vendredi 17 mai 2024

CHRONICORUM BELLI du 19 novembre

19 novembre 1729 : Naissance de François-Jean de Mesnil-Durand, officier tacticien

L’œuvre de Mesnil-Durand s’inscrit principalement dans la grande controverse doctrinale qui oppose, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, partisans de l’ordre mince et partisans de l’ordre profond, connue sous le nom de querelle des ordres.

D’un côté, l’ordre mince, linéaire, voire « prussien », et la puissance de feu ; de l’autre, l’ordre profond, ou perpendiculaire, voire « français », et la force du choc. Ainsi pourrait-on qualifier les deux conceptions tactiques qui s’opposent dans la querelle des ordres. L’ordre mince entend tirer parti de la puissance de feu des fusils, en déployant les bataillons d’infanterie en longues lignes étirées. L’inconvénient de ce déploiement réside dans la difficulté à mouvoir de telles formations. Le risque est de laisser la bataille se limiter à de simples échanges de tirs meurtriers mais aléatoires. L’armée prussienne de Frédéric le Grand semble toutefois maîtriser au plus haut degré ce type d’évolutions.

Pour surmonter cette difficulté, les partisans de l’ordre profond prétendent réhabiliter le mouvement, la manœuvre, par l’emploi de colonnes profondes et serrées qui viennent, par leur masse, enfoncer les lignes ennemies. Ils n’hésitent pas à réclamer le retour des armes blanches, comme la pique, pourtant abandonnée depuis près d’un siècle.

>> Sur GALLICA : « Projet d’un ordre français en tactique, ou la Phalange coupée et doublée, soutenue par le mélange des armes, proposée comme système général » par F.-J. de Mesnil-Durand.


19 novembre 1798 : Mort par pendaison de Theobald Wolfe Tone, patriote irlandais… et officier français

Issu d’une famille modeste, de confession protestante, il fait des études de droit au Trinity College de Dublin, mais son désir est de devenir soldat.

L’année 1787 le voit arriver à Londres pour terminer ses études, mais il est plus occupé par la fréquentation des femmes, la littérature, et il ne songe qu’à l’aventure.

De retour à Dublin en 1789, il s’inscrit au barreau et s’intéresse à la politique. De réformateur modéré, ses convictions vont se radicaliser : il écrit notamment un article dans lequel il réclame la séparation de l’Irlande et de l’Angleterre ().

Cette même année, c’est la création de la Société des Irlandais unis à laquelle il participe ; ce club a pour but la libération de l’Irlande, quelle que soit la confession de ses membres.

Le , il part en exil vers les États-Unis. En , il arrive à Paris via Le Havre et rencontre Charles Delacroix de Contaut, alors ministre des Relations extérieures du Directoire pour lequel il rédige un mémoire sur son pays et l’intérêt d’une intervention française. En juillet de la même année, il devient chef de brigade dans l’armée du Directoire.

Le , une armée de quarante-cinq navires transportant treize mille quatre cents hommes quitte Brest. Mais une tempête contrecarre l’opération près des côtes irlandaises. Une nouvelle expédition est organisée sous la responsabilité de Hoche, mais n’aura pas lieu.

Le , le soulèvement des Irlandais unis est un échec sanglant à Vinegar Hill. En , les Anglais mettent en déroute une nouvelle expédition française, dont Wolfe Tone fait partie. Reconnu, il est arrêté et, le , il est condamné à mort par pendaison.

Par égard pour l’uniforme français qu’il porte, il demande à être fusillé, ce qui lui est refusé. Il décide alors de se trancher la gorge, mais son agonie dure une semaine.

 


19 novembre 1809 : bataille d’Ocana (Espagne).

Le maréchal Soult remporte la victoire la plus brillante de toute la campagne d’Espagne alors qu’il dispose de beaucoup moins d’hommes que le général Areizaga (commandant l’armée de la Mancha — 50 000 hommes). Officiellement sous les ordres du frère de Napoléon, le roi Joseph, Soult manœuvre parfaitement, utilisant l’artillerie du général Sénarmont et la cavalerie de Mortier. Cette victoire ouvre aux Français les portes de l’Andalousie et coûte aux Espagnols plus de 12 000 morts.


19 novembre 1873 : prise de Hanoi (Tonkin – actuel Vietnam).

Le lieutenant de vaisseau Francis Garnier s’empare d’Hanoi avec 200 hommes appuyés par l’aviso Sphinx et la canonnière Espingole. Ordonnée par le contre-amiral Dupré, l’expédition est désavouée par le gouverneur de Cochinchine après la mort de Garnier (21 décembre 1873).


19 novembre 1827 : la troupe rétablit l’ordre à Paris.

Sur ordre du ministre de la guerre, la troupe est chargée de rétablir l’ordre suite aux illuminations des façades de certaines maisons célébrant de manière anticipée la victoire du parti libéral aux élections législatives. Cela se passe sans aucun coup de feu sauf rue Greneta (Quartier du Marais), où le colonel Fitz-James croyant le 18e de ligne sous le feu d’une barricade, commande une charge de cavalerie contre les émeutiers qui sont balayés. Le jeune rebelle Auguste Blanqui est blessé à cette occasion d’une balle dans le cou. Trois ans plus tard, la charge de cavalerie du 28 juillet 1830 sera enrayée par le jet de divers projectiles depuis les toits des immeubles. Les barricades seront désormais principalement réduites par l’emploi de tirs directs d’artillerie. Cela inspirera le Baron Haussmann dans la conception du nouvel urbanisme parisien.


