23 septembre 1338 : bataille navale d’Arnemuiden (actuels Pays-Bas).
Au début de la guerre de Cent Ans, une flotte française surprend au mouillage cinq grandes nefs anglaises chargées de laine. C’est la première bataille navale de la guerre, et l’une des premières où l’emploi de l’artillerie à bord est attesté.
À l’été 1338, Édouard III passe sur le continent pour nouer contre Philippe VI une coalition de princes des Pays-Bas. Il la finance en partie avec la laine anglaise, que l’industrie drapière flamande ne peut pas remplacer : chaque cargaison sert à la fois de monnaie de paiement et de levier politique sur les villes de Flandre.
Le 23 septembre, cinq des plus grandes nefs royales sont mouillées devant Arnemuiden, port de l’île de Walcheren, à l’embouchure de l’Escaut. Elles ont débarqué leur chargement en partie, et une fraction des équipages se trouve à terre. La flotte française des amiraux Hugues Quiéret et Nicolas Béhuchet, qui écume la Manche depuis le printemps, les surprend dans cette position.
Les Anglais, très inférieurs en nombre, se défendent toute la journée. Le Christopher, que commande John Kingston, chef de la petite escadre, résiste le plus longtemps. Un inventaire anglais de 1338 indique qu’il portait trois canons de fer et un canon à main, ce qui fait d’Arnemuiden l’une des toutes premières actions navales où l’on sait qu’une artillerie à poudre était embarquée. Rien n’indique que les Français en aient disposé, ni que ces pièces aient pesé sur l’issue du combat.
Les cinq nefs sont prises, avec leur cargaison. Une partie des prisonniers est mise à mort. Les Français intègrent les bâtiments à leur flotte ; le Christopher combattra sous pavillon français jusqu’à sa reprise par les Anglais à l’Écluse, en juin 1340. Dans les jours qui suivent Arnemuiden, la flotte française pousse jusqu’à Southampton, qu’elle pille et incendie au début d’octobre.
Le 24 juin 1340, à l’Écluse, la flotte française est détruite. Quiéret est tué après avoir été pris, Béhuchet est pendu au mât de son navire. Les chroniqueurs anglais ont présenté ces exécutions comme le prix des violences de 1338 à Arnemuiden et à Southampton ; c’est une lecture d’époque, que les sources ne permettent pas d’établir comme un motif explicite.

23 septembre 1409 : bataille de Kherlen entre les Mongols et les Chinois.
Une avant-garde de l’armée Ming, attirée dans la steppe, est détruite sur les bords de la Kherlen par les Mongols orientaux. Le général Qiu Fu et quatre autres commandants y sont tués. L’échec décide l’empereur Yongle à conduire lui-même, l’année suivante, la première de ses cinq campagnes en Mongolie.
Après la chute de la dynastie Yuan en 1368, les Mongols repliés au nord du désert de Gobi restent divisés en deux ensembles rivaux : les Mongols orientaux, fidèles aux descendants de Gengis Khan, et les Oïrats, à l’ouest. En 1408, Arughtai, principal chef militaire des Mongols orientaux, élimine le khan Guilichi (Örüg Temür), qui n’appartenait pas à la lignée gengiskhanide, et fait proclamer Bunyashiri, descendant direct de Gengis Khan, sous le nom d’Öljei Temür.
L’empereur Ming Yongle cherche à faire entrer le nouveau khan dans le système tributaire chinois. En 1409, il envoie l’ambassadeur Guo Ji exiger sa soumission ; l’envoyé est mis à mort. Dans le même temps, la cour Ming reconnaît les chefs oïrats comme princes vassaux. Encouragés, les Oïrats attaquent les Mongols orientaux et les refoulent jusqu’à la Kherlen.
Yongle décide une expédition punitive et en confie le commandement à Qiu Fu, un des généraux qui l’avaient porté au trône. Les effectifs sont discutés : les sources chinoises tardives parlent de cent mille hommes pour l’ensemble de l’expédition, mais le combat du 23 septembre semble avoir été livré par une avant-garde de cavalerie d’environ un millier d’hommes, que Qiu Fu avait menée en avant du gros de ses troupes. Trompé par un prisonnier qui lui décrit un ennemi en fuite, il s’enfonce dans la steppe, au nord de la Kherlen. L’avant-garde est encerclée et anéantie. Qiu Fu est tué, ainsi que quatre autres commandants, parmi lesquels Wang Cong, Wang Zhong et Li Yuan.
La défaite est ressentie à Pékin comme un affront. Yongle déchoit Qiu Fu de ses titres et exile sa famille dans l’île de Hainan. Au printemps 1410, il quitte Pékin à la tête d’une armée considérable et défait successivement Bunyashiri sur l’Onon, puis Arughtai. C’est la première des cinq campagnes qu’il mène personnellement en Mongolie ; il mourra au retour de la dernière, en 1424.

23 septembre 1459 : bataille de Blore Heath (Angleterre).
Premier affrontement d’envergure depuis la reprise des hostilités entre York et Lancastre, Blore Heath voit une armée yorkiste deux fois moins nombreuse détruire la force lancastrienne envoyée pour l’intercepter.
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Depuis la première bataille de St Albans, en 1455, la paix entre les maisons d’York et de Lancastre ne tient qu’en apparence. En 1459, la reine Marguerite d’Anjou, qui gouverne de fait au nom d’Henri VI, lève des partisans à qui elle distribue l’insigne du cygne d’argent. Le duc Richard d’York rassemble ses fidèles au château de Ludlow, dans le Shropshire.
Richard Neville, comte de Salisbury, quitte le château de Middleham, dans le Yorkshire, pour le rejoindre avec quelque 5 000 hommes. La reine charge James Tuchet, baron Audley, de l’intercepter. Audley rassemble une armée d’environ dix mille hommes et l’installe, au matin du 23 septembre, derrière une haie qui borde la lande de Blore Heath, près de Market Drayton, face à la route par laquelle arrive Salisbury.
Les éclaireurs yorkistes repèrent les bannières qui dépassent de la haie. Salisbury range ses troupes hors de portée des archers et couvre son flanc droit par ses chariots. Entre les deux armées, distantes de 300 m environ, coule le Hempmill Brook, ruisseau encaissé et rapide. Les pourparlers échouent ; le duel d’archerie qui ouvre le combat reste sans effet à cette distance.
Salisbury fait alors reculer une partie de son centre, assez pour faire croire à une retraite. La cavalerie lancastrienne charge et s’engage dans le ruisseau ; les Yorkistes font demi-tour et la prennent pendant le franchissement. Rien n’assure qu’Audley ait lui-même ordonné cette charge. Une seconde attaque parvient à traverser et provoque une mêlée violente, au cours de laquelle Audley est tué. John Sutton, baron Dudley, prend le commandement et lance l’infanterie ; l’assaut échoue, Dudley est fait prisonnier, et plusieurs centaines d’hommes du camp lancastrien passent à l’ennemi. La déroute se prolonge dans la nuit.
