Entre le 7 et le 10 mai 2025, l’Inde et le Pakistan se sont affrontés dans ce qui constitue l’un des combats aériens les plus intenses entre deux puissances nucléaires depuis des décennies. Cette confrontation, baptisée opération Sindoor par New Delhi, fait suite à un attentat terroriste meurtrier perpétré le 22 avril 2025 à Pahalgam, au Jammu-et-Cachemire, qui a coûté la vie à 26 personnes. L’analyse de ces 88 heures d’affrontements fournit des enseignements sur la conduite des opérations aériennes modernes et sur la gestion de l’escalade entre puissances nucléaires.
Depuis plusieurs décennies, des mouvements insurgés islamistes utilisent le Pakistan comme base arrière pour mener des attaques contre l’Inde, avec le soutien plus ou moins explicite de l’appareil militaire pakistanais. Les ripostes indiennes sont devenues progressivement plus déterminées, malgré le risque d’escalade nucléaire. Un premier raid indien en territoire pakistanais a eu lieu en 2016, suivi en 2019 d’une frappe aérienne contre Balakot ayant donné lieu à plusieurs combats aériens.
L’attentat de Pahalgam a provoqué une réaction indienne d’une ampleur inédite. La planification de l’opération Sindoor a débuté dès le 23 avril, avec un objectif double : frapper les infrastructures des mouvements Jaish-e-Mohammed (JeM) et Lashkar-e-Taiba (LeT), tout en se préparant à gérer une éventuelle escalade militaire avec le Pakistan.
Dans la nuit du 7 mai, l’aviation indienne a lancé des frappes contre neuf camps d’entraînement terroristes, dont deux situés en profondeur sur le territoire pakistanais. La réaction pakistanaise a été immédiate et massive. Profitant de ses capacités en matière de missiles air-air à longue portée, notamment les PL-15 chinois, la Pakistan Air Force (PAF) a abattu plusieurs appareils indiens, dont au moins un Rafale, un Mirage 2000 et un MiG-29UPG ou Su-30MKI.
Cette victoire tactique initiale du Pakistan a été suivie par trois vagues d’attaques massives combinant drones et missiles de croisière, lancées entre le 7 et le 9 mai. Plus de 300 drones ont été déployés lors de la première vague, suivis de 600 lors de la deuxième. Ces opérations visaient à saturer les défenses aériennes indiennes et à frapper des bases aériennes et des installations militaires stratégiques.
Cependant, le système intégré de défense aérienne indien, l’IACCCS, s’est révélé particulièrement efficace. En fusionnant les données de multiples capteurs et en coordonnant l’action de l’artillerie antiaérienne et des batteries de missiles, l’Inde a réussi à intercepter la majorité des menaces sans activer constamment ses radars, rendant ainsi difficile leur localisation par l’adversaire.
Parallèlement, l’Inde a mené une campagne discrète de suppression des défenses aériennes pakistanaises entre le 8 et le 9 mai, utilisant des drones kamikazes Harop et Harpy pour détruire des radars de veille et des batteries de missiles. L’IAF revendique également avoir abattu un avion de détection et de commandement aéroporté Erieye à près de 300 kilomètres de distance grâce à ses batteries S-400.
Le 10 mai au matin, l’Inde a franchi un nouveau palier en lançant deux vagues de frappes massives contre les bases aériennes pakistanaises. Utilisant des missiles BrahMos, SCALP-EG et Rampage tirés depuis son espace aérien, l’IAF a frappé sept sites militaires situés jusqu’à 200 kilomètres à l’intérieur du territoire pakistanais. Les bases de Sargodha, Jacobabad et Bholari ont été particulièrement touchées, avec la destruction revendiquée de plusieurs F-16, d’un système radar de surveillance aéroportée Erieye et de nombreux drones MALE.
À midi le 10 mai, les militaires pakistanais sollicitaient un cessez-le-feu, accepté rapidement par New Delhi qui estimait avoir atteint ses objectifs politiques et militaires.
Cette confrontation a mis en évidence plusieurs tendances déjà observées dans les conflits récents. La prédominance des armes à longue portée, tant air-sol qu’air-air, s’est confirmée comme un facteur décisif. Les missiles comme le PL-15 pakistanais, avec une portée d’environ 200 kilomètres, ou le BrahMos indien, capable de frapper à plus de 450 km, ont permis d’engager l’adversaire bien au-delà de la ligne de front.
L’efficacité du système de défense aérienne intégré indien constitue l’une des surprises majeures du conflit. En combinant artillerie antiaérienne, missiles à courte et moyenne portée, systèmes S-400 à longue portée, moyens de guerre électronique et coordination centralisée, l’Inde est parvenue à contrer l’essentiel des attaques pakistanaises tout en préservant ses capacités offensives.
L’utilisation massive de drones par les deux camps illustre également leur intégration croissante dans les opérations aériennes modernes. Le Pakistan a déployé plus d’un millier de drones sur l’ensemble du conflit, mêlant engins leurres à bas coût et plateformes sophistiquées armées. Cette stratégie visait à saturer les défenses adverses et à forcer l’activation des systèmes antiaériens pour les localiser.
Sur le plan stratégique, l’opération Sindoor marque une évolution majeure de la doctrine antiterroriste indienne. New Delhi ne fait désormais plus de distinction entre les groupes terroristes et leurs soutiens étatiques, considérant toute attaque terroriste majeure comme un acte de guerre justifiant une riposte directe contre l’appareil militaire pakistanais. Cette nouvelle posture augmente considérablement le risque d’escalade future sur le sous-continent.
La gestion de l’escalade par les deux belligérants mérite également attention. L’échelon politique indien s’est limité à fixer des objectifs globaux, laissant aux militaires une autonomie totale dans l’exécution et la gestion de l’escalade. Malgré l’acquisition d’une supériorité aérienne manifeste le 10 mai, l’Inde a immédiatement accepté le cessez-le-feu pakistanais, démontrant une discipline stricte dans le respect des objectifs politiques fixés.
Sur le plan communicationnel, le Pakistan a remporté une victoire indéniable en capitalisant sur la destruction d’au moins un Rafale indien. Cet événement a dominé la couverture médiatique internationale, occultant largement les échecs opérationnels pakistanais et les destructions infligées à ses bases aériennes. Cette dimension totémique de certains systèmes d’armes constitue un facteur dont les forces armées doivent tenir compte dans leurs opérations.
Malgré les communications officielles des deux camps, de nombreux aspects du conflit restent obscurs. Les revendications de victoires aériennes divergent considérablement, avec des affirmations impossibles à vérifier de manière indépendante. Le phénomène d’overclaim, inhérent aux combats aériens, complique toute évaluation précise du bilan des pertes.
Certains épisodes semblent avoir été délibérément passés sous silence par les deux parties. Les frappes indiennes du 10 mai contre des complexes souterrains à Murid et près de Sargodha, cette dernière base étant réputée abriter des têtes nucléaires pakistanaises, n’ont pas été mentionnées par New Delhi malgré leur confirmation par imagerie satellitaire.
Nous vous proposons de revenir en détail sur les origines de ce conflit, le déroulement des opérations, puis sur les enseignements qu’on peut en tirer. Cette analyse a été réalisée par le Centre d’études et de prospective militaire suisse.







