17 février 1500 : bataille de Hemmingstedt.
La bataille de Hemmingstedt se déroula le près du village homonyme dans le Schleswig-Holstein, en Allemagne. Elle fut la conclusion d’une tentative de Johann et de son frère Friedrich, co-ducs de Schleswig et de Holstein, de soumettre la paysannerie de Dithmarse, qui avait fondé depuis le Moyen Âge une république paysanne (en allemand : Bauernrepublik) sur la côte de la mer du Nord. Johann était à l’époque roi de l’Union de Kalmar et son frère Friedrich le deviendra.
L’armée ducale ne comptait pas moins de 12 000 soldats, dont 4 000 mercenaires venant des Pays-Bas, 2 000 chevaliers en lourde armure du Schleswig et Holstein, 5 000 serviteurs et d’une artillerie servie par mille hommes. La république paysanne n’avait à sa disposition que 6 000 hommes, tous des paysans. Mais ils étaient bien armés et organisés en milices, combattaient pour défendre leur pays et leurs terres. Le paysan Wulf Isebrand est considéré comme l’organisateur de la défense paysanne.
Après la prise du village de Meldorf, l’armée ducale s’avance, mais est arrêtée par une barricade équipée de canons. Les défenseurs ont ouvert une écluse dans une digue afin d’inonder les terres aux alentours. La terre s’est rapidement transformée en marécages et lacs. Regroupée sur une route étroite, ne disposant pas de terrains solides sur lesquels aller se déployer, l’armée ducale fut incapable d’imposer sa supériorité numérique. Les paysans, plus légèrement équipés et connaissant bien le champ de bataille, purent se servir de perches pour franchir les fossés.
L’armée des féodaux fut ainsi battue à plate couture. La plupart des soldats de l’armée ducale ne furent pas tués par les armes de leurs ennemis, mais se noyèrent. Le nombre des victimes chez les gens de Dithmarse n’est pas connu, mais leurs ennemis perdirent plus de la moitié de leurs effectifs, 7 000 tués, 1 500 blessés. Le tiers des chevaliers allemands périt également.
La bataille de Hemmingstedt est un excellent exemple de l’utilisation du terrain dans la tactique militaire. Les Hussites en avaient également fait une des causes principales de leurs victoires.

17 février 1812 : bataille de Mormant.
La bataille de Mormant se déroule le près de Mormant (Seine-et-Marne) et se solde par une victoire des troupes françaises du maréchal Victor et du général Gérard sur les troupes bavaroises et russes, commandées par le général Pahlen.
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L’armée française est divisée en trois colonnes :
- à droite, la division Chataux,
- au centre, les divisions Dufour et Henri Rottembourg sous les ordres du général Gérard,
- à gauche, la division Duhesme.
Ces trois colonnes forment le 2e corps du maréchal Victor. Elles sont précédées et flanquées, à gauche, par la cavalerie de Milhaud, composée des brigades des généraux Subervie, Montélégier, Ludot et la cavalerie légère de Piré. À droite, la cavalerie de Kellermann, composées des brigades des généraux Lamotte, Collaert, Ismert, d’Ornano, des dragons des généraux Trelliard, Lhéritier et Briche, vétérans d’Espagne.
Derrière l’infanterie du 2e corps, le 7e corps du maréchal Oudinot est prêt à assurer un soutien. Les divisions Boyer et Rottembourg contrôlent la grande route et le parc du château de Vernouillet. À leur droite se tient la division de cavalerie Bordesoulle, formée de jeunes recrues.
L’artillerie de Drouot, elle, s’établit en plusieurs batteries sur la grande route à l’entrée de Guignes.
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Peu avant Mormant, Victor rencontre un corps russe fort de 8 000 hommes, qui refuse le combat, se retire et se retranche dans le village de Mormant. Voyant l’ennemi retranché, le général Gérard s’élance à l’attaque à la tête du 5e bataillon du 32e régiment de ligne. Dans son élan, il culbute les Russes hors du village et fait prisonniers deux bataillons ennemis. Le général russe Peter von der Palhen évacue le village, tandis que sa cavalerie s’efforce de couvrir l’avant-garde en retraite.
Soudain, la cavalerie légère du général Piré et les dragons du général Trelliard, qui avaient contourné les positions russo-bavaroises, prennent de flanc les chasseurs et lanciers russes et les culbutent. Poursuivant sur leur lancée, les cavaliers français rattrapent l’infanterie coalisée qui vient de subir le feu nourri d’une batterie de 36 pièces de l’artillerie de la Garde commandée par Drouot.
Désespérément, les Russo-Bavarois se forment tant bien que mal en deux carrés. L’un, assailli par les cavaliers de Kellermann et de Milhaud, est enfoncé et se rend. L’autre tente de se sauver vers les marais d’Ancœur, mais est anéanti par les brigades Ismert (4e, 10e dragons), et Ludot (13e et 16e dragons).
