22 octobre 741 : mort de Charles Martel.
Charles Martel, maire du palais des rois mérovingiens et vainqueur de Poitiers, meurt le 22 octobre 741 dans la villa royale de Quierzy-sur-Oise, dans l’actuel département de l’Aisne. Il est inhumé à l’abbaye de Saint-Denis. Sans avoir jamais porté la couronne, il a gouverné seul le royaume franc pendant plus de 20 ans et ouvert la voie à la dynastie qui prendra son nom, les Carolingiens.
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Né vers 688, Charles est le fils de Pépin de Herstal, maire du palais d’Austrasie, et d’une épouse de second rang, Alpaïde. À la mort de son père en 714, il est écarté de la succession au profit des petits-fils légitimes de Pépin, sous la tutelle de leur grand-mère Plectrude, qui le fait emprisonner à Cologne. Il s’évade et s’impose par les armes : battu une première fois par les Frisons en 716, il l’emporte sur les Neustriens à Amblève (716), puis à Vinchy (717) et près de Soissons (719). Vers 718-719, il est le seul maître du royaume franc.
Le reste de sa vie est une suite presque ininterrompue de campagnes. Il soumet les Frisons, qu’il bat sur la Boarn en 734, mène plusieurs expéditions contre les Saxons, intervient en Alémanie et en Bavière. Au sud, le duc Eudes d’Aquitaine, menacé par les troupes musulmanes venues d’Al-Andalus, finit par solliciter son aide. En octobre 732 (la date de 733 est parfois avancée), Charles arrête entre Tours et Poitiers l’armée du gouverneur Abd al-Rahman al-Ghafiqi, qui est tué au cours de l’affrontement. La portée de cette victoire a longtemps été exagérée par l’historiographie, mais elle fonde son prestige auprès des contemporains et de leurs successeurs.
Entre 736 et 739, il conduit des expéditions en Bourgogne et en Provence. Il prend Avignon en 737, défait sur la Berre une armée venue au secours de Narbonne, mais échoue devant cette dernière ville. Ses troupes ravagent alors plusieurs cités du Midi, dont Nîmes, Agde et Béziers. À la mort du roi Thierry IV en 737, il ne lui donne pas de successeur et gouverne sans souverain mérovingien. En 739, le pape Grégoire III lui demande son appui contre les Lombards ; Charles, allié du roi lombard Liutprand, ne donne pas suite.
Pour s’attacher ses guerriers, il leur distribue des terres prélevées sur les biens d’Église, une pratique qui lui vaut une mauvaise réputation chez les clercs des siècles suivants. Peu avant sa mort, il partage le royaume entre ses fils Carloman (Austrasie, Alémanie, Thuringe) et Pépin (Neustrie, Bourgogne, Provence). Pépin, dit le Bref, se fera sacrer roi des Francs en 751. Le surnom de « Martel », le marteau, n’apparaît dans les sources qu’au IXe siècle.

22 octobre 1707 : naufrage de l’escadre de l’amiral Shovell aux îles Scilly.
Dans la soirée du 22 octobre 1707 (calendrier julien, alors en usage en Angleterre, soit le 2 novembre du calendrier grégorien), l’escadre de l’amiral Sir Cloudesley Shovell, qui rentre de Méditerranée, se fracasse sur les récifs occidentaux des îles Scilly, à la pointe de la Cornouailles. 4 bâtiments sont perdus et l’on compte entre 1 400 et 2 000 morts. C’est l’une des pires catastrophes de l’histoire de la Royal Navy.
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Nous sommes en pleine guerre de Succession d’Espagne. Au cours de l’été 1707, Shovell a soutenu depuis la mer l’attaque austro-savoyarde contre Toulon, qui se solde par un échec. Une partie de la flotte toulonnaise s’est sabordée pour échapper aux bombardements. À l’automne, l’amiral reprend la route de l’Angleterre avec 21 navires, partis de Gibraltar à la fin du mois de septembre.
Le temps est mauvais et le ciel couvert empêche de faire le point. À cette époque, les navigateurs ne savent pas calculer la longitude en mer ; ils l’estiment à l’aide de la vitesse, du cap et du temps écoulé, avec une marge d’erreur considérable. Le 22 octobre, les maîtres de navigation pensent être à l’ouest d’Ouessant ou au large de la Manche. L’escadre se trouve en réalité beaucoup plus au nord, sur les Scilly. Vers 20 h 00, le vaisseau amiral HMS Association, un trois-ponts de 90 canons, heurte les rochers de l’Outer Gilstone et sombre en quelques minutes. Aucun des quelque 800 hommes de son équipage ne survit. Le HMS Eagle (70 canons) et le HMS Romney (50 canons) le suivent ; un seul marin du Romney est retrouvé vivant. Le brûlot Firebrand coule à son tour, mais une partie de son équipage parvient à gagner la côte. Les autres navires, dont le Royal Anne et le St George, échappent de justesse au même sort.
Le corps de Shovell est découvert sur la plage de Porthellick, sur l’île de St Mary’s. Une tradition locale, impossible à vérifier, veut qu’il soit arrivé vivant sur le rivage et qu’une habitante l’ait achevé pour lui voler une bague. Il est enterré à l’abbaye de Westminster sur ordre de la reine Anne.
Le désastre relance en Angleterre la question de la longitude. En 1714, le Parlement adopte le Longitude Act, qui promet une récompense de 20 000 livres à qui proposera une méthode fiable. Le prix stimule notamment les travaux de l’horloger John Harrison, dont les chronomètres de marine permettront, au cours du XVIIIe siècle, de résoudre le problème.
22 octobre 1764 : bataille de Buxar (Inde).
Le 22 octobre 1764, près de Buxar, sur le Gange, dans l’actuel État indien du Bihar, l’armée de la Compagnie britannique des Indes orientales commandée par le major Hector Munro bat la coalition formée par Mir Qasim, nawab déchu du Bengale, Shuja ud-Daula, nawab d’Awadh, et l’empereur moghol Shah Alam II. Plus encore que Plassey (1757), cette victoire fonde la domination britannique sur le nord-est de l’Inde.
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Après Plassey, la Compagnie a placé sur le trône du Bengale Mir Jafar, puis son gendre Mir Qasim en 1760. Ce dernier entend restaurer son autorité, réorganise son armée et s’oppose aux abus commerciaux des agents de la Compagnie, qui échappent aux droits de douane. La rupture intervient en 1763. Battu à plusieurs reprises, Mir Qasim fait exécuter des prisonniers britanniques à Patna, puis se réfugie auprès du nawab d’Awadh, qui accueille aussi l’empereur moghol.
