittyhawk. Les Alliés étaient de surcroît avertis par le renseignement Ultra.
Dans la nuit du 25 au 26 août, environ 1 200 hommes de la 5e force navale spéciale de débarquement de Kure furent mis à terre avec deux chars légers Type 95, à une dizaine de kilomètres à l’est du point prévu. Dès le lendemain, les Kittyhawk détruisirent au ras des arbres les barges et les dépôts échoués sur la plage, privant l’assaillant de sa logistique. Les combats se déroulèrent ensuite de nuit, sous une pluie continue, dans les plantations de cocotiers et la boue. Les Japonais atteignirent la lisière de la piste n° 3 le 29 août ; leur assaut principal fut brisé dans la nuit du 30 au 31 par les feux d’infanterie et d’artillerie.
Le repli commença le 1er septembre, l’évacuation par mer les 6 et 7. Les pertes japonaises sont estimées à environ 750 tués ; les Alliés déplorèrent 167 morts australiens et 14 américains. Le succès eut une portée qui dépassa largement son échelle : il démontrait que l’armée japonaise pouvait être battue au sol. Le maréchal Slim, qui commandait alors en Birmanie, le rappellera explicitement à ses propres troupes. Milne Bay devint ensuite l’une des principales bases alliées du Pacifique Sud-Ouest.
25 août 1944 : libération de Paris.
La 2e division blindée et la 4e division d’infanterie américaine entrent dans la capitale au petit matin. Le général von Choltitz signe la reddition en fin d’après-midi ; de Gaulle installe le même jour le Gouvernement provisoire.
L’insurrection avait commencé le 19 août avec l’occupation de la préfecture de police par les policiers résistants, six jours après le déclenchement des grèves et au lendemain de l’appel à la mobilisation générale lancé par le colonel Rol-Tanguy. Des trêves partielles, négociées par le consul général de Suède Raoul Nordling, avaient alterné avec la construction de barricades. Eisenhower, réticent à engager une bataille urbaine coûteuse en munitions et en ravitaillement, se rallia le 22 août à l’entrée de la 2e DB, sous la pression du général de Gaulle et après les rapports parvenus du côté français. Un détachement précurseur, la 9e compagnie du régiment de marche du Tchad conduite par le capitaine Dronne, atteignit l’Hôtel de Ville dans la soirée du 24.
Le 25 dès l’aube, la division entra par les portes d’Orléans, de Gentilly et de Saint-Cloud, tandis que la 4e division d’infanterie américaine pénétrait par la porte d’Italie. Leclerc, passé porte d’Orléans, installa son poste de commandement à la gare Montparnasse. La journée fut consacrée à la réduction des points d’appui allemands : École militaire, Palais-Bourbon, Sénat, caserne de la place de la République, hôtel Majestic avenue Kléber, hôtel Meurice rue de Rivoli. Les chars du 12e régiment de cuirassiers atteignirent la tour Eiffel en fin de matinée ; le drapeau tricolore y fut hissé vers 13 heures. À 14 heures, le groupement Langlade était à l’Arc de Triomphe.
Le général von Choltitz, gouverneur du Gross Paris depuis le 7 août, fut capturé au Meurice vers 14 h 35. Conduit à la préfecture de police, il signa l’acte de reddition vers 16 heures en présence de Leclerc, le document étant contresigné par Rol-Tanguy au titre des FFI d’Île-de-France. Il fut ensuite mené à la gare Montparnasse pour y signer les ordres de cessez-le-feu destinés aux points d’appui, dont certains ne se rendirent que le lendemain.
De Gaulle arriva à Montparnasse une heure après la reddition. Il gagna d’abord le ministère de la Guerre, rue Saint-Dominique (geste délibéré de continuité de l’État), reçut son délégué général Alexandre Parodi et le nouveau préfet de police Charles Luizet, puis se rendit vers 19 heures à l’Hôtel de Ville où l’attendaient le Conseil national de la Résistance et le Comité parisien de la Libération. Il y prononça le discours resté célèbre. Le lendemain, il descendit les Champs-Élysées à pied ; la nuit suivante, un raid de la Luftwaffe sur Paris fit environ 190 morts.
Les estimations retiennent de l’ordre d’un millier de FFI tués et plusieurs centaines de civils, environ 130 morts à la 2e DB, plusieurs milliers de tués et une dizaine de milliers de prisonniers du côté allemand. Les combats se poursuivirent jusqu’au 30 août vers Le Bourget, Saint-Denis et Montmorency pour dégager la capitale. Paris reçut la croix de la Libération le 2 avril 1945.
25 août 1944 : mort en combat aérien de Vera Belik et Tatiana Makarova, aviatrices soviétiques (près d’Ostrołęka, Pologne).
L’équipage le plus expérimenté du 46e régiment de bombardement de nuit de la Garde (les « Sorcières de la nuit ») est abattu par un chasseur allemand au retour de sa 813e sortie.
Le 588e régiment, devenu 46e régiment de la Garde « Taman », était la seule unité de bombardement de nuit au monde entièrement composée de femmes. Créé fin 1941 à l’initiative de Marina Raskova, il opérait sur Polikarpov Po-2, biplan d’entraînement en bois et toile, sans radio ni parachute pendant les premiers mois, en coupant les gaz à l’approche de l’objectif pour glisser en silence.
Navigatrice, Vera Belik volait avec la pilote Tatiana Makarova. Le 1er août 1944, les deux femmes avaient été le premier équipage du régiment à bombarder le territoire allemand, au-dessus de la Prusse-Orientale. Dans la nuit du 25 août, leur appareil est intercepté et incendié au-dessus de la région d’Ostrołęka ; les deux membres d’équipage sont tuées. Elles seront faites Héroïnes de l’Union soviétique à titre posthume en 1945.
