lundi 24 juin 2024

CHRONICORUM BELLI du 19 mai

19 mai 1635 :  la France, par l’intermédiaire de Richelieu, déclare la guerre à l’Espagne, durant la guerre de Trente Ans


19 mai 1645 : Mort à 60 ans de Miyamoto Musashi, samouraï japonais 

Il est l’une des figures emblématiques du Japon, maître bushi, calligraphe, peintre reconnu, philosophe et le plus célèbre escrimeur de l’histoire du pays.

Son nom complet était Shinmen Musashi-no-Kami Fujiwara no Harunobu, Musashi-no-kami était un titre honorifique (et obsolète) dispensé par la cour impériale le rendant gouverneur de la province de Musashi (dans la région de l’actuelle Tokyo). Fujiwara est le nom de la lignée aristocratique à laquelle il appartient. Harunobu était un nom cérémoniel, similaire à un prénom composé pour gentilhomme sinisé, notamment utilisé par tous les samouraïs de haut rang et les nobles.


19 mai 1643 : bataille de Rocroi. (Guerre de Trente Ans).

Afin de soulager le front en Catalogne, l’armée espagnole des Flandres envahit le Nord de la France et assiège la place forte de Rocroi qui garde la route de l’Oise. Les armées françaises réagissent rapidement et sous le commandement du duc d’Enghien (futur Grand Condé) se portent au secours de la garnison. L’affrontement a lieu sur un terrain cloisonné au sud-ouest de la place-forte. D’abord équilibré, le rapport bascule lorsque, après avoir enfoncé l’aile gauche espagnole, le duc d’Enghien décide de s’attaquer aux réserves espagnoles sur leurs arrières. La bataille de Rocroi met fin à la réputation d’invincibilité des tercios espagnols, unités composées de piquiers, d’arquebusiers et de fantassins armés d’épées. Cette victoire permet le retour de la France sur la scène internationale après un siècle de défaites et de guerres civiles ou religieuses.


19 mai 1798 : départ de Bonaparte pour la campagne d’Égypte.

La campagne d’Égypte est l’expédition militaire en Égypte menée par le général Bonaparte et ses successeurs, de 1798 à 1801, dans le but de s’emparer de l’Égypte et de l’Orient et de barrer la route des Indes à la Grande-Bretagne, dans le cadre de la lutte contre cette dernière puisqu’elle maintenait les hostilités contre la France révolutionnaire.

Elle se double d’une expédition scientifique : de nombreux historiens, botanistes, dessinateurs accompagnant l’armée afin de redécouvrir les richesses de l’Égypte. Elle est donc parfois aussi appelée « expédition d’Égypte », lorsque son côté scientifique, moins martial, est considéré.

Le , aussitôt après l’arrivée du trésor monétaire pillé à Berne, le corps expéditionnaire français quitte Toulon, mais des navires les accompagnent de Marseille, Gênes, Ajaccio, Civitavecchia. Au total, plus de 400 navires prennent part à cette flotte, ainsi que 50 000 hommes et 10 000 marins. La flotte s’empare tout d’abord de Malte le , puis débarque à Alexandrie le 1er. Une des plus célèbres batailles de cette campagne est la bataille des Pyramides qui a lieu le . Les troupes révolutionnaires sont finalement vaincues et doivent abandonner l’Égypte mi-1801.

Embarquement, à Toulon, des troupes à destination de l’Égypte. À gauche : Bonaparte et ses officiers.


19 mai 1802 : création de la Légion d’honneur.

Bonaparte : « Je défie qu’on me montre une République ancienne ou moderne dans laquelle il n’y a pas eu de distinctions (…). Les Français (…) n’ont qu’un sentiment, l’honneur. Il leur faut donc donner un aliment à ce sentiment-là ; il leur faut des distinctions. » La nouvelle Institution se veut un corps d’élite destiné à réunir le courage des militaires aux talents des civils, formant ainsi la base d’une société au service de la Nation. Bonaparte, toujours, déclare au Conseil d’Etat : « Si l’on distinguait les hommes en militaires ou en civils, on établirait deux Ordres tandis qu’il n’y a qu’une Nation. Si l’on ne décernait des honneurs qu’aux militaires, cette préférence serait encore pire car, alors, la Nation ne serait plus rien. » Extraits du site de la grande chancellerie de la Légion d’honneur.


