21 janvier 1558 : prise de Ham.
Poursuivant sa campagne victorieuse après la prise de Calais, et revenant sur les lieux de la défaite française de l’année précédente à Saint-Quentin (10 août 1557), le duc François II de Guise s’empare de Ham.
21 janvier 1775 : exécution à Moscou du cosaque rebelle Emelian POUGATCHEV (né en 1742), ayant conduit une insurrection contre Catherine II , impératrice de toutes les Russies.

21 janvier 1793 : Louis XVI est guillotiné (actuelle place de la Concorde – Paris).

21 janvier 1794 : début des colonnes infernales républicaines contre les Vendéens commandées par le général Turreau. Entre 20 000 et 50 000 civils massacrés.

21 janvier 1795 : prise de la flotte hollandaise du Texel.
Après la prise d’Amsterdam, un détachement interarmes (1er escadron du 8e Hussards, 3e bataillon de tirailleurs, 3e et 5e chasseurs à pied et une fraction du 8e bataillon d’artillerie) est envoyé par le général Pichegru pour s’emparer de la flotte hollandaise prise dans les glaces du Texel. 14 navires avec 850 canons sont capturés sans aucune perte.
Lire l’ouvrage de Marcel Dupont Nos vieux Houzards , Edition Berger Levrault 1934.

21 janvier 1840 : la terre Adélie devient française (Antarctique).
Le contre-amiral Dumont d’Urville débarque sur la terre qu’il vient de découvrir et en prend possession au nom de la France. Il la baptise du prénom de sa femme, Adèle.

21 janvier 1867 : naissance du futur général Maxime Weygand.
Si on veut évoquer la figure de ce grand soldat, on ne peut que constater que Weygand se trouve au centre d’un carré dont les côtés sont, d’abord le cavalier d’avant-guerre, puis, le chef d’état-major de Foch, véritable ombre de son chef, ensuite le chef vaincu de 1940, qui s’est lancé immédiatement dans la reconstitution d’une nouvelle armée française, et enfin la grande conscience militaire française de l’après-guerre, durant quasiment vingt ans.
Mais auparavant, il convient de souligner une singularité de Weygand, qui l’obsédera toute sa vie : naturalisé français au cours de son stage d’application à l’École de Cavalerie, et donc né étranger, Weygand ne connaîtra jamais l’identité véritable de ses parents[1]. Cette naissance pèsera sur sa personnalité. Ainsi au cours de l’été 1942, lorsque Giraud, récemment évadé d’Allemagne, vient se mettre à ses ordres pour le moment où la France rentrera à nouveau en guerre, Weygand lui oppose l’impossibilité d’une telle sédition, au motif qu’il n’est pas né français.
Weygand cavalier
À sa sortie de Saint-Cyr, Weygand choisit la cavalerie et son année d’application à Saumur, sera pour lui à la fois une révélation et la confirmation de la pertinence de son choix. Toute sa vie, il restera marqué du particularisme de l’esprit cavalier, si fort à l’époque et qui perdure encore. Mais Weygand n’était pas un cavalier de concours, et restait avant tout militaire.
La cavalerie constituait, dans son esprit, l’arme de la décision selon ses deux modes opératoires, renseigner et couvrir par le mouvement et combattre par le choc. Les unités de « Légère » étant dévolues aux deux premiers et celles de la « Lourde » au second. Weygand a d’ailleurs alternativement servi dans les deux subdivisions d’arme.
Ce faisant, il était bien représentatif de son époque, pas uniquement en France d’ailleurs, mais dans toutes les armées européennes, où personne n’avait convenablement tiré les enseignements de la Guerre de Sécession, au cours de laquelle la puissance du feu devait, à moyen terme, condamner la présence et l’action de la cavalerie sur le champ de bataille, au moins dans son volet classique.
Autre marquant de son époque, comme la majorité des cavaliers de sa génération, Weygand ne s’est pas présenté au concours d’admission de l’École supérieure de guerre. Lequel, à l’époque se passait très jeune, au cours des dernières années de lieutenant ou les premières dans le grade de capitaine. Les cavaliers préféraient demeurer au sein de leur arme, plutôt que d’aller servir au sein d’états-majors qui les éloignait de la troupe et des chevaux. Ce particularisme d’arme ne sera pas bénéfique à la cavalerie dans la durée. Mis à part les généraux d’Urbal et de Mitry, il n’y a pratiquement pas eu de cavalier titulaire d’un commandement d’armée durant la Grande Guerre[2].