Avant d’engager la campagne, Munro doit rétablir la discipline dans ses régiments de cipayes, où des mutineries ont éclaté. Il fait exécuter plusieurs meneurs attachés à la bouche des canons. Le 22 octobre au matin, ses quelque 7 000 hommes, dont environ 850 Européens, font face à une armée alliée estimée à 40 000 combattants. Les forces coalisées manquent de coordination : Shah Alam II reste presque à l’écart du combat et Mir Qasim, qui n’engage qu’une partie de ses troupes, se retire tôt. L’artillerie et l’infanterie disciplinée de la Compagnie l’emportent au terme d’une journée de combats. Les pertes britanniques s’élèvent à environ 850 tués et blessés ; celles de leurs adversaires sont estimées à plus de 2 000 morts.
Shah Alam II se rallie peu après aux vainqueurs. Par le traité d’Allahabad (août 1765), négocié par Robert Clive, l’empereur confie à la Compagnie la diwani, c’est-à-dire le droit de percevoir l’impôt foncier, au Bengale, au Bihar et en Orissa. Une société commerciale devient ainsi la puissance administrative et fiscale de l’une des régions les plus riches du sous-continent.
22 octobre 1777 : bataille de Red Bank (guerre d’Indépendance américaine).
Le 22 octobre 1777, à Red Bank (New Jersey), sur la rive gauche du Delaware, la petite garnison continentale du fort Mercer repousse l’assaut d’environ 2 000 Hessois commandés par le colonel Carl von Donop. Les assaillants perdent près de 400 hommes ; Donop, mortellement blessé, meurt une semaine plus tard. Un ingénieur français, le chevalier de Mauduit du Plessis, a joué un rôle déterminant dans la défense.
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Le général William Howe s’est emparé de Philadelphie le 26 septembre 1777. Pour ravitailler son armée par voie d’eau, il doit ouvrir le Delaware, barré par des obstacles immergés (chevaux de frise) et protégé par deux ouvrages : le fort Mifflin, sur Mud Island, et le fort Mercer, à Red Bank, sur la rive du New Jersey. Ce dernier est tenu par environ 400 soldats des 1er et 2e régiments du Rhode Island, aux ordres du colonel Christopher Greene. Jugeant le fort trop vaste pour un si faible effectif, Mauduit du Plessis fait édifier un retranchement intérieur et laisse les ouvrages extérieurs à l’abandon.
Dans l’après-midi du 22 octobre, Donop somme la garnison de se rendre en la menaçant de ne faire aucun quartier. Greene refuse. Les Hessois s’élancent en deux colonnes, franchissent les ouvrages extérieurs vides et croient la partie gagnée. Ils se heurtent alors à l’abattis et au fossé du retranchement intérieur, sous un feu de mousqueterie et de mitraille tiré à courte distance, tandis que les galères de la marine de Pennsylvanie prennent leur flanc sous le feu depuis le fleuve. L’assaut est brisé en moins d’une heure. Les Hessois laissent environ 400 hommes tués, blessés ou capturés ; les Américains déplorent moins de 40 tués et blessés. Donop, retrouvé blessé parmi les abattis, est soigné par ses adversaires mais succombe le 29 octobre.
Le lendemain, le vaisseau de ligne HMS Augusta (64 canons) et la corvette HMS Merlin, venus appuyer l’attaque, s’échouent ; l’Augusta prend feu et explose. Les forts du Delaware ne tomberont qu’à la mi-novembre, après un bombardement intense du fort Mifflin. Ce retard pèse sur la campagne de Howe, alors que la nouvelle de la capitulation britannique à Saratoga (17 octobre) commence à se répandre et prépare l’entrée de la France dans la guerre.
22 octobre 1790 : défaite de Harmar à Kekionga (guerre amérindienne du Nord-Ouest).
Le 22 octobre 1790, au confluent des rivières Saint-Joseph et Sainte-Marie, près de l’actuelle ville de Fort Wayne (Indiana), une coalition de guerriers miamis, shawnees et delawares menée par Petite Tortue (Mihšihkinaahkwa) et Blue Jacket écrase un détachement de l’armée du général Josiah Harmar. C’est la première grande défaite militaire des États-Unis face aux nations amérindiennes de la région des Grands Lacs.
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Après le traité de Paris de 1783, les États-Unis revendiquent le Territoire du Nord-Ouest, au-delà de l’Ohio. Les nations qui y vivent refusent les cessions de terres obtenues par des traités qu’elles contestent, et les raids se multiplient contre les colons du Kentucky. En 1790, le président Washington ordonne une expédition punitive contre Kekionga, le principal village miami. Le général Harmar quitte Fort Washington (Cincinnati) à la fin septembre avec environ 1 450 hommes, dont seulement 320 soldats réguliers ; le reste est composé de miliciens du Kentucky et de Pennsylvanie, mal entraînés et peu disciplinés.
Les Amérindiens évacuent leurs villages, que les Américains incendient à partir du 17 octobre avec les récoltes. Le 19 octobre, une colonne commandée par le colonel John Hardin tombe dans une embuscade près de l’Eel River ; une grande partie des miliciens s’enfuit sans combattre. Harmar entame sa retraite le 21, mais accepte de renvoyer vers Kekionga quelque 400 hommes sous les ordres du major John Wyllys et de Hardin, dans l’espoir de surprendre les guerriers revenus sur les lieux. Le 22 octobre, l’opération tourne au désastre : divisés, les Américains sont attaqués séparément en franchissant les rivières. Wyllys est tué avec une grande partie des réguliers engagés. Sur l’ensemble de la campagne, les pertes américaines dépassent 200 tués selon les estimations les plus courantes.
Harmar ramène les survivants à Fort Washington. Une commission d’enquête l’exonère en 1791, mais il quitte l’armée peu après. Son successeur, le général Arthur St. Clair, subit le 4 novembre 1791 une défaite plus lourde encore sur la Wabash. Il faudra la création de la Legion of the United States et la victoire du général Anthony Wayne à Fallen Timbers (20 août 1794) pour que les États-Unis imposent le traité de Greenville (1795).
22 octobre 1797 : première utilisation du parachute par André-Jacques Garnerin.
