mercredi 24 avril 2024

DIÊN BIÊN PHU : Journal de marche du 28 mars 1954

Nuit du 27 au 28 mars

20 h 20

Sonnette du 1/4 RTM sur le Mont Chauve se replie sous la pression du VM. Intervention mortiers .

20 h 30

Les VM tirent au canon sans recul et au mortier sur DOMINIQUE 1.

22 h 40

remise en place des sonnettes sur le Mont Chauve.

Elément léger VM circule autour de HUGUETTE 7.

Patrouille 1/13e DBLE repère éléments VM en 931/648.

Embuscade du 1er BEP en 940/644 : observe une vingtaine de VM venant de l’est se dirigeant vers Ban Tap.

1er BEP – Parachutage de renforts : capitaine BIENVAULT, 6 sous-officiers, 25 hommes de troupe.

SHD : situation ISABELLE le 27 mars.

Dans la soirée

Le Vietminh du régiment 57 de la division 304, reçoit l’ordre de couper les axes en plaine qui permet d’éviter de passer par la RP 41 sur l’autre rive de la Nam Youm entre le PA central et ISABELLE.  

Mission envisagée pour hélicoptères de nuit depuis Muong Sai sur Diên Biên Phu pour évacuation des blessés vers Luang Prabang. Mais reportée à jour ultérieur.

03 h 30

VM tirent au canon sans recul et au mortier sur DOMINIQUE 1. Intervention de notre artillerie et mortiers.

04 h 15

Décollage la nuit se confond avec le brouillard et la visibilité nulle.

Le pilote n’a jamais fait de posé de nuit à Diên Biên Phu ; il se présente deux fois. 

05 h 30

Accusé réception de la mise en place des unités sur les bases de départ.

BIGEARD a 2 000 hommes sous ses ordres et toute l’artillerie du camp.

CONCEPTION DE L’OPERATION :

  • Bataillon de la légion en recueil en place à 5 Heures du matin.
  • 8e CHOC axé sur Ban Pan.
  • 6e BPC axé sur Bon Ong Pet.

05 h 45

Nouvelle tentative : Le capitaine BLANCHET pose son Dakota Delta Coca.

A bord : adjudant-chef Pierre LARRIAUT (radio), adjudant-chef Pierre CHAUVIN (mécanicien volant), IPSA Geneviève de Gallard.

En virant sol, trompé par l’obscurité, il s’empêtre dans les barbelés qui immobilisent l’appareil. Les blessés montent à bord. Le mécanicien fait le tour de l’avion : le réservoir d’huile est percé. Les blessés, déçus, retournent vers le camion et les hôpitaux.

Tentative de réparation.


MISSION :

Anéantir le maximum d’armes de DCA situées dans les tranchées Viets à l’ouest de la vallée vers Ban Ong Pet. Estimation de 37 pièces de DCA (tous types) implantées à la limite des rizières à moins de 2,5 km à l’ouest des CLAUDINE.

Sur ordre de BIGEARD, décrochage rapide en manœuvrant, en profitant de la totalité des appuis.

RENSEIGNEMENTS SUR L’ENNEMI :

  • La division 308 à l’Ouest, -Un régiment signalé dans la zone d’action N° 88/308.
  • 2 Bataillons en protection de la DCA TD 36.

Lancement d’une opération de dégagement contre les batteries de DCA Viet Minh vers l’ouest. Le 6e BPC, le 8e Choc, le 1er BEP et le I/2e REI du commandant CLÉMENÇON, les blindés d’HERVOUËT et les appuis d’artillerie et d’aviation disponibles.

Le 1er BEP sera en réserve prés de CLAUDINE et le 1/2e REI servira d’unité de recueil.

Les chars en attente le long de HUGUETTE 1, attendant les premiers coups de l’artillerie pour démarrer.

Le PC du 8e Choc sur FRANÇOISE. Le PC du 6e BPC sur le bord de CLAUDINE

Le 8e Choc et le 6e BPC progressent sur deux axes parallèles. Le 8 au Nord vers Ban Pan, le 6 au sud sur Ban Ong Pet.

Capitaine Yves Hervouët (1920-1954).

06 h 00

Tête de Bataillon à 300 mètres de l’objectif.

  • Le 1er BEP en réserve suivra le déroulement à la radio, prêt à intervenir si besoin préavis de 5 minutes.
  • Le PC avec la compagnie de la légion en recueil, au centre du dispositif.

Les chars camouflés a proximité du PC de BIGEARD qui commande à plat ventre entouré  de ses postes radio et de ses cartes au milieu d’un vague trou

APPUIS ARTILLERIE :

  • Concentration sur BAN PAN avec 36 canons et mortiers.

