Alice Poyet, épouse Arteil, est née le 16 juin 1912 au bourg de Saint-Romain-d’Urfé.
Le 18 février 1936, elle épouse Raymond Arteil, à Saint-Just-en-Chevalet. À la mobilisation, Raymond Arteil rejoint un régiment d’artillerie avec lequel il participe à la campagne de France et ce n’est qu’après un an de recherches assidues et fébriles que sa femme retrouve sa trace. Il est prisonnier en Allemagne.
Soulagée mais résolue, Alice Arteil décide à son tour de participer à la lutte contre l’occupant. Elle prend contact avec les groupes locaux de résistance et rejoint les Francs-Tireurs en 1942, avant de gagner le maquis où elle est vite acceptée grâce à sa volonté à toute épreuve, sa résistance hors du commun, son audace et son aptitude à diriger les combattants.
En septembre 1943, elle prend la tête du maquis de Lavoine (Allier). Deux mois plus tard, en novembre, sa petite formation est incorporée dans les FTPF (Francs-Tireurs Partisans Français). Pendant l’hiver 1943-44, poursuivie par la Gestapo. En décembre, le « lieutenant » Arteil quitte les FTPF. Le mois suivant, avec 7 de ses anciens volontaires, elle rejoint le groupe « Roussel », dirigé par le chef de bataillon Marcel Colliou, commandant l’ORA pour l’Allier. Elle forme même le groupe Franc « Alice », le 1/01/44.
Avec ses hommes, elle constitue ainsi l’embryon de la future demi-brigade d’Auvergne. Elle mène de nombreuses opérations de sabotage, dont les plus remarquables sont le déraillement d’un train blindé à Paray-le-Monial, les destructions d’une voie ferrée entre Roanne et Lapalisse et l’attaque d’une cinquantaine de soldats allemands près du village de Decize, dans la Nièvre.
En juin 1944, son grade de lieutenant est officialisé par Londres. L’annonce des débarquements marque le début de la lutte à visage découvert. Avec sa section, elle participe à la libération des boucles du Doubs, puis à celles de Valentigney et de Montbéliard. L’automne 1944 est l’époque de la fusion entre l’armée régulière et les troupes formées par les maquis. Le lieutenant Arteil et ses hommes sont donc incorporés au 152e RI, le régiment des « Diables Rouges ». Elle y conserve son grade et son commandement, puis est affectée à l’état-major régimentaire. Elle termine la campagne d’Alsace, franchit le Rhin en avril 1945 et se trouve à Singen à la fin de la guerre où elle est démobilisée.
À la fin de la guerre, elle reprend modestement le cours de sa vie, elle y retrouve son mari, qui vient d’être libéré, sans rien réclamer en contrepartie de sa conduite héroïque. Son engagement, ses mérites lui ont pourtant valu de recevoir 9 médailles dont la Croix de guerre 1939-1945 avec palme, citation à l’Ordre de l’Armée, le 30 septembre 1944, et la Croix de Chevalier de la Légion d’honneur. Le 7 juin 1959, venant de Thiers, le général de Gaulle fait une halte à Saint-Just-en-Chevalet pour venir serrer la main d’Alice.
Alice Arteil est décédée, en toute discrétion, à Boën-sur-Lignon, le 23 octobre 1995.
IN MEMORIAM – Alice POYET, résistante (décédée le 23 octobre 1995).