19 mai 1881 : Naissance de Mustafa Kemal Atatürk, homme d’État turc.

Il s’illustre lors de la Première Guerre mondiale, où il devient un héros national grâce à sa contribution lors de la victoire contre toute attente sur les Alliés à la bataille des Dardanelles. Durant l’occupation alliée de l’Empire ottoman, il refuse de voir la nation être démembrée par le traité de Sèvres. Accompagné de partisans, il se révolte contre le gouvernement impérial et crée un deuxième pouvoir politique à Ankara. C’est de cette ville qu’il mène la résistance contre les occupants lors de la guerre d’indépendance turque.

Sous son commandement, les forces turques vainquent les armées arméniennes et italiennes. Il défait ensuite les armées grecques qui occupent la ville et la région d’Izmir, la Thrace orientale et des îles de la mer Égée (les actuelles îles de Gökçeada, Bozcaada, et Cunda). Après la bataille de la Sakarya d’août à septembre 1921, la Grande Assemblée nationale de Turquie lui donne le titre de « Gazi » (« Le Victorieux »). Il parvient ensuite à repousser définitivement les armées grecques hors de Turquie. À la suite de ces victoires, les forces alliées s’engagent à quitter le pays.

Inspiré par la Révolution française, il profite de ce qu’il considère comme une trahison du sultan Mehmed VI lors de l’armistice de Moudros de 1918 pour mettre un terme à son règne le 1er.

Après la guerre d’indépendance turque, il opère la proclamation de la République, déplace la capitale Constantinople, qu’il fait renommer Istanbul, à Ankara et occidentalise le pays à travers plusieurs réformes radicales dans une volonté farouche de rupture avec le passé impérial ottoman et islamique. Ainsi, il inscrit la laïcité dans la constitution, supprime l’islam en tant que religion officielle, tout en continuant de l’encadrer par le pouvoir étatique, abolit les instances chariatiques, donne le droit de vote aux femmes, et remplace l’alphabet arabe par l’alphabet latin. Sous sa présidence autoritaire dotée d’un parti unique, la Turquie a mené une révolution sociale et culturelle sans précédent généralement appelée « révolution kémaliste ». Le , l’Assemblée lui donne le nom d’« Atatürk », littéralement le « Turc-Père », au sens de « Turc comme l’étaient les anciens », le mot « Ata » voulant dire ancêtre.

Il meurt d’une cirrhose à l’âge de 57 ans. Au cours de funérailles nationales, il est enterré au musée ethnographique d’Ankara. Il repose aujourd’hui dans le mausolée dit de l’Anıtkabir à Ankara.


19 mai 1890 : Naissance de Hô Chi Minh, premier président indépendantiste vietnamien 

La jeunesse de Hô Chi Minh est marquée par des voyages autour du monde, qui contribuent à lui faire découvrir l’idéologie communiste. Engagé pour la cause anticolonialiste en France, il séjourne en URSS, où il achève sa formation politique, avant de regagner l’Asie. Fondateur du Parti communiste vietnamien en 1930, il joue un rôle central et actif dans l’indépendance de son pays à partir de 1941, avant de devenir le premier président de la république démocratique du Viêt Nam, reconnue internationalement en 1954.


19 mai 1898 : Naissance de Julius Evola, penseur italien de la Tradition et critique du monde moderne

Lire sur TB : La métaphysique de la guerre


19 mai 1915 : Albert-Thomas devient sous-secrétaire d’Etat à la guerre, chargé de l’artillerie et des munitions.

