Daher accélère : innovation souveraine, internationalisation et premier vol d’EyePulse.

Avec un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d’euros en 2025 et une présence désormais établie dans 17 pays, le groupe Daher franchit une nouvelle étape de sa mue stratégique. Derrière les chiffres se dessine une ambition industrielle qui dépasse largement la fabrication d’avions légers.

Le nom ne fait pas encore la une des grands médias généralistes. Pourtant, Daher s’impose progressivement comme l’un des acteurs les plus discrets — et les plus déterminants — de la souveraineté aéro-industrielle française. La preuve en moins de six mois : le groupe a réussi le premier vol d’EyePulse, son démonstrateur de drone MALE bas du spectre, un délai qui force le respect dans un secteur où les calendriers glissent structurellement. Ce coup d’essai, réalisé depuis le technocentre Fly’in inauguré en janvier 2025 à Tarbes, révèle la maîtrise croissante du groupe en architecture de systèmes complexes, en intégration avionique et en gestion des technologies duales — autant de savoir-faire qui positionnent Daher bien au-delà du simple équipementier.

Une empreinte mondiale qui s’élargit

Le groupe ne se contente plus de produire. Il se déploie. Fin 2025, 4 000 de ses 14 500 collaborateurs travaillent hors de France, soit 28 % de l’effectif total. Plus significatif encore : 55 % du chiffre d’affaires est désormais réalisé à l’international — un basculement qui traduit une internationalisation structurelle, et non conjoncturelle. De nouveaux bureaux ont été ouverts au Brésil pour l’activité Aircraft, aux Émirats arabes unis pour les Industrial Services. Aux États-Unis, le chantier de la troisième chaîne d’assemblage final (FAL) de Stuart, en Floride, avance selon le calendrier prévu : les premiers appareils en sortiront d’ici 2027, aux côtés des FAL historiques de Tarbes pour le TBM et de Sandpoint pour le Kodiak.

Sur le continent américain, la demande ne faiblit pas. Plus de 61 % des livraisons de TBM y sont désormais absorbées, portées par des usages multimissions inattendus — certains TBM 960 servent de « birddog » pour la coordination de la lutte contre les feux de forêt, quand des Kodiak équipent des agences fédérales américaines. Le marché civil irrigue ici une base opérationnelle qui, demain, pourrait intéresser d’autres clients en uniforme.

La thermoplastique et le futur des monocouloirs

Sur le front industriel, Daher a décroché début 2025 un JEC Innovation Award pour sa nervure d’aile soudée en composites thermoplastiques — une reconnaissance internationale qui sanctionne deux ans de travaux intensifs au sein de Shap’in, le technocentre nantais dédié à ces matériaux d’avenir. Soudure par induction, automatisation, recyclage : les procédés s’affûtent, les gains d’allègement dépassent les 15 %, et l’objectif est clair — fournir les futurs monocouloirs court/moyen-courrier (SMR) de la prochaine génération. Le site de Tanger, au Maroc, monte lui aussi en puissance avec de nouvelles lignes de production, renforçant la compétitivité multisites du groupe face aux cadences exigeantes de ses donneurs d’ordre.

L’humain, le climat, la formation

Daher a recruté près de 2 800 personnes en 2025, dont 1 500 en France. Les femmes représentent désormais 27 % des effectifs et 31 % des recrutements — une progression modeste mais réelle dans un secteur qui peine historiquement à se féminiser. Le Daher Learning Center, articulé autour de quatre sites de formation en France et aux États-Unis, a dispensé plus de 165 000 heures de formation dans l’année.

Sur le front climatique, le groupe revendique une réduction de 15 % de ses émissions opérationnelles depuis 2022, conformément à sa feuille de route. Le CDP lui a décerné en début d’année 2026 la note « Leadership A », distinction réservée aux entreprises jugées les plus avancées dans la transition climatique de leur secteur. L’objectif affiché : moins 50 % d’émissions d’ici 2032.


Avec Take Off 2027, Daher joue une partition ambitieuse — celle d’un industriel de taille intermédiaire capable de tenir simultanément les registres de la production en série, de l’innovation souveraine et de l’expansion internationale. EyePulse, en ce sens, n’est peut-être qu’un début.

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