Privés d’aviation de combat et face à des adversaires qui dominent le ciel depuis 2015, les Houthis ont fait de la troisième dimension leur principal levier stratégique. En une décennie, le mouvement a réuni des moyens de frappe dans la profondeur, de renseignement et de défense sol-air en combinant plusieurs sources : stocks hérités de l’armée yéménite, transferts iraniens, assemblage local, imagerie satellitaire commerciale et, à titre expérimental, intelligence artificielle. Ces moyens lui ont suffi pour détourner le trafic de la mer Rouge, vider un aéroport et mobiliser plusieurs coalitions navales. En 2026, ils accompagnent aussi une offensive terrestre qui aboutit à la prise de l’île de Perim, au cœur du détroit de Bab el-Mandeb. Sans constituer une armée de l’air, cet ensemble forme-t-il une proto-composante aérienne capable de produire des effets stratégiques durables ? Et jusqu’où sa dépendance aux soutiens extérieurs et sa vulnérabilité face à une force aérienne moderne en limitent-elles la portée ?
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