Travailleur acharné, il contribue aux Conseils des ministres et aux réunions interalliées. Il s’appuie sur les services du ministère et sur deux collaborateurs et amis, François Simiand, adjudant de territoriale affecté au sous-secrétariat et Mario Roques, rappelé du front pour le cabinet du ministre, ainsi que sur quelques collaborateurs, dont Émile Hugoniot, ingénieur au Service industriel du cabinet, Maurice Halbwachs ou William Oualid. Avec eux, il mobilise non seulement les grandes entreprises, mais aussi les petits industriels pour répondre aux besoins qui deviennent énormes de la guerre.

Mi-1915, le G.Q.G. fait face à une guerre qui s’installe et à un ennemi qui bénéficie déjà des canons de gros calibres et de munitions. La France dispose d’une production maximale de 700 obus par jour de gros calibre, le G.Q.G en demande urgemment 50 000 par jour, soit 70 fois plus. Le G.Q.G. n’hésite pas, en dehors de toute règle comptable, à passer parfois les commandes de matériels directement auprès des industriels. En quelques semaines, le nouveau ministre persuade les industriels d’agrandir leurs usines et d’accepter les commandes, qui seront honorées alors que la production du charbon, qui s’était effondrée après les grandes grèves du début du siècle, est en pleine croissance, de même que la métallurgie. Toutefois, la création de l’arsenal de Roanne le , tentative de création d’une filière d’armement étatisée, se solde par un demi-échec. En , l’industriel Louis Loucheur rejoignit le gouvernement pour seconder Albert Thomas, en reprenant les anciennes fonctions de ce dernier comme sous-secrétaire d’État à l’Artillerie. Entouré lui aussi d’une équipe d’experts soudée – cette fois il s’agissait d’ingénieurs – il entreprit de mettre en place aux côtés d’Albert Thomas – et parfois en concurrence et conflit avec lui notamment sur les questions sociales – ce qu’il appelait la production totale, afin notamment de satisfaire le besoin toujours croissant en artillerie lourde. Lorsque Thomas quitta le gouvernement, c’est Louis Loucheur qui reprit le ministère de l’Armement, assurant ainsi la continuité. Les résultats du travail d’Albert Thomas et de Louis Loucheur furent tels que la France vendait même des armes et des munitions à ses alliés. Alors qu’avant la guerre, environ 50 000 ouvriers travaillaient dans le secteur de l’armement, ils étaient 1,7 million en 1918. Parmi ceux-ci, il y avait 420 000 à 430 000 ouvrières.

Dès le début du conflit, le ministre de la Guerre Alexandre Millerand convoque les représentants des établissements privés du Creusot et de Saint-Chamond pour forcer la production des obus de 75 car on pense alors gagner rapidement la guerre de mouvement avec cet armement. Le , le ministre réunit les patrons de l’industrie d’armement et leur précise que le salut du pays exige sans aucun délai la fabrication journalière de 100 000 obus de 75. Puis la guerre de tranchées avec ses tentatives de percée des lignes adverses valorise des canons plus lourds ou de plus longues portées. En 1915 et 1916, les demandes se font pour du 75 mais aussi désormais pour des obus de 155. L’état-major exige maintenant la fourniture quotidienne de 200 000 obus de 75 et de 50 000 obus de 155. On se plaint de demi-préparations d’artillerie avant l’attaque. À Verdun, les Allemands ont lancé pendant des mois 150 tonnes de projectiles par kilomètre carré et par jour et jusqu’à 300 les jours d’attaque, tandis que les Français arrivaient à peine, aux heures les plus critiques, à fournir 200 tonnes pendant le même temps. Aussi presse-t-on la fabrication déjà en cours du canon de 105 à longue portée, et l’on met en construction toute une série de matériels nouveaux comprenant surtout des bouches à feu de gros calibre. Un rapport présenté à la commission du Budget par Albert Lebrun à l’occasion du vote des crédits provisoires du 2e trimestre de 1916 indique que les réserves disponibles n’assurent l’approvisionnement qu’à très court terme et les usines sont dépassées par les commandes. Concernant l’obus de 155, les chiffres indiqués ont été atteints en utilisant la fonte aciérée, composition métallique moins coûteuse que l’acier pur, car elle emprunte à la fonte ses qualités de fusibilité et à l’acier incorporé ses qualités de résistance. L’économie d’acier effectuée permet de gagner du temps.

