samedi 20 juillet 2024

Le fascisme n’est pas une idée mais une attitude

Le 27 avril 1945, Mussolini en fuite est arrêté par des partisans. C’en est fait du fascisme historique. Le lendemain même, le dictateur est exécuté après un simulacre de procès. II est ensuite pendu par les pieds, comme une bête de boucherie, et lapidé par une foule déchaînée. Clara Petacci, dont le seul tort est de l’aimer et de ne pas l’avoir abandonné dans l’adversité subit le même sort. Le fascisme en tant qu’attitude vient de renaître.

Car son essence n’est pas d’être une idée politique. Le fascisme historique n’a jamais été qu’un opportunisme circonstancié, mêlant des éléments d’extrême gauche, quelques principes conservateurs, beaucoup de réflexes autoritaires. Il se compose surtout d’attitudes (c’est-à-dire des prédispositions ou un état d’esprit) et de comportements (c’est-à-dire des actions) qui ont perduré.

 

Le fascisme contemporain

Quelles sont ces attitudes et ces comportements ?

La première est l’essentialisation de l’adversaire. Elle consiste à occulter ce qu’il fait pour attaquer ce qu’il est. Ou ce qu’on imagine qu’il est. L’essentialisation peut être raciale, religieuse ou politique. Elle permet d’assimiler ses opposants au mal en les réduisant à une image répulsive.

On ne discute pas, on ne transige pas avec l’ennemi essentialisé, rejeté hors du domaine de la légitimité et aux frontières de celles de l’humanité. On le combat. Parce qu’il n’est pas digne de s’exprimer. Les principes démocratiques de dialogue et de compromis ne s’appliquent pas à lui. Il ne reste plus que l’opposition frontale. La violence et l’intimidation.

La seconde attitude est l’arbitraire. Le fasciste n’a pas besoin de justifier ses pensées ou ses actes puisqu’il estime qu’ils sont justes par nature. Il considère tout débat d’idée comme un piège tendu dans lequel il ne doit en aucun cas tomber. Ses certitudes idéologiques lui tiennent lieu d’argument et de morale.

Les comportements qui en découlent sont l’imprécation, l’intimidation, l’accusation. Le fasciste est avant tout un procureur qui pointe ses adversaires d’un doigt vengeur et jubile à la perspective de les condamner.

La troisième est la soif de contrôle.

La liberté de penser étant celle de dévier, le fasciste la rejette de toutes ses forces. Au contraire, il s’immisce dans l’espace privé, jusque dans les consciences. Il censure, surveille, réglemente. Il interdit.

Le quatrième est la substitution du pathos (l’affect) au logos (la logique). 

Toute contradiction est alors reçue comme agression, toute dissidence comme un crime. Le fasciste vit dans une bulle cognitive imperméable. Même à la réalité. Il voit le monde à travers le prisme de ses fantasmes, à mille lieux du culte de la Raison inauguré par les Lumières.

La violence décomplexée des antifas ou du collectif des Soulèvements de la Terre sont l’exact reflet de celle des chemises noires ou brunes pendant les campagnes électorales italiennes et allemandes du siècle passé. Le comportement de certains groupes LGBT radicaux qui n’hésitent pas à menacer leurs opposants n’a rien à envier à celui de la droite la plus dure. Les déclarations et l’attitude d’un certain nombre de dirigeants politiques ne sont pas en reste. Le fascisme ne se trouve pas toujours où on l’attend.

Il n’est pas attaché à un parti, à un bord politique. Ce serait trop simple. Il est niché dans nos consciences. A tous. C’est notre attitude qui referme une société qui fut ouverte. C’est elle qui transforme les divergences en fossés et qui empêche le jeu démocratique et parlementaire d’exercer son jeu de recentrage et de compromis.

 

La crise démocratique

La démocratie ne consiste pas à vouloir tout ou rien et à imposer sa volonté au camp perdant. Elle fixe une orientation tempérée par les alliances nécessaires, les coalitions indispensables, les contrepouvoirs à prendre en compte, les minorités électorales à respecter. Elle corrige les excès, toujours possibles, par le mouvement de balancier de l’alternance. Elle insiste sur ce qui unit les citoyens plus que sur ce qui les divise. Elle fait d’une revers électoral une déception, pas une défaite.