Les pertes sont estimées à au moins 2 000 morts côté lancastrien, et à plusieurs centaines, jusqu’à un millier selon les estimations, côté yorkiste. Craignant l’arrivée de renforts, Salisbury campe sur une hauteur près de Market Drayton et laisse sur le terrain un frère augustin chargé de tirer au canon pendant la nuit pour faire croire que le combat continue.
Plusieurs traditions locales entourent la bataille : le ruisseau aurait charrié du sang trois jours durant ; Marguerite d’Anjou aurait suivi le combat depuis le clocher de Mucklestone, puis fait ferrer son cheval à l’envers par le forgeron William Skelhorn pour égarer ses poursuivants. L’enclume est montrée dans le cimetière de Mucklestone. Une croix, remplacée par une croix de pierre en 1765, marque l’endroit où Audley est tombé.
Le succès de Salisbury est sans lendemain immédiat : moins de trois semaines plus tard, le 12 octobre, l’armée yorkiste se débande sans combattre à Ludford Bridge, et ses chefs s’enfuient en Irlande et à Calais.
23 septembre 1568 : bataille navale de San Juan de Ulúa.
L’escadre de John Hawkins, venue d’Afrique vendre des esclaves aux colonies espagnoles, est attaquée dans le port de Veracruz par la flotte qui amène le nouveau vice-roi. Quatre navires sur six sont perdus. L’épisode nourrit pour vingt ans la rancune anglaise contre l’Espagne.
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John Hawkins quitte Plymouth en octobre 1567 pour sa troisième expédition négrière. Son escadre comprend deux navires appartenant à la reine Élisabeth, le Jesus of Lübeck et le Minion, et plusieurs petits bâtiments, dont la Judith, commandée par son jeune cousin Francis Drake. Sur les côtes de Guinée et de Sierra Leone, il se procure, par razzias et par achats, plusieurs centaines d’Africains, et s’empare d’une caravelle portugaise rebaptisée Grace of God. Il les vend ensuite dans les ports espagnols des Caraïbes et de la Terre Ferme, où ce commerce est interdit aux étrangers : là où les gouverneurs refusent, Hawkins impose la vente par la menace ou par la force.
Au retour, une tempête endommage le Jesus. Le 15 septembre, l’escadre entre à San Juan de Ulúa, îlot fortifié qui abrite le port de Veracruz. Le lendemain arrive la flotte annuelle d’Espagne, 13 navires commandés par Francisco Luján, avec à son bord le nouveau vice-roi, Martín Enríquez de Almansa. Hawkins tient les batteries de l’île et pourrait interdire l’entrée du port. Un accord est conclu : les Espagnols entrent, les Anglais conservent l’île et peuvent se ravitailler, et chaque camp remet 10 otages.
Le vice-roi n’entend pas respecter un accord passé avec des hommes qu’il tient pour des contrebandiers. Pendant plusieurs jours, des soldats sont discrètement rassemblés à bord d’une hourque amarrée près du Minion. Le 23 septembre au matin, l’attaque est déclenchée. Les soldats espagnols reprennent les batteries de l’île et retournent les pièces contre les navires anglais. L’Angel coule, le Swallow est pris, la Grace of God est incendiée par son propre équipage. Le Jesus, démâté, sert de bouclier au Minion le temps que Hawkins y transborde une partie du trésor, puis il est abandonné. Côté espagnol, un des principaux navires est détruit par le feu.
Seuls le Minion et la Judith s’échappent. Dans la nuit, Drake fait route vers l’Angleterre sans attendre Hawkins, qui écrira que la Judith les avait « abandonnés dans leur grande misère ». Le Minion, surchargé et sans vivres, débarque une centaine d’hommes sur la côte mexicaine, au nord du Pánuco ; beaucoup sont capturés et plusieurs comparaîtront devant l’Inquisition. Drake atteint Plymouth en janvier 1569, Hawkins arrive quelques jours ou quelques semaines plus tard, avec une poignée de survivants. Les pertes anglaises se comptent en centaines d’hommes, tués, capturés ou abandonnés ; les estimations vont d’environ trois cents à cinq cents selon les sources.
Aucun des deux hommes n’oubliera l’épisode. Drake en fera la justification de ses raids des années 1570 contre l’isthme de Panama. Hawkins, devenu trésorier de la Marine en 1577, conduira la refonte des vaisseaux royaux, plus bas et plus manœuvrants, qui affronteront l’Armada en 1588.

23 septembre 1779 : bataille de Flamborough Head (guerre franco-anglaise 1778-1783).
Au large du Yorkshire, le Bonhomme Richard de John Paul Jones s’accroche à la frégate britannique Serapis et l’oblige à amener son pavillon après plus de 3 heures de combat. Le vainqueur coulera deux jours plus tard.
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En 1779, la France, alliée des Insurgents depuis l’année précédente, soutient les opérations de la jeune Continental Navy dans les eaux britanniques. John Paul Jones reçoit le commandement d’un ancien navire de la Compagnie des Indes, le Duc de Duras, acquis et armé grâce au concours de la France et rebaptisé Bonhomme Richard en hommage à Benjamin Franklin. Il porte une quarantaine de canons, dont 6 vieilles pièces de 18 livres en batterie basse.
L’escadre appareille de Groix le 14 août 1779 : outre le Bonhomme Richard, la frégate américaine Alliance, commandée par le Français Pierre Landais, la frégate Pallas du capitaine Cottineau, la Vengeance et le Cerf, accompagnés de deux corsaires, le Monsieur et le Granville, qui s’en séparent rapidement. La croisière contourne l’Irlande et l’Écosse, fait plusieurs prises et répand l’alarme sur la côte est de la Grande-Bretagne. Jones peine à se faire obéir, en particulier de Landais.
Le 23 septembre, vers 14 heures, l’escadre aperçoit au large de Flamborough Head un convoi d’une quarantaine de navires marchands venant de la Baltique. Son escorte, la frégate Serapis du capitaine Richard Pearson, cotée à 44 canons mais en portant une cinquantaine, et le navire armé Countess of Scarborough, se porte à sa rencontre pendant que les marchands se réfugient sous la côte. Le vent faible retarde le contact jusqu’au soir.
Le combat s’engage vers 19 heures, à portée de pistolet. Dès les premières bordées, deux des pièces de 18 livres du Bonhomme Richard éclatent, tuant leurs servants ; Jones renonce à sa batterie basse. Surclassé en artillerie, il cherche l’abordage. Les deux navires finissent par s’emmêler ; Jones fait amarrer le Serapis bord à bord. C’est au cours de cette phase que, selon le témoignage de son second, Richard Dale, publié en 1825, Jones aurait répondu à Pearson, qui lui demandait s’il amenait son pavillon : « Je n’ai pas encore commencé à me battre. » La formule n’apparaît dans aucun récit contemporain ; Jones lui-même a donné plus tard une version différente de sa réponse.
