21 octobre 1096 : la croisade populaire anéantie à Civetot (Anatolie).
Partie au printemps 1096 à l’appel de Pierre l’Ermite, la « croisade des pauvres » est détruite près de Nicée par l’armée seldjoukide du sultan Kiliç Arslan Ier. C’est le premier grand désastre de la première croisade, avant même l’arrivée des armées des barons.
Composée de paysans, de clercs et de quelques chevaliers, la troupe a traversé l’Allemagne, la Hongrie et les Balkans, multipliant pillages et violences, notamment contre les communautés juives de Rhénanie. Arrivée à Constantinople au cours de l’été, elle est rapidement transportée sur la rive asiatique du Bosphore par l’empereur Alexis Comnène, soucieux de s’en débarrasser. Les croisés s’installent au camp de Civetot (l’ancienne Helenopolis, actuelle Altinova), sur le golfe de Nicomédie.
Désunis, ils se divisent en bandes qui ravagent la région de Nicée, capitale du sultanat de Roum. Un parti germano-italien qui s’est emparé du château de Xérigordon y est assiégé et anéanti fin septembre. Des espions turcs répandent alors la rumeur que Nicée est tombée. En l’absence de Pierre l’Ermite, reparti à Constantinople, Geoffroy Burel l’emporte au conseil et, au matin du 21 octobre, plus de 20 000 hommes quittent le camp en direction de Nicée, y laissant femmes, enfants et malades.
À environ trois milles de Civetot, dans un vallon boisé près du village de Drakon, les Turcs les attendent. Les cavaliers de tête sont repoussés sur la colonne, qui se désagrège sous les flèches. Les survivants sont poursuivis jusqu’au camp, où le massacre se poursuit ; Gautier Sans-Avoir, l’un des chefs, est tué. Quelque 3 000 rescapés se retranchent dans une forteresse côtière abandonnée, d’où une escadre byzantine envoyée par Alexis les récupère. Les plus jeunes captifs sont vendus comme esclaves. La victoire conforte Kiliç Arslan dans la conviction que les Occidentaux sont peu redoutables, erreur qu’il paiera au siège de Nicée et à Dorylée en 1097.
21 octobre 1650 : naissance de Jean Bart (Dunkerque).

Fils d’une lignée de marins et de corsaires flamands, Jean Bart né le 21 octobre 1650 et baptisé le lendemain à Dunkerque, devient le plus célèbre corsaire de Louis XIV, puis chef d’escadre de la Marine royale.
Mousse à 11 ans sur un navire de contrebande, il sert ensuite dans la flotte des Provinces-Unies sous Michiel de Ruyter et prend part en juin 1667 au raid hollandais sur la Medway et la Tamise. Quand la guerre de Hollande éclate en 1672, il regagne Dunkerque et s’engage dans la course. Commandant dès 1674, il accumule les prises jusqu’à la paix de Nimègue (1678) : plusieurs dizaines de bâtiments, 81 selon certains décomptes.
Sur la recommandation de Vauban, il entre dans la Marine royale avec le grade de lieutenant de vaisseau en janvier 1679, croise contre les Barbaresques en Méditerranée, puis est nommé capitaine de frégate en 1686. En 1689, au début de la guerre de la Ligue d’Augsbourg, il escorte un convoi avec Claude de Forbin. Au large de l’île de Wight, 2 vaisseaux anglais de 50 canons les rattrapent ; les 2 officiers combattent pour couvrir la fuite des marchands, sont blessés, pris et enfermés à Plymouth. Ils scient les barreaux de leur fenêtre, s’emparent d’un canot et, après une soixantaine de lieues à la rame en moins de 48 heures, abordent la côte bretonne à Erquy, à quelques lieues de Saint-Malo. Une quinzaine de jours plus tard, en juin 1689, Bart est fait capitaine de vaisseau.
Il commande L’Alcyon à la bataille du cap Béveziers (10 juillet 1690), remportée par Tourville. En 1691, il force de nuit le blocus de Dunkerque avec 7 frégates et un brûlot, prend des navires chargés pour la Russie, détruit des flottilles de pêche hollandaises et ravage un secteur de la côte écossaise. Entre 1690 et 1693, plus de 150 busses harenguiers hollandais sont détruites par ses divisions de frégates rapides, mode d’action qui lui vaut chez l’ennemi le surnom de maxima pirata.
Son fait d’armes le plus célèbre a lieu le 29 juin 1694. Un convoi de grains acheté dans les pays du Nord pour une France menacée de disette vient d’être capturé entre le Texel et la Meuse par huit vaisseaux hollandais du contre-amiral Hidde Sjoerds de Vries. Avec sept bâtiments plus faibles, Bart attaque à l’abordage, s’empare de 3 vaisseaux ennemis, capture de Vries mortellement blessé et ramène le convoi en France. Il est fait chevalier de Saint-Louis et anobli par lettres d’août 1694.
Les 17 et 18 juin 1696, au Dogger Bank, il attaque une flotte de 112 navires marchands revenant de la Baltique sous l’escorte de six vaisseaux hollandais, prend l’escorte et une partie du convoi. Menacé par l’escadre anglaise de Benbow, il brûle quatre des vaisseaux capturés, renvoie les prisonniers sur deux autres et parvient à rentrer à Dunkerque à l’automne avec une vingtaine de prises. Promu chef d’escadre en avril 1697, il conduit à Dantzig, en septembre, le prince de Conti, candidat au trône de Pologne, en déjouant avec six frégates la croisière alliée ; le prince renonce en apprenant l’élection d’Auguste de Saxe. Chargé d’armer une escadre à l’approche de la guerre de Succession d’Espagne, Jean Bart meurt d’une pleurésie à Dunkerque le 27 avril 1702. Il est inhumé en l’église Saint-Éloi.