Les vieux dragons d’Espagne poursuivent et sabrent les fuyards, qui se replient vers Maison-Rouge et Bailly-Carrois. Au défilé de Nangis, le général Piré fait encore un grand nombre de prisonniers et s’empare de six bouches à feu. L’armée française poursuit les alliés en débandade jusqu’à Valjouan, où elle tombe sur la division autrichienne Lamotte. Celle-ci est tout d’abord repoussée par l’infanterie de Gérard, puis taillée en pièces par une charge des cuirassiers du général Bordesoulle. Le général Lhéritier, sans ordre du maréchal Victor, n’ose cependant pas charger de flanc les fuyards avec ses dragons, action qui eut entraîné l’anéantissement des troupes autrichiennes.
À la suite de la prise de Mormant, la cavalerie des généraux Kellermann, Milhaud, Anne-François-Charles Trelliard et Briche, ainsi que le 2e corps du maréchal Victor, poursuivent les Coalisés qu’ils battent aux combats de Villeneuve-le-Comte (Villeneuve-les-Bordes aujourd’hui) et de Valjouan. Napoléon, qui est arrivé à Mormant, marche sur Nangis, qu’il prend au terme d’un furieux combat, et se prépare à affronter l’ennemi à Montereau.
Les Russo-Bavarois perdent dans l’affrontement 3 000 tués ou blessés (en comptant les pertes des combats de Valjouan et Villeneuve-le-Comte (Villeneuve-les-Bordes) et abandonnent aux Français 2 000 prisonniers, ainsi que onze pièces d’artillerie.
L’empereur Napoléon 1er installa son quartier général dans la ville voisine de Guignes (Seine-et-Marne) à l’hôtel « Sainte-Barbe » qui existe encore de nos jours (une plaque et une icône sont fixées sur la façade). Un monument (en russe et français) rappelant la bataille existe dans le parc de Mormant (derrière l’église).

17 février 1859 : prise de la citadelle de Saïgon.
Le 17 février 1859, une force expéditionnaire franco-espagnole placée sous le commandement du vice-amiral Charles Rigault de Genouilly s’empare de la citadelle de Saïgon, au cœur de la Basse-Cochinchine. L’opération, menée en moins d’une journée, constitue un tournant dans la campagne de Cochinchine engagée par la France depuis septembre 1858. Trois semaines plus tard, la forteresse est délibérément détruite à l’explosif, faute d’effectifs suffisants pour la tenir. L’événement marque la première implantation durable de la France dans le sud du Viêt Nam et préfigure la colonisation de l’ensemble de l’Indochine.
La citadelle de Saïgon, également connue sous son nom vietnamien de Thành Gia Định, possède une histoire singulière. Sa construction remonte à 1790, lorsque Nguyễn Ánh — le futur empereur Gia Long — entreprend de bâtir une vaste place forte pour se protéger des armées de la dynastie Tây Sơn. Le prince fait appel à deux officiers français recrutés sur les conseils de Mgr Pigneau de Béhaine : Olivier de Puymanel et Théodore Lebrun. Ces derniers conçoivent un ouvrage de fortification inspiré des principes de Vauban. 30 000 ouvriers sont mobilisés pour les travaux. La citadelle, édifiée en pierre et en terre, présente un périmètre d’environ 4 176 mètres, une forme octogonale évoquant une fleur de lotus, et huit portes. Elle est entourée de fossés profonds et son site, en position dominante, est bordé sur trois côtés par des cours d’eau. Les visiteurs étrangers qui la découvrent dans les années 1820, comme l’envoyé britannique John Crawfurd, décrivent un ouvrage de facture européenne, doté d’un glacis, d’une esplanade, de remparts et de bastions réguliers.
Cette première citadelle, surnommée « Bát Quái » (les Huit Trigrammes), n’est toutefois pas celle que les Français attaquent en 1859. En 1833, le général Lê Văn Khôi s’en empare lors d’une rébellion contre l’empereur Minh Mạng. La révolte dure jusqu’en 1835. Après la reprise de la forteresse, Minh Mạng, furieux qu’elle ait si bien servi les rebelles, ordonne sa destruction. Il la fait remplacer en 1836-1837 par un ouvrage nettement plus petit, de forme carrée, avec quatre bastions d’angle. Cette seconde citadelle, dite « citadelle du Phénix » (Thành Phụng), mesure environ 475 mètres de côté. Ses murs, érigés en granit, en brique et en terre, atteignent une vingtaine de mètres de haut et sont bordés de fossés profonds. Mais sa configuration la rend plus vulnérable aux bombardements depuis les voies d’eau avoisinantes — une faiblesse que les Français exploitent 22 ans plus tard.

Le contexte : l’enlisement à Tourane et la décision de frapper au sud
L’expédition de Cochinchine débute en septembre 1858. Sur ordre de Napoléon III, et après l’échec de la mission diplomatique de Charles de Montigny, le vice-amiral Rigault de Genouilly est chargé d’intervenir au Viêt Nam. Le prétexte officiel est la protection des missionnaires catholiques persécutés par l’empereur Tự Đức. L’objectif stratégique, moins avoué, tient aux ambitions commerciales et coloniales françaises en Extrême-Orient.