À quelques centaines de  mètres en arrière, les pièces de l’artillerie et des mortiers de 120 et 105 s’abattent. La préparation commence, elle doit durer 30 mn. Au plus près des compagnies de tête.

La terre vole le roulement s’amplifie devient orage, le déluge de fer et de feu s’abat sur l’ennemi. Déjà les sections de tête se glissent hors des boyaux, en rampant, gagnant sous le feu des mètres et dés mètres. Autant de moins à parcourir tout à l’heure, à découvert, face aux mitrailleuses ennemies.

06 h 10

Même scénario sur Bon Ong Pet.

06 h 15

50 % des moyens artilleries au 8e CHOC, 50 % au 6e  BPC dirigés directement par les commandants de compagnies.

Le contact est pris, les combats sont extrêmement violents, acharnés.

L’attaque démarre appuyée par 26 obusiers et mortiers ouvre le feu sur les positions viets jusqu’à 6 h 15.

« Je me souviens que les 105 avaient tiré un peu trop près des premières lignes du 6, et les copains en n’avaient pris pleins la gueule. BIGEARD avait poussé une colère carabiné. » (Caporal RIVET)

L’écho du dernier obus vient de retomber que 300 parachutistes se ruent en avant de bond en bond, ils grignotent le terrain.

15 minutes après contact.

Les Viets se sont ressaisis et ouvrent à leurs tours un feu nourri sur l’assaillant.

Les compagnies sont sur la brèche depuis près de 4 heures.

Le front s’étendant sur plus 1 km est une mêlée sauvage sur le terrain.

Des trous pris puis perdus. Des tranchées sont l’objet de furieux corps à corps qui se terminent au poignard.

06 h 30

L’aviation prend le relais ainsi que les mortiers du lieutenant ALLAIRE.

« BRUNO à PIERRE (TOURRET – 8e choc) et à THOMAS (second du 6e), à vous de jouer ».

L’écho du dernier obus vient de retomber que 300 parachutistes se ruent en avant. De bond en bond, ils grignotent le terrain.

Les Viêts se sont ressaisis et ouvrent à leurs tours un feu nourri sur l’assaillant.

Un combat dantesque, âpre ou chacun donne le meilleur de lui-même.

2 bataillons au complet en face d’eux, les paras sont quatre fois moins nombreux.

Malgré des passes difficiles, ils auront toujours le combat à leurs mains.

Dans le ciel les Bearcat son exacte au rendez-vous, dès le levé de la brume. 

Sans attendre commence son matraquage de balles et de napalm.

La terre tremble sous les balles, l’air vibre sous les langues de feu du napalm.

Mais les paras ne lèvent pas les yeux. Ils rampent, se regroupent, bondissent de trou en trou.

La section du lieutenant VIGOUROUX est en pointe,

Échange rageur de rafales et de grenades.

8e BPC base arrière :

  • Départ de renforts pour Diên Biên Phu : 5 sous-officiers, 16 hommes de troupes européens, 14 hommes de troupe autochtones.

Dimanche 28 mars

Matinée

Le Dakota « DY » a pris la direction des opérations de parachutages sans s’annoncer à Torry Transport cependant à l’écoute. À la connaissance de Torry Transport 18 C-47 ont parachuté en partie.

11 C-47 en vol groupé ont parachuté des munitions à 8 500 pieds. La totalité des colis est tombé en zone VM.

Dans un deuxième temps, 7 C-47 ont parachuté à une altitude de 6 000 pieds avec des résultats analogues. Il a été demandé instamment que les parachutages soient interrompus.

10 h 00

Le brouillard se lève. Les observateurs viets découvrent le C-47 Delta Coca posé de la nuit en panne. 1er obus trop court, deuxième trop long, quatrième dedans ; le Delta Coca prend feu. L’équipage sera fait prisonnier le                                                                       7 mai lors de la chute du camp retranché. Geneviève DE GALARD rejoint l’antenne du médecin-commandant GRAUWIN, retour prévu le lendemain sur la prochaine évacuation. Mais c’est le dernier posé d’avion sur le terrain.

Message GATAC Nord : Demande que l’opération sanitaire de jour par Dakota soit remise à plus tard. Semble indiqué d’attendre la réponse de HO CHI MINH aux appels du professeur HUARD et du général commandant en chef ou du moins un délai avant de faire atterrir des avions à Croix Rouge.

Les C-119, à partir du 29 uniquement, employés aux parachutages. Le harcèlement napalm pourra éventuellement être confié aux C-47 disponibles et munis de rampes.