Le Comité des Forges, constitué en syndicat professionnel de la métallurgie en 1884, apporte à l’ensemble de l’industrie privée sa puissance, son autorité et son soutien. Albert Thomas le sait, et n’ignore pas que les usines patronales disposent d’une souplesse d’adaptation supérieure à celle des ateliers d’État, parce qu’elle ne souffrent pas comme ces derniers de la rigueur paralysante du formalisme administratif. Les premières mesures industrielles consistent pour Albert Thomas à dynamiser la production privée. Reprenant l’idée de Millerand, il structure l’industrie munitionnaire en un certain nombre de régions – d’abord neuf, puis quinze. Chacune, avec à sa tête un chef de groupe provisoire qui a pour mission de procéder au recensement de ses ressources en outillage et en matières premières et de distribuer le travail de façon à utiliser toutes ces installations, même les plus réduites, pour augmenter au maximum la production.

Le sous-secrétaire d’État signe dans cette intention en  un décret ordonnant aux industriels de déclarer leur équipement en presses, tours et marteaux-pillons. Problèmes : la grande majorité des petits ateliers pratique l’usinage d’obus par perforation au tour de tronçons cylindriques d’acier, le creux recevant la charge explosive, mais ce procédé qui est le seul à portée du plus grand nombre d’ateliers dépourvus de presses et de matériel de forgeage, gaspille une énorme quantité de déchets métalliques ; les étapes successives de la fabrication contraignent à transporter les ébauches d’obus d’une usine à une autre, ce qui impose des transports coûteux en temps et en argent. Albert Thomas s’en souvient au moment de construire l’arsenal de Roanne.

Pour assurer un approvisionnement régulier en matières premières (fer, houille), Albert Thomas laisse au Comité des Forges la responsabilité de négocier pour l’ensemble des industriels les achats à Londres. Le ministère est conduit à prendre en main autoritairement le contingentement et la tarification : les intermédiaires sous-traitants se sont multipliés, appâtés par les bénéfices faciles, et sont passés de fournisseurs à profiteurs de guerre. Une société munitionnaire constituée avec un capital inférieur à 200 000 F peu avant la guerre, annonce dans son exercice de 1916 deux millions six cent mille francs de bénéfice net.

En 1917, l’État inaugure en même temps l’impôt sur les bénéfices industriels et l’impôt sur le chiffre d’affaires. L’impôt sur les bénéfices exceptionnels de guerre, contribution exceptionnelle, à laquelle Albert Thomas a pensé dès l’automne 1915, a été votée le 1er avec, disposition tout à fait inhabituelle, un effet rétroactif au 1er. L’impôt prévu doit être de 50 % sur les bénéfices exceptionnels. Il lui est ajouté une tranche supplémentaire de 60 % en 1916 ; d’autres, 70 %, 80 %, à partir de 1917. L’assiette n’est pas aisée à établir pour une usine neuve, on ne peut comparer avec les bénéfices antérieurs du temps de paix, alors on décide que les bénéfices « normaux » ne doivent pas dépasser 6 % du capital. La commission parlementaire d’examen des conditions de certains marchés de guerre, instituée en , avait cependant admis la possibilité de larges amortissements sur les capitaux d’industries devant disparaître à la fin des hostilités. Que voulait dire « larges amortissements » ? Dans le même temps, l’État prenait du retard dans ses paiements, annulait ses commandes en cours et refusait de payer les stocks d’obus encore à livrer au moment de l’Armistice.

Albert Thomas ne doit pas seulement mettre à contribution l’industrie privée. Il doit aussi se servir des établissements d’État qui se répartissent au moment de la guerre en trois types :

1/ des parcs d’artillerie de corps d’armée et de place, qui assurent l’entretien du matériel et des approvisionnements destinés respectivement aux formations de campagne et aux places de guerre.