21 octobre 1790 : les trois couleurs remplacent le blanc (Assemblée – Paris).
Au terme d’une séance houleuse consacrée à la mutinerie de l’escadre de Brest, l’Assemblée nationale constituante décrète que le pavillon de France portera désormais les couleurs nationales. Le décret concerne la Marine : le drapeau tricolore de l’armée de terre et de la nation n’est pas en cause.
Depuis septembre 1790, les équipages de l’escadre de Brest sont en révolte contre le nouveau code pénal maritime et contre leurs officiers. Le baron Jacques-François de Menou, rapporteur des comités réunis de la marine, militaire, diplomatique et des colonies, présente un projet de décret visant à rétablir l’ordre. L’une de ses dispositions prévoit que l’escadre arborera un pavillon aux trois couleurs, en gage de réconciliation entre marins et officiers.
La proposition soulève l’opposition de la droite de l’Assemblée. Le comte de Foucault, l’abbé Maury et d’autres plaident pour le pavillon blanc, sous lequel la Marine royale a combattu, notamment pendant la guerre d’Indépendance américaine. Mirabeau réplique par un discours d’une grande violence, assimilant le blanc à la contre-révolution, et le député Guilhermy, qui l’a traité d’assassin, est sanctionné par l’Assemblée. Le décret est adopté avec un amendement de Mirabeau : à bord, le cri de « Vive le roi » est remplacé par « Vive la Nation, la Loi et le Roi ».
Le dessin du nouveau pavillon est renvoyé au comité de la marine. Le modèle retenu à l’automne 1790 conserve un fond blanc, avec un canton aux trois couleurs. Le pavillon national à trois bandes verticales bleu, blanc, rouge n’est institué que par le décret du 27 pluviôse an II (15 février 1794), sur un dessin attribué au peintre David./

21 octobre 1797 : lancement de la frégate USS Constitution (Boston).
Après deux tentatives infructueuses en septembre, la frégate Constitution glisse enfin dans le port de Boston à marée haute. Toujours en service, elle est aujourd’hui le plus ancien navire de guerre en activité à flot dans le monde.
Le Naval Act signé par George Washington le 27 mars 1794 autorise la construction de six frégates pour protéger le commerce américain des corsaires barbaresques. Leur concepteur, Joshua Humphreys, les veut plus longues, plus lourdement armées et plus solidement charpentées que les frégates européennes, afin de surclasser tout navire de même rang et d’échapper aux vaisseaux de ligne. La Constitution, mise sur cale le 1er novembre 1794 au chantier d’Edmund Hartt, dans le North End de Boston, sous la direction de George Claghorn, est cotée à 44 canons. Sa coque en chêne vert de Géorgie atteint près de 53 cm d’épaisseur ; Paul Revere fournit les boulons et le doublage de cuivre.
Le 20 septembre 1797, la frégate reste bloquée sur sa cale ; un nouvel essai échoue quelques jours plus tard. Les charpentiers augmentent la pente des coulisses et, le 21 octobre, la coque entre dans l’eau, le capitaine James Sever brisant une bouteille de madère sur le beaupré. Elle appareille pour la première fois le 22 juillet 1798, pendant la quasi-guerre avec la France, sous le capitaine Samuel Nicholson.
Elle participe ensuite à la guerre contre Tripoli (1803-1805). Pendant la guerre de 1812, elle bat la frégate britannique Guerriere le 19 août 1812, combat au cours duquel des boulets semblent rebondir sur sa coque, d’où son surnom d’Old Ironsides, puis la Java en décembre 1812 et, en février 1815, la Cyane et la Levant. Sauvée de la démolition dans les années 1830, plusieurs fois restaurée, elle est amarrée à Charlestown, armée par un équipage de l’US Navy.
21 octobre 1798 : révolte du Caire (Egypte).
Trois mois après l’entrée de Bonaparte au Caire, la population de la ville se soulève contre l’occupation française. L’insurrection, qui dure deux jours, est écrasée par l’artillerie et l’infanterie ; la mosquée al-Azhar, principal foyer de la révolte, est bombardée puis investie.
Victorieux des mamelouks à la bataille des Pyramides le 21 juillet 1798, Bonaparte entre au Caire quelques jours plus tard et confie l’administration de la ville à un divan de notables et d’oulémas. Plusieurs mesures heurtent la population : nouveaux impôts et contributions, exigence de titres de propriété et droits d’enregistrement, démolition des portes qui fermaient les quartiers. La destruction de la flotte française à Aboukir (1er-2 août) et la déclaration de guerre ottomane, connue en septembre, encouragent les opposants.
Le 21 octobre (30 vendémiaire an VII), des attroupements se forment autour d’al-Azhar ; les Français isolés et les petits postes sont attaqués. Le général Dominique Dupuy, commandant de la place, accourt avec un détachement de dragons et tombe, frappé d’un coup de lance. Le lendemain, le chef d’escadron Józef Sułkowski, aide de camp de Bonaparte et membre de l’Institut d’Égypte, est tué lors d’une reconnaissance. Le 22 octobre, Bonaparte fait installer des batteries sur la citadelle et les hauteurs du Moqattam, bombarde les quartiers insurgés et al-Azhar, puis lance ses colonnes ; la cavalerie pénètre dans la mosquée.
Les Français comptent environ 300 tués et 500 blessés. Les pertes égyptiennes sont estimées entre 5 000 et 6 000 tués ou blessés. Plusieurs cheikhs d’al-Azhar sont exécutés dans les jours suivants. Le chroniqueur cairote al-Jabartî a laissé un récit détaillé de ces journées. Bonaparte rétablit le divan dès décembre, et deux des forts du Caire reçoivent les noms de Dupuy et de Sulkowski. Une seconde insurrection, plus longue, éclatera au printemps 1800.

