Des filets autour des superstructures, des pneus suspendus le long des coques ou encore des réservoirs remplis d’eau autour des zones sensibles : face à la multiplication des attaques de drones en mer Noire, certains navires marchands improvisent désormais leurs propres protections.
Ces dispositifs sont devenus visibles jusque dans le détroit du Bosphore. Le pétrolier Caruzo, sous pavillon sierra-léonais, a ainsi été observé avec des réservoirs d’eau disposés autour de sa poupe, vraisemblablement pour tenter de protéger sa salle des machines. Le pétrolier russe Khrizopraz a, lui, traversé le détroit avec des pneus suspendus à sa coque.
D’autres navires adoptent des filets de protection autour de leurs superstructures, sur un principe proche des « cope cages » utilisées sur certains véhicules militaires. Ces solutions peuvent offrir une protection contre de petits drones explosifs, mais les spécialistes interrogés par Reuters doutent de leur efficacité face à des drones militaires plus puissants ou à des drones navals rapides transportant d’importantes charges explosives.
Cette adaptation témoigne surtout de la dégradation rapide de la sécurité de la navigation commerciale en mer Noire. Depuis juillet, l’Ukraine a intensifié ses attaques contre les navires et infrastructures participant aux exportations russes de pétrole et de céréales, tandis que la Russie a accru ses frappes contre les principaux ports céréaliers ukrainiens d’Odessa, Chornomorsk et Pivdennyi.
Plusieurs bâtiments commerciaux sont récemment arrivés lourdement endommagés dans le Bosphore. La Turquie, dont des navires ont également été visés, tente désormais de négocier avec Moscou et Kiev un nouveau dispositif permettant de sécuriser les exportations céréalières. La Russie a toutefois rejeté, à ce stade, l’idée d’un rétablissement de l’ancien accord sur les céréales.
La situation dépasse ainsi largement le seul théâtre militaire ukrainien. Ankara alerte déjà sur les conséquences des attaques contre le trafic commercial pour l’approvisionnement mondial en céréales, notamment en Afrique.
En mer Noire, la frontière entre zone de guerre et route commerciale s’efface progressivement. Voir des équipages civils protéger leurs navires avec des dispositifs anti-drones improvisés en constitue sans doute l’une des illustrations les plus frappantes.
Comment les navires marchands bricolent leurs propres défenses contre les drones en Mer Noire ?






