23 août 93 : mort de Cnaeus Julius Agricola.
Cnaeus Julius Agricola, né le dans la colonie romaine de Forum Julii (aujourd’hui Fréjus), en Gaule narbonnaise, et mort le , est un général de l’Empire romain artisan de la conquête romaine du nord de l’île de Bretagne.
Agricola commence sa carrière militaire en Bretagne, sous les ordres du gouverneur Suetonius Paulinus. Sa carrière ultérieure l’a vu occuper divers postes. Il est nommé questeur dans la province d’Asie vers 64, puis il devient tribun de la plèbe en 66 et préteur en 68. Il soutient Vespasien pendant l’année des quatre empereurs en l’an 69 et obtient le commandement militaire en Bretagne de la legio XX Valeria Victrix lorsque ce dernier devient empereur romain. À la fin de son commandement en 73, il est fait patricien à Rome et nommé gouverneur de la Gaule aquitaine. Il devient consul suffect en 77 et gouverneur de Bretagne. Il y achève la conquête de l’actuel pays de Galles et du nord de l’Angleterre et conduit son armée à l’extrême nord de l’Écosse, établissant des forts dans la plupart des Lowlands. Il est rappelé de Bretagne en 84 ou 85, après un service exceptionnellement long, puis prend sa retraite de la vie militaire et publique avant de décéder en l’an 93 sous le règne de Domitien.
Il est par ailleurs le beau-père de l’historien et sénateur romain Tacite (58-120). Son action en Bretagne est relatée en détail dans la biographie élogieuse que son gendre lui a consacrée en 98. Elle s’intitule en latin De vita et moribus Iulii Agricolae. Sa fille, Julia, s’est en effet mariée en 77 ou 78 avec Tacite. L’importance en Bretagne du rôle d’Agricola est peut-être sur-estimé par le fait qu’il ait une biographie et que Tacite rehausse son prestige au détriment notamment de ses prédécesseurs Cerialis et Frontin.
23 août 476 : Odoacre est proclamé « roi » d’Italie par ses troupes après le court siège de Pavie.
Flavius Odoacre, né vers 433, et mort le , est un chef de guerre de l’Empire romain d’Occident.
Fils d’un proche collaborateur d’Attila, il apparaît vers 460 à la tête d’une troupe de Saxons en Gaule puis participe à la guerre civile qui oppose Ricimer et Anthémius. Il sert ensuite dans l’armée de l’Empire à la tête de troupes mercenaires qui, irrégulièrement soldées, se révoltent contre le patrice Oreste, père de l’empereur Romulus Augustule, et proclament Odoacre « roi ». À la tête de ces troupes, il vainc le général Paulus, frère d’Oreste, et prononce la déchéance du jeune empereur en 476.
Ayant ramené la paix dans une Italie en proie aux crises depuis trente ans, Odoacre gouverne la péninsule depuis le nord avec le soutien du sénat de Rome au nom de l’empereur d’Orient Zénon auquel il a restitué les insignes impériaux d’Occident. Odoacre se voit alors conférer le titre de patrice d’Italie dans un Empire romain un temps réunifié sous l’autorité du seul empereur de Byzance.
S’étant emparé de la Dalmatie, Odoacre doit lutter à partir de 488, contre les Ostrogoths de Théodoric, encouragés par l’empereur byzantin, resté défiant vis-à-vis du patrice. Vaincu à trois reprises, ce dernier se réfugie à Ravenne où, après trois ans de siège, il meurt assassiné par Théodoric le au cours d’un banquet supposé sceller la paix retrouvée.

23 août 1244 : la citadelle de Jérusalem capitule devant les Khwarezmiens.
Refoulés d’Asie centrale par la poussée mongole, environ dix mille cavaliers khwarezmiens descendent vers la Syrie au printemps 1244. Le sultan ayyoubide d’Égypte as-Salih Ayyub les a appelés en renfort contre ses cousins de Damas, avec lesquels les Francs d’Acre viennent de conclure une alliance. Repoussés devant Damas, dont ils ravagent les vergers, ces cavaliers obliquent vers le sud et se présentent devant Jérusalem le 11 juillet.
La ville a été restituée aux chrétiens en 1229 par le traité de Jaffa, négocié par l’empereur Frédéric II sans combat. Elle n’a jamais été remise en état de défense : son enceinte reste incomplète, sa garnison est faible et les Francs ne contrôlent pas les campagnes environnantes. Elle est enlevée en quelques jours, pillée et incendiée. Seule la tour de David, la citadelle, résiste encore ; elle capitule le 23 août. Les habitants chrétiens autorisés à gagner Jaffa sont pour l’essentiel massacrés en chemin ; quelques centaines seulement atteignent la côte.
La perte de la ville sainte provoque la formation d’une coalition entre le royaume de Jérusalem, les ordres militaires et les princes ayyoubides de Damas, Homs et Kerak. Cette armée est écrasée le 17 octobre suivant à La Forbie, près de Gaza, par les Égyptiens et leurs auxiliaires khwarezmiens. Réduit à une étroite bande côtière, l’État latin d’Orient se maintiendra jusqu’à la chute d’Acre en 1291. Jérusalem ne reviendra plus sous domination chrétienne. En France, la nouvelle décide Louis IX à prendre la croix.
23 août 1268 : bataille de Tagliacozzo.
Deux ans après Bénévent, où il a vaincu et tué Manfred de Hohenstaufen, Charles d’Anjou, frère de Saint Louis, tient le royaume de Sicile que lui a concédé la papauté. Sa domination est contestée par les partis gibelins d’Italie du Nord et par la commune de Rome, dirigée par Henri de Castille, ancien allié devenu son adversaire déclaré.
C’est dans ce contexte que Conradin, petit-fils de Frédéric II et dernier héritier mâle légitime des Hohenstaufen, quitte l’Allemagne à l’automne 1267. Âgé de 16 ans, il descend la péninsule avec une armée souabe, entre à Rome en juillet 1268 sous les acclamations, y rallie des chevaliers italiens et espagnols et prend la route des Abruzzes.
Les deux armées se rencontrent le 23 août dans la plaine du Palentino, aux environs de Scurcola Marsicana, à une dizaine de kilomètres de Tagliacozzo, qui a donné son nom à la bataille. Conradin aligne 5 000 à 6 000 combattants, Charles 3 000 à 5 000, mais ses troupes sont homogènes et aguerries, là où celles de son adversaire juxtaposent des contingents allemands, italiens et castillans.
Conradin range son armée en trois corps, celui d’Henri de Castille en tête, les Souabes et Frédéric de Bade en réserve. Charles adopte le même dispositif, avec une différence décisive suggérée par Érard de Valéry, chevalier champenois et vétéran de la croisade : le troisième corps, commandé par le roi en personne et comprenant les 400 chevaliers de Guillaume de Villehardouin, prince d’Achaïe, est dissimulé derrière une hauteur. Pour faire croire à la présence du roi en première ligne, le maréchal Henri de Cousances revêt les armes de Charles et porte sa bannière.
Les Gibelins franchissent le Salto au matin, bousculent les deux premiers corps angevins et les mettent en fuite. Henri de Castille abat Henri de Cousances, croit avoir tué Charles et tient la bataille pour gagnée. Ses hommes se dispersent, les uns à la poursuite des fuyards, les autres au pillage du camp. Charles débouche alors de son abri et taille en pièces des vainqueurs sans cohésion.
Conradin s’échappe du champ de bataille mais est arrêté à Astura, sur la côte, et livré aux Angevins. Jugé pour lèse-majesté, il est décapité sur la place du Marché de Naples le 29 octobre 1268, avec Frédéric de Bade. La dynastie souabe s’éteint avec lui. Henri de Castille, capturé peu après, restera prisonnier une vingtaine d’années. Charles d’Anjou fonde la dynastie angevine de Naples ; il perdra la Sicile insulaire après les Vêpres siciliennes de mars 1282, mais conservera le royaume continental jusqu’à sa mort, en janvier 1285.

23 août 1305 : exécution du rebelle patriote écossais William Wallace par les Anglais.
Petit noble d’Écosse occidentale né vers 1270, William Wallace apparaît dans les sources en mai 1297, lorsqu’il tue le shérif anglais de Lanark. En quelques mois, il prend la tête d’un soulèvement populaire pendant que la noblesse écossaise louvoie. Le 11 septembre 1297, avec Andrew de Moray, qui sera mortellement blessé dans l’affaire, il détruit une armée anglaise au pont de Stirling en laissant l’ennemi s’engager sur un ouvrage étroit avant de le prendre à revers. Nommé gardien du royaume au nom du roi déposé Jean Balliol, il est battu par Édouard Ier à Falkirk le 22 juillet 1298, où les archers gallois disloquent ses formations de piquiers, et abandonne sa charge.
Suivent plusieurs années de mission diplomatique en France et auprès de la curie romaine, puis un retour à la guerre de partisans. Alors que l’essentiel de la noblesse écossaise s’est soumise, Wallace refuse toute reddition. Il est capturé le 3 août 1305 à Robroyston, près de Glasgow, livré aux Anglais par Jean de Menteith, et conduit à Londres.
Son procès se tient à Westminster Hall le 23 août. Coiffé par dérision d’une couronne de laurier, il est accusé de haute trahison, de meurtres et d’exactions contre des civils anglais. Il conteste le premier chef en faisant valoir qu’il n’a jamais prêté serment à Édouard Ier. La sentence est rendue sans délibération et exécutée le jour même : traîné sur une claie depuis Westminster jusqu’à Smithfield, il y est pendu puis dépendu vivant, émasculé, éventré, décapité et écartelé. Sa tête est exposée sur le pont de Londres, ses quartiers envoyés dans quatre villes du nord et d’Écosse.
Le supplice, conçu comme un avertissement, produit l’effet inverse. Robert Bruce se fait couronner roi d’Écosse le 25 mars 1306, remporte Bannockburn le 24 juin 1314 et obtient la reconnaissance de l’indépendance par le traité d’Édimbourg-Northampton, signé le 17 mars 1328. Wallace devient une figure nationale : le poète Harry l’Aveugle lui consacre vers 1477 une longue épopée, Walter Scott et Jane Porter en font un héros romanesque au XIXe siècle, un monument lui est élevé à Stirling en 1869 et le film Braveheart, en 1995, lui donne une notoriété mondiale au prix de nombreuses libertés avec les faits.

23 août 1328 : bataille de Cassel et victoire française.
Philippe VI de Valois a été sacré à Reims le 29 mai 1328, à l’issue d’une succession contestée. Il cherche à asseoir une légitimité fragile. L’occasion lui en est donnée par Louis de Nevers, comte de Flandre, chassé de son comté par une révolte qui dure depuis 1323 et qui s’étend aux châtellenies maritimes de Bruges, Furnes, Bergues, Bailleul et Cassel. Les insurgés, paysans aisés et artisans, refusent les charges seigneuriales et la fiscalité comtale ; ils vivent encore sur le souvenir de Courtrai, où en 1302 les milices flamandes avaient anéanti la chevalerie française.
Le comte réitère sa demande d’aide lors du sacre. Malgré les réticences de plusieurs barons, le roi convoque l’ost à Arras pour juillet et lève l’oriflamme à Saint-Denis. Pendant que Gand attaque Bruges et fixe une partie des forces rebelles, les maréchaux conduisent une chevauchée qui ravage la Flandre occidentale afin de contraindre l’adversaire à sortir de ses positions.
Le gros de l’armée royale marche sur Cassel et campe au pied du mont, une butte de 176 m qui domine la plaine. Les insurgés y sont retranchés sous les ordres de Nicolaas Zannekin, propriétaire terrien de Lampernisse, assisté de Zeger Janszone et Lambrecht Bovyn. Zannekin propose de fixer un jour de bataille selon les usages chevaleresques ; ses envoyés sont éconduits, le roi et ses chevaliers refusant de traiter avec des hommes qu’ils tiennent pour des vilains sans chef. Persuadés que l’affaire est réglée d’avance, les Français délacent leurs armures.
Dans l’après-midi du 23 août, les Flamands descendent du mont en trois colonnes silencieuses et tombent sur un camp au repos. L’infanterie royale, surprise, se débande ; on la retrouvera regroupée le lendemain vers Saint-Omer. Le roi, en robe brodée de fleurs de lys et coiffé d’un simple chapeau de cuir, rassemble sa chevalerie et contre-attaque en payant de sa personne, ce qu’aucun souverain français n’avait fait depuis Saint Louis. Privés de leur élan, les insurgés se referment en cercle, coude à coude, dispositif qui leur interdit tout repli. Ils sont exterminés sur place. Zannekin est tué dans l’action. Les chroniqueurs avancent des chiffres de plusieurs milliers de morts flamands, sans qu’aucun soit vérifiable ; les pertes françaises sont légères.
Cassel est incendiée. Ypres puis Bruges se soumettent. Louis de Nevers rétablit son autorité par des exécutions, et des commissaires royaux confisquent les biens des combattants, morts ou vivants, pour crime de lèse-majesté, un tiers du produit revenant au comte et à Robert de Cassel. Philippe VI retire de la journée le prestige d’un roi chevalier, mais l’affaire installe durablement la question flamande au cœur du contentieux franco-anglais.
Une formule reste attachée à cette campagne. Devant des conseillers hostiles à l’expédition, seul le connétable de Châtillon aurait approuvé le roi en déclarant que « qui a bon cœur a toujours le temps à propos », ce à quoi Philippe aurait répondu : « Qui m’aime me suive. »