Mais, si Weygand n’était pas breveté, il restait passionné par l’emploi des formations de son arme et, à ce titre, il fut nommé, en 1910, directeur général de l’instruction, le prestige attaché à la fonction de DGI de l’École de Cavalerie perdure encore de nos jours, de l’École de cavalerie. Lors d’une inspection de Joffre en 1912, celui-ci fut frappé par la clarté et la pertinence des exposés de Weygand. Il décida alors de l’envoyer comme auditeur de la session du centre des hautes études militaires qui allait s’ouvrir et d’avoir l’œil sur lui. On verra rapidement toute l’importance de la bienveillance de Joffre portée à la carrière de Weygand.
Le cavalier Weygand n’avait rien de l’homme de cheval, faisant une fixation sur le caractère monté immuable de la cavalerie. En 1921, il ouvrit la reparution de la vieille Revue de Cavalerie par un article remarqué où il s’affirme avec vigueur en faveur de la modernisation de la cavalerie et de sa mécanisation. Si la mécanisation, voulue et appuyée par lui, n’a pas pu se développer comme il aurait fallu qu’elle le fît sous son commandement entre 1931 et 1935, les vicissitudes économiques de l’époque y furent pour beaucoup et, il convient de l’écrire, également les farouches et stériles querelles internes à l’armée entre les armes, notamment l’infanterie et la cavalerie.
Weygand, chef d’état-major de Foch
Lors de la constitution du Détachement d’armée Foch, fin août 1914, il fallut trouver un chef d’état-major à son titulaire. C’est alors que Joffre se souvint de Weygand et le proposa à Foch. Adjoindre à Foch, ancien et brillant commandant de l’École supérieure de guerre un chef d’état-major qui ne fût pas breveté allait au-delà du paradoxe. Foch maugréa et dit à Joffre : « S’il ne fait pas mon affaire, je vous le renvoie la semaine prochaine ». On sait ce qu’il en advint.
En fait, Foch et Weygand, c’était l’eau et le feu. Foch, d’une intelligence pénétrante, avait du mal à s’exprimer clairement. Les idées se bousculant dans sa tête, les mots pour les exprimer s’embouteillaient dans sa bouche, et il avait souvent recours à des onomatopées. En clair, il était souvent incompréhensible. Weygand, c’était tout le contraire, son expression était aussi limpide que sa pensée. Leur premier contact fut rugueux. Au reçu de l’ordre de Joffre du 4 septembre 1914, mettant un terme à la retraite, Weygand rédigea l’ordre de ce qui était devenu la 9e Armée. Il fut fraichement accueilli par Foch qui lui rétorqua : « Quand le commandant en chef décide de faire halte, il faut halter, c’est tout ». Mais Foch fut frappé par la clarté de l’ordre préparé par Weygand. Leur entente se noua durant les heures dramatiques des Marais de Saint-Gond[3]. Rapidement, Weygand apprit à décrypter l’expression plus qu’elliptique de son chef. Leur entente fut sans nuage. Foch savait qu’il pouvait s’appuyer sur son chef d’état-major. Combien de visiteurs à son PC, se sont attirés cette réponse cinglante lorsqu’ils avaient du mal à exposer clairement le but de leur visite ou de leur convocation : « Allez voir Weygand et déculottez votre pensée. Il viendra alors m’expliquer votre affaire ! ».
Foch ne prenait jamais une décision sans au préalable s’être enquis de l’avis de son chef d’état-major, avis souvent suivi. En réciprocité, Weygand sut se montrer d’une discipline intellectuelle sans faille. Il n’exista nulle part ailleurs un attelage aussi complet autour de deux personnalités aussi dissemblables. Mais cette différence s’arrêtait au domaine des convictions profondes. Là, Weygand et son chef se retrouvaient à l’unisson : une foi religieuse fortement ancrée, mais sans ostentation. De même, ni l’un ni l’autre ne transigeait sur les fondements de la discipline, la fidélité au chef, qu’il soit civil (ministre ou président du Conseil) ou militaire.