Soudés l’un à l’autre, les deux navires se battent pendant plus de deux heures. L’artillerie britannique ravage le Bonhomme Richard, mais les tireurs américains postés dans la mâture nettoient les ponts du Serapis. Une grenade lancée depuis une vergue tombe dans une écoutille et fait exploser des gargousses entreposées sur le pont de batterie. L’Alliance intervient à deux reprises en tirant des bordées qui touchent autant le navire de Jones que son adversaire. Pendant ce temps, la Pallas combat la Countess of Scarborough, qui se rend à elle.
Vers 22 h 30, Pearson amène son pavillon. Les pertes sont très lourdes des deux côtés, de l’ordre de la moitié des équipages tués ou blessés. Le Bonhomme Richard, en feu et faisant eau, est abandonné et coule le 25 septembre. Jones passe sur le Serapis et gagne le Texel, dans les Provinces-Unies neutres, où il arrive le 3 octobre. Le convoi, lui, est intact : Pearson a rempli sa mission et sera fait chevalier.
Louis XVI décerne à Jones une épée d’or et la croix de l’Institution du Mérite militaire. En 1787, le Congrès lui vote une médaille d’or, la seule accordée à un officier de la Continental Navy. Landais, accusé d’avoir tiré sur son propre chef, est écarté du service.

23 septembre 1803 : bataille d’Assaye (guerre anglo-marathe).
Avec moins de 7 000 hommes engagés, Arthur Wellesley, futur duc de Wellington, attaque et disperse les armées réunies de Sindhia et du raja de Berar, encadrées par des officiers européens. Il la tiendra pour la plus disputée de ses batailles.
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La deuxième guerre anglo-marathe éclate en 1803 après que le peshwa Baji Rao II s’est placé sous la protection de la Compagnie des Indes orientales par le traité de Bassein. Deux des grands chefs de la confédération marathe, Daulat Rao Sindhia et Raghuji II Bhonsle, raja de Berar, refusent cet arrangement.
Dans le Deccan, le major-général Arthur Wellesley et le colonel James Stevenson manœuvrent en deux colonnes pour contraindre l’ennemi au combat. Le 23 septembre, Wellesley apprend que l’armée marathe campe à une dizaine de kilomètres, entre les rivières Kaitna et Juah, près du village d’Assaye. Stevenson est trop loin pour intervenir le jour même. Wellesley, craignant que l’ennemi se dérobe, décide d’attaquer seul.
L’armée marathe compte environ 10 000 fantassins réguliers formés à l’européenne, commandés en partie par le Hanovrien Anthony Pohlmann, des dizaines de milliers d’irréguliers et de cavaliers, et plus de 100 canons. Wellesley engage deux régiments écossais, le 74th et le 78th Highlanders, plusieurs bataillons de cipayes de Madras, le 19th Light Dragoons et trois régiments de cavalerie de Madras, soit 6 à 7 000 hommes et une vingtaine de pièces. Ses cavaliers alliés de Mysore et du peshwa, restés sur l’autre rive, ne combattent pas.
Pohlmann a disposé sa ligne face au seul gué apparent de la Kaitna. Observant deux villages qui se font face sur les deux rives, Peepulgaon et Waroor, Wellesley en déduit l’existence d’un second gué, le fait reconnaître et franchit la rivière sur le flanc gauche marathe. Pohlmann fait pivoter son infanterie et son artillerie en bon ordre, ce qui surprend les Britanniques. L’artillerie marathe tire à mitraille sur l’infanterie qui se déploie.
Wellesley lance l’attaque à la baïonnette. À gauche, le 78th et les cipayes enfoncent la ligne. À droite, les piquets et le 74th, déviés de leur axe, avancent sur le village d’Assaye, fortement tenu, et sont presque anéantis. La charge de la cavalerie du colonel Patrick Maxwell dégage les survivants et bouscule l’aile gauche marathe jusqu’à la Juah. Des artilleurs marathes qui avaient feint d’être morts retournent leurs pièces contre les Britanniques, qu’il faut reprendre. En fin de journée, l’armée marathe se retire au-delà de la Juah.
La victoire coûte à Wellesley 1 584 hommes tués, blessés ou disparus, dont 428 tués, soit près d’un tiers de l’effectif engagé ; il a lui-même deux chevaux tués sous lui. Les Marathes laissent plusieurs milliers de morts et de blessés et 98 canons. Après les victoires d’Argaon et de Gawilghur, Sindhia et le raja de Berar traitent en décembre 1803. Interrogé des années plus tard sur ce qu’il avait fait de mieux à la guerre, Wellington répondit : « Assaye. »
23-26 septembre 1845 : bataille de Sidi-Brahim.
Attirée dans un piège par l’émir Abd el-Kader, la colonne du lieutenant-colonel de Montagnac est presque entièrement détruite. Retranchés dans le marabout de Sidi-Brahim, quelque quatre-vingts chasseurs résistent trois jours avant de tenter une sortie. Une poignée seulement regagne la garnison. Le combat est devenu la fête de tradition des chasseurs.
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À l’automne 1845, l’émir Abd el-Kader, réfugié au Maroc depuis 1843, reprend l’offensive en Oranie. Le lieutenant-colonel Lucien de Montagnac commande le poste de Djemmaa-Ghazaouet, sur la côte, près de la frontière marocaine. Le caïd des Souhalia, Trari, l’informe que l’émir menace sa tribu et demande protection. Montagnac, bien que le général Cavaignac lui ait prescrit la prudence, décide de sortir.
Le 21 septembre au soir, il quitte le poste avec environ 420 hommes : cinq compagnies du 8e bataillon de chasseurs d’Orléans, commandées par le commandant Froment-Coste, et deux pelotons du 2e régiment de hussards, sous le chef d’escadrons Courby de Cognord. Le 22, les premiers cavaliers ennemis apparaissent.
Le 23 au matin, Montagnac se porte avec les hussards et trois compagnies vers les crêtes du Kerkour, où se montrent quelques centaines de cavaliers. Les hussards chargent, s’éloignent de l’infanterie et sont submergés par des forces qui sortent des ravins ; le capitaine Gentil de Saint-Alphonse est tué. Montagnac, mortellement blessé, fait former le carré. Les chasseurs tiennent plusieurs heures, jusqu’à épuisement des munitions. Froment-Coste, accouru avec une compagnie, est tué à son tour. Les survivants, presque tous blessés, sont faits prisonniers, parmi eux Courby de Cognord et le capitaine Dutertre.
Resté en arrière avec la garde du camp, le capitaine de Géreaux rassemble environ quatre-vingts hommes, carabiniers et chasseurs, et gagne le marabout de Sidi-Brahim, petite coupole entourée d’un mur bas. Encerclés, ils refusent les sommations. Abd el-Kader envoie le capitaine Dutertre obtenir leur reddition sous peine d’être décapité ; Dutertre exhorte les chasseurs à tenir et est exécuté à son retour. L’adjudant Thomas, prisonnier, écrit sous la dictée une lettre de menace ; Géreaux répond qu’il attend l’ennemi.