Il est impossible à la démocratie de fonctionner si l’alternance est perçue comme un danger fondamental et l’adversaire politique comme un ennemi ontologique. C’est pourtant ce qui arrive. L’utilisation de la psychologie comportementale par les équipes de campagne, pour resserrer les rangs, ne fait qu’accentuer le phénomène en stimulant la peur, le sentiment d’urgence, le sentiment d’appartenance identitaire etc. Les élus sont naturellement coupables de jeter de l’huile sur le feu. Mais ce sont nous, les citoyens, qui les avons désignés.

Le péché originel de notre système politique ces dernières années a été de douter des vertus intrinsèques du système démocratique dans une société modérée de classes moyennes. En cantonnant à tout prix certains courants hors des allées du pouvoir au lieu de les intégrer et de les « digérer », il a bloqué la respiration démocratique et probablement favorisé leur expansion. Le péril communiste n’a-t-il pas été définitivement vaincu en France lorsque des ministres de ce parti se sont normalisés en intégrant le gouvernement sous François Mitterrand ?

A l’heure de la compétition globale et des guerres de société, les attitudes et les comportements fascistes, dont aucun parti n’est aujourd’hui totalement exempt, menacent notre nation de dislocation. Nos ennemis extérieurs l’ont compris. Ils cherchent moins à favoriser telle ou telle tendance qu’à diviser les Français pour les rendre impuissants. Leur contribution à l’exacerbation des haines et des clivages est sans doute leur coup de maître.

A force d’entendre dire que ceux qui ne pensent pas comme eux sont des extrémistes menaçants aux préoccupations illégitimes, les Français finissent par le croire et par se crisper en réaction. Ils n’en demeurent pas moins un peuple modéré. Dans le fond, leur rêve inavoué serait simplement de retrouver la parenthèse enchantée du consensus pompidolien.

Nous partageons le même destin national et démocratique. Votons librement et en toute conscience dimanche. Si le résultat nous déçoit ou nous inquiète, les élections suivantes le corrigeront. Nous sommes tous dans le même bateau, n’en faisons pas une galère…

Raphaël CHAUVANCY
Raphaël CHAUVANCY
Raphaël CHAUVANCY est officier supérieur des Troupes de marine. Il est en charge du module "d’intelligence stratégique" de l'École de Guerre Économique (EGE) à Paris. Chercheur associé au CR 451, consacré à la guerre de l’information, et à la chaire Réseaux & innovations de l’université de Versailles – Saint-Quentin, il concentre ses travaux sur les problématiques stratégiques et les nouvelles conflictualités. Il est notamment l'auteur de "Former des cadres pour la guerre économique", "Quand la France était la première puissance du monde" et, dernièrement, "Les nouveaux visages de la guerre" (prix de la Plume et l’Epée). Il s’exprime ici en tant que chercheur et à titre personnel. Il a rejoint l'équipe de THEATRUM BELLI en avril 2021.
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10 Commentaires

  1. Bonjour,

    « Le fascisme historique n’a jamais été qu’un opportunisme circonstancié, mêlant des éléments d’extrême gauche, quelques principes conservateurs, beaucoup de réflexes autoritaires. »

    Non. Cette définition du fascisme est tout à fait fausse, sans nuance, d’une construction intellectuelle discutable puisque non argumentée, orientée à dessein et relevant donc de l’axiome plutôt que de la démonstration rigoureuse. Quelle suffisance en plus de lâcher un « ce n’est jamais que ça enfin mon bon monsieur ».

    Et pour donner quelle idée force ? Le fascisme est une « attitude » ? Pardon et puis quoi encore ? On parle d’une des formes de totalitarisme, c’est pas anodin mais bon j’imagine que finalement le totalitarisme est une école philosophique ou un style de vie ? Le tout s’en donner de définition, mais quelle absence de sérieux ! Finalement le fascisme s’est des gauchistes autoritaires en somme ?