Lorsqu’après la Somme, en décembre 1916, Foch fit partie de la même charrette des disgraciés que Joffre, Weygand demeura à ses côtés dans l’épreuve, et, en 1918, lorsque Foch reçut, en pleine bataille, le commandement des armées alliées, ce fut tout naturellement que Weygand retrouva sa place de chef d’état-major (plutôt de major-général).
Au moment des grandes offensives allemandes alors qu’un grave différend survint entre Foch et Pétain, qui commandait les armées françaises, Foch, qui savait qu’il ne pouvait faire à ce dernier qu’une confiance limitée[4], envoya quotidiennement Weygand à Provins[5] durant six semaines à la fin du printemps et au début de l’été 1918, s’assurer que les ordres du grand quartier général (GQG) allié étaient bien pris en compte par le GQG français. Une telle mesure laisse des traces et Pétain ne pardonnera jamais. Jusqu’en 1940, les relations Pétain – Weygand furent exécrables, notamment en 1934, lorsque Pétain devint ministre de la Guerre (dans le ministère Doumergue, dit d’Union nationale) et que Weygand commandait les armées françaises. Même à Vichy, elles étaient loin d’être au beau fixe.
Weygand ne s’exprimait jamais, parlant de Foch, autrement qu’en disant « Mon Chef ». Cette fidélité de Weygand trouvera son apothéose la 11 novembre 1918 par sa présence dans le wagon de Rethondes lors de la signature de l’armistice par les Allemands et le 14 juillet suivant, en défilant à cheval juste derrière Foch qui ouvrait le défilé de la Victoire[6].
Weygand, le vaincu de 1940 restaurateur de la future armée française
En 1952, dans son discours de réception à l’Académie française, le maréchal Juin prononça ces mots : « ( …) Et s’il est vrai, comme on a bien voulu le reconnaitre, que l’armée française reprit alors sa place dans l’ordre de bataille de nos Alliés avec un rôle nettement prépondérant, lors de l’offensive sur Rome, il faut savoir que le mérite en revient à cette petite armée d’Afrique, de transition, qu’après l’armistice, le général Weygand avait reformée et retrempée dans des intentions qu’il ne cacha à personne ».
Dans cette simple phrase, qui, sous la Coupole fut accueillie par un tonnerre d’applaudissements, tout était dit. Certes, le général Weygand était vaincu en 1940, mais, il avait accepté la charge du commandement, en pleine bataille, alors qu’il savait pertinemment que la bataille était déjà perdue[7]. Il s’attacha donc à l’armistice en le considérant comme ce qu’il était, une simple suspension d’armes, puisque la guerre se poursuivait et qu’aucun traité de paix n’avait été signé. Sa ligne était immuable : « L’armistice, tout l’armistice, mais rien que l’armistice ». Cette ligne de conduite n’était pas en cour à Vichy où Laval se trouvait en butte aux critiques incessantes de son ministre de la défense nationale, Weygand. Ne voulant pas trancher ce conflit de personnes, Pétain envoya Weygand comme proconsul en Afrique (Afrique du Nord et Afrique Occidentale Française). C’est ainsi éloigné de Vichy, que Weygand donna toute sa mesure. Non seulement, il mit à profit toutes les opportunités pour faire augmenter ses moyens et se effectifs, mais surtout, il reforgea le moral de cette armée, sachant qu’elle serait le noyau de la future armée de la Libération, celle-ci ne pouvant se faire que depuis l’Afrique du Nord, préservée de toute occupation allemande. Pas dupes, les Allemands demandèrent le rappel du Délégué général en Afrique du Nord, qui, très mollement soutenu par Pétain, fut révoqué à la fin de l’année 1941, alors que de sombres nuages commençaient à s’amonceler dans l’horizon allemand. Rapatrié en métropole avec interdiction de séjour en Afrique du Nord, Weygand est arrêté par les Allemands peu après le débarquement allié en Afrique du Nord. Il restera interné jusqu’en 1945.