19 novembre 1941 : début de l’opération Crusader (actuelle Libye).

Après l’échec de l’opération Battleaxe, les Britanniques ont besoin d’une victoire pour remonter le moral de leurs troupes et de leur population. L’arrivée d’Auchinleck à la tête du front à la place de Wavell change les habitudes britanniques dans le désert. L’opération a lieu après un été sans combat, lors duquel les deux adversaires se sont renforcés.

C’est à partir de la mi- que débute l’opération Crusader, qui par sa confusion est une bataille caractéristique de la Seconde Guerre mondiale. Les débuts britanniques sont difficiles et les Allemands infligent de très lourdes pertes à leurs forces blindées, notamment à Sidi Rezeigh. Tout laisse à penser que l’opération Crusader risque d’être encore plus catastrophique que l’opération Battleaxe. Toutefois, les Britanniques et leurs alliés du Commonwealth et polonais réagissent et infligent aux troupes allemandes de lourdes pertes, et peu de temps après, ceux-ci sont obligés de battre en retraite à Gazala et d’abandonner le siège de Tobrouk. Enfin, le 15 décembre, Erwin Rommel doit se replier sous la pression britannique et abandonner toute la Cyrénaïque aux Britanniques.


19-23 novembre 1942 : Opération URANUS

Nom de code d’une offensive soviétique ayant entraîné l’encerclement de la 6e armée allemande, des 3e et 4e armées roumaines et des éléments de la 4e armée de Panzer. L’opération faisait partie de la bataille de Stalingrad et était destinée à détruire les forces allemandes positionnées aux alentours de la ville. La planification de l’opération URANUS avait commencé dès  et fut développée simultanément à d’autres plans visant à encercler le groupe d’armées Centre (opération MARS) et les forces allemandes dans le Caucase (opération SATURNE).

Après l’offensive d’été allemande destinée à prendre le contrôle des champs de pétrole du Caucase et de la ville de Stalingrad, le front s’était démesurément allongé et était devenu particulièrement difficile à défendre. La situation des Allemands fut aggravée par le redéploiement de plusieurs divisions mécanisées en Europe occidentale et par le besoin de renforcer les unités combattant à Stalingrad. Les Allemands ne pouvaient donc compter que sur le 48e Panzerkorps, qui n’avait plus que la force d’une simple division de Panzer, et sur la 29e division motorisée pour renforcer leurs alliés roumains déployés sur les flancs de la 6e armée allemande. Ces unités roumaines étaient qualitativement très inférieures aux unités allemandes que ce soit en termes d’équipement, d’entraînement et de commandement. De son côté, l’Armée rouge avait déployé plus d’un million d’hommes en prévision de l’offensive dans et autour de Stalingrad. Les mouvements de troupes soviétiques furent rendus difficiles par le besoin de cacher la préparation de l’attaque. En conséquence, le lancement de l’opération Uranus initialement prévu pour le  fut repoussé au 17 puis au 19.

Le  à 7 h 20 (heure de Moscou), les forces soviétiques commencèrent leur attaque sur le flanc nord des forces de l’Axe ; l’offensive au sud commença le lendemain. Si les unités roumaines parvinrent à repousser les premières attaques, elles entamèrent un repli chaotique dès le  alors que les Soviétiques brisaient l’ensemble du front. Les réserves des forces de l’Axe furent incapables de résister aux unités mécanisées soviétiques tandis que la 6e armée ne réagit pas suffisamment vite pour retirer les unités blindées allemandes de Stalingrad et ainsi éviter une défaite imminente. Le , quand les forces soviétiques firent leur jonction à Kalatch-na-Donou, près de 290 000 soldats de l’Axe avaient été encerclés à l’est du Don. Au lieu d’ordonner une sortie, Adolf Hitler décida de maintenir ses forces dans Stalingrad et de les ravitailler par voie aérienne.

Source : WIKIPEDIA


19 novembre 1944 : la 1re Division Française Libre du Général Diego Brosset, compagnon de la Libération, coiffe le Ballon d’Alsace (1 247 mètres).


19 novembre 1946 : incident de Haiphong (Tonkin – actuel Vietnam).

Une fusillade dans le port de Haiphong entre la douane française et des nationalistes vietnamiens transportant de l’essence de contrebande sur une jonque, dégénère et fait 24 morts dont le commandant Carmoin qui s’avançait avec un drapeau blanc. L’incident sert de prétexte pour bombarder (23 novembre) le port à partir de trois navires français (dont le Suffren). L’attaque fait environ 6 000 morts ! L’événement passe inaperçu en métropole et notamment du chef du gouvernement, le socialiste Léon Blum, qui n’en perçoit pas la gravité. Hô Chi Minh l’utilise le mois suivant pour déclencher l’insurrection, véritable début de la guerre.


19 novembre 1984 : soulèvement du FLNKS (Nouvelle-Calédonie).


19 novembre 2005 : massacre de Haditha (province d’Al-Anbar, Irak).

24 civils irakiens, hommes, femmes et enfants sont assassinés par une troupe de Marines américains.

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