23 août 1514 : bataille de Tchaldiran.
Monté sur le trône ottoman en 1512 après avoir écarté son père et ses frères, Sélim Ier considère l’Empire séfévide comme la menace principale. Fondé en 1501 par Ismaïl Ier, cet État turkmène a imposé le chiisme duodécimain à la Perse et exerce une influence religieuse croissante sur les populations turcomanes d’Anatolie orientale, les Qizilbash, ainsi nommés d’après le bonnet rouge à 12 plis qu’ils portent en référence aux 12 imams. Sélim fait précéder sa campagne d’une répression massive de ces communautés en Anatolie ; la tradition alévie retient le chiffre de 40 000 victimes, invérifiable mais révélateur de la marque laissée par ces événements.
L’armée ottomane franchit l’Euphrate au printemps 1514 et gagne, après une marche épuisante, la plaine de Tchaldiran, au nord-est du lac de Van, dans l’actuelle province iranienne d’Azerbaïdjan occidental. Les effectifs de 200 000 hommes rapportés par les chroniques de cour ne sont plus retenus : les évaluations actuelles situent les Ottomans entre 60 000 et 100 000 combattants, les Séfévides entre 40 000 et 55 000. La supériorité numérique est donc réelle mais mesurée.
L’écart décisif est technique. Sélim dispose de plus d’une centaine de bouches à feu de campagne, reliées entre elles par des chariots enchaînés, et de dix à douze mille janissaires armés d’arquebuses, abrités derrière ce dispositif. Ismaïl n’aligne qu’une cavalerie d’archers, redoutable en manœuvre mais dépourvue d’artillerie et d’armes à feu portatives, et il a renoncé à attaquer les Ottomans pendant leur approche.
Le 23 août, la charge des Qizilbash enfonce l’aile droite ottomane et met un moment le camp en péril, mais elle vient se briser sur le centre, où le tir combiné des canons et des arquebuses détruit les escadrons séfévides. Ismaïl, blessé, échappe de peu à la capture ; son épouse Tadjlu Khanum tombe aux mains des vainqueurs.
Les Ottomans entrent à Tabriz le 5 septembre, mais l’évacuent au bout d’une semaine, les janissaires refusant d’hiverner si loin de leurs bases. La victoire n’en est pas moins durable dans ses effets : l’Anatolie orientale passe sous contrôle ottoman, les soulèvements alévis cessent, et les Séfévides ne représenteront plus une menace sérieuse pendant près d’un siècle, jusqu’au règne d’Abbas Ier qui dotera enfin la Perse d’une infanterie à feu et d’une artillerie. Le prestige d’invincibilité d’Ismaïl est ruiné ; il se retirera largement des affaires jusqu’à sa mort, en 1524.
Après la bataille, Sélim charge son chroniqueur Idris-i Bidlisi, lettré d’origine kurde, de rallier les émirs du Kurdistan à l’Empire, mission qui aboutira à l’annexion de Diyarbakir et à un statut d’autonomie négociée pour les principautés kurdes. Idris-i Bidlisi rédigera ensuite le Selim-Nameh, biographie du sultan.
23 août 1595 : bataille de Călugăreni.

Le voïvode de Valachie Michel le Brave a rompu avec la Porte en novembre 1594 en faisant massacrer les créanciers et la garnison ottomans de Bucarest, et s’est joint à la Sainte Ligue formée par l’empereur Rodolphe II. L’été suivant, le grand vizir Koca Sinan Pacha franchit le Danube avec l’ordre de transformer la principauté en province ottomane.
La rencontre a lieu le 13 août du calendrier julien alors en usage en Valachie, soit le 23 août grégorien (les publications roumaines datent couramment la bataille du 13 août, ce qui peut prêter à confusion). Michel dispose d’environ 16 000 hommes, dont un contingent transylvain, contre une armée ottomane généralement évaluée entre 30 000 et 40 000 combattants. Il choisit le terrain : les marais du Neajlov, aux abords du village de Călugăreni, à une trentaine de kilomètres au sud de Bucarest, où un unique passage canalise l’accès et interdit tout déploiement en masse.
Le combat se déroule en trois phases. Les Valaques cèdent d’abord du terrain, puis Michel contre-attaque en personne, reprend le pont, enlève plusieurs pièces d’artillerie et un étendard ; la tradition veut que Sinan Pacha soit tombé dans le marais au cours de la débandade. Resté maître du champ de bataille au soir, Michel ne peut cependant soutenir un second choc et décroche dans la nuit vers les contreforts des Carpates, où il attend les renforts du prince de Transylvanie Sigismond Báthory.
Le résultat est indécis. Les Ottomans occupent Bucarest et Târgoviște et commencent à y installer une administration. La contre-offensive d’octobre, menée avec les troupes transylvaines et moldaves, reprend Târgoviște le 18 octobre, Bucarest le 22, et rejette Sinan au-delà du Danube à Giurgiu à la fin du mois. L’historiographie et le cinéma roumains ont fait de cette demi-victoire l’un des épisodes fondateurs du récit national, Michel le Brave étant devenu, après l’union de 1859 puis celle de 1918, la figure tutélaire de l’unité roumaine.

23 août 1600 : bataille du château de Gifu.
La date est celle du calendrier luni-solaire japonais : 23e jour du 8e mois de l’ère Keichō 5, soit le 30 septembre 1600 du calendrier grégorien. Elle situe l’épisode moins d’un mois avant Sekigahara, et non « l’automne suivant ».
Après la mort de Toyotomi Hideyoshi en 1598, le Japon se partage entre les partisans de son héritier mineur Hideyori, regroupés autour d’Ishida Mitsunari et désignés comme l’armée de l’Ouest, et ceux de Tokugawa Ieyasu, l’armée de l’Est. Le château de Gifu, dans la province de Mino, tenu par Oda Hidenobu, petit-fils de Nobunaga et rallié à l’Ouest, commande la plaine du Nōbi et l’axe reliant Kyoto aux provinces orientales.
Les avant-gardes de l’Est, conduites par Fukushima Masanori et Ikeda Terumasa, franchissent la Kiso-gawa le 22 août. Hidenobu a dispersé ses forces en fortifiant l’ensemble de la région autour de Gifu, ce qui affaiblit chacun de ses détachements. Terumasa bouscule un contingent d’arquebusiers au passage de la rivière, puis défait à Komeno les 3 000 hommes de Dodo Tsunaie. Plus au sud, Masanori franchit la rivière à Higashikaganoi et enlève le château de Takegahana, dont la garnison capitule après la défection de ses renforts. Hidenobu renonce à contre-attaquer et se replie sur Gifu, comptant prendre l’assaillant entre sa place et les secours attendus d’Ōgaki et d’Inuyama.
Le 23 août au matin, les colonnes de l’Est convergent vers le château. Les hommes de Yamauchi Kazutoyo, Arima Toyōji, Togawa Tatsuyasu et Horio Tadauji se massent au sud-est, ceux de Tanaka Yoshimasa, Tōdō Takatora et Kuroda Nagamasa au sud-ouest. Le combat s’engage aux abords du Zuiryū-ji, où intervient Asano Yoshinaga ; Ii Naomasa dégage les hauteurs et Masanori achève l’encerclement.
Les secours ne viennent pas. Le seigneur d’Inuyama, Ishikawa Sadakiyo, a conclu avec Naomasa un accord de neutralité ; la colonne d’Ōgaki arrive trop tard. Hidenobu résiste jusque dans le donjon avec quelques dizaines d’hommes, puis se laisse convaincre de se rendre. La place tombe en une journée.
Épargné, Hidenobu se retire au mont Kōya après la défaite de l’Ouest à Sekigahara et y meurt en 1605. La chute de Gifu prive Mitsunari d’un verrou essentiel, ouvre à Ieyasu la plaine du Nōbi et le décide à quitter Edo pour prendre en personne la tête de ses forces.

23 août 1702 : bataile de Cadix.
La Grande Alliance a déclaré la guerre à la France et à l’Espagne le 15 mai 1702. Londres et La Haye veulent porter la guerre en Méditerranée : y contester la suprématie de l’escadre de Toulon, escorter le commerce du Levant, encourager les princes italiens à changer de camp et soutenir les partisans de l’archiduc Charles de Habsbourg contre Philippe V de Bourbon. Toute opération de ce type suppose une base sur la péninsule Ibérique. Cadix, tête du commerce des Indes, en est la clé : sa prise ouvrirait le détroit et couperait l’Espagne de son empire américain.
Le 23 août 1702 — le 12 août selon le calendrier julien encore en usage en Angleterre —, la flotte anglo-néerlandaise paraît devant la ville sous les ordres de l’amiral George Rooke. Elle compte une cinquantaine de vaisseaux de ligne et, transports compris, environ deux cents voiles, avec 14 000 hommes de débarquement commandés par le duc d’Ormonde. Le prince Georges de Hesse-Darmstadt accompagne l’expédition, dont on espère qu’il déclenchera un soulèvement pro-autrichien en Andalousie.
Les défenses espagnoles sont dérisoires : le marquis de Villadarias ne dispose que de 150 cavaliers, et le gouverneur de Cadix de 300 soldats. Mais les Alliés perdent l’initiative en discussions entre chefs. Le débarquement, effectué près du Puerto de Santa María, coûte 25 chaloupes et une vingtaine d’hommes noyés dans un coup de vent, et laisse à Villadarias le temps de réunir 600 cavaliers et quelques bataillons de milice. Un officier britannique, Lord Stanhope, admettra que deux cents cavaliers de plus auraient suffi à rejeter les assaillants à la mer.
Les Alliés perdent ensuite deux jours à débarquer leurs approvisionnements à Rota, sous le harcèlement constant de la cavalerie espagnole. Le sac du Puerto de Santa María, accompagné de profanations d’églises, achève de retourner contre eux l’opinion andalouse, dont ils espéraient le ralliement. Pour mettre leur flotte à l’abri dans la baie, ils entreprennent de réduire le fort de Matagorda avec 600 Néerlandais et 1 600 Anglais, mais leur batterie se trouve exposée au feu des navires et des galères de Fernán Núñez. Villadarias reprend Rota par surprise et coupe leurs communications.
Faute de résultats, les Alliés rembarquent un mois après leur arrivée et appareillent le 30 septembre. L’expédition se rachètera au retour : informé de la présence à Vigo de la flotte des galions escortée par une escadre française, Rooke y forcera l’entrée le 23 octobre et détruira l’ensemble. Le mouvement vers la péninsule se poursuivra avec le traité de Methuen conclu avec le Portugal en 1703, puis avec la prise de Gibraltar, le 4 août 1704.

23 août 1775 : George III proclame les colonies américaines en état de rébellion.
Deux mois après Bunker Hill et quatre mois après Lexington, la nouvelle des combats du Massachusetts est parvenue à Londres. Le roi George III signe à Saint James la Proclamation for Suppressing Rebellion and Sedition, qui constate qu’une partie de ses sujets d’Amérique du Nord sont engagés dans une rébellion ouverte et déclarée.
Le texte enjoint à tous les officiers civils et militaires de la Couronne de réprimer l’insurrection et de traduire les rebelles en justice. Il ordonne également à tous les sujets britanniques de dénoncer aux autorités les personnes entretenant une correspondance avec les insurgés, disposition qui vise implicitement les partisans des colonies au sein même du Parlement.
La proclamation a une portée juridique immédiate : elle place les colons hors de la protection du roi et fait de leur résistance un crime de haute trahison. Elle rend caduque la pétition dite du Rameau d’olivier, adoptée par le Congrès continental le 8 juillet et que George III refusera même de recevoir. Connue en Amérique en novembre, elle affaiblit le camp des modérés qui espéraient encore un compromis. Thomas Paine s’en servira dans Common Sense, publié en janvier 1776, pour démontrer l’inutilité de toute conciliation. Le Prohibitory Act du 22 décembre 1775, qui met les ports américains sous blocus et autorise la saisie des navires coloniaux, en constitue le prolongement direct. La déclaration d’indépendance suivra six mois plus tard.