Weygand, la haute conscience de l’armée
Auréolé de son prestige de second du vainqueur de 1918, de celui de restaurateur moral de l’armée vainqueur de 1945 et servi par un caractère entier qui ne se prêtait pas beaucoup à faire des concessions, doté d’une longévité hors du commun (il commencera à rédiger ses Mémoires, âge de 87 ans), c’est tout naturellement que Weygand, devint, à son corps défendant, la haute conscience militaire française de l’après-guerre. Au sortir de la guerre, l’armée française affichait des divisions profondes, issues des choix effectués par tout un chacun durant le conflit, sans parler des prisonniers qui rentraient de captivité. En outre, cette armée allait se trouver confrontée à des crises successives qui allaient gravement affecter son moral. Outre une biographie consacrée au général Frère, le premier chef de l’Organisation de Résistance de l’Armée, Weygand s’exprima. Il condamna sans appel le projet de Communauté Européenne de Défense et soutint Juin dans son action publique contre le projet.
S’agissant de l’affaire algérienne, Weygand n’a jamais fait mystère de ses opinions, s’étant exprimé publiquement pour déclarer qu’il voterait « non » au référendum d’autodétermination de janvier 1961. Néanmoins, toujours attaché à, la discipline, Weygand devait condamner sans appel ce qui fut appelé le « putsch » d’avril 1961, et plus encore l’OAS au sein de laquelle certains officiers se sont fourvoyés.
Disparu à l’aube de son centenaire, Weygand ne reçut jamais la consécration de cette position de figure tutélaire de conscience de l’armée, ainsi aucune promotion de Saint-Cyr n’a porté son nom[8].
Cavalier d’origine, dans l’ombre du vainqueur de 1918, refondateur de l’armée française après le drame de 1940, haute conscience de l’armée Weygand a passé 49 années de sa vie, soit la moitié de sa vie, dans le généralat. Maintenu en activité sans limite d’âge[9] pour services rendus au pays lors de son départ en 1935, le général Weygand était Grand-croix de la Légion d’honneur.
Colonel (ER) Claude FRANC
NOTES :
- https://www.persee.fr/doc/rbph_0035-0818_1970_num_48_2_2822
- Cette absence de représentation cavalière au sein du haut-commandement a été responsable de l’usure très rapide du Corps de cavalerie Sordet. Les ordres qui lui furent donnés ne prenant que très faiblement en compte les contraintes d’emploi de la remonte, qui s’est trouvée usée avant d’être employée. De même Sordet fut relevé de son commandement au tout début de la bataille de la Marne car il avait profité de la nuit pour envoyer ses montures à l’abreuvoir, la zone d’engagement de la journée du corps de cavalerie, le plateau du Santerrois étant absolument dépourvu de points de points de ravitaillement en eau pour les chevaux. Sordet fut injustement accusé d’avoir quitté le champ de bataille sans ordre.
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_Marais_de_Saint-Gond#:~:text=La%20bataille%20des%20Marais%20de,première%20bataille%20de%20la%20Marne.
- Lorsque Pétain décommanda de sa propre autorité la contre-offensive de Fayolle du 18 juillet 1918, Foch lui envoya ce message comminatoire : « J’annule vos ordres. Exécutez les miens ».
- Implantation du GQG français.
- https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i19057942/le-marechal-foch-par-le-general-maxime-weygand
- https://www.youtube.com/watch?v=EjdRM-tjyMc
- Comme la promotion de Saint-Cyr entrée à Aix en 1940 prit- le nom de « maréchal Pétain », conformément à l’ambiance du moment, la promotion suivante s’enquit auprès de Weygand, pour savoir s’il accepterait qu’elle portât son nom. Non sans humour, Weygand répondit : « La tradition saint-cyrienne veut que les promotions soient baptisées du nom d’un grand chef qui ne soit plus en vie. Il ne vous aura pas échappé que, pour le moment, je ne remplis pas cette condition cardinale ».
- Il s’agit d’une disposition honorifique, consistant à laisser à son bénéficiaire sa solde d’activité. Le dernier bénéficiaire en a été le général Catroux, alors grand chancelier de la Légion d’honneur dans les années soixante.
21 janvier 1924 : mort de Mort de Vladimir Ilitch Oulianov (Lénine), maître de la Révolution russe et père du totalitarisme soviétique.
21 janvier 1931 : premier vol du Vickers Type 161.
Le Vickers Type 161 était un intercepteur biplan inhabituel des années 1930, conçu pour attaquer les avions par le bas avec un seul canon de gros calibre orienté vers le haut. L’avion vola bien mais le concept fut abandonné et un seul fut construit.