2/ des services spéciaux comprenant la Direction et inspections des forges, l’école centrale de Pyrotechnie de Bourges, la poudrerie militaire du Bouchet, les cartoucheries d’Alger et de Valence.

3/ des établissements industriels de production : les ateliers de fabrication de Besançon, de Toulouse et de Vincennes ; les manufactures d’armes de Châtellerault, de Saint-Étienne (la plus ancienne, créée en 1764) et de Tulle ; les ateliers de construction de Bourges (anciennement fonderie de canons), de Douai, de Puteaux ; les trois Ateliers de construction munitionnaire de Rennes, de Lyon et de Tarbes ; enfin l’entrepôt de réserve générale de matériel et de munitions de Bourges. Pour tenter de répondre à des besoins munitionnaires croissants durant l’année 1915, sept nouvelles fabriques de munitions apparaissent à Castres, Grenoble, Vénissieux, Moulins, Montluçon, Juvisy et Saint-Pierre-des-Corps, représentant un investissement total de 28 millions. Construites à titre provisoire, elles sont gérées comme de véritables annexes d’établissements déjà existants, et appelées à disparaître après la paix.

Albert Thomas a su recruter la bonne personne avec l’ingénieur Émile Hugoniot qui soutient le principe de grosses usines capables d’assurer une production abondante et des prix de revient économiques. Dès , Hugoniot eut l’idée d’utiliser des tournures produites lors de la fabrication des obus par forage, en les transformant au four électrique, soit en acier, soit en obus coulés directement, afin de cesser les gaspillages. Les tournures étaient jetées jusqu’ici comme irrécupérables. Hugoniot devint le centralisateur de l’information à l’intention de tous les industriels afin qu’un même programme de fabrication ne soit pas étudié séparément par les industriels, chacun inventant sa solution. Il vient de suivre avec intérêt la réussite d’André Citroën au quai de Javel et se dit convaincu qu’il faut tout subordonner au processus de fabrication industrielle.

En , Hugoniot suggère à la direction d’artillerie une usine d’emboutissage d’obus par utilisation directe de chute d’eau à Cernon dans l’Isère. Il s’agit d’utiliser la pression de l’eau directement sur les presses et d’éviter ainsi tous les intermédiaires jusqu’alors indispensables (turbines, alternateurs, transformateurs, lignes à haute tension). L’usine d’État de Servette, près de Chapareillan dans l’Isère, est terminée en cent jours et produit à partir d’ 15 000 emboutis par jour, comme prévu. L’usine a coûté 2 000 000 F et est amortie grâce aux économies d’acier, de matériels et d’électricité. Cette réussite n’est pas étrangère à la signature par Poincaré en  d’un décret décidant pour la durée des hostilités le transfert au ministère de l’aménagement et de l’utilisation des forces hydrauliques sur les cours d’eau non navigables ni flottables.

La mise en service de la centrale d’État de Saint-Pierre-des-Corps en , conçue pour fabriquer des emboutis d’obus de 75, alarme aussitôt Albert Thomas car des rapports établissent qu’elle ne produit au bout de trois mois que le dixième prévu. Il envoie Hugoniot qui s’installe le  et organise l’usine de manière à respecter les flux de productions. Dès , l’usine produit plus de 30 000 obus par jour. Il a fait venir des collaborateurs de l’industrie civile et a su stimuler le personnel par des primes de rendement. En ,avec le soutien d’Hugoniot, André Citroën propose à Albert Thomas la réalisation d’une usine munitionnaire ultramoderne structurée selon l’organisation scientifique du travail de Taylor, accompagnée d’une cité ouvrière pour 4500 personnes. Albert Thomas fait la sourde oreille quand on lui propose l’implantation d’une seconde usine près de l’usine Citroën du quai de Javel, trop proche du front et surtout une manière pour le privé d’exploiter les largesses de l’État. Le  Albert Thomas fait part verbalement à Émile Hugoniot de sa décision de créer un arsenal d’État à Roanne. Hugoniot se met immédiatement au travail sans attendre une confirmation écrite et les autorisations officielles.