Le 22 octobre 1797, au-dessus du parc Monceau à Paris, André-Jacques Garnerin se détache d’un ballon à hydrogène à environ 1 000 mètres d’altitude et descend sous un parachute de toile. Il se pose sans dommage dans la plaine de Monceau. C’est le premier saut en parachute réussi depuis un aéronef.
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Né à Paris en 1769, Garnerin a été l’élève du physicien Jacques Charles. Commissaire aux armées pendant les guerres de la Révolution, il est fait prisonnier par les Autrichiens en 1793 et passe plus de deux ans en captivité à Buda. C’est là, dit-on, qu’il imagine un appareil permettant de s’échapper en sautant des remparts.
Le 22 octobre 1797, devant une foule nombreuse, le ballon s’élève avec, suspendu en dessous, un parachute replié d’environ sept mètres de diamètre, auquel est accrochée une petite nacelle en osier où Garnerin a pris place. Arrivé à l’altitude voulue, il coupe la corde qui le relie au ballon. Le parachute s’ouvre, mais l’air, ne pouvant s’échapper que par les bords, provoque de violentes oscillations qui impressionnent les spectateurs. Garnerin touche terre sans blessure. Sur le conseil de l’astronome Jérôme de Lalande, il percera ensuite une ouverture au sommet de la voilure pour stabiliser la descente, un principe toujours appliqué.
Son épouse, Jeanne-Geneviève Labrosse, devient en 1799 la première femme à sauter en parachute. Garnerin multiplie les démonstrations en France et en Angleterre et il est chargé du lâcher d’un ballon lors des fêtes du sacre de Napoléon en décembre 1804. Il faudra cependant attendre la Première Guerre mondiale pour que le parachute soit utilisé par les militaires, d’abord par les observateurs des ballons captifs.

22 octobre 1812 : début de la conspiration du général Malet.
Dans la nuit du 22 au 23 octobre 1812, tandis que Napoléon se trouve en Russie, le général Claude-François de Malet s’évade de la maison de santé où il est assigné à résidence et tente de renverser le régime impérial en annonçant la mort de l’Empereur. En quelques heures, avec une poignée de complices et de faux documents, il parvient à faire arrêter le ministre de la Police et le préfet de police avant d’être lui-même maîtrisé place Vendôme.
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Né à Dole (Jura) en 1754, issu de la noblesse mais rallié à la Révolution, Malet est nommé général de brigade en 1799. Républicain convaincu, hostile au Consulat puis à l’Empire, il est mis à l’écart de l’armée en 1805, puis arrêté en 1808 pour une première conspiration. Après un séjour en prison, il obtient en 1810 d’être transféré dans la maison de santé du docteur Dubuisson, au faubourg Saint-Antoine. Il y rencontre l’abbé Lafon, lié aux milieux royalistes, et prépare pendant des mois un faux sénatus-consulte daté du 22 octobre, des ordres de mouvement et des proclamations.
Le 22 octobre vers 22 heures, Malet et Lafon franchissent le mur de l’établissement. Vers quatre heures du matin, Malet, en uniforme de général, se présente à la caserne Popincourt, où stationne la 10e cohorte de la garde nationale. Il annonce au commandant Soulier que l’Empereur est mort le 7 octobre sous les murs de Moscou, lit le faux sénatus-consulte proclamant un gouvernement provisoire et prend la tête de plusieurs compagnies. À la prison de la Force, il fait libérer les généraux Victor Fanneau de Lahorie et Emmanuel Guidal. Lahorie arrête le duc de Rovigo, ministre de la Police, tandis que le préfet de police Pasquier est conduit à son tour en prison.
Malet se rend ensuite à l’état-major de la place de Paris, place Vendôme, pour s’assurer du général Hulin. Celui-ci demande à voir les ordres écrits ; Malet tire et le blesse à la mâchoire. Reconnu par des officiers de l’état-major, il est désarmé et arrêté. Le complot s’effondre dans la matinée. Jugés par une commission militaire, Malet, Lahorie, Guidal et plusieurs officiers et soldats qui avaient exécuté ses ordres sont fusillés le 29 octobre dans la plaine de Grenelle. Au président qui lui demandait 6 complices, Malet aurait répondu que la France entière en aurait été, et le président lui-même, s’il avait réussi.
Napoléon apprend la nouvelle début novembre, en pleine retraite. L’affaire le frappe : personne, à Paris, n’a songé à proclamer son fils, le roi de Rome, à l’annonce de sa mort. La fragilité dynastique du régime est apparue au grand jour. C’est l’une des raisons qui le poussent à quitter la Grande Armée le 5 décembre 1812 pour regagner la capitale.
22 octobre 1859 : l’Espagne déclare la guerre au Maroc (guerre d’Afrique).
Le 22 octobre 1859, le gouvernement espagnol du général Leopoldo O’Donnell déclare la guerre au sultan du Maroc. Ce conflit, que les Espagnols appellent la « guerre d’Afrique », se termine par la prise de Tétouan et le traité de Wad-Ras du 26 avril 1860. Il marque le début de l’expansion espagnole au Maroc au XIXe siècle.
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Le prétexte est fourni en août 1859 par une attaque de membres de la tribu des Anjra contre des ouvriers espagnols qui renforcent les fortifications autour de Ceuta ; un poste frontière aux armes de l’Espagne est détruit. Madrid exige un châtiment exemplaire des coupables et la cession de terrains pour étendre le périmètre de la ville. Le sultan Moulay Abderrahmane meurt à la fin du mois d’août et son successeur, Mohammed IV, ne peut répondre à temps aux exigences espagnoles. O’Donnell, chef du gouvernement de l’Union libérale et ministre de la Guerre, y voit l’occasion de rassembler une opinion divisée et d’occuper l’armée. Il s’assure de la neutralité de la France et du Royaume-Uni ; Londres obtient l’engagement que Tanger ne sera pas occupée.
Le corps expéditionnaire, environ 40 000 hommes répartis en trois corps d’armée (généraux Echagüe, Zabala et Ros de Olano) et une réserve confiée au général Juan Prim, débarque à Ceuta à partir de la mi-novembre. Les premières semaines sont marquées par des combats autour du Serrallo et par une épidémie de choléra qui fera, au total, davantage de victimes dans les rangs espagnols que les combats eux-mêmes. Le 1er janvier 1860, Prim remporte la bataille de Los Castillejos. L’armée progresse ensuite le long de la côte, appuyée par la flotte, et bat les forces marocaines commandées par Moulay el-Abbas, frère du sultan, devant Tétouan le 4 février. La ville est occupée le 6. Une dernière bataille, à Wad-Ras le 23 mars, conduit le sultan à demander la paix.