Les assauts sont repoussés le 23, le 24 et le 25. Abd el-Kader, craignant l’arrivée de secours, retire le gros de ses forces et laisse un blocus. Les assiégés manquent d’eau et de vivres. Le 26 à l’aube, ils sortent en carré vers Djemmaa-Ghazaouet, à une quinzaine de kilomètres. Harcelés, ils perdent des hommes à chaque village. Au passage d’un ravin où coule un peu d’eau, ils se débandent pour boire et sont attaqués. Géreaux, le lieutenant de Chappedelaine et le médecin Rozagutti sont tués. Les derniers, conduits par le caporal Lavayssière, qui a conservé sa carabine, forcent le passage et sont recueillis par une sortie de la garnison. Selon les décomptes, 11 à 16 hommes rentrent, dont plusieurs meurent peu après ; aucun officier n’a survécu.
Environ 95 prisonniers sont emmenés à la deïra de l’émir, près de la Moulouya. La plupart sont massacrés fin avril 1846. Une dizaine de survivants, dont Courby de Cognord, le sous-lieutenant Larrazet et l’adjudant Thomas, sont rachetés le 27 novembre 1846.
Le combat est inscrit au drapeau des chasseurs, et le 8e bataillon de chasseurs à pied porte le nom de « bataillon de Sidi-Brahim ». La Sidi-Brahim est célébrée chaque année dans les bataillons, et l’expression « faire Sidi-Brahim » désigne une résistance jusqu’au bout. Le 23 juillet 1944, à Valchevrière, dans le Vercors, l’adjudant-chef Abel Chabal, du 6e bataillon de chasseurs alpins, envoie ce dernier message : « Sommes encerclés, allons faire Sidi-Brahim. »
Les restes des combattants, réunis au « Tombeau des braves » de Djemmaa-Ghazaouet, ont été rapatriés après l’indépendance de l’Algérie et reposent au musée des Chasseurs, à Vincennes. Le monument de Sidi-Brahim d’Oran, œuvre de Jules Dalou inaugurée en 1898, a été démonté après 1962 ; sa figure principale a été remontée en 1966 à Périssac, en Gironde.
La mémoire de l’épisode ne fait pas l’unanimité. L’historien Gilles Manceron souligne que Montagnac engagea ses hommes de manière inconsidérée et qu’il avait décrit sans remords, dans ses lettres, les exactions commises lors des razzias. Côté algérien, Sidi-Brahim est commémoré comme une victoire de l’émir.
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Ci-dessous : Témoignage du clairon Guillaume Rolland. En 1913, le magazine Lecture pour tous publie le récit de Guillaume Rolland, l’un des survivants, alors âgé : fait prisonnier (avant le siège de Marabout) et conduit devant Abd el-Kader, sommé de sonner la retraite pour décourager les défenseurs, il aurait sonné la charge. Le récit, recueilli près de 70 ans après les faits, est devenu l’une des images les plus connues de la tradition chasseur.
Nous étions cernés par les Arabes qui, à bout portant, nous fusillaient. Bientôt nous sommes réduits à une douzaine d’hommes valides ; nos munitions sont épuisées ; pour ma part, j’ai brûlé ma dernière cartouche. Même, j’ai glissé dans mon fusil sa baguette et l’ai tirée sur les Arabes. Un coup de feu me blesse à la cuisse gauche : me voilà gisant à terre. Les cavaliers ennemis, ne craignant plus rien de nos armes, s’élancent alors sur nous. L’un d’eux pousse sur moi sa bête et, se baissant avec agilité au moment où il passe à ma portée, et me fend le pied d’un coup de yatagan.
Bientôt après, je suis fait prisonnier par un chef. Je perdais mon sang en abondance et les forces m’abandonnaient.
L’émir, que la vue de mon clairon intrigue fort, me fait un signe d’approcher. Il me fait asseoir sur le riche tapis où lui-même est assis.
Les Français sont fous, me dit-il, de résister plus longtemps. Il faut qu’ils se rendent ! Connais-tu une sonnerie pour mettre fin au combat ?
– Oui, la retraite.
– Eh bien ! Sonne la retraite aux Français !
Alors je me lève péniblement, car mes blessures sont douloureuses ; je porte le clairon à mes lèvres, rassemble tout ce que je sens en moi de forces et, les yeux fixés sur l’émir qui va sans doute me faire payer de la vie cette audace, mais le cœur gonflé d’une ivresse secrète, je sonne… la charge éperdument !

23 septembre 1870 : capitulation de Toul.
Après 5 semaines de siège, la petite place de Toul se rend aux troupes allemandes. Sa chute libère la voie ferrée Strasbourg-Paris, indispensable au ravitaillement des armées qui assiègent la capitale.
Toul, place fortifiée par Vauban sur la Moselle, commande la ligne de chemin de fer de Strasbourg à Paris. Tant qu’elle tient, les armées allemandes lancées vers Paris doivent faire transiter leurs approvisionnements par la route. La place est investie à la mi-août 1870, après les défaites de Frœschwiller et de Forbach. Sa garnison, sous le commandement du chef de bataillon Huck, compte environ 2 400 hommes et 71 pièces de rempart.
Huck repousse plusieurs sommations. Les assiégeants, sous le grand-duc Frédéric-François II de Mecklembourg-Schwerin, bombardent la ville à plusieurs reprises, notamment avec des canons pris aux Français à Marsal. Les boues de septembre retardent la mise en place des batteries. Le 23 septembre au matin, l’artillerie de siège ouvre un feu intense sur la place ; dans l’après-midi, vers 15 h 30, le drapeau blanc est hissé sur la cathédrale Saint-Étienne.
La garnison, qui a perdu une trentaine de tués et moins d’une centaine de blessés, part en captivité en Allemagne. Quelques civils ont été tués. Les troupes allemandes entrent dans la ville le jour même. La voie ferrée est remise en service au profit des assiégeants de Paris. Strasbourg capitule le 28 septembre.
23 septembre 1888 : décès du maréchal François Achille Bazaine (Madrid – Espagne).
Condamné à mort en 1873 pour la capitulation de Metz, gracié, évadé, François Achille Bazaine meurt en exil dans la misère. Son nom reste attaché en France à l’idée de trahison.
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Né à Versailles le 13 février 1811, fils de l’ingénieur polytechnicien Pierre-Dominique Bazaine, qui fit carrière en Russie, il s’engage comme simple soldat en 1831 et gagne ses grades dans la Légion étrangère, en Algérie puis en Espagne pendant la première guerre carliste. Il sert dans les bureaux arabes, commande une brigade en Crimée, une division en Italie en 1859. Au Mexique, il succède au général Forey à la tête du corps expéditionnaire en 1863 et reçoit le bâton de maréchal en 1864.