21 octobre 1805 : défaite française de Trafalgar (eaux espagnoles).

Le 29 vendémiaire an XIV, la flotte combinée du vice-amiral Villeneuve, forte de 33 vaisseaux, est écrasée au large du cap Trafalgar par les 27 vaisseaux de Nelson. Nelson y est tué, mais la Royal Navy s’assure pour un siècle la maîtrise des mers.
Au printemps 1805, Villeneuve a trompé la surveillance de Nelson devant Toulon et gagné les Antilles, avant de revenir vers l’Europe. Accroché par Calder au cap Finisterre le 22 juillet, il renonce à remonter vers Brest et se réfugie à Cadix. N’ayant plus de flotte pour couvrir le passage de la Manche, Napoléon lève le camp de Boulogne à la fin d’août et jette la Grande Armée vers le Danube : l’invasion de l’Angleterre est abandonnée avant même la bataille. Menacé d’être remplacé par l’amiral Rosily, Villeneuve appareille de Cadix le 19 et le 20 octobre avec ses alliés espagnols de l’amiral Gravina.
Le 21 au matin, Villeneuve ordonne de virer de bord pour se rapprocher de Cadix, ce qui désorganise sa ligne. Nelson attaque en deux colonnes perpendiculaires à la ligne alliée, la sienne menée par le Victory, celle de Collingwood par le Royal Sovereign, après avoir hissé le signal « England expects that every man will do his duty ». La ligne franco-espagnole est coupée en trois ; l’avant-garde de Dumanoir tarde à revenir au combat. Vers 13 h 15, Nelson est atteint par un tireur posté dans la mâture du Redoutable du capitaine Lucas ; il meurt vers 16 h 30, apprenant la victoire. Le Bucentaure, vaisseau amiral, est démâté et Villeneuve fait prisonnier.
Les alliés perdent 18 vaisseaux pendant la bataille, 17 pris et l’Achille détruit par une explosion. La tempête des jours suivants coule ou jette à la côte la plupart des prises, quelques-unes étant reprises par leurs équipages ; quatre seulement atteignent Gibraltar. Les pertes franco-espagnoles dépassent 4 000 tués et 2 500 blessés, auxquels s’ajoutent 7 000 à 8 000 prisonniers ; les Britanniques comptent environ 450 tués et 1 200 blessés, sans perdre un seul navire. Gravina, grièvement blessé, ramène une dizaine de vaisseaux à Cadix et meurt en mars 1806. Les quatre vaisseaux de Dumanoir sont pris le 4 novembre au cap Ortegal. Libéré sur parole, Villeneuve est retrouvé mort à Rennes en avril 1806.
La bataille consacre la supériorité navale britannique pour le reste du siècle et contribue au déclin de la puissance maritime espagnole, dont les liaisons avec les colonies d’Amérique se distendent. Le Trafalgar Day, fête populaire dans l’Empire britannique au XIXe siècle, a perdu sa dimension publique après 1918 au profit de l’Armistice, mais la Royal Navy et les marines du Commonwealth le célèbrent toujours, notamment par une cérémonie à bord du Victory à Portsmouth et par les dîners de Trafalgar Night.
21 octobre 1854 : Florence Nightingale part pour l’Orient (Londres).
À la demande de Sidney Herbert, secrétaire d’État à la Guerre, Florence Nightingale quitte Londres à la tête de 38 infirmières volontaires pour l’hôpital militaire britannique de Scutari, sur la rive asiatique du Bosphore.
Les correspondances de William Howard Russell dans le Times ont révélé à l’opinion l’état déplorable des blessés et malades du corps expéditionnaire en Crimée. Herbert, qui connaît Nightingale depuis plusieurs années, lui confie la direction d’un groupe d’infirmières, ce qui est alors sans précédent pour l’armée britannique. Le groupe, qui compte des religieuses catholiques et anglicanes ainsi que des infirmières d’hôpital, traverse la France par Boulogne et Paris, embarque à Marseille et arrive à la caserne de Selimiye, à Scutari (Üsküdar), le 4 novembre 1854, dix jours après la bataille de Balaklava et à la veille de celle d’Inkerman.
L’hôpital manque de tout : linge, vivres, évacuation des eaux usées. Nightingale organise les cuisines, la blanchisserie et l’approvisionnement, en partie grâce au fonds levé par le Times. Au cours du premier hiver, plus de 4 000 soldats meurent à Scutari, en majorité de maladies. La commission sanitaire envoyée par le gouvernement en mars 1855 fait curer les égouts et améliorer la ventilation, et la mortalité chute ensuite fortement. Surnommée « la dame à la lampe », Nightingale rentre en 1856. Ses travaux statistiques sur la mortalité militaire nourrissent la réforme du service de santé de l’armée britannique, et l’école d’infirmières qu’elle fonde en 1860 à l’hôpital Saint-Thomas de Londres sert de modèle dans le monde entier.

21 octobre 1870 : première bataille de Buzenval.
Pendant le siège de Paris, le général Ducrot, commandant le 14e corps, lance vers l’ouest une sortie offensive en direction de la Malmaison, de la Jonchère et de Buzenval. Les Français gagnent du terrain, puis se replient à la nuit sans avoir entamé l’investissement.
