Le magazine des ingénieurs de l’armement consacre 148 pages à ce qui s’impose comme la transformation majeure du combat contemporain : la dronisation et la robotisation du champ de bataille.
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Les drones ne signent pas la fin des grands programmes : ils ouvrent un âge de la complémentarité, où la supériorité militaire repose autant sur l’excellence technologique que sur des équipements plus rustiques, plus nombreux et plus vite produits. D’où la nécessité de concevoir, produire et livrer autrement ; c’est le sens de la transformation « DGA de combat ».
L’éditorial de Jérôme de Dinechin propose une grille de lecture en quatre polarités : systèmes rares et coûteux contre systèmes nombreux et bon marché ; conduite de programme classique contre démarche agile ; décision centralisée contre intelligence distribuée dopée à l’IA ; enfin l’humain face à la machine. Son invitation : articuler ces pôles plutôt que basculer de l’un à l’autre.
Claude Chenuil ouvre le dossier en datant la rupture (l’offensive ukrainienne de décembre 2024 conduite uniquement par des systèmes robotiques) et en analysant les causes du retard français : préjugés opérationnels, méthodes de conduite de projet inadaptées, industriels attentistes. Il salue le redressement engagé (challenges COHOMA, munitions téléopérées Colibri et Larinae, Pacte drones aériens de défense de juin 2024, projet Pendragon) tout en rappelant qu’une armée de prototypes n’a jamais gagné de bataille.
Quatre blocs thématiques :
- Drones et combat. Le dossier retrace la bascule de 2022 et interroge la préparation des armées françaises. Il détaille le Pacte drones comme forum inédit État-industrie, les enjeux de dualité, de souveraineté et de volume pour une filière encore à structurer, le programme MALE mené en cycle court (premier vol 2026, opérationnel 2029), l’arrivée des drones de combat collaboratifs auprès du chasseur, la transparence du champ de bataille racontée par deux officiers ukrainiens, la complexité de la réglementation aérienne, et l’avance chinoise en robotique militaire.
- Terrestre. Articulation du low tech et du high tech, protection de l’homme par l’engagement de la machine, emploi des drones par la sécurité civile et la gendarmerie du littoral, drone d’entraînement à bas coût DELCO, production de masse, propulsion souveraine face aux restrictions chinoises, et plaidoyer pour l’acquisition de petites séries de robots terrestres afin de mûrir les concepts d’emploi.
- Lutte anti-drones. Le volet LAD insiste sur l’effet système : doctrine à réinventer, action de la DGA, intégration multicouche avec la défense sol-air, ouverture prochaine de la LADA aux opérateurs privés pour protéger les points d’intérêt vitaux, maturation du laser, pratiques de terrain de la gendarmerie et retours d’expérience industriels tirés du théâtre ukrainien.
- Innovation et technologies. Composants électroniques et solutions européennes, place de la recherche face au « combat-proven », sécurité périmétrique des aéroports, détection de drones chez Orange, challenge international de Chaumont, robots humanoïdes, premier plan d’action de l’UE, drone low cost assemblé par les unités, travaux de l’AMIAD sur la détection et les essaims, et enseignements du laboratoire ukrainien en matière de C4ISR.
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