Le traité de Wad-Ras agrandit le territoire de Ceuta et de Melilla, cède à l’Espagne un comptoir sur la côte atlantique, Santa Cruz de Mar Pequeña (identifié plus tard à Sidi Ifni), et impose au Maroc une indemnité de 20 millions de douros (100 millions de pesetas) ; Tétouan reste occupée jusqu’à son paiement, en 1862. Pour honorer cette dette, le Maroc doit emprunter à Londres et céder une partie de ses recettes douanières, ce qui accroît sa dépendance envers les puissances européennes. En Espagne, la guerre suscite un grand élan patriotique : O’Donnell est fait duc de Tétouan, Prim marquis de Los Castillejos. Le peintre Mariano Fortuny et l’écrivain Pedro Antonio de Alarcón, qui suivent les opérations, en laissent un témoignage célèbre.
22 octobre 1899 : la garnison britannique de Dundee évacue la ville (seconde guerre des Boers).
Dans la nuit du 22 au 23 octobre 1899, au Natal, la colonne britannique du général James Yule abandonne de nuit la ville de Dundee, encerclée par les commandos boers, et entreprend une retraite de quatre jours vers Ladysmith. Elle laisse derrière elle son camp, ses approvisionnements et ses blessés, dont le général William Penn Symons, mortellement atteint deux jours plus tôt à Talana Hill.
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La guerre a éclaté le 11 octobre 1899. Les Boers du Transvaal et de l’État libre d’Orange envahissent aussitôt le nord du Natal, où les Britanniques ont imprudemment poussé une brigade d’environ 4 000 hommes jusqu’à Dundee, une ville minière qu’il s’agit de protéger. Le 20 octobre, à Talana Hill, Penn Symons enlève la colline tenue par les Boers de Lukas Meyer, mais au prix de lourdes pertes, et il est lui-même blessé au ventre. Il mourra le 23 octobre.
Yule, qui lui succède, voit les commandos du général Piet Joubert se rassembler autour de la ville. Les canons boers, dont un Creusot de 155 mm surnommé « Long Tom », bombardent le camp depuis la colline d’Impati. Le 21 octobre, la victoire du général French à Elandslaagte ne dégage pas la situation. Faute de pouvoir être renforcé, Yule décide de se replier. La colonne s’ébranle le 22 au soir, en silence, sous la pluie. Pour éviter la route principale, que les Boers surveillent, le colonel Dartnell, de la police du Natal, la guide par des pistes de montagne et le col de Van Tonder. Après quatre jours de marche épuisante, les troupes atteignent Ladysmith le 26 octobre.
Les Boers occupent Dundee le 23 octobre et y saisissent une grande quantité de matériel. La retraite, bien conduite, sauve la brigade de la capture, mais le repli général vers Ladysmith aboutit au siège de la ville, qui commence le 2 novembre et durera 118 jours. Ces premières semaines révèlent la mobilité des commandos boers et l’efficacité de leur artillerie moderne face à une armée britannique qui a sous-estimé son adversaire.
22 octobre 1913 : naissance de Robert Capa.
Endre Ernő Friedmann, qui deviendra le photographe de guerre Robert Capa, naît le 22 octobre 1913 à Budapest. De la guerre d’Espagne à l’Indochine, en passant par la plage d’Omaha le 6 juin 1944, il couvre 5 conflits et fonde l’agence Magnum. Il est tué par une mine au Tonkin le 25 mai 1954.
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Issu d’une famille juive de la bourgeoisie commerçante, le jeune Friedmann est mêlé aux milieux de gauche et doit quitter la Hongrie en 1931. Il étudie à Berlin, où il commence à travailler pour une agence photographique, puis gagne Paris après l’arrivée de Hitler au pouvoir. Avec sa compagne Gerta Pohorylle, connue sous le nom de Gerda Taro, il invente en 1936 le personnage d’un riche photographe américain, « Robert Capa », pour mieux vendre ses images. Le pseudonyme devient le sien.
La guerre d’Espagne le rend célèbre. Sa photographie d’un milicien républicain fauché par une balle, publiée en septembre 1936, devient l’une des images les plus connues du siècle, même si les circonstances exactes de la prise de vue restent discutées. Gerda Taro est tuée en juillet 1937 lors de la bataille de Brunete. Capa suit ensuite la guerre sino-japonaise en 1938, puis, à partir de 1941, la Seconde Guerre mondiale pour le magazine Life : Afrique du Nord, Sicile, Italie.
Le 6 juin 1944, il débarque avec la première vague sur le secteur Easy Red d’Omaha Beach. Des quelque cent clichés pris sous le feu, une dizaine seulement survivent à un incident de développement au laboratoire de Life à Londres. Ces images floues et tremblées sont restées le témoignage visuel le plus fort du débarquement. Il couvre ensuite la libération de Paris et saute avec les parachutistes américains lors du franchissement du Rhin en mars 1945.
En 1947, il fonde l’agence coopérative Magnum avec Henri Cartier-Bresson, David Seymour, George Rodger et William Vandivert. Il photographie la guerre israélo-arabe de 1948. En mai 1954, il accepte une mission en Indochine pour Life. Le 25 mai, alors qu’il accompagne une colonne française dans le delta du fleuve Rouge, près de Thai Binh, il marche sur une mine et meurt peu après. Il avait 40 ans.
22 octobre 1914 : les Allemands franchissent l’Yser à Tervaete (bataille de l’Yser).
Dans la nuit du 21 au 22 octobre 1914, des troupes allemandes franchissent l’Yser dans la boucle de Tervaete, en Flandre belge, et établissent une tête de pont sur la rive gauche du fleuve. L’armée belge, épuisée, ne parvient pas à les rejeter. Cette brèche conduit l’état-major belge, quelques jours plus tard, à recourir à l’inondation de la plaine pour arrêter l’ennemi.
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Après la chute d’Anvers le 10 octobre, l’armée belge s’est repliée vers la côte et s’est établie derrière l’Yser, entre Nieuport et Dixmude. Le roi Albert Ier décide d’y livrer une bataille d’arrêt pour conserver une parcelle du territoire national. Les Belges, très éprouvés par la retraite, tiennent ce front avec l’appui, à Dixmude, de la brigade des fusiliers marins du contre-amiral Ronarc’h. À partir du 18 octobre, la 4e armée allemande du duc Albrecht de Wurtemberg, renforcée de corps de réserve fraîchement formés, lance ses attaques.