Le gouverneur de Paris, le général Trochu, autorise une opération limitée destinée à éprouver le dispositif allemand entre Seine et Versailles, tenu par le Ve corps prussien du général von Kirchbach. Trochu ne paraît pas sur le terrain : Ducrot conduit l’affaire. Les troupes engagées, environ 6 000 fantassins, un escadron et 30 bouches à feu en premier échelon, appuyées par 4 600 fantassins, 2 escadrons et 46 pièces en réserve, sont réparties en 3 groupes :
- le général Berthaut, avec 3 400 hommes, 20 pièces et un escadron, entre le chemin de fer de Saint-Germain et le haut de Rueil ;
- le général Noël, avec 1 350 hommes et 10 pièces, sur la lisière sud du parc de la Malmaison et dans le ravin qui descend de Saint-Cucufa vers Bougival ;
- le colonel Cholletou, avec 1 600 hommes, 18 pièces et un escadron, en avant du moulin de Rueil, pour lier les deux colonnes ;
- en réserve, le général Martenot (2 600 hommes, 18 pièces) à gauche et le général Paturel (2 000 hommes, 28 pièces, deux escadrons) au centre.
À 13 h 00, l’artillerie française bat pendant trois quarts d’heure Buzenval, la Malmaison, la Jonchère et Bougival. Les colonnes Berthaut et Noël tournent la Malmaison et atteignent le ravin de Saint-Cucufa. La gauche de Noël gravit les pentes de la Jonchère mais est clouée par la fusillade partant des maisons crénelées et des bois, défendus notamment par le 46e d’infanterie prussien. Quatre compagnies de zouaves du commandant Jacquot, acculées dans un angle du parc, sont dégagées par un bataillon de mobiles de Seine-et-Marne. Les francs-tireurs de la colonne Cholletou entrent dans Buzenval et poussent sous bois jusqu’au ravin. À gauche, la colonne Martenot occupe la ferme de la Fouilleuse et ses tirailleurs atteignent un moment les hauteurs de Garches et la redoute de Montretout.
Près de la porte de Longboyau, une batterie française surprise à courte distance perd son capitaine, une dizaine de canonniers, 15 chevaux et 2 pièces. L’épisode a inspiré à Alphonse de Neuville sa toile Défense de la porte de Longboyau. Vers 17 heures, à la nuit, Ducrot fait rentrer les troupes. Les pertes françaises sont d’environ 500 tués et blessés et d’une centaine de prisonniers ; celles des Allemands sont estimées à 400 hommes hors de combat.
Ducrot affirme dans son rapport avoir enlevé les premières positions ennemies et contraint l’adversaire à engager d’importantes réserves sous le feu de son artillerie. Les contemporains jugent le résultat plus sévèrement : faute de moyens pour exploiter le premier succès, la route de Versailles n’a pas été ouverte, alors que l’alerte avait été vive au grand quartier général allemand, où l’on avait commencé à charger des bagages. Les Allemands renforcent ensuite ce secteur, que les Parisiens attaqueront de nouveau sans succès le 19 janvier 1871. Le château de la Malmaison, endommagé et pillé, est transformé en caserne.

21 octobre 1899 : lancement du sous-marin le Narval (Cherbourg).
Mis à l’eau à l’arsenal de Cherbourg, le Narval de l’ingénieur Maxime Laubeuf est le premier « submersible » : un torpilleur capable de plonger, à double coque et double propulsion, dont l’architecture inspire les sous-marins militaires pendant un demi-siècle.

Le concours est ouvert par le ministre de la Marine Édouard Lockroy et publié au Journal officiel du 26 février 1896. Il demande un bâtiment de 200 tonnes au plus, avec un rayon d’action de 100 milles en surface à 12 nœuds et de 10 milles en plongée à 8 nœuds. Une note de l’ancien commandant du Gymnote, le lieutenant de vaisseau Baudry-Lacantinerie, souligne qu’un sous-marin destiné à opérer au loin doit pouvoir naviguer en surface aussi bien qu’un torpilleur. Parmi plusieurs dizaines de projets, celui de Laubeuf, ingénieur du génie maritime, l’emporte ; le Russe Stefan Drzewiecki fait partie des concurrents distingués, et ses lance-torpilles seront montés sur le Narval.
Laubeuf part d’un torpilleur de surface éprouvé qu’il rend capable de plonger, à l’inverse des sous-marins purement électriques de l’époque, comme le Gymnote ou le Gustave-Zédé, dépendants d’installations à terre pour recharger leurs batteries. Une coque résistante en forme de cigare renferme les équipements vitaux ; une coque extérieure légère, aux lignes de torpilleur, ménage entre les deux les ballasts. La réserve de flottabilité atteint ainsi 42 %, contre quelques pour cent pour les sous-marins électriques. En surface, une machine à vapeur chauffée au pétrole entraîne l’hélice et recharge les accumulateurs ; en plongée, un moteur électrique prend le relais. Long de 34 mètres, le Narval déplace 117 tonnes en surface et 202 en plongée. Il porte 4 torpilles Whitehead dans des appareils de lancement extérieurs du système Drzewiecki.
Commandé au début de 1898, mis sur cale le 23 novembre 1898, lancé le 21 octobre 1899, il entre en service le 26 juin 1900. Son principal défaut tient à la vapeur : il faut d’abord jusqu’à 21 minutes pour éteindre la chaudière avant de plonger, délai ramené ensuite à 12 minutes. Le Narval effectue néanmoins des sorties de 48 heures entre Cherbourg et Brest et des exercices d’attaque de nuit. Rayé en 1909, il sert de citerne à Cherbourg avant d’être vendu pour démolition en 1920.
Il donne naissance à la classe Sirène (quatre unités mises en chantier en 1900-1901), puis aux Aigrette, premiers submersibles français à moteur Diesel, et aux 18 Pluviôse à propulsion vapeur et électrique, lancés à partir de 1907. Sous réserve : plusieurs ouvrages font du Narval le premier sous-marin équipé d’un périscope, affirmation que d’autres sources ne reprennent pas.