    J’ai pas lu la suite, on le devine. Ma main à couper qu’on y trouve du mépris de classe (100% de votre argumentation dans votre article sur la mort de Nael), des jugements de valeurs, un renversement des hiérarchie de valeur et toute la panoplie des techniques sophiste de projection. Par contre poser des définitions éprouvés par l’histoire et la sciences politiques de la France y a personne.

    On sait que vous êtes de droite. Vos lecteurs savent que vous êtes de droite et ils le sont probablement à part quelques uns.

    Vos partis pris nuisent gravement à la crédibilité de votre site. Déjà, dans les chroniques culturelles, je mettais étranglé du traitement ultra partial des émeutes du 6 février 1934. Outre le parti pris de traitement, cette information ne concernant pas de l’histoire militaire, l’orientation laissait vraiment le doute sur une pub gratuite pour les ligues.

    « Votons librement dimanche. » bah pourquoi vous faites un article d’influence politique ?

    Quand à la peur fondamentale, quand monsieur Pierre Gentillet parle de la suppression de la nationalité juridique des français, la balayant d’un revers de main pour privilégier une approche organique, biologique et ethnique, vois croyez que vos concitoyens qui ont trois onces de sens politiques le prennent comment ?
    Vous croyez que je prends comment le fait que des gens viennent m’expliquer que ma fille ne pourra pas accéder à certains emplois publics, qu’elle est susceptible de se faire expulser du territoire et déchoir de sa nationalité ? Pourquoi ? Mais enfin sa loyauté ! Elle a deux ans mais elle a le tort immense d’avoir une mère binationale, parfaitement intégrée, enfin non si l’on en croit sa couleur de peau. « Ca se voit » Pierre Gentillet.

    Si vous ne comprenez pas la peur que suscite un projet politique basé sur l’exclusion des citoyens du système politique pour des critères héréditaires, je ne peux rien faire pour vous. Mais en plus la vous la balayer avec une suffisance et une condescendance tellement navrante.

    Quand à la timbale médiatique, non des candidats aux législatives qui portent des chapeaux nazis, tiennent des librairies négationnistes, ouvre le feu sur leur concitoyens sont respectables ? Et puis quoi encore ? https://airdehaine.fr/

    Honnêtement si vous participez à la construction d’un espace médiatique de la post vérité, ou les mots ont perdu leur définition commun dévoyé et manipulé dans le but de servir un projet politique, au moins ayez la décence d’en avoir conscience.

  2. « Il considère tout débat d’idée comme un piège tendu dans lequel il ne doit en aucun cas tomber. » vous comprendrez bien ou je veux en venir en modérant ce commentaire

  3. Je mets un dernier clou et je pars, mais voici déjà une petite et succincte analyse de toutes les erreurs dans la définition du concept de fascisme car j’aurais gagné à être davantage précis dans mon premier commentaire.

    Essence et nature du fascisme :

    Erreur : « Car son essence n’est pas d’être une idée politique. »
    Correction : Le fascisme est bien une idéologie politique. Il est fondé sur des principes spécifiques tels que l’autoritarisme, le nationalisme extrême, l’anti-démocratisme, et le culte du chef. La nature idéologique du fascisme est largement documentée par les historiens et politologues.

    Opportunisme circonstancié :

    Erreur : « Le fascisme historique n’a jamais été qu’un opportunisme circonstancié »
    Correction : Bien que les mouvements fascistes aient parfois exploité des opportunités politiques, réduire le fascisme à un simple opportunisme ignore sa base idéologique cohérente et ses objectifs à long terme de restructuration de la société selon des principes autoritaires et nationalistes.

    Mélange d’éléments politiques :

    Erreur : « mêlant des éléments d’extrême gauche, quelques principes conservateurs, beaucoup de réflexes autoritaires »
    Correction : Le fascisme a emprunté certains éléments rhétoriques à diverses tendances politiques, mais il reste distinct de l’extrême gauche et du conservatisme. Les fascistes ont souvent rejeté à la fois le marxisme et le libéralisme, tout en utilisant des méthodes populistes pour mobiliser les masses.

