IN MEMORIAM – Marianne COHN, résistante (assassinée le 8 juillet 1944).

Marianne Cohn, née le 17 septembre 1922 à Mannheim et morte massacrée le 8 juillet 1944 à Ville-la-Grand en Haute-Savoie, est une résistante allemande active en France durant la Seconde Guerre mondiale.

Marianne Cohn est l’aînée d’un couple d’intellectuels allemands d’ascendance juive, mais détachés de la religion israélite et peu liés à la communauté juive d’Allemagne.

La famille Cohn quitte l’Allemagne, les parents de Marianne Cohn sont internés au camp de Gurs, car citoyens allemands. Elle et sa sœur sont prises en charge par les Éclaireurs israélites de France, et découvrent à cette occasion la pratique culturelle du judaïsme. Elle se réfugie en France en 1938.

En 1942, Marianne s’occupe d’enfants juifs de France menacés de déportation. Incarcérée à Nice en 1943, elle est relâchée trois mois plus tard. C’est pendant cette première détention qu’elle aurait rédigé son célèbre poème « Je trahirai demain ».

D’abord simple assistante chargée de surveiller les enfants avant leur départ pour la Suisse, Marianne Cohn intègre avec Rolande Birgy l’équipe des convoyeurs en janvier 1944, à la suite de Mila Racine arrêtée le 21 octobre 1943.

Chaque semaine, deux ou trois groupes, comptant chacun jusqu’à une vingtaine d’enfants issus de toute la zone sud, franchissent clandestinement la frontière, après être passés par Lyon et Annecy.

Marianne Cohn est arrêtée le 31 mai 1944, près d’Annemasse, à seulement 200 mètres de la frontière suisse avec un groupe de vingt-huit enfants, et incarcérée à l’hôtel Pax, devenu une prison de la Gestapo.

Dans la nuit du 7 au 8 juillet 1944, la Gestapo de Lyon envoie une équipe à Annemasse, pour sortir de leur geôle six prisonniers, dont Marianne Cohn, et les assassiner. Le maire d’Annemasse réussit, en revanche, à sauver les enfants.

L’école primaire et l’école maternelle du centre-ville d’Annemasse portent son nom, de même qu’une école de Berlin ainsi qu’une rue de Ville-la-Grand non loin de son lieu d’exécution.

Elle avait 22 ans. Marianne écrivit avant sa mort, en juillet 1944, un poème : « Je trahirai demain, pas aujourd’hui ».

Je trahirai demain pas aujourd’hui.
Aujourd’hui, arrachez-moi les ongles,
Je ne trahirai pas.
Vous ne savez pas le bout de mon courage.
Moi je sais.
Vous êtes cinq mains dures avec des bagues.
Vous avez aux pieds des chaussures
Avec des clous.
Je trahirai demain, pas aujourd’hui,
Demain.
Il me faut la nuit pour me résoudre,
Il ne faut pas moins d’une nuit
Pour renier, pour abjurer, pour trahir.
Pour renier mes amis,
Pour abjurer le pain et le vin,
Pour trahir la vie,
Pour mourir.
Je trahirai demain, pas aujourd’hui.
La lime est sous le carreau,
La lime n’est pas pour le barreau,
La lime n’est pas pour le bourreau,
La lime est pour mon poignet.
Aujourd’hui je n’ai rien à dire,
Je trahirai demain.

Jean-Baptiste TOMACHEVSKY
Jean-Baptiste TOMACHEVSKY
Mon grand-oncle paternel s'est engagé dans la Légion étrangère, parti combattre pendant la guerre d'Algérie. Il est mort pour la France en 1962. C'est lui qui m'a donné l'amour de la Patrie et l'envie de la servir. Appelé sous les drapeaux en février 95, j'ai servi dans 6 régiments et dans 5 armes différentes (le Train, le Génie travaux, l'artillerie sol-air, les Troupes de marine et l'infanterie). J'ai participé à 4 opérations extérieures et à une MCD (ex-Yougoslavie, Kosovo, Côte d'Ivoire, Guyane). Terminant ma carrière au grade de caporal-chef de 1ère classe, j'ai basculé dans la fonction publique hospitalière en 2013 en devenant Responsable des ressources humaines au centre hospitalier de Dieuze. J'ai décidé ensuite de servir la Patrie différemment en devenant Vice-président du Souvenir Français (Comité de Lorquin-57) où je suis amené à participer à une cinquantaine de cérémonies mémorielles par an. Je participe également à des actions mémorielles auprès de notre jeunesse. Je suis également porte-drapeau au sein de l'Union nationale des combattants (UNC) de Lorquin (57) et membre du conseil départemental de l'ONaCVG de la Moselle, collège 2 et 3. J'ai également créé sur un réseau social professionnel un compte qui regroupe près de 16 000 personnes dédié au Devoir de mémoire. Je transmets et partage les destinées de ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour la France. J'ai rejoint THEATRUM BELLI en novembre 2024 pour animer la rubrique "Mémoires combattantes".
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