21 octobre 1899 : bataille d’Elandslaagte (Natal, Afrique du Sud).
Au lendemain de Talana Hill, les Britanniques du major-général John French et du colonel Ian Hamilton délogent les Boërs du général Kock de la gare d’Elandslaagte. C’est l’une des rares victoires britanniques nettes du début de la guerre, mais elle reste sans lendemain.
Entrés au Natal le 12 octobre, les Boërs cherchent à couper les forces du général George White, concentrées à Ladysmith, du détachement avancé de Dundee. Le 19 octobre, le général Johannes Kock, outrepassant les consignes du commandant en chef Joubert, s’empare de la gare et de la mine de charbon d’Elandslaagte avec environ 1 000 hommes : le commando de Johannesburg, des volontaires étrangers allemands du lieutenant-colonel Adolf Schiel, hollandais, français, irlandais et américains, et trois canons. La voie ferrée et le télégraphe entre Ladysmith et Dundee sont coupés.
Le 21 au matin, French s’approche avec un train blindé et l’Imperial Light Horse, constate la force de l’adversaire et réclame des renforts. Ils arrivent par le rail : au total 3 500 hommes et 18 pièces. Pendant que 3 batteries pilonnent la position et que le 1er bataillon du Devonshire Regiment attaque de front en ordre dispersé, Hamilton déborde la gauche boer avec le 1er Manchester, le 2e Gordon Highlanders et l’Imperial Light Horse à pied. L’assaut est donné sous un violent orage, à travers des clôtures de fil de fer où tombent de nombreux soldats. Kock, en redingote et chapeau haut de forme, mène une contre-attaque qui fait d’abord refluer les Britanniques, puis il est mortellement blessé. À la tombée du jour, 2 escadrons des 5th Lancers et 5th Dragoon Guards chargent les Boers en retraite à la lance et au sabre, l’une des rares charges de cavalerie menées au contact pendant cette guerre ; leur brutalité nourrit aussitôt la polémique.
Les Britanniques perdent 55 tués et plus de 200 blessés, dont le colonel Scott-Chisholme, chef de l’Imperial Light Horse. Les Boers comptent 46 tués, 105 blessés et 181 disparus ou prisonniers ; Kock meurt de ses blessures à Ladysmith le 31 octobre, et Schiel est capturé. Le Hollanderkorps, formé d’environ 150 volontaires néerlandais, y livre son premier et dernier combat avant d’être dissous. 4 Victoria Cross sont décernées. Craignant l’arrivée de forces de l’État libre d’Orange, White fait toutefois replier les vainqueurs sur Ladysmith dès le lendemain ; les Boers réoccupent Elandslaagte, et le siège de Ladysmith commence début novembre.
21 octobre 1940 : Churchill parle aux Français (Londres).
Pour la première fois, le Premier ministre britannique s’adresse directement aux Français sur les ondes de la BBC, et en grande partie dans leur langue, en plein Blitz et 3 jours avant l’entrevue de Montoire.
L’automne 1940 marque le point le plus bas des relations franco-britanniques : après l’armistice, l’attaque de la flotte française à Mers el-Kébir le 3 juillet a fait près de 1 300 morts, et l’échec de l’expédition anglo-gaulliste devant Dakar, fin septembre, a aggravé la rupture avec Vichy. Churchill prépare son allocution avec l’équipe française de la BBC, notamment Michel Saint-Denis, qui anime sous le nom de Jacques Duchesne l’émission Les Français parlent aux Français. Le discours est prononcé le soir du 21 octobre, alors que Londres est sous les bombes.
Churchill y rappelle sa longue fidélité à la France, assure que l’Angleterre ne cherche ni ses colonies ni sa flotte, et appelle les Français à ne pas aider l’Allemagne. Il reprend la devise inscrite sur le louis d’or, « Dieu protège la France », et conclut en promettant l’aube qui suivra la nuit. Le texte est ensuite largué sous forme de tracts au-dessus de la France occupée. Michel Saint-Denis a raconté cette soirée dans un témoignage publié sous le titre Deux jours avec Churchill.
21 octobre 1941 : massacre de Kragujevac (Serbie occupée).
En représailles à une attaque de partisans, la Wehrmacht fusille en une journée près de 2 800 hommes et adolescents de Kragujevac, dont des lycéens arrachés à leurs classes. C’est l’un des pires massacres de civils commis par l’armée allemande dans les Balkans.
Depuis l’été 1941, la Serbie occupée est le théâtre d’un soulèvement mené par les partisans communistes et par des détachements tchetniks. Le général Franz Böhme, plénipotentiaire militaire nommé en septembre, applique un barème de représailles d’une extrême brutalité : 100 otages fusillés pour 1 soldat allemand tué, 50 pour 1 blessé. Mi-octobre, un bataillon du 749e régiment d’infanterie perd 10 tués et 26 blessés dans des combats près de Gornji Milanovac : le « compte » fixé est de 2 300 otages.
Le 19 octobre, plusieurs villages des environs sont incendiés et plus de 400 hommes fusillés. Le lendemain, les hommes juifs et des communistes arrêtés en ville sont exécutés, tandis que soldats allemands et auxiliaires locaux raflent les hommes de 16 à 60 ans, y compris des élèves du lycée avec leurs professeurs. Enfermés pour la nuit dans les anciennes casernes d’artillerie, beaucoup écrivent un dernier mot à leur famille. Le 21 octobre, à partir de 7 heures, ils sont menés par groupes dans les champs de Šumarice, à la sortie de la ville, et abattus à la mitrailleuse par le 1er bataillon du 724e régiment d’infanterie.