Source : Wikipedia


19 mai 1917 : multiplication des refus d’obéissance (secteur Chemin des Dames) : 

« Les Allemands multiplient les contre-attaques sur le Chemin des Dames et les refus d’obéissance se développent dans l’immédiat arrière-front français ». LCL Remy Porte.


19 mai 1918 : Mort de Raoul Gervais Lufbery, pilote et as au sein de l’escadrille La Fayette (17 victoires homologuées + 15 probables)

Il est né d’un père américain et d’une mère française. Dans sa petite enfance, son père travaillant aux États-Unis, il est élevé par sa grand-mère maternelle. Multipliant les métiers dès 12 ans, il quitte la France en 1905 pour voyager en Afrique du Nord, en Égypte, dans l’Empire ottoman, Grèce, Europe orientale et Allemagne. Il renonce alors à sa nationalité française pour ne pas être contraint au Service militaire. Il embarque pour les États-Unis en 1907. À San Francisco, il s’engage au 20e régiment d’infanterie qui l’expédie aux Iles Hawaï en 1908 puis aux Philippines en 1910. Libéré en , il voyage entre Hong-Kong, Ceylan, Madras, Calcutta, Singapour, Bombay et l’Indochine.

En Indochine française en 1913, il y rencontre l’aviateur Marc Pourpe qui vit de démonstrations aériennes sur Blériot. Devenu son mécanicien, il le suit dans ses exhibitions et ses liaisons aériennes au travers de l’Indochine. En 1914, il accompagne encore Marc Pourpe dans sa remontée de Nil jusqu’à Khartoum ; événement qui donne à Pourpe une renommée internationale.

Fin août 1914, Lufbery s’engage dans la Légion étrangère, seule possibilité de rejoindre l’arme française en raison de sa nationalité américaine. Versé dans l’aviation, Pourpe le fait transférer auprès de lui à l’escadrille MS 23. À la mort de Marc Pourpe le , Lufbery obtient de suivre une formation de pilotes à Chartres (future base aérienne 122 Chartres-Champhol).

Ayant appris à voler sur Farman et obtenu son brevet de pilote militaire, il est affecté dans une formation de bombardiers sur Voisin et complète sa formation sur Nieuport pour entrer dans l’aviation de chasse. À partir de mai 1916, il devait rejoindre l’escadrille La Fayette, tout juste créée et essentiellement composée de pilotes américains volontaires et de quelques Français. C’est au sein de cette escadrille, dont l’emblème est une tête de Sioux, qu’il combattit sur tous les fronts de la Somme à Verdun, participant à toutes les grandes batailles de l’armée française et abattant son premier avion le  dans le ciel d’Étain, premier succès d’une longue liste qui fera de lui un as et le pilote le plus remarquable de cette formation.

Promu sous-lieutenant en , il obtient, cette année-là, la Military Cross du gouvernement britannique, étant le premier pilote américain à recevoir cet honneur. Les Français pour leur part lui avaient déjà décerné la Médaille militaire, la Croix de guerre 1914-1918 et la Légion d’honneur.

Après l’entrée en guerre des États-Unis en 1917, l’escadrille La Fayette pouvait tout naturellement passer sous commandement américain. Ce fut chose faite le  où elle devenait le 103e escadron de poursuite aérienne.

Raoul Lufbery, promu commandant (major en anglais), devient directeur technique d’un escadron chargé de l’instruction des jeunes pilotes, mais il ne peut s’empêcher de voler. Le , il trouve la mort sur la commune de Maron en Meurthe-et-Moselle sautant en plein ciel de son avion en flammes sans parachute.

Il est inhumé avec ses compagnons de l’escadrille La Fayette, au Mémorial de l’Escadrille La Fayette à Marnes-la-Coquette en banlieue parisienne. Une rue de Chamalières porte son nom.


19 mai 1935 : mort de Thomas Edward « LAWRENCE d’Arabie ». (Wareham – Angleterre).

L’aventurier britannique meurt à 46 ans dans un accident de moto, après avoir été archéologue, officier, agent de renseignement, écrivain et finalement simple soldat.