Rigault de Genouilly dispose d’une force de 14 navires de guerre, d’environ 1 000 fantassins de marine français et de 1 000 soldats provenant des garnisons espagnoles des Philippines (550 Espagnols et 450 Philippins). Le 1er septembre 1858, ses troupes s’emparent de Tourane (Da Nang) après un bref bombardement. Mais très vite, l’expédition s’enlise. Les forces franco-espagnoles, incapables d’avancer dans l’intérieur des terres au-delà de la portée de l’artillerie navale, se trouvent de facto assiégées par les Vietnamiens. Les maladies tropicales — choléra, dysenterie, fièvres — déciment les effectifs.
Dès l’automne 1858, Rigault de Genouilly envisage d’ouvrir un second front. Il écarte l’hypothèse d’une opération au Tonkin, qui nécessiterait un soulèvement des chrétiens vietnamiens, et se tourne vers la Basse-Cochinchine. Saïgon présente un intérêt stratégique considérable : la ville est le grenier à riz du royaume, source d’approvisionnement vitale pour l’armée vietnamienne. En s’en emparant, les Français espèrent porter un coup décisif. En janvier 1859, Rigault de Genouilly soumet son projet au ministre de la Marine, l’amiral Ferdinand Hamelin. L’expédition est approuvée.
Le 2 février 1859, Rigault de Genouilly quitte Tourane, laissant au capitaine de vaisseau Thoyon le soin de tenir la place avec une garnison réduite et deux canonnières. Sa division navale se compose des corvettes Phlégéton et Primauguet, des canonnières Alarme, Avalanche et Dragonne, de l’aviso espagnol El Cano et des transports Saône, Durance et Meurthe. L’escadre fait halte cinq jours en baie de Cam Ranh pour attendre quatre navires de ravitaillement.
L’approche de Saïgon par la voie fluviale s’annonce ardue. Les Vietnamiens ont disposé tout au long de la rivière de Saïgon un dispositif défensif comprenant des fortins, des palissades (estacades) et des batteries côtières. Le 10 février, les deux forts qui défendent le mouillage intérieur de Vũng Tàu (cap Saint-Jacques) sont détruits. Le 11, l’escadre remonte la rivière Đông Nai et incendie le fort de Cần Giờ. Du 11 au 15 février, les navires français réduisent successivement au silence les forts d’Ong Gia, Cha La, Tay Ray et Tang Ki. En tout, ce sont onze ouvrages fortifiés et trois estacades qui sont neutralisés sur un parcours d’environ vingt-cinq lieues de rivière. Le soir du 15 février, la flottille parvient en vue de Saïgon.
L’assaut du 17 février 1859
Saïgon est défendue au sud par deux forts construits à l’européenne et au nord par la citadelle proprement dite. Dès que l’escadre se présente, les canons des forts méridionaux ouvrent le feu. L’un d’eux est rapidement réduit au silence ; l’autre, mieux armé, ne peut être attaqué que le lendemain. C’est le 16 février que le capitaine de frégate Jean Bernard Jauréguiberry, futur amiral et ministre de la Marine, procède à une reconnaissance de la citadelle depuis le bord de la canonnière Avalanche.
Au matin du 17 février, l’assaut est lancé. Les navires de guerre ouvrent un feu nourri sur les défenses sud-est de la citadelle, créant des brèches dans les murailles. Environ 1 000 marins et fantassins de marine français débarquent, appuyés par le contingent espagnol et philippin. L’infanterie de marine prend d’assaut la forteresse. Le sergent des Pallières, de l’infanterie de marine, est le premier à pénétrer dans l’enceinte. La garnison vietnamienne, forte d’environ un millier d’hommes, équipée principalement de mousquets à mèche et disposant d’une artillerie limitée, ne peut soutenir le choc. Dès que les assaillants franchissent les murs, les défenseurs battent en retraite.
Une contre-attaque est cependant tentée. Une force d’environ un millier de soldats vietnamiens se lance à l’assaut pour reprendre la position. L’amiral Charner, qui dirige personnellement l’action sur le terrain, repousse cette tentative avec l’appui déterminant des troupes philippines placées sous les ordres du colonel espagnol Lanzarote. À dix heures du matin, les drapeaux français et espagnol flottent au sommet de la citadelle. L’opération a duré moins d’une journée.
La prise de la citadelle livre aux Franco-Espagnols un matériel de guerre et des approvisionnements d’une ampleur considérable. Les inventaires dressés après la bataille, rapportés notamment par Le Monde illustré dans son édition du 23 avril 1859, font état de 200 bouches à feu en fer et en bronze, d’une corvette, de 7 ou 8 jonques de guerre en cours de construction, de 20 000 armes blanches et armes à feu (sabres, lances, fusils, pistolets), de 85 tonnes de poudre, de quantités importantes de cartouches, de fusées, de projectiles et de plomb, ainsi que de réserves de riz suffisantes pour nourrir 7 à 8 000 hommes pendant un an. Une caisse militaire contenant 130 000 francs en monnaie locale est également saisie. La victoire est totale sur le plan matériel.