Les recherches serbes établissent le nombre des victimes entre 2 778 et 2 794 ; les rapports allemands en comptaient 2 300. Parmi elles figurent des juifs, des roms et des hommes d’autres nationalités. Avec le massacre de Kraljevo, quelques jours plus tôt, cette tuerie contribue à détourner le mouvement tchetnik de Mihailović de la lutte ouverte, par crainte de nouvelles représailles sur la population. Le parc mémorial de Šumarice et le musée du 21-Octobre en perpétuent le souvenir ; la date est en Serbie le jour du souvenir des victimes serbes de la Seconde Guerre mondiale.
Nuit du 21 au 22 octobre 1942 : la rencontre secrète de Cherchell (Algérie).
Débarqué d’un sous-marin britannique sur la côte algérienne, le général américain Mark Clark rencontre clandestinement le général français Charles Mast pour préparer le débarquement allié en Afrique du Nord, prévu le 8 novembre.
Le diplomate américain Robert Murphy, en poste à Alger, entretient des contacts avec un groupe d’officiers et de civils favorables aux Alliés, dont le général Mast, commandant la division d’Alger. Mast demande à rencontrer un représentant militaire de haut rang. Adjoint d’Eisenhower pour l’opération Torch, Clark gagne Gibraltar le 19 octobre avec quatre officiers d’état-major, dont le général Lyman Lemnitzer. Le sous-marin HMS Seraph du lieutenant Norman Jewell les conduit, avec trois commandos britanniques chargés des canots pliants, au large d’une villa isolée de Messelmoun, près de Cherchell, à une centaine de kilomètres à l’ouest d’Alger.
Le signal lumineux convenu n’apparaît que dans la nuit du 21 au 22 octobre ; peu après minuit, Clark et ses compagnons gagnent la plage dans un fort ressac. Mast arrive à l’aube. Les discussions portent sur le soutien que les conjurés peuvent apporter aux débarquements, sur les terrains d’aviation et les défenses, et sur le chef français capable de rallier l’Armée d’Afrique ; Mast avance le nom du général Henri Giraud. Clark reste vague sur la date et l’ampleur de l’opération. Dans la soirée, l’arrivée de la police, alertée par des allées et venues suspectes, oblige les Américains à se cacher dans un cellier. Le réembarquement, par grosse mer, est difficile ; un canot chavire, avec des papiers et le pantalon du général, détail qui fera la joie de la presse américaine. Le groupe ne regagne le Seraph qu’au terme de plusieurs tentatives, puis rejoint Gibraltar et, le 25 octobre, Londres.
La rencontre n’empêche pas les combats du 8 novembre avec les forces de Vichy, notamment à Oran et au Maroc. Mais à Alger, les réseaux liés à Mast et aux jeunes résistants du groupe Aboulker facilitent la prise de la ville. Le Seraph exfiltrera Giraud de la côte provençale quelques jours plus tard.
21 octobre 1944 : capitulation d’Aix-la-Chapelle (Allemagne).
Après une dizaine de jours de combats de rue, le colonel Gerhard Wilck rend Aix-la-Chapelle à la 1re division d’infanterie américaine. C’est la première grande ville allemande prise par les Alliés.
Ancienne capitale de Charlemagne, Aix-la-Chapelle (Aachen) est protégée par la ligne Siegfried. Hitler exige qu’elle soit tenue à tout prix, pour des raisons de prestige. Au début d’octobre, la 30e division d’infanterie américaine attaque au nord et la 1re division du général Clarence Huebner au sud-est ; l’encerclement se referme le 16 octobre à Würselen. Wilck, commandant la 246e Volksgrenadier-Division, prend le 12 octobre le commandement d’environ 5 000 défenseurs, soldats de la Wehrmacht, de la Waffen-SS et miliciens.
Depuis le 13, le 26e régiment d’infanterie progresse maison par maison, avec l’appui de chars et de canons automoteurs tirant à bout portant. Les fantassins percent les murs mitoyens pour éviter les rues balayées par le feu, les obusiers de 155 mm détruisent les points d’appui. Les tentatives de dégagement et de sortie des 18 et 19 octobre échouent. Le 21, vers 11 heures, Wilck sort de son bunker avec deux prisonniers américains portant un drapeau blanc ; il signe la capitulation peu après midi au poste de commandement du lieutenant-colonel John Corley, et 3 473 Allemands partent en captivité. La ville est en grande partie détruite. Les combats pour Aix-la-Chapelle et ses abords ont coûté aux deux camps plusieurs milliers d’hommes et retardé la progression alliée vers le Rhin, avant la bataille de la forêt de Hürtgen.
21 octobre 1964 : début de la « révolution d’Octobre » au Soudan (Khartoum).
La mort d’un étudiant, tué par la police sur le campus de l’université de Khartoum, déclenche un soulèvement civil qui, en moins d’un mois, met fin au régime militaire du général Ibrahim Abboud.
Arrivé au pouvoir par le coup d’État du 17 novembre 1958, deux ans après l’indépendance, Abboud gouverne avec un Conseil suprême des forces armées, interdit les partis et mène dans le Sud une politique d’arabisation et d’islamisation qui nourrit l’insurrection des Anya-Nya. En 1964, le régime laisse d’abord débattre publiquement de la « question du Sud », puis interdit ces réunions. Le 21 octobre au soir, l’Union des étudiants de l’université de Khartoum en tient une malgré l’interdiction. La police donne l’assaut aux résidences étudiantes ; Ahmed al-Qurashi Taha, étudiant en sciences originaire de la Gezira, est tué par balle et plusieurs de ses camarades blessés.