Le 12 août 1870, Napoléon III lui confie le commandement de l’armée du Rhin. Après la bataille de Rezonville-Mars-la-Tour, le 16 août, il renonce à percer vers Verdun et ramène l’armée sous Metz. Le 18, à Saint-Privat, il n’engage pas ses réserves, et le corps du maréchal Canrobert doit céder. L’armée, environ 180 000 hommes, est bloquée dans Metz.
Après la proclamation de la République, le 4 septembre, Bazaine ne se rallie pas au gouvernement de la Défense nationale. Il entre en relation avec l’ennemi, reçoit un émissaire officieux, Edmond Régnier, laisse le général Bourbaki partir rejoindre l’impératrice en Angleterre, envoie le général Boyer négocier à Versailles. Il espère que son armée, conservée intacte, pourra être remise sur pied pour rétablir l’ordre et peut-être l’Empire. Les tentatives de sortie restent limitées. Les vivres s’épuisent.
La capitulation est signée le 27 octobre au soir au château de Frescaty. Elle livre à l’ennemi, outre la place, trois maréchaux, quelque 140 000 prisonniers, l’artillerie et les drapeaux. Gambetta, à Tours, dénonce la trahison. La reddition libère l’armée de siège du prince Frédéric-Charles, qui marche aussitôt vers la Loire contre les armées nouvellement levées.
Après un conseil d’enquête, Bazaine demande lui-même à être jugé. Le conseil de guerre présidé par le duc d’Aumale siège au Grand Trianon d’octobre à décembre 1873 et le condamne à mort avec dégradation militaire, le 10 décembre, pour avoir capitulé en rase campagne et rendu la place avant d’avoir épuisé ses moyens de défense. Les juges signent aussitôt un recours en grâce. Le président de la République, le maréchal de Mac-Mahon, commue la peine en vingt ans de détention et dispense Bazaine de la cérémonie de dégradation.
Détenu au fort de l’île Sainte-Marguerite, au large de Cannes, il s’évade dans la nuit du 9 au 10 août 1874 avec l’aide de sa femme et gagne l’Espagne. Il vit à Madrid dans la gêne. Le 17 avril 1887, un voyageur de commerce de La Rochelle, Louis Hillairaud, le frappe d’un coup de poignard au visage pour « venger la France ». Bazaine meurt le 23 septembre 1888 d’une congestion cérébrale et est inhumé au cimetière San Justo.
23 septembre 1896 : l’armée anglo-égyptienne entre à Dongola (Soudan).
Sans combat, les troupes du sirdar Kitchener occupent la capitale de la province de Dongola, abandonnée par les forces mahdistes. C’est la fin de la première étape de la reconquête du Soudan, qui s’achèvera à Omdurman deux ans plus tard.
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Depuis la chute de Khartoum et la mort de Gordon, en janvier 1885, le Soudan est aux mains de l’État mahdiste, dirigé à partir de juin 1885 par le calife Abdallahi. L’Égypte, sous tutelle britannique, s’en tient à la défense de sa frontière sud. Le 1er mars 1896, la défaite italienne d’Adoua devant l’armée éthiopienne change la donne : Londres décide une avance limitée le long du Nil, destinée officiellement à soulager la garnison italienne de Kassala et, en fait, à reprendre pied au Soudan avant d’autres puissances européennes.
Le commandant de l’armée égyptienne, le sirdar Herbert Kitchener, conduit l’opération avec méthode. L’armée avance au rythme d’une voie ferrée construite depuis Wadi Halfa. Le 7 juin, elle bat les mahdistes à Firket. Pendant l’été, une épidémie de choléra et les crues retardent la progression. À la mi-septembre, une flottille de canonnières appuie la marche sur Dongola. Du 17 au 19 septembre, les canonnières forcent les positions mahdistes de Hafir, tenues par l’émir Wad Bishara, qui se replie.
Le 23 septembre, après un bombardement par les canonnières, l’armée anglo-égyptienne entre dans Dongola, abandonnée par Wad Bishara. Les chefs des tribus de la province font leur soumission. La province est rendue à l’administration égyptienne.
La campagne a coûté plus de vies au choléra qu’aux combats. Elle ouvre la voie à la suite : prolongement de la voie ferrée à travers le désert de Nubie, prise d’Abou Hamed en août 1897, victoire de l’Atbara en avril 1898, et bataille d’Omdurman le 2 septembre 1898, où l’armée du calife est anéantie. Quelques jours plus tard, Kitchener remonte le Nil jusqu’à Fachoda, où il trouve la mission Marchand.
23 septembre 1913 : Roland Garros traverse la Méditerranée en 7 heures 53 minutes.
En 7 heures 53 minutes, l’aviateur relie Fréjus à Bizerte sans escale, par-dessus la Corse et la Sardaigne. Il se pose avec quelques litres d’essence dans le réservoir.
Né à Saint-Denis de La Réunion en 1888, Roland Garros est en 1913 l’un des aviateurs les plus en vue ; il a détenu le record du monde d’altitude. Il prépare en secret la traversée de la Méditerranée, que plusieurs aviateurs ont tentée ; l’un d’eux, Jean Bague, a disparu en mer en 1911.
Le 23 septembre, à 05 h 47, il décolle du centre d’aviation maritime de Fréjus-Saint-Raphaël à bord d’un monoplan Morane-Saulnier, alourdi de 200 litres d’essence et de 60 litres d’huile de ricin. Il navigue à la boussole. Le moteur rotatif Gnome connaît deux incidents, au large de la Corse puis au-dessus de la Sardaigne, et perd une pièce. Garros renonce à se poser en Sardaigne et poursuit. Il atterrit à Bizerte à 13 h 40, avec environ cinq litres d’essence restants, après un vol de quelque 750 km à une moyenne voisine de 100 km/h.
Mobilisé en 1914, il est en avril 1915 le premier pilote à abattre des avions ennemis en tirant à travers l’hélice, protégée par des déflecteurs d’acier. Contraint de se poser en territoire allemand le 18 avril 1915, il est fait prisonnier, s’évade en février 1918 et reprend le combat à l’escadrille SPA 26. Il est abattu le 5 octobre 1918 près de Saint-Morel, dans les Ardennes, à la veille de ses 30 ans.

23 septembre 1918 : prise de Haïfa par la cavalerie indienne (Palestine).
Les lanciers de Jodhpur et de Mysore enlèvent la ville et le port de Haïfa, défendus par des troupes ottomanes et allemandes. La charge est souvent présentée comme l’une des dernières charges de cavalerie victorieuses de l’histoire.
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Le 19 septembre 1918, le général Allenby déclenche l’offensive de Megiddo. L’infanterie ouvre le front ottoman le long de la côte et le Desert Mounted Corps s’engouffre dans la brèche. En quelques jours, les VIIe et VIIIe armées ottomanes sont disloquées. Haïfa, seul port de la région capable de recevoir les approvisionnements dont l’armée a besoin pour pousser vers Damas, doit être pris rapidement.