23 août 1793 : la Convention nationale décide la levée en masse des hommes de la tranche d’âge 25 à 30 ans.
L’été 1793 est le plus sombre de la Révolution. Mayence a capitulé le 23 juillet, Valenciennes le 28 ; les Autrichiens sont en Flandre, les Prussiens en Alsace, les Espagnols franchissent les Pyrénées, les Piémontais menacent les Alpes ; l’insurrection fédéraliste tient Lyon, Marseille et Bordeaux ; la guerre de Vendée dure depuis mars ; Toulon sera livré aux Britanniques cinq jours plus tard. La levée de 300 000 hommes décidée en février-mars, fondée sur le volontariat complété par la désignation ou le tirage au sort, n’a produit ni les effectifs attendus ni l’unité nationale escomptée : c’est elle qui a déclenché l’insurrection de l’Ouest.
Le 23 août, sur le rapport de Bertrand Barère au nom du Comité de salut public, la Convention adopte un décret de dix-huit articles dont le premier est resté célèbre : « Dès ce moment jusqu’à celui où les ennemis auront été chassés du territoire de la République, tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées. » Le texte assigne un rôle à chacun : les jeunes gens au combat, les hommes mariés à la fabrication des armes et au transport des subsistances, les femmes aux tentes, aux vêtements et aux hôpitaux, les enfants à la charpie, les vieillards à l’exhortation publique.
Dans son application, la réquisition ne porte dans l’immédiat que sur une classe : les hommes célibataires ou veufs sans enfants âgés de 18 à 25 ans, appelés en bloc et sans possibilité de remplacement. Les autres classes devaient être mobilisées ultérieurement selon l’évolution de la situation militaire ; elles ne l’ont pas été sous cette forme. Le décret est donc moins une conscription générale qu’une réquisition de guerre, adossée à une mobilisation de l’ensemble des ressources du pays.
C’est là son autre portée. Le texte réquisitionne les chevaux, les armes de chasse, les greniers publics, met les ateliers et les manufactures à la disposition de l’État, ordonne l’extraction du salpêtre dans les caves et confie à des savants (Monge, Berthollet, Fourcroy) l’organisation de la production de poudre et d’armement. Pour la première fois à l’époque moderne, l’ensemble des ressources humaines et matérielles d’une nation en guerre est placé sous la main du gouvernement.
Les effets sur les effectifs sont massifs. La France comptait environ 200 000 hommes sous les drapeaux en février 1793 ; ils sont quelque 500 000 en juillet, plus de 700 000 en septembre et environ 800 000 en décembre, répartis en une quinzaine d’armées, chiffre sans précédent en Europe. La contrepartie est un mécontentement durable dans les campagnes, des désertions nombreuses et, dans l’Ouest, l’alimentation continue de la guerre civile. Le décret du 21 février 1793 sur l’amalgame, appliqué à partir de l’hiver suivant, fondra volontaires et soldats de ligne dans des demi-brigades et donnera à cette masse la cohésion qui lui manquait.


23 août 1799 : Bonaparte quitte l’Égypte.
Un mois après avoir rejeté à la mer le corps de débarquement ottoman à Aboukir, le général en chef de l’armée d’Orient abandonne son commandement. La décision est prise depuis juin. Les journaux européens transmis par le commodore britannique Sidney Smith à l’occasion d’un échange de prisonniers ont informé Bonaparte des défaites françaises en Italie et de la crise politique du Directoire. Il y voit l’occasion d’un retour.
L’amiral Ganteaume a fait armer discrètement les frégates Muiron et Carrère, ainsi que deux avisos, la Revanche et l’Indépendant. Le 14 août, il signale que la croisière britannique a quitté les parages d’Alexandrie. L’embarquement a lieu de nuit, sur une plage à l’ouest de la ville ; l’escadrille appareille au petit matin du 23 août. Bonaparte emmène avec lui Berthier, Murat, Lannes, Marmont, Andréossy, Duroc, ainsi que les savants Monge, Berthollet et Vivant Denon.
Kléber, désigné pour lui succéder, n’est pas prévenu de vive voix : il reçoit ses instructions sous pli cacheté, remis par le général Menou, et n’apprend le départ qu’après coup. L’armée, informée par proclamation, réagit avec une amertume que tempère la confiance accordée à son nouveau chef. Après quarante jours de navigation, en évitant les escadres britanniques, Bonaparte débarque à Saint-Raphaël le 9 octobre. Un mois plus tard, il renverse le Directoire. En Égypte, Kléber sera assassiné au Caire le 14 juin 1800 et son successeur Menou capitulera le 31 août 1801.

23 août 1813 : bataille de Großbeeren.
L’armistice de Pleiswitz rompu le 18 août, Napoléon reprend l’offensive selon un plan en deux volets : il manœuvre lui-même en Silésie contre Blücher et charge le maréchal Oudinot de s’emparer de Berlin. L’armée de Berlin réunit environ 70 000 hommes en 3 corps d’infanterie (le IVe de Bertrand, le VIIe franco-saxon de Reynier, le XIIe qu’Oudinot conserve sous son commandement direct) et un corps de cavalerie confié à Arrighi.
En face, l’armée du Nord est commandée par Bernadotte, ancien maréchal d’Empire devenu prince royal de Suède, peu pressé de combattre ses anciens compatriotes. Il maintient ses Suédois en réserve et laisse l’effort principal aux Prussiens. C’est son subordonné Bülow qui décide de livrer bataille en avant de Berlin plutôt que de se replier derrière la Spree, entraînant le commandement.
Oudinot fait avancer ses trois corps par des routes séparées, dans un terrain sableux détrempé par des pluies continues, avec peu de liaisons latérales et une cavalerie insuffisante pour éclairer. Le 23 août, sur la droite, Bertrand est fixé toute la journée à Blankenfelde par les milices brandebourgeoises et la Landwehr de Tauentzien, sans résultat de part et d’autre. Au centre, Reynier enlève le village de Großbeeren et la butte du moulin en début d’après-midi, mais ses hommes s’installent au cantonnement sous la pluie sans organiser la position.
Bülow contre-attaque vers 17 h 00 avec une dizaine de bataillons, appuyés par une artillerie nombreuse et une infanterie qui aborde à la baïonnette. Les Saxons, mal soutenus, cèdent le village puis se débandent. Guilleminot, qui commande une division du XIIe corps sur la gauche, face aux Russes de Wintzingerode, marche au canon de sa propre initiative mais n’arrive qu’à la nuit, alors que le centre décroche.
Les pertes du VIIe corps s’élèvent à environ 3 000 tués et blessés, plus une dizaine de pièces perdues et 1 500 prisonniers saxons, dont beaucoup passeront au service prussien dès le lendemain. Oudinot ordonne la retraite sur Wittenberg, plus loin que ne l’aurait voulu Napoléon, qui le remplacera par Ney ; celui-ci sera battu à son tour à Dennewitz le 6 septembre.
L’échec s’aggrave quatre jours plus tard. La division Girard, sortie de Magdebourg pour rallier l’armée de Berlin, est interceptée le 27 août à Hagelberg, près de Belzig, par la Landwehr prussienne de Hirschfeld et les cosaques de Tchernychev. Enveloppée après un début de combat favorable, elle perd de 3 000 à 4 000 hommes sur environ 9 000 et ne rentre à Magdebourg qu’en débris ; Girard est blessé.
Berlin est sauvée. Napoléon devra renoncer à son projet et livrer, six semaines plus tard, la bataille décisive de Leipzig.