Ses funérailles, le 22 octobre, rassemblent des dizaines de milliers de personnes. Les syndicats d’enseignants, de médecins et d’avocats, réunis dans un Front des organisations professionnelles avec les partis clandestins, lancent une grève générale qui gagne Port-Soudan, Atbara ou Wad Medani. Des officiers subalternes pressent le commandement de céder. Le 26 octobre, Abboud dissout le Conseil suprême ; un gouvernement de transition dirigé par Sirr al-Khatim al-Khalifa est formé le 30, et Abboud quitte le pouvoir le 15 novembre. Les manifestations ont fait une trentaine de morts. Premier renversement d’une dictature militaire par la rue en Afrique, la « révolution d’Octobre » est restée une référence pour les soulèvements soudanais de 1985 et de 2018-2019.
21 octobre 1967 : marche sur le Pentagone (Washington et Arlington).
Organisée par le Comité national de mobilisation pour mettre fin à la guerre du Vietnam, la manifestation réunit environ 100 000 personnes devant le Lincoln Memorial, puis plusieurs dizaines de milliers devant le Pentagone. Elle se solde par 682 arrestations.
Le Comité, animé notamment par David Dellinger, confie l’organisation de la marche à Jerry Rubin. Le matin du 21 octobre, la foule se rassemble au pied du Lincoln Memorial, sur la rive de Washington, pour écouter les orateurs, parmi lesquels le pédiatre Benjamin Spock. Vers la fin de l’après-midi, 35 000 à 50 000 manifestants franchissent le Potomac par l’Arlington Memorial Bridge et gagnent le Pentagone, en Virginie. Le secrétaire à la Défense Robert McNamara a fait déployer des policiers militaires et plusieurs milliers de soldats, dont des parachutistes de la 82e division aéroportée, avec des marshals fédéraux chargés des interpellations ; il observe la scène depuis le toit du bâtiment.
La journée mêle désobéissance civile non violente, happenings de la contre-culture, comme l’« exorcisme » du Pentagone mis en scène par Abbie Hoffman et Allen Ginsberg, et heurts avec les forces de l’ordre lorsqu’un groupe tente de pénétrer dans le bâtiment. Le sit-in se prolonge dans la nuit et jusqu’au 23 octobre. On compte 682 arrestations, dont celle de l’écrivain Norman Mailer, qui en tire Les Armées de la nuit, prix Pulitzer 1969, et une cinquantaine de blessés. Ce jour-là, le photographe français Marc Riboud saisit une jeune manifestante, Jan Rose Kasmir, tendant une fleur vers les baïonnettes d’une ligne de soldats : l’image devient l’une des icônes du mouvement contre la guerre.
21 octobre 1967 : le destroyer Eilat coulé par des missiles égyptiens (au large de Port-Saïd).
Quatre mois après la guerre des Six Jours, des vedettes lance-missiles égyptiennes de type Komar coulent le destroyer israélien Eilat. C’est la première destruction d’un navire de guerre par des missiles mer-mer.
L’Eilat est l’ancien destroyer britannique HMS Zealous, de la classe Z, lancé en 1944 et vendu à Israël en 1955. Navire amiral de la petite marine israélienne, il patrouille régulièrement au large du Sinaï et de Port-Saïd ; en juillet 1967, il a coulé deux vedettes lance-torpilles égyptiennes. Le 21 octobre, il croise au nord-est de Port-Saïd sous le commandement du capitaine de frégate Yitzhak Shoshan, avec 199 hommes à bord. Les deux camps divergent sur la position exacte du navire, dans ou hors des eaux territoriales égyptiennes.
En fin d’après-midi, deux vedettes Komar de fabrication soviétique, restées à quai dans le port, tirent des missiles P-15 Termit (Styx pour l’OTAN). Le destroyer tente d’éviter, mais le premier missile le frappe au-dessus de la flottaison et le second le paralyse. Un peu plus d’une heure plus tard, une autre vedette lance deux nouveaux missiles ; l’un achève le navire, qui sombre rapidement, l’autre explose parmi les naufragés. Le bilan est de 47 morts et d’une centaine de blessés. Le 24 octobre, l’artillerie israélienne bombarde les raffineries de Suez en représailles.
L’affaire a un retentissement considérable dans les marines occidentales, qui découvrent qu’une embarcation de moins de 100 tonnes peut détruire un destroyer. Elle accélère le développement des missiles antinavires et des défenses rapprochées ; Israël, de son côté, mise sur les vedettes Sa’ar construites à Cherbourg et armées du missile Gabriel, qui s’illustreront en 1973 à Lattaquié et à Damiette. Le 21 octobre est devenu la fête de la marine égyptienne.
21 octobre 1969 : coup d’État de Siad Barre en Somalie (Mogadiscio).
Six jours après l’assassinat du président Abdirashid Ali Shermarke, l’armée somalienne prend le pouvoir sans effusion de sang. Son chef, le général Mohamed Siad Barre, dirigera le pays pendant plus de vingt et un ans.
Née en 1960 de la réunion de l’ancien Somaliland britannique et de la Somalie sous tutelle italienne, la République somalienne connaît une vie parlementaire animée mais minée par le clientélisme : plus de 60 partis se présentent aux législatives de mars 1969. Le 15 octobre, le président Shermarke est abattu à Las Anod par l’un de ses gardes du corps. Alors que l’Assemblée s’apprête à élire le candidat soutenu par le Premier ministre Mohamed Ibrahim Egal, des unités de l’armée, avec le concours de la police du général Jama Ali Korshel, occupent dans la nuit du 20 au 21 octobre les points stratégiques de Mogadiscio, la radio et les ministres. Egal et de nombreux responsables sont arrêtés.