    Définition incomplète et biaisée :

    Erreur : « Il se compose surtout d’attitudes […] et de comportements […] qui ont perduré. »
    Correction : Définir le fascisme uniquement par des attitudes et comportements est réducteur. Le fascisme est une idéologie structurée avec des doctrines spécifiques concernant la nation, l’État, et le rôle de la violence et de la guerre dans la société. Le fascisme vise la transformation radicale de la société par le biais de la suppression de la démocratie libérale et l’établissement d’un régime totalitaire.

    Totalitarisme ignoré :

    Erreur : L’absence de mention du totalitarisme.
    Correction : Le fascisme est intrinsèquement lié au concept de totalitarisme, où l’État cherche à contrôler tous les aspects de la vie publique et privée. Ignorer cet aspect fondamental omet une caractéristique cruciale du fascisme, qui distingue clairement ce régime d’autres formes de gouvernement autoritaire.

    En somme, la définition fournie dans le passage minimise la complexité idéologique et les ambitions totalitaires du fascisme, tout en confondant ce mouvement avec des phénomènes politiques de nature différente. Une définition plus précise et historiquement rigoureuse reconnaîtrait le fascisme comme une idéologie totalitaire, profondément ancrée dans un nationalisme extrême et une volonté de restructurer radicalement la société.

  4. Tout le monde dit que le niveau scolaire est en chute libre. J’espère que vous avez un meilleur argumentaire pour vos élèves. Ces poncifs éculés que nos médias adorent car ils ne veulent rien dire.
    Une vraie et bonne analyse de la situation politique du pays.
    Vous verrez que c’est d’un autre niveau, que l’on soit d’accord ou pas il y a un argumentaire, une analyse pertinente.
    https://grosrougequitache.fr/le-temps-de-la-clarification-chroniques-dune-anarchie-annoncee/

  5. La définition du fascisme comme une attitude plus que comme une idéologie peut se justifier par le caractère peu ou pas idéologique, précisément, des exemples de fascisme que nous a laissé l’histoire. Typiquement on se souvient de l’Espagne franquiste, de l’Italie fasciste éponyme, de l’Allemagne nazie et du Japon militariste. Dans la mesure où l’idéologie raciste nazie se démarque clairement des autres, et que le nationalisme japonais fut simplement un militarisme poussé à l’extrême, les nationalismes espagnols ou italiens ne furent guère « idéologiques » en eux-mêmes, si l’on oublie le socialisme initial de Mussolini. On peut mettre en avant le totalitarisme, qui fut présent en Allemagne et au Japon, mais guère en Espagne ou en Italie… Bref, parler d’une « attitude » fasciste, plus que d’un projet particulier appuyé sur des idées structurées, est assez plausible.
    Même le nationalisme n’est pas un point commun, sinon comment expliquer l’européisme racial nazi qui séduisit des français, des belges et des … ukrainiens ?
    De plus, on ne peut identifier fascisme et totalitarisme car le communisme lui fut bien, et au combien, un totalitarisme, qui plus est infiniment plus efficace. Il est toujours déployé en Chine, par exemple.

    Il y a des idéologues de droite extrême qui jouent avec des « idées » mais on remarquera leurs extrêmes différences manifestées par leurs antagonismes furieux, au point qu’on peut définir cette mythique « extrême droate » comme précisément l’unité que forme un ensemble d’ennemis irréconciliables ! Entre les paiens, les barbares, les virilistes, les royalistes, les européistes, les cathos ultras, les ésotéristes, les islamistes, on s’y perd, et se contenter de ne repérer dans ce foutoir que des attitudes effectivement communes de violence autoritaire, de refus d’argumenter, de volonté d’imposer, et de romantisme émotionnel est assez convaincant.

    On peut donc ajouter à la liste tous les extrémismes violents d’extrême gauche, les zadistes communautaristes, les écolos « de la terre », les anti flics, les bobos gazaouis, les black blocks, les frères musulmans et les antifas (les pires) qui ne sont du point de vue de leur attitude, que des fascistes au sens strict et qui peuvent être légitimement méprisés et combattus. Au fait, ils partagent tous un gout de la violence qui leur fait côtoyer « idéologiquement » la pègre tout simplement et avec laquelle ils s’acoquinent naturellement.