Il est impossible à l’artillerie, comme à l’aviation, d’intervenir. C’est désormais une explication de fantassin à fantassin. La 1re Cie au milieu du PA ennemi grignote le terrain. Les Viets se sont retranchés dans des sapes creusées au fond des boyaux. Pour les neutraliser, il faut les sortir, hommes par hommes à la grenade à la baïonnette, au poignard. Ban Pan et Ban Ong Pet disparaissent presque entièrement dans la poussière et la fumée.

L’aviation prend ensuite le relai durant un quart d’heure. Les 6e et 8 BPC progressent. Même si l’aviation ne peut intervenir qu’à partir de 9 h 00, l’opération est un succès.

11 h 00

Parachutage à haute altitude stoppé, le matériel tombe chez lez Vietminh.

Ouverture de la route d’ISABELLE réalisée sans contact sérieux. Les éléments de protection sont harcelés au mortier.

11 h 30

Poursuite des travaux de comblement des tranchées au Nord d’HUGUETTE 6 et 7. Un PM récupéré, les équipes de travailleurs sont harcelés par mortiers.

Les tranchées VM arrivent au pied des barbelés de DOMINIQUE 1 et 2 et de ELIANE 1 et 2. DOMINIQUE 1 renforcé par une Cie du 5e BPVN prise sur ELIANE 4 où elle est remplacée par une section du 6e BPVN.

Midi

Venu d’ISABELLE, en traversant la plaine sans passer par le RP 41 en jouant sur la surprise, le peloton de chars du lieutenant PRÉAUD fonce sur Ban Ong Pet. Il entraîne dans son sillage la compagnie TRAPP du 6e BPC qui bouscule l’adversaire et arrive à la lisière du village, mais un tir d’arrêt les bloque. Ils ne peuvent plus avancer. VERT avec l’appui de BLEU, ramené de la zone du 8e Choc où le combat se passe normalement, bloquent la contre-attaque viet contre le 6e BPC. Ils permettent le dégagement de la CIP et de la 1re Cie LEPAGE avec le soutien de la 3e Cie LEBOUDEC.

Les premiers prisonniers appartiennent au régiment 88 de la division 308 le meilleur de la division d’élite.

Au sud, la 4e compagnie celle de DE WILDE a pénétré profondément dans le dispositif ennemi. Une à une, ses sections ont conquis les boyaux d’accès qui rejoignent la tranchée principal où risquent d’arriver des renforts. Le plus urgent consiste à bloquer cette tranchée. La section de JACOBS est engagée, à 30 mètres, contre un fort élément ennemi.

Placé une pièce FM récupérée  par une section voisine en bouchon, face à l’ouest.

Très vite, le combat s’engage le piège se referme sur l’ennemi qui a dépêché des renforts aux 2 Bataillons bousculés. Trop tard ! Les paras tiennent le terrain.

Pour déboucher, les renforts sont obligés de sortir de la tranchée et de s’aventurer sur le glacis. C’est le massacre !

Pendant 2 heures, la petite équipe de la 4e bloque les Viêts. Derrière eux, les camarades peuvent manœuvrer, investir les alvéoles de pièces, neutraliser les armes lourdes.

Neuf longues heures à se battre, à donner des assauts, à ramper, à bondir, se faire tuer sous la chaleur et les obus adverses…

BIGEARD appelle ses chefs de compagnies. Tous ont atteint leurs objectifs.

Le RATISBONNE et le NEUMACH de VERT sont touchés par des roquettes de 90 mais peuvent rejoindre ISABELLE. Premère utilisation de ces roquettes en provenance de la frontière de Chine.

Le lieutenant LE VIGOUROUX, chef de section à la Cie LEPAGE, est tué d’une balle dans la tête après une communication avec BIGEARD. C’est le radio qui annonce sa mort.

Le lieutenant DE WILDE, une main à demi arrachée, est évacué vers l’antenne chirurgicale et ne reprendra plus le combat.

Après des combats acharnés qui s’apparentent à ceux de Verdun, à 15 h 00, la défaite du TD 36 est consommée.  

Carte de l’attaque du 28 mars sur Ban Ong Pet.

15 h 00

Le repli est décidé appuyé par toute l’artillerie, l’aviation et les 81 du lieutenant ALLAIRE, qui fera tirer près de 3 000 coups. Ses tubes sont rouge.

Pertes ennemies estimées : entre 300 et 400 hommes tués, peut être le double de blessés (environ 600) et abandonne 2 canons de 57 SKZ, 5 canons de 20 mm, 12 mitrailleuses de 12.7, 2 lance-roquettes, 14 FM et plus de 100 armes individuelles. Les pièces de 37 antiaériennes n’ont pas été détruites. 20 prisonniers.

Mais l’opération a coûté cher : Au total 20 tués dont deux officiers : lieutenants LE VIGOUROUX et JACOB. 70 à 85 blessés dont 5 officiers, deux chars « bazookés ».