23 août 1866 : traité de Prague.
La guerre austro-prussienne a été tranchée en sept semaines. Après Sadowa, le 3 juillet, les préliminaires de Nikolsbourg sont signés le 26 juillet, sur des bases voulues par Bismarck contre l’avis de Guillaume Ier et de l’état-major : ni annexion de territoire autrichien, ni entrée triomphale à Vienne, afin de ménager une Autriche dont la Prusse aura besoin plus tard. Le traité définitif est signé à Prague le 23 août 1866.
L’Autriche reconnaît la dissolution de la Confédération germanique et accepte une réorganisation de l’Allemagne dont elle est exclue. Elle admet la formation, sous présidence prussienne, d’une union fédérale au nord du Main, et laisse les États du Sud (Bavière, Wurtemberg, Bade, Hesse-Darmstadt) former une association distincte à existence internationale propre. Ces États ont en réalité déjà signé avec Berlin, dans les jours qui précèdent, des traités secrets d’alliance militaire qui placeront leurs armées sous commandement prussien en cas de guerre : c’est ce dispositif qui jouera en 1870.
L’Autriche cède ses droits sur le Schleswig et le Holstein. Elle reconnaît la réunion du royaume lombard-vénitien à l’Italie, la Vénétie ayant été remise à Napoléon III qui la transmet à Rome. Elle verse 40 millions de thalers au titre des frais de guerre, ramenés à 20 millions payables comptant après déduction des sommes dues au titre du traité de Vienne de 1864 et de l’entretien des troupes prussiennes. La Saxe conserve son territoire. Les prisonniers sont libérés, l’évacuation des territoires occupés fixée à trois semaines.
Le traité ne dit rien des annexions que la Prusse opère en dehors de l’Autriche : le Hanovre, la Hesse-Cassel, Nassau et la ville libre de Francfort, alliés de Vienne, sont incorporés au royaume par une loi du 20 septembre 1866. Berlin établit ainsi la continuité territoriale entre la Rhénanie et la Westphalie d’une part, le Brandebourg et les provinces de l’Est d’autre part.
Une clause restera lettre morte. L’article 5 prévoit que les populations du Schleswig septentrional seront réunies au Danemark si elles en expriment le vœu par un vote libre. Aucun scrutin ne sera organisé, et la disposition sera formellement abrogée par un accord austro-allemand de 1878. Le rattachement du Slesvig du Nord au Danemark n’interviendra qu’après le plébiscite de 1920, prévu par le traité de Versailles.
La Confédération de l’Allemagne du Nord est constituée en 1867. Elle deviendra l’Empire allemand en janvier 1871.
***
Traité de paix signé à Prague entre la Prusse et l’Autriche
Article premier.
Entre S. M. le Roi de Prusse et S. M. l’Empereur d’Autriche ainsi qu’entre leurs héritiers et descendants et les États et sujets des deux parties, il y aura désormais une paix et une amitié perpétuelles.
Article 2.
En vue de l’exécution de l’article 6 des préliminaires de paix signés le 26 juillet de l’année courante à Nikolsbourg, et après que S. M. l’Empereur des Français a fait déclarer officiellement le 29 juillet ejusdem à Nikolsbourg, par son ambassadeur accrédité près de S.M. le roi de Prusse, « qu’en ce qui concerne le gouvernement de l’Empereur la Vénétie est acquise à l’Italie pour lui être remise à la paix, » S. M. l’Empereur d’Autriche accède également pour sa part à cette déclaration et donne son consentement à la réunion du royaume lombard-vénitien au royaume d’Italie, sans autre condition onéreuse que la liquidation des dettes qui seront reconnues afférentes aux territoires cédés, conformément au précédent traité de Zurich.
Article 3.
Des deux parts les prisonniers de guerre seront remis immédiatement en liberté.
Article 4.
S.M. l’Empereur d’Autriche reconnaît la dissolution de la Confédération germanique telle qu’elle a existé jusqu’ici, et donne son assentiment à une nouvelle organisation de l’Allemagne sans la participation de l’Empire d’Autriche. Sa Majesté promet également de reconnaître l’union fédérale plus étroite qui sera fondée par S. M. le Roi de Prusse au nord de la ligne du Main, et déclare consentir à ce que les États Allemands situés au sud de cette ligne contractent une union dont les liens nationaux avec la Confédération du nord de l’Allemagne feront l’objet d’une entente ultérieure entre les deux parties, et qui aura une existence internationale indépendante.
Article 5.
S.M. l’Empereur d’Autriche transfère à S. M. le Roi de Prusse tous les droits que la paix de Vienne du 30 octobre 1864 lui avait reconnus sur les duchés de Schleswig et de Holstein, avec cette réserve que les populations des districts du nord du Schleswig seront de nouveau réunies au Danemark si elles en expriment le désir par un vote librement émis
Article 6.
Conformément au désir exprimé par S. M. l’Empereur d’Autriche, S. M le Roi de Prusse se déclare prêt à laisser subsister, lors des modifications qui doivent avoir lieu en Allemagne, l’état territorial du royaume de Saxe dans son étendue actuelle, en se réservant par contre de régler en détail, par un traité spécial avec S. M. le roi de Saxe, les questions relatives à la part de la Saxe dans les frais de guerre, ainsi qu’à la position future du royaume de Saxe dans la Confédération du nord de l’Allemagne. En revanche, S. M. l’Empereur d’Autriche promet de reconnaître la nouvelle organisation que le Roi de Prusse établira dans le nord de l’Allemagne, y compris les modifications territoriales qui en seront la conséquence.
Article 7.
Afin de répartir les propriétés de la Confédération telle qu’elle a existé jusqu’ici, une commission se réunira à Francfort-sur-le-Main dans les six semaines au plus tard après la ratification du présent traité ; cette commission recevra communication de toutes les créances et prétentions sur la Confédération germanique, lesquelles devront être liquidées dans les six mois. La Prusse et l’Autriche se feront représenter dans cette commission ; tous les autres gouvernements qui ont fait partie jusqu’ici del a Confédération pourront en agir de même.
Article 8.
L’Autriche conserve le droit d’enlever les propriétés impériales des forteresses fédérales et la part matriculaire de l’Autriche de la propriété mobilière fédérale, ou d’en disposer autrement ; il en est de même de toutes les propriétés mobilières de la Confédération.
Article 9.
Aux fonctionnaires, serviteurs et pensionnés de la Confédération, autant qu’ils sont portés sur le budget fédéral, les pensions qui leur reviennent ou qui leur sont déjà accordées restent garanties, en proportion de la matricule ; toutefois le gouvernement royal prussien prend à sa charge les pensions et subventions des officiers de la ci-devant armée du Schleswig-Holstein et de leurs héritiers, lesquelles étaient payées jusqu’ici par la caisse matriculaire fédérale.
Article 10.
Les pensions accordées par le gouvernement impérial autrichien dans le Holstein restent acquises aux personnes intéressées. La somme de 449,500 thalers, monnaie du Danemark en obligations d’État du Danemark à 4 pour 100, qui se trouve encore en possession du gouvernement impérial autrichien, somme appartenant au trésor holsteinois, sera restituée à celui-ci immédiatement après la ratification du présent traité.
Nul habitant des duchés du Holstein et du Schleswig et nul sujet de LL. MM. le Roi de Prusse et l’Empereur d’Autriche ne sera poursuivi, inquiété ou atteint dans sa personne ou dans sa propriété du chef de sa conduite politique pendant les derniers événements et durant la guerre.
Article 11.
S. M. l’Empereur d’Autriche prend l’engagement de payer à S. M. le Roi de Prusse la somme de 40 millions de thalers de Prusse pour couvrir une partie des frais que la guerre a occasionnés à la Prusse. Mais il y a lieu de retrancher de cette somme le montant de l’indemnité des frais de guerre que S. M. l’Empereur d’Autriche a encore le droit d’exiger des duchés de Schleswig et de Holstein en vertu de l’article 12 du traité de paix du 30 octobre 1864 précité, soit 15 millions de thalers, plus 5 millions, comme montant des frais d’entretien de l’armée prussienne supportés par les pays de l’Autriche occupés par cette armée, jusqu’au moment de la conclusion de la paix, de manière qu’il ne reste plus à payer comptant que 20 millions de thalers de Prusse. La moitié de cette somme sera versée en espèces à l’échange des ratifications du présent traité, et la seconde moitié, également en espèces, trois semaines plus tard à Oppeln.
Article 12.
L’évacuation des territoires autrichiens occupés par les troupes royales prussiennes sera terminée dans les trois semaines qui suivront l’échange des ratifications. A dater du jour de l’échange des ratifications, les gouverneurs généraux prussiens restreindront leurs fonctions aux attributions purement militaires. Les dispositions spéciales d’après lesquelles cette évacuation aura lieu seront arrêtées dans un protocole séparé, qui formera une annexe au présent traité.
Article 13.
Tous les traités et conventions conclus entre les hautes parties contractantes avant la guerre sont de nouveau remis en vigueur par le présent traité, autant que par leur nature ils ne doivent cesser d’exister en suite de la dissolution de la Confédération germanique. La convention générale d’extradition conclue le 10 février 1831 entre les États confédérés allemands, ainsi que les dispositions additionnelles qui s’y rattachent, conserveront spécialement leur vigueur entre la Prusse et l’Autriche.
Toutefois, le gouvernement impérial autrichien déclare que la convention monétaire conclue le 24 janvier 1837 perd, par la dissolution de la Confédération germanique, la partie la plus essentielle de sa valeur pour l’Autriche, et le gouvernement royal prussien se déclare prêt à entrer en négociations sur la suppression de cette convention avec l’Autriche et les autres signataires. De même les hauts contractants se réservent d’ouvrir aussitôt que possible des négociations concernant la révision du traité de commerce et de douanes du 11 avril 1865, dans le sens d’une plus grande facilité à introduire dans les relations entre les deux pays.
Provisoirement le traité précité entrera en vigueur, avec la réserve que chacun des hauts contractants aura la faculté de le retirer après en avoir fait la déclaration six mois à l’avance.
23 août 1912 : naissance d’Alphée Maziéras, compagnon de la Libération.
Alphée Maziéras naît le 23 août 1912 à Évaux-les-Bains, dans la Creuse, d’un père receveur des contributions directes. Au gré des affectations de son père, Alphée effectue sa scolarité élémentaire à Évaux-les-Bains et à La Souterraine dans la Creuse puis à La Coquille en Dordogne. Il étudie ensuite au lycée de Périgueux où son père a été muté puis part à Bordeaux pour y effectuer une classe préparatoire aux grandes écoles. En 1933, il entre à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr dans la promotion Albert 1er. En 1935, il termine sa formation à Saint-Cyr et est affecté sur la ligne Maginot pendant un an avant d’être muté au Cameroun en décembre 1936. En Afrique, entre autres fonctions, il est commandant de la subdivision de Guider en pays Kirdi.
Toujours en Afrique au début de la Seconde Guerre mondiale, Alphée Maziéras, alors lieutenant, fait partie d’un détachement destiné à partir en renfort en métropole. Cependant, la signature de l’armistice du 22 juin 1940 empêche le départ et le consigne à Douala. Désireux de poursuivre la lutte contre l’Allemagne, il décide de se rallier au général de Gaulle et fait partie des hommes qui accueillent le colonel Leclerc à Douala en août 1940. Après avoir contribué activement au ralliement du Cameroun à la France libre, il participe à la campagne du Gabon à l’issue de laquelle il reçoit une citation à l’ordre des forces françaises libres pour avoir fait de nombreux prisonniers.
Alphée Maziéras prend ensuite part à la guerre du désert en Libye à partir de février 1942. Commandant un peloton lors de la campagne du Fezzan, il reçoit une citation à l’ordre de l’armée après avoir sauvé un camarade blessé en le récupérant à peine 200 mètres devant trois mitrailleuses ennemies. Peu de temps après, alors qu’il se trouve à Faya-Largeau, au Tchad, il est grièvement blessé dans un accident de moto et doit être hospitalisé pendant plusieurs mois en Afrique du Sud. Une fois rétabli, il est affecté à l’état-major de Rabat puis est muté à la 2e division blindée au sein de laquelle il intègre le régiment de marche du Tchad (RMT). Il rejoint son nouveau régiment en octobre 1944 à Rambervillers, dans les Vosges, et prend le commandement de la 11e compagnie.
En pleine bataille des Vosges, le RMT installe son poste de commandement au hameau des carrières à Badonviller, devant le village de Bréménil. Le 18 novembre 1944, alors que Maziéras et son supérieur sont en réunion, un tir d’artillerie allemande dévaste le PC, tuant les deux hommes. Alphée Maziéras est inhumé à la nécropole nationale de Colmar.
• Chevalier de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 23 mai 1942
• Croix de Guerre 39/45 (2 citations)
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Médaille Coloniale avec agrafe « Fezzan 1942 »
23 août 1913 : naissance d’André Mounier, compagnon de la Libération.
André Mounier naît le 23 août 1913 à Oued Seguin, dans le département de Constantine en Algérie française. Il passe toute son enfance en Algérie où il est scout puis fait des études de droit à Alger. Tout en obtenant sa licence de droit, il effectue une préparation militaire supérieure à l’issue de laquelle il obtient le grade de sous-lieutenant. Il effectue son service militaire à partir de 1934, d’abord à l’école de cavalerie de Saumur puis au 3e régiment de chasseurs d’Afrique à Constantine. Promu lieutenant, ses supérieurs tentent de le convaincre de s’engager mais il préfère être libéré pour devenir avocat à la cour de Tunis.
Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé au 1er régiment étranger de cavalerie à Sousse et envoyé sur la ligne Mareth. Il s’y trouve toujours lorsqu’est signé l’armistice du 22 juin 1940. Démobilisé en septembre 1940 et refusant la défaite, il crée un réseau de renseignement portant son nom et destiné à surveiller les convois maritimes allemands et italiens descendant le long des côtes de Tunisie. Ayant acquis un petit navire de pêche, il réussit à se rendre à Malte où il établit la liaison avec les troupes britanniques et fournit ses renseignements à l’Intelligence Service. Renvoyé en Tunisie par sous-marin, il met en place trois postes émetteurs permettant des liaisons directes avec les Britanniques pour leur fournir de nombreuses informations sur le trafic maritime ennemi. Ces précieux renseignements permettent à la Royal Navy et à la Royal Air Force de causer d’importants dommages aux marines ennemies.
En parallèle de son cabinet d’avocat, André Mounier crée une société de pêche qui lui sert de couverture pour les nombreux déplacements en mer qu’il effectue dans le cadre de l’activité de son réseau. Ainsi, chaque mois, lui et ses hommes déguisés en pêcheurs rencontrent au large des côtes tunisiennes un sous-marin britannique qui leur fournit matériel et documents. Mounier diversifie ensuite l’action de son réseau en se lançant dans le sabotage. Le sous-marin allié lui fournit désormais des explosifs avec lesquels il détruit de nombreux navires italiens ainsi que des véhicules des troupes vichystes en route vers la Libye. En mars 1941, le réseau est renforcé par l’arrivée de François Vallée et de Henri Gaillot, futurs agents du Special Operations Executive. Les 7 et 9 juin, les trois hommes détruisent les cargos italiens Sirio et Achille mais le 23 juin, en tentant de couler le pétrolier Proserpina, François Vallée est arrêté. Henri Gaillot est également fait prisonnier quelques jours plus tard et André Mounier est contraint de s’échapper vers Malte le 26 juin.
Engagé le 19 août 1941 dans les forces françaises libres, il est pressenti pour retourner en Afrique y effectuer des opérations spéciales. Le 21 septembre 1941, il embarque à bord d’un Heinkel He 115 en direction des côtes tunisiennes. Mais peu de temps après le décollage, l’hydravion s’abîme en mer et aucun des quatre occupants de l’appareil ne survit.
• Chevalier de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 12 mai 1943
• Croix de Guerre 39/45 avec palme
23 août 1914 : la position fortifiée de Namur est évacuée.
Deuxième verrou de la Meuse après Liège, Namur est défendue par 9 forts bétonnés construits par Brialmont dans les années 1880 et par la 4e division d’armée belge, soit environ 37 000 hommes. La IIe armée allemande de von Bülow ouvre le feu le 21 août avec le parc de siège qui a eu raison de Liège : mortiers autrichiens Škoda de 305 mm et obusiers allemands de 420 mm, dont les projectiles traversent des voûtes conçues pour résister à des calibres bien inférieurs.
Les forts sont réduits l’un après l’autre en 3 jours, les intervalles entre ouvrages n’ayant pas été fortifiés faute de temps. Le 23 août, la ville est occupée et la 4e division reçoit l’ordre de décrocher vers le sud-ouest pour ne pas être encerclée ; elle rejoindra Le Havre par la France après une retraite de plusieurs semaines. Les derniers forts capitulent le 25 août. Trois bataillons français du 45e régiment d’infanterie, envoyés en renfort, sont pris dans la retraite.
La chute rapide de Namur, comme celle de Liège, confirme l’obsolescence des fortifications permanentes de la fin du XIXe siècle face à l’artillerie lourde moderne. Elle libère l’aile droite allemande pour la poursuite vers la France, au moment même où se livrent Charleroi et Mons.
23 août 1914 : bataille de Mons.
Débarqué en France à partir du 14 août, le corps expéditionnaire britannique du maréchal French compte deux corps d’armée et une division de cavalerie, soit environ 80 000 hommes, tous engagés volontaires et servants entraînés au tir rapide. C’est le premier engagement de l’armée britannique en Europe occidentale depuis Waterloo. Il prend position à la gauche de la 5e armée française de Lanrezac, le long du canal Mons-Condé, dont le tracé forme au nord de Mons un saillant peu défendable, dans un paysage industriel de terrils et de corons.
Face à lui, la Ire armée allemande de von Kluck, forte d’environ 160 000 hommes, cherche l’aile ouest du dispositif allié. Elle ignore la présence britannique et engage ses corps de tête sans reconnaissance sérieuse.
Le 23 août à l’aube, le bombardement allemand ouvre la journée. À 09 h 00, quatre bataillons attaquent le pont de Nimy, défendu par une compagnie du 4e bataillon de Royal Fusiliers et une section de mitrailleuses aux ordres du lieutenant Maurice Dease. Progressant en formations serrées à découvert, les assaillants subissent des pertes sévères. Les attaques suivantes, mieux articulées, pèsent davantage. Dease sert lui-même sa pièce après la mise hors de combat de ses hommes et succombe à sa cinquième blessure. Au pont de Ghlin, le soldat Sydney Godley tient jusqu’au décrochage, puis démonte son arme et en jette les pièces au canal avant de se rendre. Tous deux recevront les premières Victoria Cross de la guerre.
À la droite du saillant, le 4e Middlesex et les Gordon Highlanders, très inférieurs en nombre, tiennent avec l’appui du Royal Irish Regiment et de l’artillerie divisionnaire. À l’ouest, le Royal West Kent et les King’s Own Scottish Borderers interdisent toute la journée le franchissement du canal.
Dans l’après-midi, la position devient intenable : le IXe corps allemand a passé le canal à l’est, un pont flottant est jeté à Nimy, et surtout la 5e armée française, battue à Charleroi, commence son repli, découvrant le flanc droit britannique. À 15 h 00, la 3e division se retire au sud de Mons, entraînant la 5e. Une nouvelle ligne est établie de Frameries à Boussu, puis abandonnée à son tour à deux heures du matin le 24. À l’extrême gauche, les brigades de la 5e division ne se dégagent qu’après quatre heures de combat, appuyées par la 2e brigade de cavalerie et deux batteries.
Les pertes britanniques s’établissent à environ 1 600 hommes, les allemandes à plusieurs milliers. Mons n’est pas une défaite tactique : la position a été tenue toute la journée et évacuée sur ordre, en raison de la situation générale. Mais elle ouvre une retraite de quinze jours et près de 300 kilomètres, marquée par le combat d’arrêt du Cateau le 26 août, jusqu’au retournement de la Marne, le 6 septembre.
Mons clôt la bataille des Frontières. Moltke y voit une victoire décisive et modifie une nouvelle fois son plan : il détourne des renforts vers la Lorraine, prélève deux corps pour le front de l’Est où les Russes ont attaqué plus tôt que prévu, et distrait d’autres unités pour le siège d’Anvers et celui de Maubeuge. Joffre, mieux renseigné sur la position des armées allemandes, ordonne au contraire une retraite ordonnée, crée la 6e armée de Maunoury et la 9e de Foch, et prépare la contre-offensive.