Le Vickers 161 a été conçu en réponse à la spécification F.29/27 du ministère de l’Air. Cela nécessitait un chasseur intercepteur fonctionnant comme une plate-forme de canon stable pour le canon COW de 37 mm produit par Coventry Ordnance Works (COW) qui tirait des obus de 23 oz (0,65 kg). Le canon devait être monté à 45 degrés ou plus au-dessus de l’horizontale, afin que l’avion puisse voler au-dessous du bombardier ou du dirigeable cible et tirer vers le haut. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Luftwaffe a utilisé une approche assez similaire, nommée Schräge Musik. Les spécifications exigeaient également une vitesse de pointe bien supérieure à la vitesse de croisière typique d’un bombardier et un bon taux de montée.
L’approche de Vickers semble avoir été influencée par son expérience de la Première Guerre mondiale avec la famille Gunbus. Comme eux, le Type 161 était un biplan pousseur monomoteur. Les ailes étaient d’envergure inégale et de corde parallèle, montées avec un décalage important et un grand espace renforcé à deux travées par des entretoises inter-plans en forme de I profilées, penchées vers l’extérieur. Des flèches parallèles, formées de chaque côté par une paire d’éléments tubulaires, convergeaient du haut et du bas des entretoises inter-plans internes vers la queue. Une autre paire de tubes reliait le bas des entretoises inter-plans à la flèche supérieure au milieu. L’empennage avait une large envergure, dépassant les flèches ; l’aileron et le gouvernail étaient conventionnels et renforcés avec un renfort plus léger au milieu de la flèche. Les surfaces volantes étaient recouvertes de tissu.
Le pilote et le canon étaient logés dans une nacelle monocoque en métal montée sous l’aile supérieure, laissant un espace en dessous. Le cockpit du pilote était décalé vers bâbord avec le canon à sa droite, sa culasse accessible. Le Bristol Jupiter VIIF a été installé avec ses cylindres alignés avec le bord arrière de l’aile supérieure, soutenus par deux paires d’entretoises jusqu’aux longerons inférieurs de l’aile et entraînant une hélice à quatre pales. Celui-ci avait un carénage annulaire inhabituel qui tournait avec lui et correspondait au diamètre du capot moteur. À l’arrière, et sans interruption, un carénage en forme de fuselage courait vers l’arrière, se rétrécissant jusqu’à la queue. Cette structure était stabilisée de chaque côté par une paire d’entretoises aux flèches supérieure et inférieure. Un train d’atterrissage à essieu divisé avait des jambes jusqu’au fuselage et, vers l’arrière, jusqu’au longeron d’aile avant, avec une jambe de force entre leurs articulations supérieures.
Le Type 161 a volé pour la première fois le 21 janvier 1931. D’autres essais en vol ont produit quelques modifications, en grande partie pour améliorer la stabilité en lacet. Le gouvernail a été élargi et arrondi au sommet, et de petites ailerons ont été ajoutés au-dessus et au-dessous de l’empennage au point de montage de la flèche. Des modifications ont également été apportées à la géométrie et à l’engrenage des volets compensateurs de profondeur : il a été suggéré que le Type 161 aurait pu être le premier avion à avoir des compensateurs de profondeur réglables en vol. En septembre 1931, il se rendit à la RAF Martlesham Heath pour des essais, où aucun problème sérieux n’apparut et les rapports des pilotes furent positifs. Les tests de tir se sont bien déroulés, sans nuire à la cellule ou aux performances. Malgré cela, ni le Type 161 ni son concurrent le Westland COW Gun Fighter n’ont été commandés et on n’a plus entendu parler du canon aérien COW.

21 janvier 1950 : mort de George Orwell (Londres).
De son vrai nom, Eric Arthur Blair. Auteur de 1984 et La ferme des animaux, ouvrages dénonçant le totalitarisme. Inventeur du concept de Big Brother. Pendant 5 années, il sert dans la police impériale britannique (1922-1927) en tant que sergent et notamment en Birmanie. Il démissionne et devient communiste. Son engagement aux côtés du POUM durant la guerre civile espagnole l’échaude et le rend méfiant vis-à-vis de l’impérialisme communiste. Il est l’inventeur de l’expression « Guerre froide » en 1945, dans l’ouvrage « Vous et la bombe atomique ».