La mission revient à la 15e brigade de cavalerie du service impérial, formée de régiments fournis par les États princiers indiens. Le 23 septembre, le régiment de Hyderabad étant employé à escorter des prisonniers, l’attaque est menée par les lanciers de Jodhpur et de Mysore, appuyés par un escadron du Sherwood Rangers Yeomanry. Les défenseurs tiennent les pentes du mont Carmel, avec de l’artillerie et des mitrailleuses, et la route qui longe le Kishon.
Au début de l’après-midi, les lanciers de Mysore escaladent le Carmel pour réduire les pièces. Les lanciers de Jodhpur chargent le long de la voie ferrée d’Acre, franchissent le lit marécageux du Kishon et entrent dans la ville. Leur chef, le major Dalpat Singh Shekhawat, est mortellement blessé ; le capitaine Aman Singh Jodha prend le commandement.
La brigade fait environ 1 350 prisonniers et s’empare de 17 canons et de 11 mitrailleuses, au prix de 8 tués et 34 blessés, et d’une soixantaine de chevaux tués. Le même jour, la 13e brigade de cavalerie prend Acre. Le 61e régiment de cavalerie de l’armée indienne, héritier des lanciers de Jodhpur et de Mysore, célèbre chaque 23 septembre le « Haifa Day ». Le monument des Trois Statues (Teen Murti), à New Delhi, rappelle leur engagement.
23 septembre 1939 : charge de Krasnobród (Pologne).
Les uhlans de la brigade de cavalerie de Nowogródek reprennent la petite ville de Krasnobród à l’infanterie allemande. L’affrontement est l’un des derniers en Europe où de la cavalerie à cheval s’est heurtée à de la cavalerie.
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Le 17 septembre 1939, l’Armée rouge envahit à son tour la Pologne. Les unités polonaises encore constituées dans la région de Lublin tentent de percer vers le sud pour gagner la Hongrie ou la Roumanie. La brigade de cavalerie de Nowogródek, du général Władysław Anders, doit à ce titre franchir le secteur de Krasnobród, entre Zamość et Tomaszów Lubelski, tenu par la 8e division d’infanterie allemande.
Le 23 septembre au matin, le 25e régiment de uhlans de Grande-Pologne, du colonel Bohdan Stachlewski, attaque à cheval, en deux escadrons sur des axes séparés. Le premier traverse les positions allemandes, surprises. Le second, sous le lieutenant Tadeusz Gerlecki, charge vers la colline du monastère. Un peloton de cavalerie divisionnaire allemand contre-charge et est repoussé. Les uhlans sont ensuite pris sous le feu de mitrailleuses ; Gerlecki est tué et son escadron perd la plus grande partie de ses hommes.
La ville est reprise. Les Polonais s’emparent de l’état-major de la division et d’une centaine de prisonniers, et libèrent une quarantaine de soldats polonais captifs. Les pertes polonaises sont d’environ 26 tués et 35 blessés. La brigade poursuit vers le sud ; elle est défaite par l’Armée rouge le 27 septembre près de Sambor. Anders, blessé, est capturé par les Soviétiques. Il commandera en 1944 le 2e corps polonais au Monte Cassino.
23-25 septembre 1940 : opération Menace devant Dakar (Sénégal)
Une escadre britannique accompagnée du général de Gaulle tente d’obtenir le ralliement de l’Afrique-Occidentale française. Le gouverneur général Boisson refuse. Trois jours de combats navals et un débarquement manqué se soldent par le retrait des assaillants.
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À la fin d’août 1940, le Tchad, le Cameroun et le Congo se sont ralliés à la France libre, sous l’impulsion de Félix Éboué, de Leclerc et de Larminat ; le Gabon ne suivra qu’en novembre. De Gaulle et Churchill veulent faire de même avec l’Afrique-Occidentale française, dont Dakar est le grand port atlantique. S’y trouvent le cuirassé Richelieu, endommagé le 8 juillet par une attaque aérienne britannique, des croiseurs arrivés de Toulon à la mi-septembre, et l’or de la Banque de France et de la Banque nationale de Belgique mis à l’abri en juin.
La Force M, commandée par le vice-amiral John Cunningham, comprend le porte-avions Ark Royal, les cuirassés Barham et Resolution, plusieurs croiseurs, dont l’australien Australia, et des destroyers. Elle escorte les transports qui portent de Gaulle, les troupes de la France libre et des Royal Marines. Le souvenir de Mers el-Kébir, le 3 juillet, pèse sur les esprits à Dakar.
Le 23 septembre au matin, dans la brume, deux avions Luciole partis de l’Ark Royal déposent des émissaires français libres sur le terrain de Ouakam ; ils sont arrêtés. Des vedettes conduites par le capitaine de frégate Thierry d’Argenlieu entrent dans le port ; elles sont reçues à coups de feu, d’Argenlieu est blessé. Les batteries côtières et le Richelieu ouvrent le feu sur les bâtiments britanniques, qui répliquent. Le sous-marin Persée est coulé. Dans l’après-midi, une tentative de débarquement français libre à Rufisque échoue sous le feu des défenses. De Gaulle refuse de prolonger un combat entre Français.
Les 24 et 25 septembre, les Britanniques bombardent le port et les batteries. Le sous-marin Ajax est coulé. Le 25, le sous-marin Bévéziers torpille le Resolution, gravement touché ; le Barham est touché par l’artillerie côtière. Cunningham ordonne le retrait. Les pertes françaises de Vichy sont d’une centaine de militaires tués et près de deux cents blessés ; plus de 80 civils sont tués. En représailles, l’aviation de Vichy bombarde Gibraltar les 24 et 25 septembre.
L’échec est lourd pour de Gaulle, dont le crédit auprès des Britanniques et des Américains souffre durablement. L’AOF ne rejoindra le camp allié qu’après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, en novembre 1942.
23 septembre 1942 : les troupes britanniques entrent à Tananarive (Madagascar).
Deux semaines après leurs débarquements sur la côte ouest, les forces britanniques et africaines atteignent la capitale de Madagascar. Le gouverneur général Annet, replié vers le sud, ne cessera le combat qu’en novembre.
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Au printemps 1942, les victoires japonaises en Asie font craindre à Londres que Tokyo obtienne de Vichy l’usage des ports de Madagascar, sur la route des convois vers l’Égypte et l’Inde. Le 5 mai, l’opération Ironclad s’empare de Diego-Suarez, à la pointe nord de l’île. Le reste de Madagascar demeure aux mains du gouverneur général Armand Annet, fidèle à Vichy, qui refuse de négocier.
Renforcés par des brigades venues d’Afrique orientale, d’Afrique du Sud et de Rhodésie du Nord, dont des bataillons des King’s African Rifles, les Britanniques lancent en septembre une seconde opération, Stream Line Jane. Le 10 septembre, ils débarquent à Majunga, sur la côte nord-ouest (Stream). Une colonne marche sur Tananarive (Line), tandis qu’un second débarquement a lieu à Tamatave, sur la côte est, le 18 septembre (Jane). Les défenseurs, peu nombreux, multiplient les barrages et les destructions de ponts, qui ralentissent la progression plus que les combats.
