lundi 16 mai 2022

La Convention 2011 de l’UMP sur la défense

J’ai apprécié que la convention de l’UMP du 20 septembre sur la défense, date de la bataille de Valmy, commence par cette minute de silence en respect de nos soldats morts au combat. Les honneurs rendus par la société civile à ses combattants est un signe fort que l’on souhaiterait voir se renouveler dans d’autres cercles que l’UMP. L’armée est celle de la Nation dans son intégralité ! Le soutien à l’une des propositions de l’UMP de faire du 11 novembre une journée de commémoration pour les combattants de toutes les guerres confirme aussi ce retour de la reconnaissance due aux soldats de la République et à leur engagement pour les armes de la France.

Dans cette convention et dans le contexte d’une victoire militaire en Libye, les nombreux intervenants ont rappelé qu’il fallait une ambition au service de nos valeurs et de nos intérêts. Ils ont appelé aussi de leurs vœux un Livre blanc européen sur la défense (l’exemple désastreux de l’implication européenne en Libye ne les a pas fait changer), des relations nouvelles avec la Russie, ce qui est nouveau.

Il est toujours appréciable par ailleurs d’entendre que le budget de la défense n’est pas une variable d’ajustement et que les engagements ont été tenus… malgré les crédits qui ont été supprimés en raison de la crise économique. L’organisateur de cette convention, Hervé Mariton, rappelait qu’entre 2008 et 2010, la réalité du PIB avait été d’1,56% avec une remontée à 1,65% du PIB. Il n’en reste pas moins que cet effort de défense existe. Il ne faudrait pas qu’il diminue drastiquement après les élections présidentielles et ce quel que soit le président de la République… ce qui n’est pas gagné après 2012. Pourtant, François Copé l’a déclaré : il n’y a pas de diplomatie sans capacités militaires et l’Europe doit arrêter de se reposer sur les Etats-Unis. Les conflits récents montrent que si la France veut pouvoir affirmer ses ambitions internationales, elle doit disposer d’une armée forte.

J’ai aussi apprécié les déclarations de Bruno Lemaire. Il a exprimé sa crainte que l’Armée ne se recroqueville sur elle-même, ce qui est possible si elle est juste considérée comme un simple corps expéditionnaire. Il a donc demandé que l’UMP mette cette question militaire au cœur du débat. Enfin, il a exprimé avec une très grande clarté les trois enjeux qu’il distinguait:

  • Le maintien d’un outil de défense dont on doit assumer le coût en se rappelant des efforts consentis depuis des années par les armées sans dire un mot. Il doit y avoir un juste retour (et il est temps) ;
  • l’industrie de défense est un outil économique qui exprime l’innovation et est créateur de richesse ;
  • enfin le lien entre l’Armée et la nation doit être renforcé, notamment en faisant mieux comprendre le rôle des armées.

Ces commentaires d’ambiance ne peuvent ignorer les 29 propositions de l’UMP qui ont été distribuées pour la campagne présidentielle et sur lesquelles je reviendrai ultérieurement. Je constate surtout un manque grave : les armées sont complètement absentes dans la défense du territoire. Or, ce qu’attendent les Français, n’est-ce pas une plus grande visibilité des militaires sur le territoire national afin de contribuer à leur sécurité ? Protéger la population est une responsabilité traditionnelle de l’Armée. Oublier ou négliger cette mission qui donne le sens de l’engagement du soldat serait une erreur majeure.

François CHAUVANCY
François CHAUVANCY
Saint-cyrien, breveté de l’École de guerre, docteur en sciences de l’information et de la communication (CELSA), titulaire d’un troisième cycle en relations internationales de la faculté de droit de Sceaux, le général (2S) François CHAUVANCY a servi dans l’armée de Terre au sein des unités blindées des troupes de marine. Il a quitté le service actif en 2014. Il est expert des questions de doctrine sur l’emploi des forces, sur les fonctions ayant trait à la formation des armées étrangères, à la contre-insurrection et aux opérations sur l’information. A ce titre, il a été responsable national de la France auprès de l’OTAN dans les groupes de travail sur la communication stratégique, les opérations sur l’information et les opérations psychologiques de 2005 à 2012. Il a servi au Kosovo, en Albanie, en ex-Yougoslavie, au Kosovo, aux Émirats arabes unis, au Liban et à plusieurs reprises en République de Côte d’Ivoire où, sous l’uniforme ivoirien, il a notamment formé pendant deux ans dans ce cadre une partie des officiers de l’Afrique de l’ouest francophone. Il est chargé de cours sur les questions de défense et sur la stratégie d’influence dans plusieurs universités. Il est l’auteur depuis 1988 de nombreux articles sur l’influence, la politique de défense, la stratégie, le militaire et la société civile. Coauteur ou auteur de différents ouvrages de stratégie et géopolitique., son dernier ouvrage traduit en anglais et en arabe a été publié en septembre 2018 sous le titre : « Blocus du Qatar : l’offensive manquée. Guerre de l’information, jeux d'influence, affrontement économique ». Il a reçu le Prix 2010 de la fondation Maréchal Leclerc pour l’ensemble des articles réalisés à cette époque. Il est consultant régulier depuis 2016 sur les questions militaires au Moyen-Orient auprès de Radio Méditerranée Internationale. Animateur du blog « Défense et Sécurité » sur le site du Monde depuis août 2011, il a rejoint depuis mai 2019 l’équipe de Theatrum Belli.
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