21 janvier 1961 : mort de Blaise Cendrars (Paris).
De son vrai nom Frédéric-Louis Sauser. Auteur de La main coupée, Bourlinguer. D’origine suisse, il s’engage en 1914 dans la Légion étrangère et y sert jusqu’à sa blessure au combat (amputation du bras droit) en septembre 1915. Naturalisé français en février 1916.

21 janvier 1968 : début de la bataille de Khe Sanh (actuel Vietnam).
Le 21 janvier 1968 : quand Khe Sanh révèle les limites de la puissance conventionnelle face à un adversaire hybride
Dans la nuit du 20 au 21 janvier 1968, les hauteurs entourant la base américaine de Khe Sanh tremblent sous un déluge de feu qui illustre parfaitement la transformation stratégique en cours de l’Armée populaire vietnamienne. Ce qui frappe les observateurs militaires, ce n’est pas seulement l’intensité du bombardement, mais la sophistication tactique dont fait preuve un adversaire que l’on croyait cantonné à la guérilla. Les canons M46 de 130 millimètres, pièces d’artillerie lourde d’origine soviétique, ont été acheminés à travers la jungle et positionnés avec une maîtrise remarquable sur les collines dominant Khe Sanh. Leur utilisation massive marque une rupture : l’armée nord-vietnamienne ne se contente plus d’embuscades et de harcèlement, elle mène désormais une guerre combinant simultanément plusieurs modes d’action.
Le 21 janvier au matin, lorsque les obus commencent à pilonner la base elle-même, les Américains découvrent une réalité dérangeante. Face à eux se dresse un ennemi capable de conjuguer les techniques de la guerre populaire prolongée théorisée par Mao et les opérations conventionnelles d’envergure inspirées des doctrines soviétiques. Cette hybridité tactique déstabilise profondément le commandement américain, habitué à des schémas plus prévisibles. Vers 5h30, lorsqu’un obus atteint le dépôt principal de munitions et que 1.500 tonnes d’explosifs partent en fumée, c’est toute la vulnérabilité d’une base moderne face à un adversaire maîtrisant parfaitement le terrain et capable de frapper avec précision qui se révèle.
L’Armée populaire vietnamienne démontre ce matin-là une capacité d’adaptation remarquable. Ses unités ont étudié en détail la défaite française de Diên Biên Phu quatorze ans plus tôt, en ont tiré les enseignements, mais ont su également analyser les nouvelles vulnérabilités d’un adversaire américain doté de moyens technologiques infiniment supérieurs. Les services de renseignement nord-vietnamiens ont compris que la dépendance totale de Khe Sanh au ravitaillement aérien constituait son talon d’Achille. En positionnant leur artillerie de manière à interdire efficacement la piste d’atterrissage tout en restant hors de portée des contre-batteries américaines, ils transforment la supériorité technologique de leur adversaire en handicap logistique.
Ce qui rend l’adversaire nord-vietnamien véritablement hybride, c’est sa capacité à opérer simultanément sur plusieurs registres. Tandis que des divisions entières – la 325e, la 324e, la 320e – se concentrent autour de Khe Sanh dans une manœuvre d’encerclement typiquement conventionnelle, des unités Viêt-Cong maintiennent la pression sur l’ensemble du Sud-Vietnam. Cette coordination stratégique entre forces régulières menant une guerre de siège classique et guérilleros conduisant des opérations insurrectionnelles déroute le commandement américain qui peine à déterminer où se trouve la menace principale.
Les Nord-Vietnamiens excellent également dans l’exploitation du terrain et des conditions météorologiques. Leur connaissance intime de cette région montagneuse leur permet d’acheminer hommes et matériel à travers la jungle dense en dépit de la surveillance aérienne américaine. Les brouillards fréquents qui enveloppent les hauteurs de Khe Sanh, la mousson qui transforme les pistes en bourbiers, tous ces éléments naturels sont intégrés dans leur planification tactique. Quand les conditions météorologiques clouent au sol l’aviation américaine, l’artillerie nord-vietnamienne intensifie ses tirs, démontrant une flexibilité opérationnelle que la machinerie militaire américaine, malgré ses moyens colossaux, peine à égaler.