Le 23 septembre, les troupes britanniques entrent à Tananarive sans résistance notable. Annet s’est replié vers le sud de l’île. La campagne se poursuit un mois encore. Le dernier engagement significatif a lieu à Andriamanalina le 18 octobre. L’armistice est signé à Ambalavao et prend effet le 6 novembre ; Annet se rend deux jours plus tard. L’administration de l’île est confiée à la France libre, qui y nomme le général Legentilhomme haut-commissaire.
23 septembre 1943 : Christian Martelle devient As.
23 septembre 1949 : annonce de l’explosion de la première bombe A soviétique.
En annonçant qu’une explosion atomique a eu lieu en URSS, le président américain met fin à quatre ans de monopole nucléaire des États-Unis, bien plus tôt que ne le prévoyaient ses services.
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Le 29 août 1949, l’Union soviétique fait exploser sur le polygone de Semipalatinsk, au Kazakhstan, sa première bombe atomique, désignée RDS-1. C’est un engin au plutonium à implosion, d’une puissance d’environ 22 kilotonnes, dont la conception doit beaucoup aux renseignements transmis par Klaus Fuchs sur la bombe de Nagasaki.
Moscou garde le silence. Le 3 septembre, un avion de reconnaissance WB-29 de l’US Air Force, en vol entre le Japon et l’Alaska, recueille sur ses filtres des particules radioactives. Leur analyse, recoupée par les Britanniques, ne laisse pas de doute. Le 23 septembre, Truman publie une brève déclaration : « Nous avons la preuve qu’au cours des dernières semaines une explosion atomique s’est produite en URSS. »
Les estimations américaines situaient la première bombe soviétique entre 1950 et 1953. Le choc accélère les décisions : le 31 janvier 1950, Truman ordonne le lancement du programme de bombe thermonucléaire, et le rapport NSC-68, remis au printemps, prône un réarmement massif.
23 septembre 1952 : Perte du Privateer 8F-7 à Tan Son Nhut.
Le 23 septembre 1952, un P4Y-2 Privateer de la flottille 8F, BuAer 59839, codé 8F-7, décolle de la base aéronavale de Tan Son Nhut, près de Saïgon, pour une mission de reconnaissance et de bombardement.
Quelques instants après le décollage, son moteur extérieur droit prend feu. L’équipage n’a pas le temps de reprendre la situation en main : presque aussitôt, le quadrimoteur devient incontrôlable et s’écrase au sol près du village d’An Nhon Xa, dans la province de Gia Dinh.
À cette date, la 8F est la première unité de l’Aéronautique navale à mettre en œuvre le Privateer. Arrivés en Indochine à partir de novembre 1950, ces bombardiers ont remplacé les Catalina de la flottille, imposant aux équipages une reconversion complète. Basée à Tan Son Nhut, la 8F assure l’appui-feu, l’attaque et la reconnaissance au profit des forces engagées en Indochine. Quelques semaines plus tard, en décembre 1952, ses Privateer seront engagés de nuit pour soutenir le camp retranché de Na San.
Membres d’équipage tués
- CC pilote Paul, Marie, Alphonse, Augustin AUDIBERT, commandant la flottille 8F
- EV1 de réserve pilote Pierre, Marie, Léopold LASSALLE
- Mt mécanicien volant André, Marie DUPONT
- Mt radio volant André, Paul ROUSSE
- SM1 mitrailleur bombardier René, Eugène, Joseph BLIN
- SM2 mécanicien de bord Pierre, Jacques, André COCHE
- SM2 radio volant Michel, Pierre FAGET
- SM radio volant Robert DEBERGHES
- SM armurier volant Robert DÉPREUX
Passagers tués
- CC pilote Marc, Lucien, Camille VENOT, commandant le GAN Indochine
- IMP volant François, Jean ENAULT
- IM1 observateur Henri, Lucien, Marie SOURET, de la BAN de Tan Son Nhut
- Officier principal de la Poste navale Marceau, Georges ELLEBERGER

23 septembre 1980 : décision de construire deux porte-avions nucléaires (Élysée – Paris).
Réuni à l’Élysée, le Conseil de défense présidé par Valéry Giscard d’Estaing arrête le remplacement du Clemenceau et du Foch par deux porte-avions nucléaires. Un seul sera construit.
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Le Clemenceau et le Foch, entrés en service en 1961 et 1963, doivent être remplacés au tournant des années 1990. Pendant plusieurs années, deux écoles s’opposent : les partisans d’un porte-aéronefs léger, mettant en œuvre des avions à décollage court ou vertical, et ceux d’un vrai porte-avions à catapultes, capable d’emporter des avions de combat classiques et un appareil de guet aérien.
Le 23 septembre 1980, le Conseil de défense tranche en faveur de la seconde solution et choisit la propulsion nucléaire, jusque-là réservée en France aux sous-marins. Deux bâtiments sont prévus, qui doivent s’appeler Bretagne et Provence.
Les contraintes budgétaires décalent le programme. La construction du premier bâtiment, baptisé Richelieu, est lancée en 1986 ; il prend en 1987 le nom de Charles de Gaulle. Mis sur cale à Brest en avril 1989, lancé en mai 1994, il est admis au service actif en mai 2001. Le second exemplaire, plusieurs fois reporté, n’a jamais été commandé. Le programme de porte-avions de nouvelle génération annoncé en décembre 2020 prévoit, lui aussi, un seul bâtiment.
23 septembre 1990 : arrivée du porte-avions Clemenceau dans le port de Yanbu (Sud-Est de l’Arabie saoudite)…
Transformé en porte-hélicoptères, le porte-avions Clemenceau met à terre dans le port saoudien de Yanbu les 42 hélicoptères du 5e régiment d’hélicoptères de combat. L’opération Salamandre s’achève ; les premiers éléments de ce qui deviendra la division Daguet sont à pied d’œuvre.
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La Task Force 623 en océan Indien
Sous le commandement du contre-amiral Jean Wild, ordre est donné à la Task Force 623, composée du porte-avions Clemenceau, du croiseur Colbert et du pétrolier-ravitailleur Var, de partir pour l’océan Indien. Les marins, qui ont l’habitude d’appareiller pour l’océan Indien où la flotte entretient une présence permanente, tiennent sans problème le délai requis de 72 heures. Le strict respect des périodes d’entretien — pour le Clemenceau en particulier — permet aux bâtiments d’être en bonne condition. De plus, la présence d’éléments de soutien à Djibouti, en particulier le bâtiment-atelier Jules Verne, facilite un départ rapide ; d’autres unités de soutien, le remorqueur Buffle et le pétrolier-ravitailleur Durance, rallieront par la suite. Seul le nombre limité de bâtiments antiaériens est un réel problème, car l’indisponibilité des trois unités les plus modernes impose de choisir le croiseur Colbert, dont ce sera la dernière mission. Le 13 août, les navires français quittent le port de Toulon dans une atmosphère de gravité qui rappelle que la guerre est dans tous les esprits.