Le saillant de Tervaete, formé par une boucle du fleuve, est le point le plus vulnérable. Dans la nuit du 21 au 22, les Allemands y passent l’Yser sur une passerelle improvisée. Les contre-attaques belges du 22 et du 23 octobre échouent, tandis que la tête de pont s’élargit. Le commandement français envoie la 42e division du général Grossetti pour soutenir le secteur de Nieuport et de Pervyse. Les attaques allemandes se poursuivent sans relâche sur l’ensemble du front.
La situation devient si critique que l’état-major belge, sur la suggestion d’officiers et avec l’aide d’agents des wateringues comme Karel Cogge et du batelier Hendrik Geeraert, fait ouvrir les écluses de Nieuport à marée haute à partir de la nuit du 26 au 27 octobre. L’eau de mer envahit progressivement la plaine située entre l’Yser et la voie ferrée Nieuport-Dixmude, dont le remblai sert de digue. Le 31 octobre, les Allemands repassent l’Yser. Dixmude tombe le 10 novembre, mais le front de l’Yser se stabilise et restera presque immobile jusqu’en 1918.
22 octobre 1940 : entrevue Hitler-Laval à Montoire.
Le 22 octobre 1940, en gare de Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-Cher), Pierre Laval, vice-président du Conseil du gouvernement de Vichy, est reçu par Adolf Hitler dans son train spécial, en présence de Joachim von Ribbentrop. Cette rencontre prépare l’entrevue du surlendemain entre Hitler et le maréchal Pétain, qui engage officiellement le régime de Vichy dans la collaboration.
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Laval, partisan d’un rapprochement avec l’Allemagne, pense obtenir des concessions en échange d’une coopération accrue : allègement des frais d’occupation, retour des prisonniers, assouplissement de la ligne de démarcation. Hitler, en route vers Hendaye où il doit rencontrer le général Franco le 23 octobre, cherche surtout à s’assurer que la France défendra son empire colonial contre les Britanniques et les Forces françaises libres, après l’attaque gaulliste et britannique sur Dakar en septembre.
De retour à Vichy, Laval convainc Pétain de rencontrer le Führer. Le 24 octobre, au même endroit, Pétain serre la main de Hitler devant les photographes. Aucun accord écrit n’est conclu et l’Allemagne n’accorde aucune contrepartie concrète. Le 30 octobre, dans un message radiodiffusé, Pétain déclare entrer « dans la voie de la collaboration ». La poignée de main de Montoire devient le symbole de ce choix. Laval, dont les méthodes inquiètent une partie de l’entourage du maréchal, est renvoyé le 13 décembre 1940 avant de revenir au pouvoir en avril 1942.
22 octobre 1942 : conférence secrète de Cherchell (Algérie).
Le 22 octobre 1942, dans une villa isolée de la côte algérienne, près de Cherchell, à environ 90 km à l’ouest d’Alger, le général américain Mark W. Clark, adjoint d’Eisenhower, rencontre secrètement le général français Charles Mast, chef d’état-major du 19e corps d’armée, pour préparer le débarquement allié en Afrique du Nord (opération Torch). Clark y est arrivé à bord d’un sous-marin britannique.
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Les Américains cherchent à limiter la résistance de l’armée de Vichy lors du débarquement prévu le 8 novembre. Le consul Robert Murphy, représentant personnel du président Roosevelt en Afrique du Nord, est en relation avec un groupe d’officiers favorables aux Alliés, dont Mast, qui se réclame du général Henri Giraud, évadé d’Allemagne au printemps. Mast demande à rencontrer un officier américain de haut rang. Eisenhower désigne Clark.
Clark embarque à Gibraltar sur le sous-marin HMS Seraph, commandé par le lieutenant Norman Jewell, avec quatre officiers : le général de brigade Lyman Lemnitzer, les colonels Archelaus Hamblen et Julius Holmes et le capitaine de vaisseau Jerauld Wright, de l’US Navy. Après minuit, dans la nuit du 21 au 22 octobre, ils gagnent le rivage en canots pliants, guidés par trois commandos britanniques, jusqu’à la villa de la famille Teissier, à Messelmoun. Les entretiens se déroulent dans la journée du 22 avec Mast, son adjoint le colonel Jousse et, pour la Marine, le capitaine de vaisseau Barjot. Clark ne révèle ni la date exacte ni l’ampleur de l’opération. Les Français fournissent des renseignements sur les effectifs, les terrains d’aviation et les batteries côtières.
Le soir, une descente de la police locale, alertée par des domestiques soupçonnant de la contrebande, oblige les visiteurs à se cacher dans la cave. Le rembarquement, dans une mer forte, se fait dans le désordre : Clark y perd son pantalon et une ceinture de pièces d’or. Ils rejoignent le Seraph puis Gibraltar. Le 8 novembre, l’action de résistants algérois, menée par José Aboulker et ses camarades, neutralise une partie des points stratégiques d’Alger pendant quelques heures. Ailleurs, à Oran et au Maroc, les combats contre les forces de Vichy sont meurtriers.
22 octobre 1943 : bombardement de Kassel par la Royal Air Force.
Dans la nuit du 22 au 23 octobre 1943, 569 bombardiers lourds du Bomber Command (322 Lancaster et 247 Halifax) attaquent Kassel, en Hesse. Les bombes incendiaires provoquent une tempête de feu qui détruit la quasi-totalité de la vieille ville. Près de 10 000 personnes sont tuées, ce qui en fait le raid le plus meurtrier sur une ville allemande depuis celui de Hambourg en juillet.
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Kassel abrite des usines d’armement de premier plan : les ateliers Henschel, qui produisent des locomotives et des chars Tigre, et les usines aéronautiques Fieseler. La ville est aussi le siège du commandement de la IXe région militaire. Deux attaques menées au début du mois d’octobre ont largement manqué le centre de la ville et frappé les faubourgs et des villages voisins.
Le 22 octobre, le marquage initial par radar H2S dépasse l’objectif, mais huit des neuf marqueurs visuels placent leurs repères sur le centre-ville. Plus de 1 800 tonnes de bombes sont larguées en un temps très bref, dont des centaines de milliers de petites bombes incendiaires. La vieille ville, faite de maisons à colombages, s’embrase. Le feu, alimenté par les courants d’air qu’il crée, dure plusieurs jours. Outre les morts, on compte environ 3 000 disparus et plus de 10 000 blessés.