23 août 1914 : le Japon entre dans la Grande Guerre.
L’empire du soleil levant déclare la guerre à l’Allemagne avec comme intention d’occuper ses possessions asiatiques (port de Tsingtao, îles Marianne).
23 août 1914 : bataille de Charleroi (Belgique).
Engagée le 21 août sur la Sambre, la bataille oppose la 5e armée française du général Lanrezac à la IIe armée allemande de von Bülow, bientôt appuyée sur le flanc droit français par la IIIe armée de von Hausen qui force la Meuse à Dinant. Les corps français, engagés au fur et à mesure de leur arrivée et sans reconnaissance suffisante, attaquent en tenue voyante et en formations denses contre une infanterie retranchée et une artillerie lourde dont l’armée française ne dispose pas. Les pertes des 21 et 22 août sont considérables.
Le 23 août, menacé d’enveloppement par le nord et par l’est, informé que Namur est tombée et que les Britanniques décrochent à Mons, Lanrezac ordonne la retraite générale sans en référer au grand quartier général. La décision, prise contre l’esprit offensif alors dominant et qui vaudra plus tard son limogeage à son auteur, préserve l’armée d’un encerclement qui aurait pu être décisif. Elle contraint en revanche le corps expéditionnaire britannique, dont le flanc droit se trouve découvert, à se replier lui aussi.
Charleroi est la plus meurtrière des batailles des Frontières. Sur l’ensemble du mois d’août, l’armée française perd quelque 300 000 hommes, dont plus de 27 000 tués pour la seule journée du 22 août.
L’écrivain Pierre Drieu la Rochelle, engagé comme fantassin, est blessé à la tête par un éclat d’obus au cours de ces combats. Il en tirera La Comédie de Charleroi, recueil de six nouvelles publié en 1934, où il décrit la charge, la déroute et la retraite en récusant le récit héroïque comme le pacifisme de son époque.

L’énigme de Charleroi
Charleroi et la Marne (Joffre)
23 août 1915 : naissance de Pierre Dureau, compagnon de la Libération.
Pierre Dureau naît le à Neuilly-sur-Seine, alors dans le département de la Seine. Il ne connaît pas son père, publiciste, qui meurt pour la France un peu plus d’un mois après sa naissance, le 1er .
Titulaire d’une licence de droit, il est ensuite diplômé de l’école libre des sciences politiques. Il entre ensuite à Saint-Cyr d’ à pour suivre les cours d’élève officier de réserve.
À l’issue de sa formation, il fait son service militaire dans les chasseurs alpins.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est affecté au 6e bataillon de chasseurs alpins où il prend la tête d’une section au sein de la 1re compagnie du capitaine Lalande. Avec son unité, il est intégré au corps expéditionnaire français en Scandinavie au début de l’année 1940 et s’illustre lors de la campagne de Norvège. À l’issue de la campagne, le corps expéditionnaire débarque en Bretagne pour combattre lors de la bataille de France. Mais face à l’avancée de la Wehrmacht, il rembarque le pour se réfugier en Angleterre. Comme un certain nombre de ses camarades, Pierre Dureau décide alors de se rallier à la France libre et s’engage le 1er dans les forces françaises libres. Affecté comme instructeur au bataillon de chasseurs de Camberley, il est promu lieutenant en février 1941 puis est muté à l’état-major du général de Gaulle à Londres jusqu’en août. Désireux de réintégrer une unité combattante, il est muté au bataillon de marche n° 7 au sein duquel il sert en Syrie et au Liban jusqu’en .
Détaché en tant qu’aide de camp du général de Larminat jusqu’en , il est ensuite affecté à la 13e demi-brigade de légion étrangère avec laquelle il participe à la campagne de Tunisie puis à la campagne d’Italie. Il débarque en Provence en et prend part à la Libération de la France. Le , il s’illustre à Autun, le lendemain de la libération de la ville, en repoussant une importante contre-attaque ennemie. Engagé dans la bataille d’Alsace, il se distingue à nouveau le lors de combats à Elsenheim au cours desquels il brise une résistance ennemie pourtant fortement retranchée. Il termine la guerre sur le front des Alpes-Maritimes avec le grade de capitaine. Il est fait Compagnon de la Libération par décret du 28 mai 1945.
Après le conflit, il travaille dans les domaines de l’industrie du bois et de la construction, au sein d’entreprises dont il devient successivement chef de service commercial, directeur commercial et directeur général. Retiré dans le Var à sa retraite, Pierre Dureau meurt le à La Cadière-d’Azur où il est inhumé.
23 août 1921 : Fayçal est couronné roi d’Irak.
Chassé de Damas par les troupes françaises du général Gouraud après la bataille de Maysaloun, en juillet 1920, l’émir Fayçal, fils du chérif Hussein de La Mecque et ancien chef de la révolte arabe aux côtés de T. E. Lawrence, se voit offrir par Londres le trône du nouvel État irakien. La décision est prise lors de la conférence du Caire de mars 1921, réunie par Winston Churchill, alors secrétaire d’État aux Colonies.
Le contexte est budgétaire autant que politique. La révolte irakienne de 1920 a coûté à la Grande-Bretagne plusieurs centaines de morts et une somme considérable ; le maintien d’une administration directe est jugé insoutenable. La solution retenue associe un souverain hachémite, un traité d’alliance qui préserve le contrôle britannique et une occupation militaire réduite reposant sur la Royal Air Force, chargée de la police du territoire depuis les airs. Ce dispositif, connu sous le nom d’air control, sera appliqué pendant plus d’une décennie contre les tribus insoumises du sud et du nord.
Un plébiscite organisé à la hâte crédite Fayçal de 96 % des suffrages. Il est couronné à Bagdad le 23 août 1921, sur un trône improvisé, devant les autorités britanniques et les notables irakiens, aux accents du God Save the King, l’hymne irakien n’existant pas encore. Le mandat britannique ne prendra fin qu’en 1932. La monarchie hachémite d’Irak sera renversée par le coup d’État militaire du 14 juillet 1958.

23 août 1939 : pacte germano-soviétique (Moscou).
Il est également connu sous les dénominations de pacte Ribbentrop-Molotov (surtout en Occident), pacte Hitler-Staline (surtout dans les pays concernés) et Pacte de non-agression de 1939 (dans les sources soviétiques et apparentées).
Il fait suite aux accords de Munich de 1938 entre Hitler et les pays occidentaux, menant au démantèlement de la Tchécoslovaquie, et à l’échec des négociations soviéto-occidentales en vue d’une éventuelle alliance contre l’Allemagne nazie. Outre un engagement de neutralité en cas de conflit entre l’une des deux parties et les puissances occidentales, le Pacte germano-soviétique comportait un protocole secret, qui délimitait entre les deux pays des sphères d’influence, et dont la mise en œuvre se traduira par l’invasion, l’occupation et l’annexion de certains Etats ou territoires (Pologne, Finlande, pays baltes, Bessarabie). Signé pendant l’offensive soviétique contre les Japonais en Mongolie, le pacte dégrade notablement la relation entre l’Allemagne et le Japon et met un terme aux plans antisoviétiques japonais.
Le pacte est brisé le , par la décision de Hitler d’attaquer l’URSS en déclenchant l’opération Barbarossa, laquelle entraîne une alliance soviétique immédiate avec l’Angleterre.