Lire sur TB : Thomas Edward LAWRENCE et les principes de l’insurrection.


19 mai 1940 : le général Weygand est nommé commandant en chef des armées françaises en remplacement du général Gamelin.


19 mai 1978 : la Légion saute sur Kolwezi (ex Zaïre, actuelle RDC).

Pour libérer des Européens pris en otages par les rebelles Katangais, le président Giscard d’Estaing déclenche l’opération Bonite. Le 2e REP est largué sur Kolwezi. C’est la plus grande opération aéroportée depuis l’opération sur Suez (1956) : un régiment largué à 8 000 km de sa base avec son armement et son matériel. Le 2e REP déplore 5 morts mais remplit parfaitement la mission. 2v800 otages sont libérés.


19 mai 2017 : Mort à 77 ans du colonel russe Stanislav Petrov

Lors d’une alerte déclenchée par les satellites de surveillance soviétiques en , Petrov prit la décision d’informer sa hiérarchie qu’il pouvait s’agir d’une fausse alerte, et non d’un tir de missiles contre l’Union soviétique, comme l’indiquait le système informatique d’alerte antimissile. Sa hiérarchie a donc décidé de ne pas riposter. Pourtant, cette crise intervint à un moment d’extrême tension entre l’Union soviétique et les États-Unis, seulement trois semaines après la destruction du Vol 007 Korean Air Lines par des chasseurs soviétiques et aurait pu déclencher des échanges de missiles. Le fait que Petrov a décelée cette alerte comme fausse aurait alors évité une riposte des deux camps adverses.

Dans la nuit du dimanche 25 au lundi , Stanislav Petrov était l’officier de garde sur la base d’alerte stratégique de Serpoukhov-15, située dans le village de Kourilovo, dans l’oblast de Kalouga à une centaine de kilomètres au sud de Moscou. Cette base était chargée de recueillir les informations des satellites soviétiques surveillant d’éventuels tirs de missiles nucléaires contre l’Union soviétique. À minuit quinze, heure de Moscou, le système informatique d’alerte anti-missiles Krokus du SPRN (Sistemi Predouprejdienia o Raketnom Napadienii, système d’alerte en cas d’attaque par missile) indiqua un, puis quatre nouveaux tirs de missiles balistiques intercontinentaux Minuteman III en provenance de la Malmstrom Air Force Base, aux États-Unis. Ces tirs avaient été détectés par le satellite d’alerte précoce Cosmos 1382, de type Oko.

Stanislav Petrov ne disposa que de quelques instants pour analyser la situation. Devant le faible nombre de missiles détectés, il désobéit à la procédure et indiqua à ses supérieurs qu’il s’agissait selon lui d’une fausse alerte. Son avis fut suivi et permit ainsi d’éviter une riposte soviétique qui aurait pu être le point de commencement d’un conflit nucléaire ouvert.

Par la suite, un diagnostic des systèmes soviétiques mit en cause le logiciel embarqué par les satellites, qui fit une interprétation erronée de la réflexion des rayons du soleil sur les nuages, confondue avec le dégagement d’énergie au décollage de missiles.

Stanislav Petrov soutient que les enquêteurs qui analysèrent la fausse alerte cherchèrent à faire de lui un bouc émissaire du dysfonctionnement du système ; mais il semble que les conséquences sur sa carrière ne furent finalement ni positives ni négatives. Selon Peter Pry, un ancien analyste à la CIA, cette alerte survint dans un contexte extrêmement tendu dans les relations entre les États-Unis et l’Union soviétique, car Andropov était alors obsédé par la crainte d’une attaque surprise déclenchée par l’Occident, ayant en outre mis sur pied l’opération d’espionnage RYAN. Pour des raisons de secrets militaire et politique, l’incident ne fut rendu public qu’en 1998.


19 mai 2017 : Mort du général André Bach

historien du SHD, spécialiste de la Première Guerre mondiale. Il était un des principaux spécialistes français de la justice militaire pendant le conflit. Il a servi au 1er RCP  et au 67e RI.

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