La décision de détruire la citadelle
Malgré cette victoire, Rigault de Genouilly se trouve confronté à un problème opérationnel majeur. La citadelle, même dans sa version réduite de 1837, demeure un ouvrage immense. Les forces franco-espagnoles sont nettement insuffisantes pour en défendre l’ensemble du périmètre face à une éventuelle contre-offensive vietnamienne. Or, les effectifs disponibles ne permettent pas de renforcer significativement la garnison : la majeure partie des troupes doit retourner à Tourane, où la situation de la garnison du capitaine Thoyon se détériore. Laisser la citadelle intacte, c’est prendre le risque qu’elle soit reprise par les Vietnamiens et serve à nouveau de bastion défensif contre les Français.
Rigault de Genouilly prend alors une décision radicale : faire détruire la forteresse. Trente-deux mines sont préparées par les sapeurs du Génie. Le 8 mars 1859, les charges explosent et la citadelle de Saïgon est rasée. Les entrepôts de riz, mis à feu dans la foulée, brûlent pendant plusieurs mois. L’un des paradoxes de cette décision est que l’ouvrage détruit avait été initialement conçu soixante-neuf ans plus tôt par des officiers français au service du futur empereur Gia Long.
En avril 1859, Rigault de Genouilly regagne Tourane avec le gros de ses forces, laissant à Saïgon une garnison réduite placée sous le commandement du capitaine de frégate Jauréguiberry. Ce détachement comprend une compagnie d’infanterie de marine française, une compagnie d’infanterie légère philippine sous commandement espagnol et environ quatre cents marins affectés à l’artillerie, soit un effectif total d’un millier d’hommes. Rigault laisse également à Saïgon la corvette Primauguet, les canonnières Avalanche et Dragonne et le transport Durance. Les Français réparent le fort méridional capturé en février et le convertissent en bastion pour la garnison.
La position de Jauréguiberry reste précaire. Le 21 avril 1859, il lance une attaque surprise contre une fortification vietnamienne érigée à l’ouest de la ville. L’opération réussit, mais coûte 14 tués et 31 blessés sur 800 hommes engagés. Ces pertes, relativement élevées au regard de la faiblesse de l’effectif, découragent toute sortie ultérieure. La garnison se cantonne dès lors dans ses retranchements, attendant des renforts qui tardent à venir.
La prise de Saïgon, pour significative qu’elle soit, s’avère une victoire en demi-teinte dans l’immédiat. Comme à Tourane, les forces franco-espagnoles sont trop faibles pour exploiter leur succès. Pendant ce temps, l’attention de Paris est accaparée par la deuxième guerre d’indépendance italienne, qui mobilise un grand nombre de troupes en Europe. En novembre 1859, Rigault de Genouilly, critiqué en France pour les résultats jugés insuffisants de la campagne, est remplacé par le contre-amiral François Page. Ce dernier reçoit pour instruction de négocier un traité protégeant la liberté religieuse sans rechercher de gains territoriaux. Les Vietnamiens, conscients de la dispersion des forces françaises, font traîner les pourparlers.
Il faut attendre février 1861 et l’arrivée de renforts importants, libérés par la fin de la guerre avec la Chine, pour que les troupes de l’amiral Charner brisent le siège de Saïgon lors de la bataille de Kỳ Hòa. La conséquence à long terme de la prise du 17 février 1859 est néanmoins décisive. Elle aboutit au traité de Saïgon du 5 juin 1862, par lequel l’empereur Tự Đức cède à la France trois provinces méridionales et l’archipel de Poulo Condor, jetant les bases de la Cochinchine française.
Le rôle de Rigault de Genouilly dans la campagne de Cochinchine fait l’objet de controverses de son vivant même. Certains lui reprochent d’avoir dispersé ses forces entre Tourane et Saïgon sans pouvoir tenir solidement ni l’un ni l’autre site. L’amiral s’en défend avec vigueur. « Je dois maintenir et je maintiens que j’ai pris Saïgon, que je ne l’ai point abandonné, qu’il n’a pas été à reprendre, et que c’est moi qui ai donné Saïgon à la France », écrit-il en 1862 dans une lettre au ministre de la Marine. L’amiral Hamelin, les maréchaux Pélissier et Canrobert comptent parmi ses défenseurs. Quel que soit le jugement porté sur sa conduite de la campagne, la prise de Saïgon demeure l’acte fondateur de la présence française dans le sud du Viêt Nam.
De la citadelle de Saïgon, il ne subsiste aujourd’hui aucun vestige visible. Après sa destruction en 1859, les Français établissent sur son emplacement un cimetière, puis une caserne d’infanterie coloniale (Caserne de l’infanterie) construite entre 1870 et 1873. Le quartier conserve le nom de « Citadelle » tout au long de la période coloniale. Sous la République du Viêt Nam, le président Ngô Đình Diệm renomme le site Thành Cộng Hòa (citadelle de la République) et y installe le quartier général de sa garde présidentielle. Aujourd’hui, le terrain est occupé par l’université des sciences sociales et humaines de Hô Chi Minh-Ville et par le siège de la chaîne de télévision HTV. Seuls deux bâtiments coloniaux, situés à l’intersection des rues Lê Duẩn et Đinh Tiên Hoàng, rappellent encore l’existence de l’ancienne caserne et, à travers elle, celle des citadelles disparues de Gia Định.
