La France dispose d’un domaine sous-marin parmi les plus vastes au monde, avec près de 9,5 millions de km² situés à plus de 1 000 mètres de profondeur. Pourtant, une grande partie de ces espaces demeure encore inexplorée.
Dans une nouvelle note d’études, l’Observatoire Maîtrise des Fonds Marins, intégré au dispositif de recherche stratégique du ministère des Armées et porté par l’Institut FMES, examine les défis auxquels la France est confrontée pour affirmer sa souveraineté dans les grandes profondeurs.
Longtemps considérés principalement sous l’angle de l’exploration scientifique, les fonds marins sont devenus un espace stratégique de compétition internationale. Ils abritent des infrastructures critiques, notamment les câbles sous-marins, concentrent des enjeux de ressources et constituent un environnement dans lequel se développent de nouvelles capacités militaires et technologiques.
Pour la France, l’étude identifie trois priorités : mieux connaître et protéger ses espaces sous-marins, garantir sa liberté d’action face aux menaces pesant sur les infrastructures critiques et envisager une valorisation raisonnée des ressources des grands fonds.
Le pays dispose d’atouts scientifiques, industriels, technologiques et diplomatiques importants. Mais la note souligne deux obstacles majeurs.
Le premier est organisationnel. La gouvernance des fonds marins reste fragmentée entre de nombreux acteurs, compliquant la définition et la mise en œuvre d’une stratégie cohérente.
Le second est industriel et financier. Les financements ne permettent pas toujours de transformer les innovations et les expérimentations en capacités opérationnelles déployables à grande échelle.
Dans un contexte d’intensification des rivalités entre puissances, l’Observatoire appelle ainsi à mieux coordonner les acteurs, consolider les capacités nationales et renforcer les partenariats.
Car disposer d’un immense domaine sous-marin ne suffit pas à en assurer la maîtrise. Encore faut-il être capable de l’explorer, de le surveiller, de protéger ses infrastructures et d’y exercer durablement sa liberté d’action.
Une réflexion essentielle pour l’avenir de la puissance maritime française.
Fonds marins : la France a-t-elle les moyens de ses ambitions ?