Les négociations militaires franco-britanniques avec Moscou, ouvertes en août, ont échoué sur la question du passage des troupes soviétiques en Pologne et sur la lenteur des délégations occidentales. Berlin, qui prépare l’attaque de la Pologne pour la fin du mois, a mené en parallèle des pourparlers économiques puis politiques rapides. Un accord commercial est signé le 19 août ; Staline accepte le 21 la venue immédiate de Joachim von Ribbentrop.
Le ministre allemand des Affaires étrangères arrive à Moscou le 23 août à midi et est reçu au Kremlin le jour même. Deux séances suffisent. Le traité de non-agression, signé avec Viatcheslav Molotov en présence de Staline dans la nuit du 23 au 24, aux alentours de deux heures du matin, est daté du 23 août. Il engage les deux parties à ne pas s’attaquer et à ne pas soutenir un tiers en cas de conflit avec l’une d’elles, pour une durée de dix ans.
Un protocole additionnel secret, dont Moscou niera l’existence jusqu’en 1989, délimite les sphères d’influence en Europe orientale. La Pologne est partagée le long des rivières Narew, Vistule et San ; la Finlande, l’Estonie et la Lettonie reviennent à l’Union soviétique, la Lituanie à l’Allemagne Un avenant du 28 septembre inversera cette dernière attribution contre un supplément de territoire polonais ; l’intérêt soviétique pour la Bessarabie est reconnu.
Les conséquences sont immédiates : L’Allemagne attaque la Pologne le 1er septembre, l’Armée rouge y pénètre le 17. Suivent la guerre soviéto-finlandaise de l’hiver 1939-1940, l’annexion des États baltes et de la Bessarabie à l’été 1940. Le pacte, signé au moment où les troupes soviétiques écrasaient les Japonais à Khalkhin Gol, prend à contre-pied Tokyo, lié à Berlin par le pacte antikomintern : le cabinet japonais démissionne et l’expansion japonaise se réorientera vers le Pacifique. En France et dans le monde, le renversement d’alliance désoriente durablement les partis communistes.
L’accord est rompu par l’attaque allemande du 22 juin 1941, qui entraîne aussitôt le rapprochement de Moscou avec Londres. Depuis 2009, à la suite d’une résolution du Parlement européen, le 23 août est la Journée européenne du souvenir des victimes des régimes totalitaires, en référence directe à cette signature.

23 août 1942 : la 6e armée atteint la Volga et Stalingrad est bombardée.
Parti à l’aube de la tête de pont du Don, le XIVe corps blindé du général von Wietersheim perce le dispositif soviétique sur un corridor étroit. En fin d’après-midi, les avant-gardes de la 16e Panzerdivision du général Hube atteignent la Volga à Rynok et Latochinka, au nord de Stalingrad. Les artilleurs allemands prennent sous leur feu les convois fluviaux. La ville est coupée du nord et le 62e armée soviétique se trouve séparée de son voisin.
Le même jour, la Luftflotte 4 du général von Richthofen exécute contre Stalingrad la plus forte concentration aérienne du front de l’Est depuis le début de la campagne : environ 1 600 sorties et un millier de tonnes de bombes, explosives et incendiaires, sur une agglomération dont la population n’a pas été évacuée. Les réservoirs de pétrole prennent feu, les quartiers de bois du centre et du sud brûlent, les réseaux d’eau sont détruits. Le bilan civil n’est pas établi ; les évaluations vont de plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers de morts pour les seules journées des 23 et 24 août.
La défense antiaérienne du secteur, en partie servie par des batteries de jeunes femmes du 1077e régiment, abaisse ses pièces pour tirer contre les blindés et est détruite sur place. Les ouvriers des usines de tracteurs et de « Barricades » sont armés et engagés en unités de milice. La bataille urbaine, qui durera jusqu’au 2 février 1943, commence ce jour-là.
23 août 1943 : les Soviétiques reprennent Kharkov.
L’offensive Roumiantsev, déclenchée le 3 août par les fronts de Voronej et des Steppes après l’échec allemand devant Koursk, aboutit trois semaines plus tard à la reprise de Kharkov. La deuxième ville d’Ukraine a changé de mains quatre fois depuis octobre 1941 ; sa reconquête en février 1943 avait été annulée par la contre-offensive de Manstein en mars.
Cette fois, le commandement allemand renonce à la défendre à outrance. Le détachement d’armée Kempf, réduit et menacé d’enveloppement par l’ouest, évacue la ville dans la nuit du 22 au 23 août après avoir livré des combats retardateurs coûteux au sud, autour de Bogodoukhov et d’Akhtyrka, où les contre-attaques blindées allemandes avaient un moment stoppé la progression soviétique. Les troupes du général Konev entrent dans une agglomération en grande partie détruite et vidée de sa population.
L’historiographie russe retient le 23 août 1943 comme date de fin de la bataille de Koursk, prise dans son ensemble défensif et offensif ; la journée figure parmi les « jours de gloire militaire » institués par la loi de 1995. Sur le plan opératif, la reprise de Kharkov ouvre la route du Dniepr, que la Wehrmacht atteindra en retraite en septembre, et marque le passage définitif de l’initiative stratégique à l’Armée rouge sur le front de l’Est.
23 août 1944 : mort au combat d’Albert Piault (La Garde, Var), compagnon de la Libération.
Fils de cultivateur, Albert Piault est né le 11 avril 1914 à Essert dans l’Yonne.
Agriculteur, il effectue son service militaire au 4e Régiment de zouaves en Tunisie d’octobre 1934 à octobre 1935.
Rendu à la vie civile, il s’installe à Abidjan en Côte d’Ivoire et, le 2 septembre 1939, il est mobilisé sur place comme sergent de réserve.
Refusant énergiquement l’armistice de juin 1940, il quitte la Côte d’Ivoire dès le 8 juillet pour passer en Gold Coast britannique et s’engager dans les Forces françaises libres.
Dirigé sur le Cameroun au lendemain du ralliement du territoire à la France libre, il est affecté au 3e Bataillon du 1er Régiment de tirailleurs du Cameroun (1er RTC) et combat au Gabon en novembre 1940.
En décembre 1940, son unité devient le Bataillon de marche n° 4 (BM 4) avec lequel il rejoint la Palestine au terme d’un long périple, via le Soudan et l’Egypte, pour prendre part à la campagne de Syrie en juin 1941.
Albert Piault stationne ensuite en Ethiopie avec le BM 4 de juillet 1941 à avril 1942 puis au Liban avant de rejoindre, en janvier 1943, les rangs de la 2e Brigade française libre (2e BFL) avec laquelle il est engagé dans les derniers combats de la campagne de Libye.
Sous-officier observateur, Albert Piault participe, à partir du mois d’avril 1943 aux opérations de Tunisie où il se distingue notamment au cours des attaques des 11 et 12 mai 1943 en assurant avec précision la surveillance de son observatoire malgré les bombardements violents de l’ennemi.
Il est promu adjudant en juillet 1943 puis aspirant le 1er janvier 1944.
Le 20 avril 1944, il débarque avec son unité en Italie. Officier observateur du Bataillon, il forme une équipe de grande qualité qui assure un service permanent et extrêmement efficace. Il permet ainsi, le 13 juin 1944, de stopper une contre-attaque ennemie.
Le 17 août 1944, il débarque en Provence et prend part aux terribles combats devant Toulon. C’est à l’attaque du Thouar dans le Var qu’il trouve la mort à son poste d’observation, atteint par un éclat d’obus, le 23 août 1944.
Albert Piault est inhumé à Lucy sur Cure dans l’Yonne.
• Chevalier de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 20 novembre 1944
• Croix de Guerre 39/45 (2 citations)
• Médaille Coloniale avec agrafes « Somalie »

23 août 1944 : coup d’État de Bucarest et retournement de la Roumanie.
Cinq jours après le déclenchement de l’offensive soviétique Jassy-Kichinev, qui a disloqué le front germano-roumain de Moldavie, le roi Michel Ier convoque au palais le maréchal Ion Antonescu, chef de l’État et allié de l’Allemagne depuis 1940. Le souverain lui demande de conclure immédiatement un armistice. Devant son refus, il le fait arrêter par la garde du palais, avec son ministre des Affaires étrangères, et les fait enfermer dans un coffre-fort aménagé du bâtiment.
Le soir même, à la radio, le roi annonce la fin des combats contre les Alliés, la rupture avec l’Axe et l’acceptation des conditions alliées. Un gouvernement dirigé par le général Sănătescu, associant militaires et représentants des quatre partis d’opposition, dont les communistes, est constitué. La Luftwaffe bombarde Bucarest le lendemain ; les unités roumaines engagent le combat contre les troupes allemandes stationnées dans le pays.
Les conséquences sont immédiates et lourdes. La 6e armée allemande, reconstituée après Stalingrad, est encerclée et détruite en Bessarabie ; les Allemands perdent en quelques jours une vingtaine de divisions. Surtout, ils perdent les champs pétrolifères et les raffineries de Ploiesti, principale source de carburant naturel du Reich, ainsi que le verrou des Carpates méridionales. La route de la Hongrie, de la Bulgarie et de la Yougoslavie est ouverte. L’armée roumaine, forte de plus de 500 000 hommes, combattra jusqu’en mai 1945 aux côtés des Soviétiques, avec des pertes d’environ 170 000 hommes. L’armistice, signé à Moscou le 12 septembre, place le pays sous contrôle soviétique ; le roi Michel sera contraint d’abdiquer en décembre 1947.
23 août 1944 : la 2e division blindée fait mouvement vers Paris.
L’insurrection parisienne a commencé le 19 août. Le commandement allié, qui prévoyait de contourner la capitale pour ne pas avoir à la ravitailler, se rallie à l’argumentation du général Leclerc et à celle des émissaires de la Résistance, notamment du commandant Gallois et du consul suédois Nordling. Le 22 août au soir, à Laval, Bradley donne son accord ; la 2e division blindée reçoit l’ordre de marcher sur Paris.
La division s’ébranle dans la nuit et au petit matin du 23 août depuis la région d’Argentan, sur deux itinéraires, par Sées et Alençon puis Rambouillet. Elle doit parcourir environ 200 kilomètres sur des routes encombrées, sous une pluie continue, avec des colonnes de ravitaillement étirées. La 4e division d’infanterie américaine du général Barton suit sur son flanc droit.
Le même jour, à son quartier général de Rastenburg, Hitler adresse au commandement de l’Ouest des instructions prescrivant que Paris ne tombe pas aux mains de l’ennemi ou n’y tombe qu’à l’état de champ de ruines, et que les ponts de la Seine soient détruits. Le général von Choltitz, gouverneur militaire, dispose alors d’environ 20 000 hommes et d’une centaine de blindés, mais d’une artillerie et de moyens de destruction limités. Il ne fera pas exécuter ces ordres. La colonne Dronne entrera dans Paris le 24 août au soir ; la reddition de Choltitz sera signée le 25.
23 août 1954 : premier vol du C-130 Hercules.
Le prototype YC-130 numéro 53-3397 décolle du terrain de Lockheed à Burbank, en Californie, à destination de la base d’Edwards. Aux commandes, les pilotes d’essai Stanley Beltz et Roy Wimmer, accompagnés des mécaniciens navigants Jack Real et Dick Stanton ; Kelly Johnson suit l’appareil à bord d’un P2V Neptune. Le vol dure une heure et une minute. L’avion s’arrache du sol après 260 m de roulement, performance inhabituelle pour un appareil de cette masse.
Le programme répond à une spécification émise par le Tactical Air Command au début de 1951, la guerre de Corée ayant révélé l’absence, dans l’inventaire américain, d’un transport tactique capable d’emporter une charge utile importante sur des terrains sommaires. Lockheed remporte le marché en juillet 1951 face à Boeing, Douglas et Fairchild. Le cahier des charges impose une soute à plancher bas, une rampe arrière et des turbopropulseurs, alors nouveaux dans cette catégorie.
Le premier C-130A de série vole en avril 1955 et la production est transférée à Marietta, en Géorgie. Livré à partir de décembre 1956, l’appareil a été décliné en plus de 70 versions : ravitailleur, canonnière AC-130, guerre électronique, recherche et sauvetage, reconnaissance météorologique, lutte contre les incendies, transport polaire sur skis. Plus de 2 500 exemplaires ont été construits et une soixantaine de pays l’utilisent. La chaîne, aujourd’hui consacrée au C-130J, est la plus ancienne ligne de production militaire encore ouverte dans le monde. L’armée de l’Air française met en œuvre des C-130H depuis 1987 et des C-130J depuis 2017.