La défense aérienne allemande abat 43 appareils, soit 7,6 % des effectifs engagés, malgré un raid de diversion sur Francfort. Cette nuit-là, la RAF inaugure l’opération Corona : depuis l’Angleterre, des opérateurs germanophones diffusent sur les fréquences de la chasse de nuit allemande de faux ordres destinés à semer la confusion chez les pilotes.
22 octobre 1946 : incident du détroit de Corfou.
Le 22 octobre 1946, deux destroyers britanniques, les HMS Saumarez et HMS Volage, heurtent des mines dans le canal nord de Corfou, au large des côtes albanaises. L’explosion fait 44 morts et 42 blessés. L’affaire, portée devant la Cour internationale de justice, donne lieu au premier arrêt contentieux de son histoire.
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Le 15 mai 1946, des batteries côtières albanaises ont ouvert le feu sur deux croiseurs britanniques qui empruntaient le détroit, considéré par Londres comme une voie de navigation internationale où s’exerce le droit de passage. Pour affirmer ce droit, l’Amirauté y envoie le 22 octobre une escadre composée des croiseurs Mauritius et Leander et des destroyers Saumarez et Volage, en formation de combat. Peu avant 15 heures, le Saumarez touche une mine qui ravage sa partie avant. Le Volage le prend en remorque et heurte à son tour une mine, qui lui arrache la proue. Les deux bâtiments parviennent à regagner Corfou.
Les 12 et 13 novembre suivants, malgré l’opposition albanaise, la Royal Navy fait draguer le chenal (opération Retail) et relève une vingtaine de mines de fabrication allemande, posées récemment. Le Royaume-Uni saisit le Conseil de sécurité, puis la Cour internationale de justice. Dans son arrêt du 9 avril 1949, la Cour juge que l’Albanie ne pouvait ignorer la pose des mines et la condamne à verser une indemnité de 843 947 livres sterling. Elle estime en revanche que le déminage de novembre a violé la souveraineté albanaise. Le régime d’Enver Hoxha refuse de payer ; le différend n’est réglé qu’en 1992, après la chute du communisme, par un accord sur la restitution d’or albanais détenu à Londres.
22 octobre 1947 : invasion du Cachemire par les tribus pachtounes (première guerre indo-pakistanaise).
Le 22 octobre 1947, plusieurs milliers de combattants tribaux pachtounes venus de la Province de la Frontière du Nord-Ouest, encadrés et soutenus par des responsables pakistanais, franchissent la frontière de l’État princier de Jammu-et-Cachemire à Muzaffarabad. Cette offensive pousse le maharaja à rattacher son État à l’Inde et déclenche la première guerre entre l’Inde et le Pakistan.
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Lors de la partition de l’Inde britannique, le 15 août 1947, le maharaja Hari Singh, souverain hindou d’un État à majorité musulmane, n’a choisi ni l’Inde ni le Pakistan. Une révolte éclate dans la région de Poonch, tandis que des violences frappent les populations musulmanes de la région de Jammu. Au Pakistan, une opération est préparée sous le nom de code « Gulmarg » : des lashkars, des colonnes de guerriers tribaux, doivent s’emparer de Srinagar.
Le 22 octobre, les assaillants prennent Muzaffarabad, où une partie des soldats musulmans de l’armée de l’État fait défection. Ils remontent la vallée de la Jhelum vers Uri, où le brigadier Rajinder Singh, chef d’état-major des forces de l’État, retarde leur avance au prix de sa vie. Le 26 octobre, les tribus atteignent Baramulla, à une cinquantaine de kilomètres de Srinagar, qu’elles pillent pendant plusieurs jours en massacrant de nombreux habitants. Le même jour, Hari Singh signe l’instrument d’accession à l’Union indienne. Dès le 27 octobre, un bataillon du Sikh Regiment est transporté par avion à Srinagar et sauve la capitale.
La guerre oppose ensuite les armées régulières des deux pays jusqu’au cessez-le-feu du 1er janvier 1949, obtenu sous l’égide des Nations unies. La ligne de cessez-le-feu, devenue en 1972 la ligne de contrôle, partage toujours le Cachemire. En Inde, le 22 octobre est commémoré comme un « jour noir ».
22 octobre 1948 : la marine israélienne coule le navire amiral égyptien Emir Farouk (guerre israélo-arabe).
Le 22 octobre 1948, au large de Gaza, des embarcations explosives de la jeune marine israélienne attaquent le navire amiral de la flotte égyptienne, l’Emir Farouk, qui sombre. Un dragueur de mines qui l’accompagnait est endommagé. Cette action est considérée comme l’acte fondateur du commando marine israélien, la Shayetet 13.
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Le 15 octobre 1948, Israël a déclenché dans le Néguev l’opération Yoav pour rompre l’encerclement des localités juives du sud et repousser l’armée égyptienne. La marine égyptienne ravitaille et soutient ses troupes le long de la côte. Les Israéliens disposent depuis l’été de quelques vedettes explosives de conception italienne, achetées en Italie, du type employé par la Regia Marina pendant la Seconde Guerre mondiale. Leurs pilotes doivent diriger l’embarcation vers la cible, bloquer la barre, puis se jeter à l’eau avant l’impact pour être récupérés par un canot.
Dans la soirée du 22 octobre, une petite flottille commandée par Yohai Ben-Nun repère l’Emir Farouk et un dragueur de mines au large de Gaza. Les vedettes atteignent le navire amiral, qui coule rapidement, puis le dragueur. Tous les marins israéliens sont récupérés. Yohai Ben-Nun reçoit le titre de « héros d’Israël » et commandera plus tard la marine israélienne. Le succès est d’autant plus marquant que la marine israélienne, créée quelques mois plus tôt, ne dispose alors que de quelques navires disparates.
22 octobre 1953 : traité d’amitié et d’association franco-lao.
Le 22 octobre 1953, à Paris, le président de la République Vincent Auriol et le roi du Laos Sisavang Vong signent un traité d’amitié et d’association par lequel la France reconnaît la pleine souveraineté du royaume du Laos, qui demeure membre de l’Union française. L’engagement de défendre ce nouvel État pèsera sur les choix militaires français en Indochine, jusqu’à Diên Biên Phu.