Les femmes pilotes soviétiques de la Grande Guerre patriotique
25 août 1945 : mort du vice-amiral Willis A. Lee, US Navy.
Vainqueur du second engagement nocturne de Guadalcanal, il meurt d’une crise cardiaque 10 jours après la capitulation japonaise.
Dans la nuit du 14 au 15 novembre 1942, Lee commande la Task Force 64 (les cuirassés rapides Washington et South Dakota et quatre destroyers) face à une force japonaise chargée de bombarder Henderson Field et de couvrir un convoi de renfort. Le South Dakota, victime d’une panne électrique, est violemment pris à partie ; le Washington, dirigeant son tir au radar, coule le cuirassé Kirishima en quelques minutes. C’est l’un des rares duels de cuirassés du conflit, et il met un terme aux tentatives japonaises de reprendre l’initiative à Guadalcanal.
Promu vice-amiral, Lee commande ensuite les cuirassés rapides de la flotte du Pacifique, de la campagne des Philippines à Okinawa, en faisant de ces bâtiments l’ossature de la défense antiaérienne des groupes de porte-avions. En juillet 1945, il prend la tête d’une unité d’expérimentation basée dans le Maine, chargée de mettre au point les contre-mesures aux attaques kamikazes en vue du débarquement au Japon.
Il meurt le 25 août 1945 d’une thrombose coronarienne, dans la vedette qui le ramenait à son bâtiment, le Wyoming. Il est inhumé à Arlington.

25 août 2012 : mort de l’astronaute américain Neil Armstrong.
Avant d’être le premier homme à marcher sur la Lune, il fut pilote de chasse embarqué et effectua 78 missions de guerre en Corée.
Élève-officier de l’US Navy, breveté pilote en 1950, Armstrong est affecté au Fighter Squadron 51 sur F9F Panther, embarqué à bord du porte-avions Essex. Le 3 septembre 1951, au cours d’une attaque à basse altitude, son appareil heurte un câble tendu en travers d’une vallée et perd une partie d’une aile ; il parvient à regagner les lignes amies avant de s’éjecter.
Devenu pilote d’essai pour le NACA puis la NASA, il vole notamment sur X-15, avant d’être sélectionné comme astronaute en 1962. Il commande Gemini 8 en 1966, puis Apollo 11 en juillet 1969.

25 août 2017 : attaques de l’ARSA dans le nord de l’État d’Arakan (Birmanie).
Une trentaine de postes de la police des frontières et un camp militaire sont attaqués simultanément avant l’aube. La riposte des forces armées birmanes provoque en quelques semaines l’exode de plus de 700 000 Rohingyas vers le Bangladesh.
La minorité musulmane rohingya de l’État d’Arakan est privée de la citoyenneté birmane depuis la loi de 1982. Les violences intercommunautaires de 2012 avaient déjà provoqué des déplacements massifs et le placement de dizaines de milliers de personnes dans des camps. En octobre 2016, un groupe armé jusque-là inconnu, le Harakah al-Yaqin, devenu l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA), avait attaqué trois postes-frontières, entraînant une première opération de représailles et la fuite d’environ 87 000 personnes.
Le 25 août 2017, avant l’aube, l’ARSA lança des attaques coordonnées contre une trentaine de postes de la police des frontières et une base de l’armée dans les townships de Maungdaw, Buthidaung et Rathedaung. L’armement était rudimentaire — armes blanches, quelques armes à feu, engins explosifs artisanaux. Une douzaine de membres des forces de sécurité furent tués.
La réponse de la Tatmadaw, présentée comme des opérations de « nettoyage », fut engagée dans les heures suivantes avec l’appui de milices locales. L’imagerie satellitaire a documenté la destruction par le feu de plusieurs centaines de villages ; les enquêtes ont établi des exécutions collectives et des violences sexuelles systématiques. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés recensa plus de 700 000 arrivées au Bangladesh en quelques mois, concentrées autour de Kutupalong, devenu le plus grand camp de réfugiés du monde.
La mission internationale indépendante d’établissement des faits mandatée par l’ONU conclut en 2018 à des crimes contre l’humanité et estima que les éléments réunis justifiaient une enquête pour génocide. La Gambie a saisi la Cour internationale de justice en 2019 ; des mesures conservatoires ont été ordonnées en janvier 2020. La Cour pénale internationale a ouvert une enquête portant sur la déportation vers le Bangladesh, État partie au Statut de Rome. Le coup d’État militaire de février 2021, puis la reprise des combats en Arakan entre l’armée et l’Arakan Army, ont différé toute perspective de retour des réfugiés.
25 août 2018 : mort de John McCain, sénateur de l’Arizona.
Pilote d’aéronavale abattu au-dessus de Hanoï en 1967, il passa cinq ans et demi en captivité au Nord-Vietnam avant une carrière politique de trois décennies.
Fils et petit-fils d’amiraux, McCain pilotait un A-4 Skyhawk depuis le porte-avions Oriskany lorsqu’il fut abattu par un missile sol-air au-dessus de Hanoï le 26 octobre 1967, au cours de l’opération Rolling Thunder. Grièvement blessé à la capture, il fut détenu à la prison de Hoa Lo.
Ses geôliers, informés de l’identité de son père, alors commandant en chef des forces américaines dans le Pacifique, lui proposèrent une libération anticipée. Il la refusa, invoquant le principe selon lequel les prisonniers devaient être relâchés dans l’ordre de leur capture. Il fut libéré le 14 mars 1973, avec des séquelles physiques définitives.
Élu à la Chambre des représentants en 1982 puis au Sénat en 1986, il présida la commission des forces armées et fut candidat à l’élection présidentielle de 2008. Il fut l’un des principaux artisans de l’interdiction législative de la torture par les agences américaines après 2005.