    On rappellera également que ce qu’on appelle « idéologie » initialement associée au capitalisme bourgeois par Marx et Engels, s’est finalement transformée en la grande idée du peuple unifié dans un prolétariat victorieux du bourgeois à faire disparaitre, idéologie commune, cela est sûr, à tous les fascismes de gauche.
    Nier ces accointances c’est donc se situer « à gauche » et la véhémence étrange avec laquelle « jean gabriel » dénonce la thèse a ainsi toutes les caractéristiques de l’attitude décrite, mécontente de s’être faite photographier en pleine lutte.

    • Vous tombez précisément dans toutes les facilités intellectuelles fallacieuses que je dénonce :
      – absence de définition rigoureuse des termes
      – relativisme historique
      – attaque sophiste par projection
      – détournement d’attention
      – objectif partisan assumé

      Forcement vous ne bornez pas votre analyse et vous partez dans tous les sens de manière partiale.

      C’est d’autant plus triste que cette profonde faiblesse intellectuelle sert un but parfaitement partisan.

      Je suis peut-être véhément mais au moins je fait preuve d’un minimum de cohérence et d’honnêteté intellectuelle.

      Si vous voulez me répondre, j’en profite pour vous poser quelques questions :
      – quels sont les caractéristiques politiques de l’extrême droite ?
      – quelle est la différence majeure avec le fascisme ?
      – quelle est la différence entre fascisme et nazisme ?
      – quelle est le point commun des régimes totalitaires ?

      • A mon sens, vous manquez d’arguments et vous contentez de juger par force, c’était mon point. Vos 5 attaques injustifiées ne méritent donc qu’une seule réponse, celle-là. Vos coups de griffes supplémentaires, dont l’accusation de « partisan » qui plus est faible intellectuellement, n’arrangeant pas votre cas. Une vraie crise de colère continuée, dont la cohérence et l’honnêteté sont absentes. Comme quoi, il est parfois difficile de maitriser son image. Néanmoins, à votre avantage cette fois, nous avons l’occasion de discuter, donc à mon humble avis:

        1) L’extrême droite c’est la partie (droite) de la droite qui critique voire déconsidère la démocratie et qui, la considérant déshonorée par les pratiques du reste du champ politique souhaite lui substituer une autre version, plus autoritaire et plus efficace, de la gouvernance étatique. Le Gaullisme fut considéré d’extrême droite, et même traité de fasciste sous la IVème république. Elle agit en participant à un système démocratique, tout en le menaçant. Notons que ces menaces sont relatives, la constitution de la Vème république ayant été considérée comme non démocratique par les tenants d’une démocratie représentative excluant scrutin uninominal, référendums et suffrage universel pour l’élection d’un président aux pouvoirs personnalisés.

        2) Le fascisme est un ensemble d’attitudes autoritaires et violentes, qui colore, justifie et anime les dictatures et sert d’horizon à tout ce qui par force veut s’imposer au corps social et le soumettre. Il n’est ni de droite ni de gauche et n’est qu’un enthousiasme malsain à la limite du criminel. Le fascisme n’entretient aucune ambiguïté avec la démocratie: il la rejette complètement et l’abolit entièrement dès qu’il obtient le pouvoir.

        3) Le nazisme est un projet de domination raciale du monde au service d’une bande de gangsters qui s’était entièrement débarrassé de tout christianisme au point de fonder une sorte de nouvelle religion, une spiritualité barbare qui s’est évanouie avec son gourou. Il est un super fascisme en ce qu’il exploite les attitudes correspondantes avec une vraie volonté organisée de conquêtes et de destructions.

        4) les régimes totalitaires partagent (c’est la définition de Arendt) la volonté de destruction de toute espèce de liberté. C’est pour cela que le système chinois actuel qui laisse une société économique s’organiser est souvent considéré comme non totalitaire, même si le contrôle global de toute la société y est en fait extrême et s’autorise les pires excès (on pense à la gestion de la pandémie, ou au sort de ouighours).