Les hélicoptères à la manœuvre
Les hangars du porte-avions n’emportent pas les habituelles flottilles de Crusader et de Super Étendard, mais, à la place, les 42 machines du 5e Régiment d’hélicoptères de combat (5e RHC) : 20 Gazelle antichars, 10 autres de reconnaissance et d’appui et 12 Puma de transport. Les camions d’une compagnie du 1er Régiment d’infanterie (1er RI) sont aussi parqués sur le pont d’envol, sans toutefois empêcher la manœuvre des Alizé de l’aéronavale. Porte-avions, porte-hélicoptères, porte-camions… ce dispositif suscite étonnements et critiques incisives de la presse et d’une partie de l’opposition. Pourtant, la Marine et l’aviation légère de l’armée de Terre (ALAT) ont l’habitude de s’exercer ensemble et le groupe ainsi constitué possède une valeur opérationnelle indéniable. Face à la menace d’une offensive irakienne dans le désert, le couple Gazelle-missile Hot serait bien plus efficace comme « tueur de chars » que des chasseurs-bombardiers. De plus, ce choix traduit précisément la position diplomatique française à ce stade, comme le souligne le contre-amiral Pierre Bonnot, Alindien à l’époque : « Un régiment d’hélicoptères, arme défensive contre une attaque de blindés, incarne un degré d’agressivité moindre qu’une [flottille] de chasseurs-bombardiers embarqués. » Les arguments ne manquent donc pas pour justifier l’opération. Encore faut-il les exposer aux commentateurs et accompagner les manœuvres militaires sur le plan médiatique. Une nécessité d’autant plus grande que l’effet recherché est d’abord politique.
Un parti pris payant
De fait, Salamandre remplit bien ses deux objectifs principaux : l’engagement auprès des monarchies du Golfe et l’ouverture du théâtre. Le transit aller est l’occasion d’effectuer de nombreux exercices aériens et de s’entraîner à faire face aux menaces chimiques ou terroristes. Ainsi, la traversée du canal de Suez se fait au poste de combat et, en l’absence de caméras thermiques à bord, on dispose les postes de tir Milan du 1er RI dans des casemates improvisées sur le pont pour utiliser leur optique infrarouge. Puis l’escale à Djibouti permet d’acclimater le 5e RHC au milieu désertique et aux températures extrêmes : 50°C à l’ombre ! Début septembre, le groupe se positionne en mer d’Oman à une vingtaine de nautiques des côtes pour permettre aux hélicoptères de participer à des manœuvres aux Émirats arabes unis et au Sultanat d’Oman. Enfin, cette présence sur zone permet de répondre très rapidement au pillage de l’ambassade de France à Koweït-City, le 15 septembre. La TF 623 est immédiatement déroutée vers Yanbu où le 5e RHC est projeté trois jours plus tard ; une escale permet de débarquer le reste des forces de l’ALAT pendant que des renforts commencent à affluer de France. L’opération Salamandre fait ainsi la liaison avec l’étape suivante de l’engagement français dans le conflit, l’envoi de la division Daguet. Mission accomplie, la Task Force rentre à Toulon le 5 octobre.
Par rapport à d’autres déploiements opérationnels des porte-avions français, Salamandre fait figure de mission incomprise, d’une part du fait de l’absence de l’emblématique groupe aérien embarqué et, d’autre part, parce qu’elle concrétise une position diplomatique française marginalisée par la suite des événements. Elle mérite cependant d’être considérée comme une mission de diplomatie navale bien conçue dans le contexte de l’été 1990. Elle offre également un exemple original des synergies qu’offre la mise en œuvre des hélicoptères de l’ALAT depuis les plates-formes de la Marine. Une combinaison dont la valeur s’est révélée avec la mise en œuvre des porte-hélicoptères amphibies lors de l’opération Harmattan, en 2011, cette fois dans un contexte beaucoup plus guerrier.
Dominique GUILLEMIN, SHD, Cols bleus n°3082 (octobre 2019)

23 septembre 2015 : fin du coup d’État du général Diendéré (Burkina Faso).
Une semaine après avoir été pris en otage par le Régiment de sécurité présidentielle, le président de la transition Michel Kafando est rétabli dans ses fonctions à Ouagadougou, en présence de plusieurs chefs d’État ouest-africains. Le général Gilbert Diendéré déclare regretter son putsch.
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En octobre 2014, un soulèvement populaire chasse Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987. Une transition est confiée à un président civil, Michel Kafando, et à un Premier ministre militaire, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, issu du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), unité d’environ 1 200 hommes créée par Compaoré, mieux équipée que le reste de l’armée. Les élections sont fixées au 11 octobre 2015. La loi électorale écarte les candidats ayant soutenu la révision constitutionnelle voulue par Compaoré, et une commission recommande la dissolution du RSP.
Le 16 septembre 2015, en début d’après-midi, des soldats du RSP font irruption dans le Conseil des ministres au palais de Kosyam et retiennent le président, le Premier ministre et deux ministres. Le lendemain, un Conseil national pour la démocratie est proclamé, présidé par le général Gilbert Diendéré, ancien chef d’état-major particulier de Compaoré. Grèves et manifestations s’étendent au pays ; le RSP tire sur les manifestants. Les bilans font état d’une dizaine de morts et de plus d’une centaine de blessés.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest dépêche le président sénégalais Macky Sall et le président béninois Thomas Boni Yayi, dont le projet d’accord, qui prévoit une amnistie des putschistes, est rejeté par la rue. Le 21 septembre, des unités de l’armée régulière venues des garnisons de province marchent sur Ouagadougou. Un accord conclu entre l’état-major et le RSP prévoit le cantonnement du régiment et le retrait des troupes loyalistes à distance de la capitale.
Le 23 septembre, Michel Kafando est rétabli dans ses fonctions lors d’une cérémonie en présence des présidents du Bénin, du Ghana et du Niger et du vice-président du Nigeria. Il reconduit aussitôt le Premier ministre Zida. Diendéré déclare regretter le coup d’État. Le 25 septembre, le gouvernement dissout le RSP. Une partie de ses hommes refuse le désarmement ; l’armée investit leur camp le 29 septembre. Diendéré se réfugie à la nonciature apostolique, puis se livre le 1er octobre.
Les élections, reportées, ont lieu le 29 novembre 2015 et portent Roch Marc Christian Kaboré à la présidence. En septembre 2019, Diendéré est condamné à vingt ans de prison pour le coup d’État ; en avril 2022, il est condamné à la réclusion à perpétuité dans le procès de l’assassinat de Thomas Sankara.