Un Conseil révolutionnaire suprême, présidé par Siad Barre, commandant de l’armée depuis 1965, suspend la Constitution, dissout l’Assemblée et interdit les partis. Le pays devient la République démocratique somalienne. En 1970, Barre proclame le « socialisme scientifique » et se rapproche de l’Union soviétique, avant de se retourner contre elle lors de la guerre de l’Ogaden contre l’Éthiopie (1977-1978). Régime de plus en plus clientéliste et répressif, notamment contre le Nord, il s’effondre le 26 janvier 1991, lorsque Barre fuit Mogadiscio, ouvrant une guerre civile dont la Somalie ne s’est pas encore remise.
21 octobre 1993 : assassinat du président Melchior Ndadaye (Burundi).
Trois mois et demi après son investiture, le premier président hutu démocratiquement élu du Burundi est tué lors d’une tentative de putsch menée par des éléments de l’armée, majoritairement tutsi. Sa mort déclenche des massacres de masse et une guerre civile de plus de 10 ans.
Élu le 1er juin 1993 avec près de 66 % des voix face au président sortant Pierre Buyoya, Melchior Ndadaye, chef du Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu), est investi le 10 juillet. Il forme un gouvernement d’ouverture dirigé par une Première ministre tutsi, Sylvie Kinigi, mais l’armée, encadrée par des officiers tutsi, reste hostile. Dans la nuit du 20 au 21 octobre, des blindés attaquent le palais présidentiel à Bujumbura. Le président, emmené au camp militaire de Muha, y est tué à la baïonnette dans la matinée, ainsi que le président et le vice-président de l’Assemblée nationale et plusieurs ministres. Les membres du gouvernement survivants se réfugient notamment à l’ambassade de France.
Le putsch échoue faute de soutien intérieur et sous la pression internationale, mais l’annonce de la mort de Ndadaye provoque dans les collines des massacres de Tutsi par des Hutu, suivis de représailles de l’armée contre les Hutu. Ces violences font plusieurs dizaines de milliers de morts et des centaines de milliers de réfugiés, notamment au Rwanda, où elles attisent les tensions à la veille du génocide de 1994. La commission d’enquête internationale de l’ONU a qualifié en 1996 les massacres de Tutsi d’actes de génocide et estimé que le coup d’État avait été préparé et exécuté par des officiers haut placés dans la chaîne de commandement. Le 20 octobre 2020, la Cour suprême du Burundi a condamné par contumace l’ancien président Pierre Buyoya à la réclusion à perpétuité, avec une vingtaine d’anciens responsables civils et militaires ; Buyoya, qui dénonçait un procès politique, est mort en décembre 2020. La guerre civile ouverte en 1993 a fait environ 300 000 morts.
21 octobre 1998 : la 174e promotion de l’ENSOA porte le nom de SCH Jean Jestin, compagnon de la Libération.
Jean-Louis Jestin est né le 30 avril 1920 à Saint-Pierre Quilbignon dans le Finistère dans une famille d’agriculteurs.
Titulaire du certificat d’études, il aide ses parents à la ferme.
Trop jeune pour être mobilisé, il est un des premiers à répondre à l’appel du général de Gaulle et, dès le 19 juin 1940, quitte sa Bretagne natale en embarquant au Conquet sur un bateau qui gagne l’Angleterre.
Engagé dans les Forces françaises libres, il fait ses classes en Grande-Bretagne de juillet 1940 à mars 1941 au Bataillon de Chasseurs de Camberley.
Muté en AEF il débarque au Cameroun en juin 1941 et est affecté au Bataillon de Marche n° 5 (BM 5) alors en formation au camp d’Ornano. Nommé sergent, il est affecté à la 3e Compagnie qu’il contribue à entraîner.
A l’été 1942, le BM 5 intègre la 2e Brigade française libre et se voit chargé pendant trois mois de tenir des positions défensives à proximité du delta du Nil. Fin octobre, le sergent Jestin et son bataillon reçoivent le baptême du feu lors de la bataille d’El Alamein en Egypte. Blessé le 2 novembre 1942 par une mine antipersonnelle alors qu’il rentre d’une patrouille, il perd un œil.
Hospitalisé à Beyrouth, il refuse d’être réformé et, à peine convalescent, rejoint son unité pour participer aux dernières opérations de la campagne de Tunisie et combat à Takrouna.
Jean-Louis Jestin prend part à la campagne d’Italie avec le BM 5 et, alors qu’il est blessé de nouveau, à l’épaule par la projection d’une pierre lors de l’attaque du 20 mai 1944 au Monte Morrone, il continue de remplir ses fonctions et à maintenir en bon ordre, malgré son handicap, deux groupes de sa section sous le feu de l’artillerie ennemie. Son chef de section ayant été blessé et évacué, il le remplace jusqu’à la fin de la campagne alors qu’il se distingue de nouveau dans les combats du Tivoli et de Bolsena en juin 1944.
Le sergent-chef Jestin débarque en Provence le 16 août 1944 avec la 1re Division française libre. Il se comporte magnifiquement au cours des engagements du Mesclan et du Mont Redon. Le 22 août, il est chargé de conduire la progression de son groupe en avant-garde sur l’axe La Crau – Le Touar près de La Garde. Au cours de la dernière phase de ces opérations, il est atteint par deux balles, à l’attaque de la cote 76,3.
Il décède des suites de ses blessures, le 23 août 1944. Il est inhumé au cimetière de Saint-Pierre Quilbignon à Brest.
• Chevalier de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 20 novembre 1944
• Croix de Guerre 39/45 (2 citations)
• Médaille de la Résistance
• Médaille des Blessés
• Médaille Coloniale avec agrafe « Libye »
• Médaille des Services Volontaires dans la France Libre