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Depuis 1949, le Laos est un « État associé » dont l’indépendance reste limitée. Au printemps 1953, les divisions du Viet Minh envahissent le nord du royaume, menacent la capitale royale de Luang Prabang et s’installent sur la plaine des Jarres. Les forces françaises se retranchent dans des camps aéroterrestres. L’invasion montre la vulnérabilité du Laos et pousse Paris à accélérer le transfert de compétences aux États associés, comme l’a annoncé le gouvernement Laniel en juillet 1953.
Le traité du 22 octobre confirme l’indépendance du Laos et le maintien de liens étroits avec la France, notamment en matière de défense. Moins d’un mois plus tard, le 20 novembre 1953, le général Navarre fait occuper la cuvette de Diên Biên Phu par les parachutistes (opération Castor). L’un des objectifs avancés est de couvrir le nord du Laos contre une nouvelle offensive viêt-minh. Après la défaite de mai 1954, les accords de Genève reconnaissent l’indépendance et la neutralité du Laos, mais le pays sera bientôt pris dans une longue guerre civile.
22 octobre 1956 : détournement de l’avion des chefs du FLN (guerre d’Algérie).
Le 22 octobre 1956, un DC-3 de la compagnie Air Atlas-Air Maroc, qui doit conduire de Rabat à Tunis 5 dirigeants du Front de libération nationale, est dérouté par son équipage français sur ordre des autorités militaires et se pose à Alger. Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf, Mohamed Khider et l’intellectuel Mostefa Lacheraf sont arrêtés à leur descente d’avion. Ils resteront détenus en France jusqu’en 1962.
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Les cinq hommes, qui animent la délégation extérieure du FLN, ont été reçus à Rabat par le sultan du Maroc Mohammed V. Ils doivent se rendre à une conférence maghrébine organisée à Tunis par le président du Conseil tunisien Habib Bourguiba pour chercher une issue négociée au conflit algérien. Il était initialement prévu qu’ils voyagent avec le sultan, mais ils embarquent finalement dans un autre appareil, immatriculé en France et piloté par un équipage français. Le prince héritier Moulay Hassan les salue au départ.
Informés du plan de vol, les services de renseignement et l’état-major d’Alger, avec l’aval du secrétaire d’État aux Forces armées Max Lejeune, décident d’intercepter l’appareil. Le président du Conseil Guy Mollet n’est mis au courant qu’une fois l’opération lancée. Le commandant de bord reçoit l’ordre de se dérouter vers Alger. Pour tromper les passagers, l’équipage simule l’approche de Tunis. L’avion se pose de nuit à l’aéroport de Maison-Blanche, où les cinq hommes sont arrêtés.
Sur le plan militaire et du renseignement, le coup prive le FLN de plusieurs de ses dirigeants les plus en vue. Sur le plan politique, l’effet est désastreux. Le Maroc et la Tunisie, indépendants depuis mars 1956, protestent vivement ; des émeutes anti-françaises font de nombreuses victimes à Meknès. Le secrétaire d’État aux Affaires marocaines et tunisiennes Alain Savary démissionne, ainsi que l’ambassadeur de France à Tunis. Les détenus passent par la prison de la Santé, puis sont internés notamment au fort Liédot, sur l’île d’Aix, et au château de Turquant. Libérés en mars 1962 après les accords d’Évian, ils connaîtront des destins très différents : Ben Bella devient le premier président de l’Algérie indépendante, Aït Ahmed fonde le Front des forces socialistes, Khider est assassiné à Madrid en 1967 et Boudiaf, rappelé à la tête de l’État en 1992, est assassiné la même année à Annaba.
22 octobre 1956 : ouverture de la conférence secrète de Sèvres (crise de Suez).
Le 22 octobre 1956, dans une villa de Sèvres, près de Paris, s’ouvrent des négociations secrètes entre des dirigeants français, britanniques et israéliens. Elles aboutissent le 24 octobre au protocole de Sèvres, qui organise l’attaque contre l’Égypte de Nasser : Israël attaquera dans le Sinaï, ce qui fournira à la France et au Royaume-Uni le prétexte d’une intervention sur le canal de Suez.
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Le 26 juillet 1956, Nasser a nationalisé la Compagnie universelle du canal de Suez. Pour Londres, le canal est une artère vitale ; pour Paris, Nasser est aussi le principal soutien extérieur du FLN algérien. Israël, de son côté, subit les raids de fedayin partis de Gaza et le blocus du détroit de Tiran.
La délégation israélienne, conduite par David Ben Gourion, accompagné du général Moshe Dayan et de Shimon Peres, rencontre Guy Mollet, le ministre des Affaires étrangères Christian Pineau et le ministre de la Défense Maurice Bourgès-Maunoury, entourés de militaires dont le général Maurice Challe. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Selwyn Lloyd, participe aux entretiens du 22 octobre. Le plan arrêté prévoit qu’Israël lancera une offensive vers le canal le 29 octobre ; Paris et Londres adresseront alors aux deux belligérants un ultimatum exigeant leur retrait à distance du canal, puis interviendront militairement en cas de refus égyptien. La France s’engage à assurer la couverture aérienne et navale d’Israël. Le protocole est signé le 24 octobre ; chaque délégation en conserve un exemplaire, et Londres ne reconnaîtra jamais officiellement son existence.
Le scénario se déroule comme prévu : offensive israélienne le 29 octobre, ultimatum le 30, bombardements aériens à partir du 31, puis débarquements franco-britanniques à Port-Saïd et Port-Fouad les 5 et 6 novembre. Sous la double pression des États-Unis et de l’Union soviétique, Paris et Londres doivent accepter un cessez-le-feu le 6 novembre au soir. L’affaire marque la fin de l’influence franco-britannique au Moyen-Orient et accélère, en France, la décision de se doter de l’arme nucléaire.
22 octobre 1962 : John F. Kennedy annonce la « quarantaine » de Cuba (crise des missiles).
Le 22 octobre 1962 à 19 h 00 (heure de Washington), dans une allocution télévisée, le président John F. Kennedy révèle la présence à Cuba de missiles nucléaires soviétiques et annonce une « quarantaine » navale de l’île : tout navire transportant des armes offensives vers Cuba sera arrêté. Les forces américaines passent en état d’alerte DEFCON 3. Le monde entre dans la semaine la plus dangereuse de la guerre froide.