L’innovation tactique nord-vietnamienne se manifeste également dans leur système logistique. La fameuse piste Hô Chi Minh n’est pas une simple route, mais un réseau complexe de voies de communication, de dépôts camouflés, de positions de défense anti-aérienne, constamment adapté et modifié pour échapper aux bombardements. Les porteurs humains, les bicyclettes surchargées, les camions circulant de nuit tous feux éteints : cette logistique apparemment primitive se révèle paradoxalement plus résiliente que les chaînes d’approvisionnement sophistiquées des Américains. Détruire un pont sur la piste Hô Chi Minh ne sert à rien quand l’ennemi le reconstruit en quelques jours ou établit un passage de gué à proximité.
Le général Westmoreland, commandant en chef des forces américaines, réagit au siège de Khe Sanh avec une escalade technologique massive. L’opération Niagara mobilise les ressources aériennes les plus avancées : capteurs acoustiques largués dans la jungle, bombardiers B-52 capables de frapper depuis la stratosphère, coordination en temps réel entre différentes armes. Mais cette réponse, aussi puissante soit-elle, se heurte à un paradoxe fondamental : comment une armée conçue pour la guerre conventionnelle de haute intensité peut-elle vaincre un adversaire qui refuse de présenter des cibles massées, qui se fond dans le terrain, qui frappe et disparaît selon les circonstances ?
Les Nord-Vietnamiens comprennent parfaitement qu’ils ne peuvent rivaliser avec la puissance de feu américaine dans un affrontement direct. Leur stratégie consiste donc à imposer un type de combat où cette supériorité devient moins déterminante. Les attaques sporadiques qui suivent le bombardement initial du 21 janvier ne visent pas à prendre Khe Sanh d’assaut – ce serait suicidaire face à la concentration de feu américaine. Elles cherchent plutôt à maintenir une pression constante, à user les nerfs et le moral des défenseurs, à transformer le siège en guerre d’attrition psychologique autant que physique.
La dimension hybride de l’offensive se révèle encore plus clairement dans sa synchronisation avec l’offensive du Têt qui éclatera quelques jours plus tard. Que Khe Sanh ait été conçu comme une diversion pour fixer les forces américaines ou comme l’objectif principal importe finalement peu : ce qui compte, c’est la capacité de Hanoï à mener simultanément une opération de siège conventionnel dans le nord et des centaines d’attaques urbaines coordonnées à travers tout le sud du pays. Cette guerre sur deux fronts radicalement différents démontre une maîtrise stratégique qui prend de court les planificateurs américains.
L’adversaire hybride se caractérise également par sa résilience face aux pertes. Les bombardements massifs de l’opération Niagara – plus de 100.000 tonnes de bombes en 77 jours – infligent des pertes considérables aux forces nord-vietnamiennes. Mais contrairement à une armée conventionnelle qui pourrait s’effondrer sous un tel déluge de feu, l’Armée populaire vietnamienne absorbe les coups et maintient sa pression. Cette capacité à encaisser des pertes qui briseraient toute force conventionnelle tout en poursuivant ses objectifs déstabilise les calculs stratégiques américains fondés sur le concept d’attrition.
La bataille de Khe Sanh révèle ainsi les limites intrinsèques d’une approche purement technologique face à un adversaire qui mêle habilement guerre conventionnelle et non-conventionnelle, qui exploite magistralement le terrain et le contexte politique, qui fait de sa supposée faiblesse matérielle une force en refusant le type de combat où la supériorité technologique de l’ennemi pourrait s’exprimer pleinement. Ce 21 janvier 1968 marque donc moins le début d’un siège que la démonstration éclatante qu’une puissance militaire, même dotée de moyens considérables, peut se trouver en difficulté face à un adversaire suffisamment agile pour imposer ses propres règles du jeu.
Au terme de ces 77 jours, quand l’opération Pegasus brisera l’encerclement en avril 1968, les Américains proclameront la victoire en se fondant sur le rapport de pertes : environ 10.000 morts côté nord-vietnamien contre 500 du côté américain. Mais la décision prise en juin de démanteler Khe Sanh et de l’abandonner après l’avoir défendue au prix d’un tel effort témoigne d’une réalité plus complexe. L’adversaire hybride n’a peut-être pas conquis la base, mais il a atteint son objectif stratégique : démontrer que même les positions les mieux défendues de l’armée américaine pouvaient être neutralisées, que la supériorité matérielle ne garantissait pas la victoire, et que ce conflit ne pourrait être gagné par les seuls moyens militaires conventionnels.