  • Le 6e  BPC compte 15 morts dont 4 sous-officiers et 36 blessés.
  • Le 8e BPC compte 3 tués dont un Vietnamien, 36 blessés dont 2 officiers dont le lieutenant DESMONS et 9 sous-officiers.

Les Paras ont attaqué à un contre dix.

Le peloton vert rejoint ISABELLE par la RP 41 après un appui feu et fumigène sur les points d’accrochage et d’embuscade habituel.

Les troupes de la garnison aidées par les 4 petits bulldozers et les deux compagnies du 31e bataillon de marche du Génie (31e BMG) s’enterrent le mieux possible, réorganisant de positions bouleversées par les obus. Attention particulière pour le sous-secteur Est.

Plus aucune lettre ne peut quitter Diên Biên Phu.

Message Gono propose : liaison colonel LANGLAIS pour le 29 enlevé par Beaver se posant à 06 h 00 précises – Pilote BEZEREL doit pouvoir remplir mission. Colonel LANGLAIS se ferait parachuter sur Diên Biên Phu avant 12 h 00 même jour – donner accord d’urgence. Tous les avions se posant de nuit peuvent amener des renforts si les hommes suivent un entraînement sommaire sur maquette pour sauter rapidement. Rails et matériaux casemate ISABELLE demandés le 26 non parvenus. C’est vital pour ISABELLE. J’insiste pour la maintenance en personnel.

Les sapeurs viets ne cessent de creuser des tranchées, pour s’y opposer, ou du moins les limiter, les paras et les légionnaires partent à l’assaut et les rebouchent tant bien que mal, particulièrement aux abords de la piste d’aviation.

16 h 00

12 C-47 parachutent de 4 000 pieds avec de bons résultats. À signaler absence de vent.

Capitaine DARTIGUES sur C-47 B-15-DK  349434/FRBDC November Mike (Negro Mamadou) parachute. 

Fin de parachutage – touché par DCA.

Tombe à 100 m d’ELIANE 3 sur la rive gauche de la Nam Youn près des positions du 1/4 RTM.  7 corps enterrés par lieutenant GALOPIN et les Marocains.

Récupération de la journée :

  • 1 825 kg de pain
  • 620 rations 21
  • 160 kg de viande
  • 100 kg de sucre
  • 240 kg de café
  • 150 kg de thé
  • un colis pour ACM 29
  • un colis 2e bureau
  • un sac de courrier
  • 6 canons de mitrailleuse 7.62
  • un périscope de char

4 avions sur 5 en parachutage Delta touchés par DCA de nuit ou en altitude.

3 Criquet neufs livrés à Muong Sai pour remplacer les pertes.

Hanoï : réorganisation des CRA.

Cat Bi CRA 5 :  20 C-119 pour parachutage sur Diên Biên Phu de nuit : 100 tonnes + essence 50 tonnes.

Bach Maï CRA 3 : 10 à 12 C-47 sur Diên Biên Phu de nuit : 120 tonnes – 10 C-47 sur Diên Biên Phu de jour.

Gialam : Totalité des chargements civils sur toutes destination de jour.

  • Vivres : 6 jours
  • munitions  : 105 mm : 5 UF / 155 mm : 5 UF / mortiers 120 mm : 7,5 UF

18 h 00

Balisage de CLAUDINE et d’ISABELLE prêt pour parachutage de nuit.

Réorganisation de l’appui donné au centre de résistance par l’artillerie et l’aviation.

Le commandement de l’artillerie des FTNV est chargé de la coordination.

Réunion interarmées chaque soir 18 h 30 Hanoï fixant les feux de la bataille sur un rayon de 20 km ou les feux de la manœuvre avec les zones d’application.

Le commandant du GONO, responsable de sa manœuvre, reçoit communication des objectifs d’artillerie et d’aviation. Il est habilité à détourner des missions en vol pour les appliquer sur un objectif d’opportunité qu’il juge prioritaire

Pascal PECCAVET
Pascal PECCAVET
Ancien pilote d'hélicoptère sur Gazelle au sein de l’aviation Légère de l’armée de Terre (ALAT) pendant 18 ans cumulant 2 500 heures de vol. Ancien combattant de la guerre du Golfe et de la Somalie. Attaché Principal d’Administration d’État dans l’Éducation nationale. Adjoint gestionnaire d’un établissement scolaire. Commissaire aux Armées de Réserve (en attente d'affectation). Membre de l’Union Nationale des Combattants de Saint-Paul-lès-Dax (Landes). Historien chercheur pour l'ECPAD. Historien "War Studies". Spécialiste de la guerre d’Indochine. A rejoint l'équipe rédactionnelle de THEATRUM BELLI en janvier 2024.
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