Jean-Marie Corlu est né le 8 août 1912 à Saint-Donat-sur-l’Herbasse (Drôme).
Il entre à Saint-Cyr le 01/10/1931, il en sort en 33 pour être affecté au 24e Régiment de tirailleurs sénégalais. Il devient instructeur des troupes sénégalaises à Perpignan. Désigné pour l’AOF en 08/34, il débute au 7e RTS mais il est obligé de rentrer en France l’année suivante et est affecté au 8e BTS à Toulon. En 39 il retourne en AOF et prend le commandement du Groupe méhariste d’Agadès. C’est là qu’il se trouve en 06/1940.
Le 6/09, il est à Fort-Lamy. Affecté au Groupe Nomade du Tibesti, il se voit confier une mission délicate par le Colonel Leclerc. Accompagnant des rescapés d’une patrouille anglaise qui se dirige vers le Soudan, il a pour tâche de vérifier si le poste italien d’El Aouenat est toujours aux mains de l’ennemi. Puis il prend part à l’opération de Koufra. Le 25/02/1941, avec le Capitaine Dio et quelques hommes, il pénètre dans le point d’appui, à l’intérieur des défenses périphériques, et en chasse les occupants, malgré un feu violent de grenades et d’armes automatiques. Blessé aux jambes par des éclats de grenade, il couvre avec sang-froid le repli de ses hommes. Cité à l’ordre de l’armée, il est alors nommé capitaine le 01/03/1941. Au mois de 07/1941, il rejoint le Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad à Fort-Lamy.
En 11/1941 il prend le commandement de la 12e Cie du RTST dont il fait une unité d’élite. Mais à partir de 06/1942 la maladie le terrasse, l’immobilise pendant de longs mois. En 10/1942, il est affecté au groupement de Chedra au Tchad puis, en 02/1943, reprend le commandement de la 12e compagnie portée du RTST avec laquelle il prend part alors à la 2e campagne du Fezzan.
Le 27/02/1943, il est de nouveau blessé en sautant sur une mine lors d’une mission de liaison en Tunisie. Evacué sur l’Egypte, il rejoint la Division en mai et il devient, à 31 ans, le plus jeune chef de bataillon de la Division. Il est appelé à l’EM du RMT par le Colonel Dio puis, peu avant le départ de la 2e DB du Maroc pour l’Angleterre, il est nommé officier adjoint du 1er bataillon du RMT.
Le 04/08/1944, il débarque à Sainte-Mère-Église. Il se bat lors de la prise d’Alençon et d’Argentan. Le 25/08, il entre dans Paris à la tête du 1er Bataillon du RMT. Le surlendemain, ce sont les combats du Bourget, il part en Jeep avec le capitaine Sammarcelli pour reconnaître l’itinéraire de leurs voitures et des chars. Engagés sur le terrain d’aviation vide de Dugny, ils entendent bientôt éclater des coups de feu. Il est grièvement blessé au ventre. Le Capitaine Sammarcelli, lui-même atteint par 2 balles, le fait évacuer.
A l’hôpital franco-musulman de Bobigny, épuisé, le commandant Jean-Marie Corlu ne supporte pas le choc opératoire et décède le 30/08 dans sa chambre d’hôpital. Il est inhumé à Saint-Donat-sur-l’Herbasse.
- Officier de la Légion d’Honneur
- Compagnon de la Libération – décret du 14 juillet 1941
- Croix de Guerre 1939-45 (3 citations)
- Médaille de la Résistance avec rosette
- Médaille Coloniale avec agrafe « Koufra »