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Le 14 octobre, un avion de reconnaissance U-2 a photographié des sites de lancement de missiles balistiques de moyenne portée R-12 (SS-4) en construction à l’ouest de Cuba. Depuis le 16 octobre, Kennedy délibère en secret avec un comité restreint, l’ExComm, entre une frappe aérienne suivie d’une invasion et un blocus. Il retient cette dernière option, baptisée « quarantaine » parce qu’un blocus est en droit international un acte de guerre. Dans son discours, il avertit que tout missile lancé depuis Cuba contre un pays de l’hémisphère occidental sera considéré comme une attaque soviétique contre les États-Unis, appelant une riposte totale.
La quarantaine entre en vigueur le 24 octobre ; le Strategic Air Command passe en DEFCON 2, le niveau le plus élevé jamais atteint. Le 27 octobre, un U-2 est abattu au-dessus de Cuba et un sous-marin soviétique, harcelé par des destroyers américains, échappe de peu à l’emploi d’une torpille nucléaire. Le 28 octobre, Nikita Khrouchtchev annonce le retrait des missiles, en échange de l’engagement américain de ne pas envahir Cuba et, en secret, du retrait des missiles Jupiter déployés en Turquie. La crise conduit en 1963 à l’installation d’une liaison directe entre Washington et Moscou, le « téléphone rouge ».
22 octobre 1973 : résolution 338 du Conseil de sécurité (guerre du Kippour).
Le 22 octobre 1973, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 338, présentée conjointement par les États-Unis et l’Union soviétique. Elle exige un cessez-le-feu dans un délai de douze heures entre Israël, l’Égypte et la Syrie. La trêve, entrée en vigueur le soir même, est presque aussitôt violée sur le front de Suez, où l’armée israélienne achève l’encerclement de la 3e armée égyptienne.
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L’offensive égypto-syrienne du 6 octobre a d’abord pris Israël par surprise. Mais à partir du 16 octobre, les forces israéliennes du général Ariel Sharon franchissent le canal de Suez près du Déversoir et s’installent sur la rive ouest. Craignant l’effondrement de son allié égyptien, Moscou invite Henry Kissinger à négocier. Le texte, mis au point à Moscou le 21 octobre, est adopté au Conseil de sécurité par 14 voix, la Chine ne participant pas au vote. Il appelle aussi à l’application de la résolution 242 de 1967 et à l’ouverture de négociations de paix.
Le cessez-le-feu prend effet à 18 h 52, heure locale. Les combats reprennent dès la nuit suivante, chaque camp accusant l’autre. Les divisions israéliennes des généraux Adan et Magen poussent jusqu’au sud, coupant la 3e armée égyptienne, forte d’environ 30 000 hommes, sur la rive est du canal. La résolution 339, adoptée le 23 octobre, réitère l’appel au cessez-le-feu. Le 24, Leonid Brejnev menace d’intervenir seul ; les États-Unis placent leurs forces en DEFCON 3. La tension retombe avec la résolution 340 du 25 octobre, qui crée une nouvelle force d’urgence des Nations unies. Les pourparlers militaires du « kilomètre 101 » ouvrent la voie aux accords de désengagement de 1974.
22 octobre 2014 : attentat contre le Monument commémoratif de guerre et le Parlement à Ottawa (Canada).
Le 22 octobre 2014 vers 10 heures, à Ottawa, Michael Zehaf-Bibeau abat le caporal Nathan Cirillo, en faction devant la Tombe du soldat inconnu, au pied du Monument commémoratif de guerre du Canada. Il pénètre ensuite dans l’édifice du Centre du Parlement, où il est tué par des policiers et par le sergent d’armes de la Chambre des communes, Kevin Vickers.
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Nathan Cirillo, 24 ans, réserviste des Argyll and Sutherland Highlanders of Canada, régiment d’infanterie de Hamilton (Ontario), assure la garde d’honneur du monument, sans munitions pour son arme de cérémonie. Il est atteint de plusieurs balles et meurt malgré les soins prodigués par des passants. Le tireur s’empare d’une voiture, gagne la colline du Parlement et entre dans l’édifice du Centre, où se réunissent les groupes parlementaires. Un échange de tirs l’oppose dans le Hall d’honneur aux agents de sécurité et à des policiers de la Gendarmerie royale du Canada. Kevin Vickers, ancien gendarme, contribue à le neutraliser.
Deux jours plus tôt, le 20 octobre, à Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec), l’adjudant Patrice Vincent avait été tué par un homme qui l’avait délibérément percuté en voiture. Les deux agresseurs s’étaient radicalisés en se réclamant de l’islamisme, alors que le Canada venait d’engager ses avions de combat contre l’État islamique en Irak. Après ces attaques, les militaires canadiens reçoivent temporairement la consigne de ne pas porter l’uniforme en public. Le Parlement adopte en 2015 une nouvelle loi antiterroriste.
22 octobre 2015 : raid de Hawija (Irak), premier soldat américain tué au combat contre l’État islamique.
Dans la nuit du 21 au 22 octobre 2015, près de Hawija, dans la province de Kirkouk, des commandos kurdes appuyés par des opérateurs des forces spéciales américaines donnent l’assaut à une prison de l’État islamique et libèrent environ 70 otages menacés d’exécution. Le master sergeant Joshua Wheeler, de la Delta Force, y est mortellement blessé. Il est le premier militaire américain tué au combat contre l’organisation terroriste.
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Le raid est déclenché sur la foi de renseignements indiquant que des prisonniers, parmi lesquels des combattants peshmergas, allaient être exécutés ; des fosses fraîchement creusées sont d’ailleurs découvertes sur place. L’opération est menée par une unité antiterroriste du gouvernement régional du Kurdistan, transportée par des hélicoptères américains, avec environ trente militaires américains en appui. Lorsque l’assaut kurde se heurte à une forte résistance, Joshua Wheeler, 39 ans, vétéran de nombreux déploiements en Irak et en Afghanistan, se porte vers le bâtiment avec ses hommes. Il est atteint mortellement en combattant à leurs côtés. Les otages libérés sont pour la plupart des Arabes sunnites, dont des membres des forces de sécurité irakiennes et des civils accusés de collaboration. Plusieurs combattants de l’État islamique sont tués et d’autres capturés, ainsi que des documents.
Le Pentagone, qui présentait jusque-là le rôle des forces spéciales comme une mission de conseil et d’assistance, doit reconnaître qu’elles participent directement à des combats. Joshua Wheeler est inhumé au cimetière national d’Arlington.