        Comme je vois où vous voulez en venir, je voudrais dire qu’amalgamer tous ces concepts en un gros « caca boudin » qu’on lance à la figure de Marine Lepen pour mieux motiver à ne pas voter pour elle n’est ni justifié ni raisonnable. Il y a d’autres arguments.
        Le Rassemblement national actuellement ne promeut pas de modification de la gouvernance ou de changement drastique de la constitution, n’entretient pas de milice violente, n’est pas porteur d’une idéologie raciste ou autoritaire, ne soutient pas des régimes étrangers en guerre. Il est un parti populaire populiste moderne, qui récupère les mécontentements variés d’une population inquiète de la gestion du pays dans un paysage politique fractionné.
        Mais il est vrai qu’il fut cofondé par un Waffen SS français (un comble pour un « nationaliste »), Pierre Bousquet, qui combattit à Berlin fin avril 1945, cela ne se rachète pas…

  6. Bonjour,
    dans votre conclusion vous parlez du consensus pompidolien. Vous souhaitez retrouver cette parenthèse enchantée, ce programme modéré qui répondait aux attentes d’un peuple modéré?
    Pour rappel, Pompidou c’était (entre autres choses biensur):
    – une prise de conscience écologique (discours de chicago, création du 1er ministère de l’environnement)
    – planification industrielle et aménagement du territoire par des projets d’investissement étatique
    – embargo sur les armes à destination d’Israël
    – régularisation des immigrés clandestins (portuguais et espagnols) qui travaillent en France
    – impôt sur le revenus à 65% pour la dernière tranche d’imposition (les plus riches)
    Et cela me fait étrangement penser au programme du Nouveu Front Populaire!
    Cordialement.🙂

  7. Article qui masque mal l’accointance totale d’opinion de son auteur avec les héritiers actuels. Il ne manque que « on les a pas essayé », ce qui aurait apporté la pointe de ridicule nécessaire après l’introduction historique utilisée.

  8. Pour mettre des données un peu concrètes dans le débat, notamment sur les actes de terrorisme :

    https://www.consilium.europa.eu/fr/infographics/terrorism-eu-facts-figures/

    Bilan :
    -Il y a historiquement plus de violence de gauche que de droite (sachant que leur définition de la « gauche » inclut les mouvances anarchistes, ce qui me semble un peu différent)
    -Ces dernières années, la tendance s’inverse, et actuellement, nous avons plus de problèmes avec l’extrême droite que l’extrême gauche. Les chiffres n’allant que jusqu’à 2021, il n’est pas déraisonnable de penser que l’écart s’est encore creusé.
    -De toute manière, tout ça est moins ennuyeux que le djihadisme, vainqueur incontesté dans la catégorie « terrorisme ».

    Maintenant, sur mon avis personnel (et là, je suis conscient que je ne vais pas me faire que des amis) : le problème du RN (puisque c’est de ça qu’on parle, on est bien d’accord ? ) n’est pas tant leur extrémisme. Ils ont élargi leur base électorale justement en mettant sous le tapis cet ADN politique, et s’ils le ressortent, ils perdent cette base électorale élargie.

    Le problème est l’irréalisme de leurs propositions budgétaires, leur proximité louche avec la Russie, leur déni total sur le changement climatique alors qu’il est d’ores et déjà à l’origine de mouvements migratoires difficiles à contrôler (ce n’est que le début : dans un monde à +4°C, toute l’Afrique centrale est inhabitable, au sens strict du terme… ces gens vont bien devoir aller quelque part). Par ailleurs, ce discours qu’on retrouve occasionnellement dans ces mouvances politiques, d’une confrontation violente avec « les cités », en s’abstenant bien de désigner précisément un ennemi, ou les moyens dont il dispose, ou de chiffrer les moyens qu’il faudrait aligner, ou de définir la situation finale souhaitée… bref, ça ressemble plus à un excès de testostérone qu’à une ligne politique. Je ne suis pas opposé par principe à l’usage de la violence, mais pas sans savoir où on met les pieds.

    Cependant, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, il y a quelques propositions intéressantes notamment dans la gestion des OQTF algériennes. Mais clairement, que ce soit sur la sécurité européenne, le climat ou le budget, l’extrême droite est à mon sens beaucoup plus proche du problème que de la solution.

    L’incompétence peut être plus problématique que l’extrémisme. L’incantatoire ne fait pas une politique.

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