Cette bataille préfigure les défis auxquels les armées occidentales seront confrontées dans les décennies suivantes face à des adversaires maîtrisant l’art de la guerre hybride, combinant tactiques conventionnelles et non-conventionnelles, exploitant les vulnérabilités systémiques d’adversaires technologiquement supérieurs, et transformant les faiblesses apparentes en atouts stratégiques.

21 janvier 1954 : lancement du premier sous-marin à propulsion nucléaire.
Le Nautilus, premier sous-marin nucléaire américain débute une carrière qui va durer 26 ans. Comme son parrain mythique (le Nautilus du capitaine Némo), il a parcouru 20 000 lieues sous les océans et a même quadruplé la distance. Il est aussi le premier sous-marin à avoir séjourné sous le pôle Nord.
21 janvier 2005 : mort à 87 ans du général de brigade aérienne Jacques ANDRIEUX, As (6 victoires homologuées + 4 probables), compagnon de la Libération.
En 1939, lorsque débute la guerre, il est sous-officier pilote. Après l’armistice du 22 juin 1940, refusant la défaite, il cherche à fuir la Bretagne. Il y parvient le en appareillant à Camaret-sur-Mer à bord d’un langoustier et en débarquant à Penzance en Angleterre. Après avoir été promu sous-lieutenant et suivi l’entraînement des pilotes de la Royal Air Force, il est affecté au n° 130 Squadron RAF avec lequel il prend part à la bataille d’Angleterre puis à des opérations dans le ciel européen. Enchaînant les missions de protection de bombardiers, d’attaques de navires et de destruction d’infrastructures ennemies, il s’illustre également en combat aérien en abattant deux Focke-Wulf Fw 190 et un Messerschmitt Bf 109 durant l’année 1943. Cette même année, il est promu lieutenant et muté au n° 91 Squadron RAF avec lequel il abat à nouveau un Fw-190 et un Bf-109. Passé capitaine, il prend le le commandement du Groupe de chasse Alsace après la mort en combat aérien de son chef, Jacques-Henri Schloesing. Continuant la lutte à la tête de cette unité jusqu’à la fin des hostilités, il se distingue encore en combat aérien, totalisant pendant toute la guerre 6 victoires homologuées et 4 probables. Il a également détruit deux navires et gravement endommagé deux appareils allemands. Il termine la guerre comme instructeur à l’Operationnal Training Unit n° 80 avec le grade de Wing Commander. Il totalise alors plus de 1 000 heures de vol.
Le conflit terminé, il prend le commandement du Centre d’Instruction de la Chasse sur la Base aérienne 708 Meknès où il forme les jeunes pilotes de chasse français jusqu’en 1950. Il est ensuite commandant en second de la 2e escadre de chasse à Dijon puis de la 4e brigade aérienne en Allemagne. Alors qu’il commande la 12e escadre de chasse à Cambrai, il est promu lieutenant-colonel en 1954 puis il prend la tête du poste de commandement de l’air à Batna et Nementcha de 1956 à 1957 pendant la guerre d’Algérie. De retour en France, il commande la 12e brigade aérienne avant d’être attaché au chef d’état-major de l’armée de l’Air. En 1959, il étudie à l’Institut des hautes études de Défense nationale puis en 1961 au Collège de défense de l’OTAN. Nommé général de brigade aérienne en 1966, il est détaché auprès de la commission de défense de l’Assemblée Nationale en tant qu’expert militaire Air. En 1971, Jacques Andrieux est admis en 2e section des officiers généraux. Passé dans le civil, il devient successivement directeur de Garonor, secrétaire général de Vibrachoc, directeur-général de la société Rellmitt Inter et administrateur du journal L’Aurore. Il est également membre du conseil de l’Ordre national du Mérite. Jacques Andrieux meurt le à Saint-Georges-de-Didonne en Charente-Maritime où il est inhumé.