17 février 1864 : USS Housatonic, premier navire coulé par un sous-marin (CSS H. L. Hunley).
Le CSS H. L. Hunley est un sous-marin à propulsion humaine utilisé par la Confederate States Navy des États confédérés lors de la guerre de Sécession ayant démontré à la fois les avantages et les dangers de la guerre sous-marine.
Le 17 février 1864, au large du port de Charleston, en Caroline du Sud, il coula le navire unioniste USS Housatonic, première fois qu’un sous-marin coulait un navire dans l’histoire maritime mais il coula également lors de cette attaque avec son équipage de 8 hommes. Son épave a été repérée en 1970, formellement identifiée en 1995, remontée en 2000 et en partie restaurée pour exposition en 2011.
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Ce sous-marin est l’idée d’un homme d’affaires sudiste. Horace Lawson Hunley, en effet, se rend compte dès le début de la guerre que les États de l’Union peuvent organiser un blocus auquel les États du sud ne sont pas préparés.
Avec l’aide de James McClintock, il va construire un petit sous-marin dans la ville portuaire de Mobile en Alabama. Mesurant 12,04 mètres de long pour 1,17 mètre de diamètre et pesant 8 tonnes, le submersible est propulsé par une manivelle qu’actionne un équipage de huit hommes.
Le CSS H. L. Hunley fut conçu pour attaquer les navires du Nord qui faisaient un blocus des ports du Sud. Le sous-marin disposait d’une longue perche à l’avant, terminée par une charge explosive appelée « mine-torpille » (spar torpedo). Le sous-marin devait approcher le navire ennemi, y attacher l’explosif, reculer et le faire détoner. L’opération était extrêmement dangereuse et il n’y avait pas d’autre alimentation en air que celui contenu dans le faible espace intérieur.
Après des essais réussis en mer, le CSS H.L. Hunley, qui s’appelait alors Fish Boat, est envoyé par voie ferrée à Charleston sur la côte atlantique. Le sous-marin sombra à deux reprises, entraînant la première fois, le 29 août 1863, la mort de la moitié de l’équipage, et la seconde fois, le 15 octobre 1863, celle des huit hommes d’équipage, dont Hunley lui-même.
Le 17 février 1864, le CSS Hunley coule le USS Housatonic près du port de Charleston : c’est la première fois qu’un sous-marin parvient à couler un autre navire, bien que le CSS H. L. Hunley ait lui-même sombré peu de temps après avoir signalé sa victoire. Les sous-marins n’ont pas eu un grand impact sur l’issue de cette guerre, mais ont commencé à attirer l’attention et ont montré leur importance future dans les engagements navals.

17 février 1877 : naissance d’André Maginot.
André Maginot nait le 17 février 1877 à Paris, son père est notaire. Il passe régulièrement des vacances en Meuse, à Revigny-sur-Ornain.
Il effectue une année de service militaire à Bar-le-Duc au 94e Régiment d’Infanterie.
Il fait de brillantes études de Sciences Politiques et de Droit. Il entre au Conseil d’Etat puis devient directeur de l’intérieur au gouvernement de l’Algérie.
Il entre en politique en devenant Conseiller Général puis en 1910 député de Bar le Duc.
A partir de 1913 il devient sous-secrétaire d’Etat à la Guerre. Lorsque la première guerre mondiale débute, malgré son statut il demande à être engagé comme simple soldat, au 44ème Régiment Territorial.
Il se retrouve en première ligne, et réalise de nombreuses patrouilles de reconnaissances. Il se frotte à plusieurs reprises à l’ennemi, ce qui lui vaut le grade de caporal, puis de sergent.
Le 9 novembre 1914, Maginot est gravement blessé dans le bois des Haies au nord de Maucourt sur Orne. Ramené à l’abri de manière héroïque par ses hommes, Maginot ne retourne pas au front. Il devient ministre des colonies en 1917 puis reçoit la Légion d’Honneur en 1919.
En 1920, il est nommé ministre des Pensions. Seront crées la carte de combattant, l’Office National des anciens combattants, des emplois réservés etc…
En janvier 1920 il organise la cérémonie de choix du soldat inconnu dans les sous-sols de la citadelle de Verdun. En Janvier 1922 il devient ministre de la guerre.
Il est favorable à une défense ferme des frontières et fait développer un projet de défenses le long des frontières de l’Est. Bien que remplacé par Paul Painlevé en 1924, il continue à collaborer à ce projet, notamment en aidant à trouver les financements nécessaires.
En novembre 1929 il récupère le poste de ministre de la guerre, le projet a beaucoup avancé et les travaux ont démarrés en 1928. Mais Maginot arrive à faire voter un budget de 3,3 milliards de francs, puis 2,4 milliards en 1930 et 1931 de rallonge.
