CHRONICORUM BELLI du 13 octobre

13 octobre 1307 : arrestation des Templiers dans le royaume de France.

13 octobre 1694 : prise de Fort Neslon par les Français (actuel Canada – Manitoba).

13 octobre 1775 : naissance de l’United States Navy.

13 octobre 1812 : bataille de Queenston Heights (Haut-Canada).

13 octobre 1815 : Joachim Murat est fusillé à Pizzo (Calabre).

13 octobre 1837 : prise de Constantine (actuelle Algérie)

13 octobre 1893 : l’escadre russe de l’amiral Avellan arrive à Toulon.

13 octobre 1899 : début du siège de Mafeking (Afrique du Sud).

13 octobre 1912 : naissance de Roger Wygot, Compagnon de la Libération.

13 octobre 1920 : mort du général Nikolaï Babiev sur le Dniepr.

13 octobre 1930 : premier vol du Junkers Ju 52, ancêtre de la « Tante Ju ».

13 octobre 1943 : le royaume d’Italie déclare la guerre à l’Allemagne.

13 octobre 1944 : premier V2 sur Anvers.

13 octobre 1951 : le bataillon français de l’ONU s’empare de Crèvecœur (Corée).

13 octobre 1961 : assassinat du prince Louis Rwagasore, Premier ministre du Burundi.

13 octobre 1965 : Kasa-Vubu révoque Moïse Tshombe (Congo-Léopoldville).

13 octobre 1977 : détournement du vol Lufthansa 181, le « Landshut ».

13 octobre 1990 : chute du général Aoun et fin de la guerre civile libanaise.

 

Le 13 octobre 1990 au matin, l’armée syrienne et les unités libanaises fidèles au président Elias Hraoui attaquent le réduit du général Michel Aoun autour du palais de Baabda. En quelques heures, Aoun se réfugie à l’ambassade de France et ordonne à ses troupes de cesser le combat. Cette journée est retenue comme la fin de quinze ans de guerre civile.

La guerre du Liban commence le 13 avril 1975 par l’attaque d’un autobus de Palestiniens à Aïn el-Remmaneh, dans la banlieue chrétienne de Beyrouth. Elle oppose d’abord les milices chrétiennes aux organisations palestiniennes et à leurs alliés de la gauche libanaise, puis se fragmente en conflits successifs : affrontements entre communautés, entre factions d’une même communauté, et interventions étrangères. La Syrie entre au Liban en juin 1976 ; Israël l’envahit en 1978 puis en 1982, jusqu’à Beyrouth. La Force multinationale de sécurité, déployée en 1982 avec des contingents américain, français, italien et britannique, perd 241 militaires américains et 58 parachutistes français dans les attentats du 23 octobre 1983, avant de se retirer début 1984. La guerre fait au total plus de 150 000 morts et 17 000 disparus, et provoque le déplacement ou l’exil de centaines de milliers de Libanais.

Le 22 septembre 1988, à l’expiration de son mandat et faute de successeur élu, le président Amine Gemayel nomme le commandant en chef de l’armée, le général Michel Aoun, à la tête d’un gouvernement militaire de transition. Le pays a désormais deux gouvernements, l’un à Beyrouth-Est, l’autre, dirigé par Salim Hoss, à Beyrouth-Ouest. En mars 1989, Aoun lance une « guerre de libération » contre l’armée syrienne, dont les duels d’artillerie dévastent Beyrouth.

Le 22 octobre 1989, les députés libanais réunis à Taëf, en Arabie saoudite, adoptent un accord de réconciliation nationale qui rééquilibre les pouvoirs entre communautés mais ne fixe aucun calendrier précis au retrait syrien. Aoun le rejette. Le président élu en application de l’accord, René Moawad, est assassiné le 22 novembre 1989 ; Elias Hraoui lui succède deux jours plus tard. De janvier à mai 1990, Aoun affronte les Forces libanaises de Samir Geagea dans une guerre fratricide qui ravage le réduit chrétien.

L’invasion du Koweït par l’Irak, le 2 août 1990, prive Aoun de son principal soutien extérieur. La Syrie rejoint la coalition contre Saddam Hussein et obtient en échange les mains libres au Liban. Le gouvernement Hraoui impose un blocus au réduit d’Aoun, puis encercle ses positions.

Le samedi 13 octobre, l’offensive commence à l’aube. Pour la première fois, l’aviation syrienne bombarde le palais de Baabda et les positions de l’armée aouniste. Les blindés syriens progressent vers Baabda, Hadath et le Metn. Vers 9 heures, Aoun gagne l’ambassade de France, voisine, et annonce à la radio qu’il ordonne à ses soldats de se placer sous les ordres du nouveau commandant de l’armée, le général Émile Lahoud. Certaines unités continuent de se battre dans la journée. Les combats font plusieurs centaines de morts. Des soldats et des civils capturés par les troupes syriennes sont exécutés sommairement, en particulier à Dahr el-Wahch et à Bsous ; Amnesty International recense au moins une trentaine d’exécutions. D’autres prisonniers disparaissent dans les prisons syriennes.

Aoun reste dix mois à l’ambassade de France, dont les autorités libanaises réclament la remise. Fin août 1991, il est exfiltré de nuit vers un bâtiment français et conduit en France, où il vit en exil jusqu’au retrait syrien du Liban, en avril 2005. Il est élu président de la République libanaise en 2016.

Les milices sont dissoutes et désarmées en 1991, à l’exception du Hezbollah, qui conserve ses armes au nom de la résistance à l’occupation israélienne du Sud. Une loi d’amnistie couvre les crimes commis pendant la guerre. L’armée syrienne reste au Liban jusqu’en 2005, l’armée israélienne au Sud jusqu’en mai 2000.

13 octobre 2007 : mort à 78 ans du mercenaire français Bob Denard.

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