23 août 1958 : ouverture de la deuxième crise du détroit de Taïwan.
À 18 h 30, l’artillerie de l’Armée populaire de libération ouvre le feu sur l’archipel de Kinmen, appelé Quemoy en Occident, situé à quelques kilomètres des côtes du Fujian mais tenu par les nationalistes de Tchang Kaï-chek. Environ 40 000 obus sont tirés en moins de deux heures ; le bombardement se poursuivra pendant quarante-quatre jours, avec un total supérieur à 400 000 coups, avant de se transformer en tirs alternés un jour sur deux qui dureront jusqu’en 1979.
L’objectif de Mao Zedong est moins la conquête des îles que l’évaluation de la solidité de l’engagement américain, au moment où Washington et Moscou amorcent un rapprochement. Les États-Unis répondent par le déploiement de la VIIe flotte, l’escorte des convois de ravitaillement jusqu’aux eaux territoriales de Kinmen et la fourniture de canons de 203 mm à capacité nucléaire. Des documents déclassifiés ont montré depuis que l’emploi de l’arme atomique contre les bases du continent avait été envisagé par le commandement américain.
Le 22 septembre, au cours d’un engagement aérien au-dessus du détroit, des F-86 Sabre taïwanais utilisent pour la première fois au combat des missiles air-air AIM-9 Sidewinder contre des MiG-17. Un exemplaire non explosé récupéré par les Chinois sera transmis à l’Union soviétique et servira de base au missile K-13. Le cessez-le-feu du 6 octobre laisse les îles aux mains de Taipei. La crise contribue à la dégradation des relations sino-soviétiques, Moscou ayant refusé de s’associer à une opération dont il n’avait pas été prévenu.
23 août 1989 : la Voie balte.
50 ans jour pour jour après la signature du pacte germano-soviétique, environ deux millions d’Estoniens, de Lettons et de Lituaniens forment une chaîne humaine continue de près de 600 kilomètres reliant Tallinn à Vilnius en passant par Riga. L’action, organisée par les mouvements de Front populaire des trois républiques, est coordonnée par la radio et par des convois de bus acheminant les participants vers les tronçons ruraux.
Le mot d’ordre porte sur la reconnaissance publique du protocole secret du pacte de 1939, dont Moscou a toujours nié l’existence, et sur la nullité de l’annexion de 1940 qui en a découlé. La manifestation reste pacifique et ne donne lieu à aucune intervention. Le Kremlin réagit le 26 août par un communiqué du comité central dénonçant l’« hystérie nationaliste » des organisateurs, mais une commission du Congrès des députés du peuple, présidée par Alexandre Iakovlev, reconnaîtra en décembre 1989 l’existence et l’illégalité des protocoles secrets.
La Lituanie proclamera son indépendance le 11 mars 1990, l’Estonie et la Lettonie en 1991, après l’échec du putsch de Moscou. Les trois États adhéreront à l’OTAN et à l’Union européenne en 2004. Les documents de la Voie balte ont été inscrits en 2009 au registre Mémoire du monde de l’UNESCO. Le 23 août est depuis 2009 la Journée européenne du souvenir des victimes des régimes totalitaires.
23 août 1991 : Boris Eltsine suspend le Parti communiste en Russie.
Deux jours après l’échec du putsch conduit par le Comité d’état d’urgence, Mikhaïl Gorbatchev, revenu de Crimée où il était retenu, se présente devant le Soviet suprême de la République de Russie. La séance est retransmise à la télévision. Boris Eltsine, président de la république, l’interrompt et lui met sous les yeux le procès-verbal de la réunion du conseil des ministres de l’URSS du 19 août, qui montre que la quasi-totalité des ministres nommés par Gorbatchev ont soutenu les putschistes.
Devant les caméras, Eltsine signe un décret suspendant l’activité du Parti communiste de la République socialiste fédérative soviétique de Russie, au motif de son implication dans la tentative de coup d’État, et ordonne la mise sous scellés de ses biens. Gorbatchev proteste sans effet. Le lendemain, il démissionne de ses fonctions de secrétaire général du PCUS et appelle le comité central à s’autodissoudre. Un décret du 6 novembre 1991 interdira définitivement le parti sur le territoire russe.
La séquence marque le transfert du pouvoir réel des institutions de l’Union vers celles de la Russie. L’Ukraine proclame son indépendance le 24 août ; les autres républiques suivent. Les accords de Belovej du 8 décembre acteront la dissolution de l’URSS, effective le 25 décembre 1991.
23 août 1996 : Oussama ben Laden appelle à la guerre contre les Américains.
Un fax daté du 23 août 1996 et expédiée depuis l’Afghanistan est adressée à plusieurs journaux arabes, dont le quotidien londonien Al-Qods al-Arabi, qui la publie à la fin du mois. Intitulé « Déclaration de guerre contre les Américains occupant le pays des deux lieux saints », le texte d’une trentaine de pages est signé d’Oussama ben Laden, réfugié en Afghanistan depuis son expulsion du Soudan en mai précédent, sous protection des talibans.
L’argumentaire repose sur la présence de forces américaines en Arabie saoudite depuis l’opération Desert Shield de 1990, présentée comme une occupation des lieux saints de l’islam. Le texte dénonce également le blocus de l’Irak, le soutien américain à Israël et la légitimité religieuse de la dynastie saoudienne, et appelle à des opérations de harcèlement contre les forces américaines déployées dans la péninsule, en invoquant l’exemple du retrait américain de Somalie après l’affaire de Mogadiscio en 1993.
La déclaration ne retient guère l’attention à Washington, où ben Laden n’est pas encore identifié comme le pivot d’une organisation transnationale. La commission d’enquête sur les attentats du 11 septembre relèvera plus tard qu’aucun responsable américain n’avait alors compris son rôle. Une seconde fatwa, publiée le 23 février 1998 au nom d’un « Front islamique mondial contre les juifs et les croisés », élargira la cible aux civils américains sans distinction. Les attentats contre les ambassades de Nairobi et Dar es-Salaam suivront le 7 août 1998.
23 août 2010 : mort à 92 ans du pilote Marcel Albert, as des FAFL et ancien du Normandie-Niemen, compagnon de la Libération.
Marcel Albert est né à Paris le , alors que son père était mobilisé comme simple soldat et se trouvait au front. Louis Marcel Albert est gazé à l’ypérite, légèrement blessé et capturé par les Allemands. Il parvient à s’échapper du camp de prisonniers de guerre en traversant à la nage le Rhin glacé. Après la guerre, il devient propriétaire d’un garage automobile. Le jeune Marcel y passe tout son temps libre, chouchouté par les mécaniciens. Sa santé se dégradant, Louis Marcel Albert doit vendre son garage et achète une ferme à la campagne, à Paray-Vieille-Poste, au bord de l’aérodrome d’Orly. De là naît la passion du jeune Marcel pour l’aviation. À leur tour, les mécaniciens aéronautiques l’accueillent parmi eux. Durant toute sa vie, Marcel Albert sera plus à l’aise au milieu des ouvriers et des sous-officiers mécaniciens que parmi ses homologues, les officiers pilotes, et les gens du beau monde. Louis Marcel Albert finit par mourir de ses problèmes pulmonaires à l’été 1935. Le jeune Marcel, très affecté par cette perte, doit cesser ses études et trouver un travail pour faire vivre sa famille. Il entre le aux usines Renault à Boulogne-Billancourt comme ouvrier métallurgiste. Il est remarqué par Louis Renault. Il n’en poursuit pas moins ses études secondaires, grâce à une bourse de l’État (il est devenu pupille de la Nation en janvier 1936 après la mort de son père). En , le gouvernement du Front populaire arrive au pouvoir et créée les Sections d’Aviation Populaire (S.A.P) pour démocratiser ce loisir. Cela permet à Marcel de passer ses deux premiers brevets de pilote, en 1936 et 1937.
En 1938, il entre à l’école d’Istres et obtient son brevet de pilote militaire en . Nommé caporal le et caporal-chef en novembre, et sergent le , il est affecté en à la 1re escadre de chasse, mais lorsque la guerre éclate en , il est muté au Centre d’Instruction de la Chasse (C.I.C.) sur la future base Aérienne 122 Chartres-Champhol en tant qu’instructeur. Cette situation ne lui convient guère et il se débat pour revenir dans une unité combattante. Il obtient satisfaction en et il rejoint la 2e escadrille du groupe de chasse 1/3 à Cannes. Cette unité est en cours de transformation sur le meilleur chasseur français du moment : le Dewoitine D.520, le rêve de tous les pilotes de chasse français de l’époque. Avec ce groupe, Marcel Albert effectue une trentaine de missions de mai à , pendant la campagne de France. Il revendique ses deux premières victoires : une confirmée sur un Dornier 17, le , et une autre probable mais non homologuée, sur un Heinkel 111 le .
Son escadrille se replie en Afrique du nord, le , pour éviter la capture par les Allemands. L’amertume des pilotes français est grande et les nerfs ont été mis à rude épreuve par la présence incessante qu’ils ont dû assurer en première ligne. Les hommes comprennent mal pourquoi l’armée de l’Air est accusée d’une grande partie de la responsabilité de la défaite. lis ne savent pas pourquoi des centaines d’avions neufs sont restés au sol, dans des dépôts, alors que les unités opérationnelles manquaient cruellement de matériel. Pour Albert, une longue période d’inactivité commence.
Le , Albert décide de passer en « dissidence » avec deux autres camarades, les sergents Lefèvre et Durand, et de rejoindre la France libre. À 9 h 30, ce jour-là, les Dewoitine du 1/3 décollent de la base d’Oran la Sénia pour un exercice d’entraînement. Dix minutes plus tard, Durand signale que son moteur tourne trop vite et qu’il rentre au terrain. Il s’esquive et met le cap sur Gibraltar. Lefèvre l’imite quelques instants plus tard sans que personne s’en aperçoive. Albert, lui, abandonne son équipier, avec qui il remplissait la fonction de plastron, et rejoint les deux autres évadés. Les trois hommes atteignent Gibraltar. Mais Lefèvre se pose par erreur en territoire espagnol, et c’est sous le feu des soldats franquistes qu’il doit redécoller pour atterrir du côté britannique. Après cette équipée peu banale, Albert, Durand et Lefèvre embarquent pour l’Angleterre sur un aviso des Forces navales françaises libres, le Commandant Duboc.
Avant de subir un entraînement intensif dans un Operational Training Unit (O.T.U.), à Camberley, ils rencontrent le général de Gaulle. Au terme de ce séjour obligatoire dans une unité d’entraînement de la Royal Air Force, Albert est nommé sergent-chef, et rejoint en le groupe de chasse Île-de-France (Squadron 340), qui fait partie des Forces aériennes françaises libres et comprend un nombre à peu près égal de pilotes de l’Aéronavale et de l’armée de l’Air. Sur son Supermarine Spitfire, Albert effectue 48 missions de guerre au-dessus de la France. Le 1er , il apprend sa nomination au grade d’aspirant.
Le général de Gaulle a décidé d’envoyer un groupe de chasse français sur le front russe, et Albert se porte volontaire. Il part, mêlé à des pilotes français de diverses unités, pour Greenock, en Écosse. De là, il rejoint Lagos au Nigeria par bateau. C’est ensuite la traversée d’une partie du continent africain par la voie des airs, jusqu’au Caire. Enfin, le il parvient à Rayak, au Liban, où vient de se former le groupe de chasse Normandie, destiné à aller combattre au côté des Soviétiques. Albert rencontre les figures les plus marquantes de ce groupe : le commandant Tulasne, le capitaine Littolf…
Le départ pour l’Union soviétique a lieu le . Après un séjour à Téhéran, Albert arrive avec ses compagnons à Ivanovo, agglomération située à 250 kilomètres de Moscou. Les Français se familiarisent alors avec le matériel soviétique — en particulier avec le chasseur Yak-7 qu’il faut apprendre à faire voler par tous les temps, même quand il neige. Certes, ils « cassent du bois », mais les Russes se montrent tolérants. Albert est promu au grade de sous-lieutenant le . Le arrivent les premiers chasseurs Yak-1.
Le groupe « Normandie » arrive sur le front le , à Polotniani-Zavod. Ses missions consistent en des escortes de bombardiers. Le , Albert doit faire un atterrissage forcé, son Yak ayant des ennuis de moteur. Le , le « Normandie » est à Khationki, à quelques kilomètres des premières lignes. Peu après, Albert abat son premier avion allemand en Russie, victoire qui compte également comme la deuxième victoire du groupe Normandie. C’est le , au cours d’un vol de surveillance avec le capitaine Preziosi, près d’une petite station de chemin de fer portant le nom de Soukinovichi, qu’il remporte cette victoire. Apercevant un Focke-Wulf 189, avion de reconnaissance bipoutre, Albert en avertit Preziozi et les deux hommes jettent leurs Yak contre l’intrus. L’Allemand effectue un brusque retournement et frôle à les toucher les deux Français, mais il est déjà frappé à mort : la pointe de sa cabine centrale est disloquée, l’un de ses moteurs flambe et de nombreux impacts sont visibles. Les Français suivent quelque temps leur victime puis l’abandonnent. Le soir, les Russes annoncent que l’avion s’est écrasé près de Brousnamekovaïa.
Le , le « Normandie » reçoit ses premiers Yak-9, bien supérieurs aux Yak 1 utilisés jusque-là. Le , « Normandie » est mis en alerte pour participer à la bataille d’Orel. Cette grande bagarre va amener de nombreuses victoires, mais aussi des pertes très sévères. Le , Albert inscrit à son palmarès sa deuxième victoire en URSS. En patrouille avec Pouyade, Béguin, Preziosi et Tedesco, il rencontre trois Messerschmitt Bf 110. Il descend deux d’entre eux, mais le lieutenant Jean de Tedesco disparaît dans la mêlée. En cinq jours, Albert abat quatre avions allemands. Le , le commandant Tulasne est porté disparu. À la suite de la disparition du lieutenant Léon, le , Albert prend le commandement de la 1re escadrille et est nommé lieutenant. Le , « Normandie » compte 68 victoires homologuées, mais le groupe est exsangue : ses pilotes sont épuisés physiquement et nerveusement. Le groupe est retiré du front, le , et le prend ses quartiers d’hiver à Toula, où il est recomplété par des renforts, devenant un régiment à quatre escadrilles. Albert est l’un des derniers survivants des Français arrivés en 1942. Il en est alors à sa 15e victoire.
Le , le groupe Normandie revient en première ligne, à Doubrovska, et reprend sa place dans une division aérienne soviétique. Il prend part à la campagne d’été. En août, les Français reçoivent des Yak-3 qui imposent le respect aux Messerschmitt Bf 109 et Focke-Wulf Fw 190. Le débute la grande offensive soviétique en Prusse-Orientale, au cours de laquelle « Normandie » effectue 100 sorties en trois jours ! Albert remporte 6 nouvelles victoires. Mais les pertes sont lourdes et le il ne reste plus qu’un seul Yak disponible à la 3e escadrille.
Le , le groupe « Normandie » prend son nom définitif de « Normandie-Niemen ». Un mois plus tard, passé capitaine, Albert reçoit l’étoile d’or de « Héros de l’Union soviétique », la plus haute récompense de l’Union soviétique.
Le il part en permission pour la France avec quelques anciens du groupe. Quand il rentre, c’est pratiquement pour apprendre la fin de la guerre. Il retrouve Paris le , quand les 42 avions du régiment Normandie atterrissent sur la piste du Bourget, où ils reçoivent un accueil triomphal. Dès la fin des cérémonies, Marcel Albert est hospitalisé pour une fièvre typhoïde. Il restera un mois et demi hospitalisé et ne rejoindra son unité qu’en août.
En , Marcel Albert est affecté à l’inspection générale de l’armée de l’air, mais il demande à être muté au Centre d’essais en vol de Brétigny-sur-Orge (C.E.V.), où il arrive le 1er. À deux reprises, le puis le , il décolle d’Orange mais son avion prend feu. Il est persuadé qu’il s’agit d’un sabotage.
En , Albert est muté comme attaché militaire à l’ambassade de France de Prague en Tchécoslovaquie. Il est promu commandant « à titre temporaire ». Il y rencontre miss Freda Cantrell, une citoyenne américaine travaillant à l’ambassade des États-Unis. Détestant les mondanités et mal à l’aise en société, Albert ne parvient pas à s’adapter à son nouveau poste, et quitte l’armée de l’air en septembre 1948. Il épouse miss Cantrell à New York et s’installe aux États-Unis, où il crée une chaîne de cafeterias, puis une entreprise fabricant des gobelets en carton, qu’il lance dans la fabrication de gobelets en plastique, avec un certain succès. En 1966, il est élu « manager de l’année » pour les PME. À la fin des années 1970 il s’installe à Chipley, en Floride, avec son épouse Freda. Celle-ci meurt le . Âgé de 92 ans, Marcel Albert meurt le dans une maison de retraite, à Harlingen (Texas).
Décorations
- Grand-croix de la Légion d’honneur (le ).
- Compagnon de la Libération par décret du 11 avril 1944
- Croix de guerre 1939-1945 avec 15 palmes et 3 étoiles de vermeil
- Médaille de la Résistance française, avec rosette par décret du 31 mars 1947
- Héros de l’Union soviétique
- Ordre de Lénine
- Ordre du Drapeau rouge
- Ordre de la Guerre patriotique 1° Classe
- Croix de guerre 1939-1945 (Tchécoslovaquie)