Il meurt victime de la fièvre typhoïde le 7 janvier 1932. L’Histoire retient son nom comme l’instigateur de la ligne de défense qui a été élaborée en grande partie sous l’égide de Painlevé.
17 février 1909 : mort à 79 ans du grand chef amérindien Geronimo.
Geronimo est né le dans la tribu apache Bedonkohe près du Turkey Creek, affluent de la rivière Gila (Nouveau-Mexique, alors sous domination mexicaine), et mort le à Fort Sill (Oklahoma, États-Unis). Appelé Go Khla Yeh (« celui qui bâille ») à sa naissance, parfois écrit Goyathlay, ou encore surnommé Guu Ji Ya (« l’astucieux »), il est l’un des protagonistes des guerres apaches, le dernier à continuer à se battre contre le Mexique et les États-Unis pour les droits des Amérindiens, avant sa reddition en 1886.
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Geronimo est admis au conseil de guerre des Apaches Chiricahuas en 1846. En 1858, après le meurtre de sa mère, de sa femme et de ses trois enfants par l’armée mexicaine près d’un village appelé Kas-ki-yeh par les Apaches, il commence des raids de représailles en territoire mexicain. On dit que Geronimo a fait un rêve la veille du jour où les hommes blancs sont arrivés, il aurait rêvé que des hommes de couleur blanche venaient sur leurs terres pour les exterminer. Il venge sa famille le , jour de la saint-Jérôme. Les cris des Mexicains invoquant saint Jérôme pour leur défense (« Geronimo ! Geronimo ! ») l’inspirent et il prend alors ce nom. Plus tard, lors d’une autre attaque surprise, les Mexicains tuent sa nouvelle épouse et son fils.
En octobre 1862, il participe avec les chefs Cochise et Mangas Coloradas à la bataille d’Apache Pass. En janvier 1863, Mangas Coloradas — malgré l’opposition de Geronimo — se rend au Fort McLane, dans la petite ville d’Apache Tejo, pour y signer un traité de paix. Il y est arrêté, exécuté, et son corps mutilé.
En 1871, après près de dix ans de guerre contre les États-Unis, les Apaches Chiricahuas, alors dirigés par Cochise, négocient un accord de paix sur les conseils de Tom Jeffords. Ils obtiennent la création d’une réserve sur leurs terres.
Mais en 1876, la réserve Chiricahua est fermée par les autorités américaines. La plupart des Amérindiens sont déportés vers la réserve de San Carlos, fertile mais considérée par les Apaches comme une terre maudite. Geronimo, Naiche et Juh s’enfuient avec une centaine d’individus, tandis que la majorité des Apaches, épuisés des guerres incessantes, acceptent le déplacement. Geronimo est arrêté l’année suivante au Nouveau-Mexique par l’agent indien John P. Clum et transféré à San Carlos. Libéré, il s’enfuit de la réserve quelques mois plus tard. Il gagne le Mexique où il vit de pillages, avant de regagner San Carlos en 1879.
En , peu après la mort de Nochedelklinne, un leader spirituel apache tué par les soldats, Naiche, Geronimo et Juh s’enfuient à nouveau de leur réserve. Ils lancent de violentes attaques contre les colons blancs avant de s’évanouir dans les montagnes mexicaines. En , ils y abattent les 22 soldats mexicains du capitaine Juan Mata Ortiz.
Les raids des Apaches débordent du côté États-Unis (en Arizona et Nouveau-Mexique) : en , 26 colons américains sont tués. Le général George Crook est chargé de protéger la population blanche et entreprend de traquer les Apaches hostiles dans leurs repaires mexicains. Un camp découvert par les éclaireurs apaches de Crook est attaqué en . Les leaders apaches acceptent alors le principe d’une reddition. En 1884, Geronimo s’établit de nouveau dans la réserve de San Carlos.
Geronimo, en compagnie de Naiche et plusieurs membres de la tribu, s’échappe encore plusieurs fois, vivant de pillages, avant de se rendre. L’arrestation brutale du guerrier Ka-ya-ten-nae le pousse à s’enfuir une nouvelle fois le avec 109 femmes et enfants, et 35 hommes.
Depuis le Mexique, ses hommes lancent plusieurs raids meurtriers en Arizona et au Nouveau-Mexique. Il est de nouveau retrouvé au Mexique par des éclaireurs apaches en mars 1886. Pendant une conférence avec le général Crook, il accepte de regagner la réserve avec les soldats américains. Il se ravise plus tard et s’échappe dans les montagnes avec Naiche, une quinzaine de guerriers et quelques femmes et enfants.
Crook ayant démissionné, c’est le général Nelson Miles qui est chargé de le poursuivre avec 5 000 hommes et des milliers de volontaires. Le Mexique mobilise aussi 3 000 soldats contre les Apaches au sud de la frontière. En marge de la poursuite de Geronimo, le général Miles fait déporter en Floride les Chiricahuas vivant en paix dans la réserve de San Carlos. Pendant plus de cinq mois, Geronimo et ses partisans réussissent à passer entre les mailles du filet, utilisant la surprise, la mobilité et les connaissances des Apaches des modes de survie dans des conditions extrêmes. La capacité à disparaître de Geronimo était attribuée selon son peuple à des pouvoirs de prémonitions qui l’avertissait de la présence de l’ennemi, pouvoirs liés à son statut de chaman. Épuisé, fatigué de se battre, il finit par se rendre le avec 16 guerriers, 12 femmes et 6 enfants. « C’est la quatrième fois que je me rends » dit-il.
Les campagnes de guérilla de Geronimo restent un parfait exemple du genre. Ses excellentes connaissances géographiques et ses facultés à exploiter des ressources humaines limitées et des terrains difficiles ont fait de lui un stratège et un tacticien de premier ordre.
Sa reddition a fait l’objet d’une polémique au sein de l’armée américaine, car le général Howard, chef de l’armée américaine de la zone Pacifique, a rendu compte à son chef d’état major, à l’attention du Congrès et du président des États-Unis, de la reddition d’un dangereux hors-la-loi obtenue sans condition, alors que des témoins (notamment le général Stanley) ont rapporté, de leur côté, que Geronimo s’est constitué prisonnier de guerre moyennant la prise en charge humanitaire, sociale et éducative des communautés apaches par l’État fédéral.
Sur ordre spécial du président Grover Cleveland, il est placé sous surveillance militaire étroite à Fort Pickens en Floride avec quatorze de ses braves. Le climat humide de la Floride s’avère malsain pour les Apaches habitués à celui du désert et plusieurs d’entre eux décèdent. Les survivants sont ramenés à Fort Sill, en Oklahoma, en 1887. Geronimo se convertit alors au christianisme et devient agriculteur. Il regrette cependant jusqu’à la fin de ses jours de s’être rendu. Il vend des souvenirs à l’Exposition universelle de 1904, étant de ce fait présent aux Jeux olympiques de Saint-Louis, et participe à la parade d’inauguration de Theodore Roosevelt en 1905.
Il dicte l’histoire de sa vie en 1906. En février 1909, il fait une chute de cheval et passa une nuit dans le froid, avant qu’un ami ne le trouve, terriblement malade. Il meurt d’une pneumonie, en tant que prisonnier américain, à Fort Sill, en Oklahoma, le . Il aurait confié à son neveu qu’il regrettait de s’être rendu, et ne pas s’être battu à mort. Son dernier vœu est d’être enterré sur les terres de la rivière Gila.
La légende dit qu’il se serait jeté à cheval d’une falaise de l’Oklahoma en criant son nom, d’où le cri des parachutistes américains pendant la Seconde Guerre mondiale.
Sa tombe au cimetière du camp militaire Fort Sill aurait été profanée vers 1918 par la société secrète Skull and Bones de l’université Yale. Cette société conserverait encore le crâne, deux os, une bride et des étriers de Geronimo dans ses locaux de New Haven. On compterait au nombre des profanateurs Prescott Bush, père de l’ex-président George H. W. Bush et grand-père de l’ex-président George W. Bush. Cet épisode est considéré comme une légende par plusieurs chercheurs tandis que l’historien David H. Miller estime que si les membres de la société ont bien profané une tombe, il y a peu de chance que ce soit celle de Geronimo qui ne comportait pas d’indication à l’époque.
En 2009, année du centenaire de sa disparition, l’arrière-petit-fils de Geronimo entreprend une action contre le gouvernement américain pour rassembler les restes de son aïeul et ramener sa dépouille auprès de son lieu de naissance au Nouveau-Mexique et faire ainsi respecter ses dernières volontés.
En 2010, le nom « Geronimo » a été pris comme nom de code par les États-Unis pour désigner Oussama ben Laden. L’annonce a été faite juste après l’opération militaire héliportée qui a entraîné sa mort à Abbottabad, au Pakistan, le . Le message Geronimo-EKIA, contraction de Geronimo, Enemy Killed in Action (« Geronimo, ennemi tué au combat ») a servi au commando des Navy Seals pour aviser la Maison-Blanche du succès de l’opération. Ce nom d’emprunt a suscité la colère des communautés amérindiennes.
17 février 1912 : premier vol militaire en Algérie.
19 février 1921 : Hubert Lyautey est élevé à la dignité de Maréchal de France.
« Le général Lyautey n’a pas cessé de mener à bien son œuvre. Les incomparables qualités de chef, son sens de l’action, son autorité, sa méthode et ses succès ont fait de lui un des meilleurs artisans de la gloire française […] le conseil des ministres a estimé que ces titres exceptionnels devaient lui valoir la plus haute dignité militaire ».

17 février 1944 : bataille d’Eniwetok (Pacifique).
La bataille d’Eniwetok (Operation Catchpole) désigne les opérations menées par les États-Unis du 17 février au 23 février 1944 pour le contrôle de l’atoll d’Eniwetok (ou Enewetak) durant la théâtre Pacifique pendant la seconde Guerre mondiale.