23 août 2011 : les insurgés libyens s’emparent de Bab al-Aziziya.
5 jours après le déclenchement de l’offensive sur Tripoli, appuyée par les frappes de l’opération Unified Protector et par le débarquement de colonnes venues de Misrata et des monts Nefoussa, les insurgés libyens franchissent l’enceinte de Bab al-Aziziya. Le complexe de plusieurs dizaines d’hectares, situé au sud du centre-ville, abritait depuis 1969 la résidence et le quartier général de Mouammar Kadhafi, ainsi que des installations souterraines et des casernements de la garde prétorienne.
La position, tenue par des unités de la 32e brigade renforcée de volontaires, tombe en quelques heures après un assaut appuyé par des pick-up armés et par des frappes préalables de l’OTAN sur les postes de commandement. Les images des combattants escaladant le monument dit « du poing écrasant un avion américain », érigé après le raid aérien de 1986, font le tour du monde le jour même.
Kadhafi ne se trouvait pas dans le complexe. Il diffusera des messages audio dans les jours suivants, avant de gagner Syrte, sa ville natale, où il sera capturé et tué le 20 octobre. La prise de Bab al-Aziziya achève l’effondrement du régime dans la capitale, mais laisse un pays sans institutions et des dizaines de milliers d’hommes armés répartis entre des brigades régionales. La guerre civile reprendra en 2014.
23 août 2015 : destruction du temple de Baalshamin à Palmyre.
3 mois après la prise de Palmyre par l’organisation État islamique, un chargement d’explosifs placé dans le temple de Baalshamin est mis à feu. La cella est détruite et les colonnes qui l’entouraient s’effondrent. L’information est donnée le jour même par le directeur des antiquités et des musées de Syrie, Maamoun Abdulkarim, et confirmée par l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Les photographies de l’explosion seront diffusées par l’organisation deux jours plus tard.
Consacré à la divinité céleste ouest-sémitique Baalshamin, l’édifice avait été commencé au début du Ier siècle et agrandi sous Hadrien. C’était l’un des monuments les mieux conservés de la cité caravanière, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1980. Sa destruction intervient 5 jours après l’exécution de Khaled al-Assaad, 82 ans, qui avait dirigé le site pendant 40 ans et dont le corps avait été exposé sur une place de la ville moderne.
Le temple de Bel, sanctuaire principal de Palmyre, sera dynamité une semaine plus tard, puis les tours funéraires de la vallée des Tombeaux et l’arc monumental. La destruction du patrimoine antique répondait à la fois à une justification idéologique de lutte contre l’idolâtrie et à une logique de communication ; elle s’accompagnait d’un trafic organisé d’objets transportables. L’UNESCO a qualifié ces actes de crimes de guerre. Palmyre sera reprise une première fois en mars 2016, reperdue en décembre, puis définitivement reconquise en mars 2017.
23 août 2017 : mort à 98 ans de Jeanine de Clarens, résistante et espionne.
Jeannie de Clarens (née Rousseau) le 1er à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord) et morte le à Montaigu (Vendée), est une résistante déportée, membre du réseau Alliance.
Après la Première Guerre mondiale dans laquelle il a combattu, son père, Jean Rousseau, a été haut fonctionnaire (diplomate) au ministère des Affaires étrangères pour lequel il a effectué de nombreux voyages au Proche-Orient. Ce qui explique probablement que sa fille parle plusieurs langues dont couramment l’allemand.
Jeannie de Clarens obtient le baccalauréat à l’issue de brillantes études secondaires. Reçue à l’Institut d’études politiques de Paris, elle s’inscrit au sein de la section Finances privées. Elle en sort major de promotion, avec mention Très bien et premier prix, en 1939.
En , après la débâcle, Paris se vide. Son père quitte la capitale occupée. Il emmène son épouse et sa fille unique à Dinard. Le maire de la ville, ami de ses parents, la sollicite pour un travail d’interprète afin de faciliter les négociations entre les services locaux et les autorités allemandes. Walther von Reichenau, commandant de la 6e armée y a installé son Quartier général.
Dès cette époque, elle communique toutes les informations qui peuvent être utiles pour connaître les projets et les préparatifs de l’occupant.
En 1941, soupçonnée, elle est arrêtée par la Gestapo et emprisonnée à la prison de Rennes. Elle est relâchée par manque de preuves et contrainte de quitter la région. De retour à Paris fin 1941, Jeannie devient secrétaire dans un bureau de relations publiques, chargée de faire le lien entre l’occupant et les industriels français. La même année, elle est recrutée par Georges Lamarque, alias « Pétrel », au sein du sous-réseau « Les Druides » qu’il dirige, et qui est rattaché au réseau de renseignement Alliance. Son nom de code dans le réseau est Amniarix.
Elle réalise en 1943 l’un des plus grands exploits du réseau « Alliance ». Engagée dans un organisme professionnel d’entente entre le patronat français et les services allemands à la recherche de fournisseurs, elle accumule de nombreuses informations sur les « armes secrètes » (V1 et V2) mises au point par les Allemands à Peenemünde. Le rapport très précis et détaillé qu’elle transmet en 1943, qui constitue les premières informations concernant ces armes, est la « confirmation indispensable » dont ont besoin les services britanniques. Le rapport est transmis au professeur Reginald Victor Jones. Il décide l’armée britannique à bombarder la base de Peenemünde. Le bombardement, effectué le avec près de six cents avions, fait d’énormes dégâts et tue plus de cinq cents techniciens et experts, retardant ainsi de plusieurs mois les attaques de V2 sur l’Angleterre.
Alors qu’elle doit partir pour Londres présenter un nouveau rapport, elle est arrêtée à La Roche-Derrien le en compagnie de plusieurs camarades du réseau, dont deux seuls parviennent à s’échapper. Emprisonnée et interrogée à la prison Jacques Cartier de Rennes, elle est déportée de Pantin le vers le KL Ravensbrück (matricule 57661) par le « convoi des 57 000 ». Puis elle est envoyée au camp de travail de Torgau où elle organise une manifestation pour protester contre l’utilisation des prisonnières à la fabrication de munitions. Transférée alors au camp disciplinaire de Königsberg, elle y recense les prisonnières et fait passer ce recensement au camp de prisonniers de guerre du Stalag I-A tout proche, en espérant qu’il sera transmis à la Croix-Rouge. Puis elle s’évade du camp pour rejoindre clandestinement celui de Ravensbrück, afin de s’y cacher. Bien que dénoncée, elle survit à la libération du camp, et est rapatriée par la Croix-Rouge en .
Elle se marie avec Henri de Clarens, en 1947.
- Grand officier de la Légion d’honneur
- Médaille de la Résistance française avec rosette (décret du 11 mars 1947)
- Agency Seal Medal décernée par la CIA

23 août 2023 : mort d’Evguéni Prigojine.
Un Embraer Legacy 600 immatriculé RA-02795, parti de Moscou pour Saint-Pétersbourg, s’écrase peu après 18 heures près du village de Koujenkino, dans la région de Tver. Les 10 occupants (3 membres d’équipage et 7 passagers) sont tués. Figurent parmi eux Evguéni Prigojine, fondateur de la société militaire privée Wagner, et Dmitri Outkine, ancien officier du renseignement militaire qui commandait la composante opérationnelle du groupe et lui avait donné son nom de guerre.
L’« accident » survient 2 mois jour pour jour après la mutinerie du 23 au 24 juin, au cours de laquelle des colonnes de Wagner avaient pris Rostov-sur-le-Don et progressé de plusieurs centaines de kilomètres vers Moscou avant de faire demi-tour à la suite d’une médiation du président biélorusse Loukachenko. Un accord avait alors garanti l’absence de poursuites et le transfert d’une partie des combattants en Biélorussie.
L’enquête russe a conclu à l’absence d’intervention extérieure, sans publier de rapport détaillé ; aucune expertise indépendante n’a pu être menée. Les services de renseignement occidentaux ont estimé qu’une explosion à bord était l’hypothèse la plus probable. La disparition simultanée des deux principaux dirigeants a mis fin à l’autonomie de Wagner : ses effectifs ont été redistribués entre le ministère russe de la Défense, la garde nationale et le nouveau dispositif Africa Corps déployé au Mali, en Centrafrique, en Libye et au Burkina Faso.