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L’invasion de Eniwetok a été rendue possible grâce à la prise de Kwajalein, plus au sud-est. La capture d’Eniwetok permettrait de fournir un aérodrome aux Américains et une base maritime afin de soutenir les attaques sur les îles Mariannes au nord-ouest.
En 1943, les Japonais établissent des défenses légères à Eniwetok, croyant que les Américains frapperaient les Marshalls du sud-ouest en premier. La 1re brigade amphibie (9 chars Type 95 Ha-Go) vient renforcer les défenseurs en janvier 1944, commandée par le major-général Yoshimi Nishida. Les Japonais commencent à construire des défenses, mais les attaques aériennes répétées des Alliés rendent ce processus difficile et les petites îles du corail signifient qu’une défense en profondeur serait impossible.
Le vice-amiral américain Raymond Spruance fait précéder l’invasion par l’opération Hailstone, attaque aéronavale de la base japonaise de Truk dans les îles Carolines. 15 navires de guerre et plus de 250 avions japonais ont été détruits lors de ce raid, coupant ainsi Eniwetok de tout soutien naval ou aérien.
Le bombardement naval de Eniwetok débute le 17 février. Le 22e régiment de Marines, commandé par le colonel John T. Walker, débarque sur l’île Engebi (côté nord de l’atoll) le 18 février à 8 h 44. Les Japonais offrent peu de résistance, l’île est sécurisée au bout de six heures.
Des documents saisis à l’ennemi suggéraient que les défenses de l’île de Eniwetok seraient faibles, et par conséquent le débarquement du 106e régiment d’infanterie de l’US Army est précédé seulement par un court bombardement le 19 février. Cependant, les soldats japonais s’étaient retranchés à l’intérieur de positions fortes, et les Américains ont été arrêtés par les mitrailleuses japonaises. L’île ne sera sécurisée que le 21 février. 37 Américains ont été tués contre 800 défenseurs japonais lors de la prise de l’île.
L’erreur n’a pas cependant été répétée sur l’île Parry. Les cuirassés USS Tennessee et USS Pennsylvania et d’autres navires ont bombardé intensément l’île (plus de 900 tonnes d’obus). Quand les Marines du 22e régiment débarquent le 22 février, les unités japonaises aux défenses désorganisées par le bombardement n’offrirent qu’une résistance désespérée. Le 23 février, les autres îles de l’atoll sont capturées.
L’atoll d’Eniwetok servira de base avancée pour l’United States Navy pour ses opérations ultérieures. Peu après la fin de la guerre, alors que la Guerre froide et la course aux armements prenait de la vigueur, l’atoll a été équipé d’un aérodrome moderne et d’une longue piste d’atterrissage et ses habitants ont été évacués, souvent de force. L’atoll a été l’un des plus utilisés pour les essais nucléaires dans le cadre de la constitution du Pacific Proving Grounds, vaste champ de tir et d’étude d’essais nucléaires nord-américains.

17 février 1998 : mort à 102 ans du grand écrivain-combattant allemand Ernst Jünger.
Ernst Jünger est un écrivain allemand, né le à Heidelberg et mort le à Riedlingen.
En tant que contemporain et témoin de l’histoire européenne du XXe siècle, Jünger a participé aux deux guerres mondiales, d’abord dans les troupes de choc au cours de la Première Guerre mondiale, puis comme officier de l’administration militaire d’occupation à Paris à partir de 1941. Devenu célèbre après la publication de ses souvenirs de la Première Guerre mondiale dans Orages d’acier en 1920, il a été une figure intellectuelle majeure de la révolution conservatrice à l’époque de Weimar, mais s’est tenu éloigné de la vie politique à partir de l’accession des nazis au pouvoir. Jusqu’à la fin de sa vie à plus de 100 ans, il a publié des récits et de nombreux essais ainsi qu’un journal des années 1939 à 1948 puis de 1965 à 1996. Parmi ses récits, Sur les falaises de marbre (1939) est l’un des plus connus. Francophile et francophone, Ernst Jünger a vu son œuvre intégralement traduite en français et « […] fait partie, avec Günter Grass et Heinrich Böll, des auteurs allemands les plus traduits en France ». Figure publique très controversée à partir de l’après-guerre dans son pays, il a reçu le prix Goethe en 1982 pour l’ensemble de son œuvre.
Julien Hervier, qui a dirigé l’édition des Journaux de guerre de Jünger dans la Bibliothèque de La Pléiade, a écrit : « Si l’on voulait conclure sur Jünger, il faudrait avant tout éviter la facilité qui tend à accorder autant d’importance, sinon plus, à sa légende d’homme d’action, engagé dans la guerre, la politique et l’aventure, qu’aux milliers de pages de son œuvre d’écrivain ».
Lire :
- Les cinq guerres de Jünger
- Les sept blessures d’Ernst Jünger lors de la Grande Guerre – Reflet du service de santé de l’armée impériale
- Feu



17 février 2001 : mort du pilote d’essai Léopold Galy.





