Après 38 années au service de la Marine nationale, l’ancien chasseur de mines tripartite a quitté Brest une dernière fois. Retiré du service actif depuis 2022, le bâtiment a rejoint Le Havre, où il doit désormais être déconstruit par Gardet & de Bezenac Recycling.
Pris en remorque par le Moros, le M642 a quitté discrètement la base navale de Brest le 11 septembre. Une dernière navigation pour un bâtiment qui aura parcouru plus de 75 000 milles nautiques, soit près de trois fois et demie le tour de la Terre.
Au cours de sa carrière, la Cassiopée aura surtout contribué à l’une des missions les plus discrètes mais essentielles de la Marine nationale : sécuriser les fonds et les routes maritimes. Elle aura neutralisé plus de 130 munitions représentant environ 90 tonnes d’explosifs de guerre.
Construite par la DCN à Lorient, mise sur cale en 1979 puis admise au service actif en mai 1984, la Cassiopée appartenait à la génération des chasseurs de mines tripartites développés conjointement par la France, la Belgique et les Pays-Bas. Longue de 51 m, elle était notamment équipée d’un sonar de coque, d’un sonar propulsé et de poissons autopropulsés pour la chasse aux mines.
Son histoire aura aussi été marquée par un sérieux accident. Le 22 mars 1987, de retour d’une mission, le bâtiment talonne une roche à l’entrée du goulet de Brest. Une importante voie d’eau envahit la machine. L’action de l’équipage permet d’éviter tout blessé, mais les dégâts imposent près d’un an de réparations avant que le navire puisse reprendre sa carrière opérationnelle.
Son départ intervient alors que la guerre des mines française entre progressivement dans une nouvelle génération, avec l’arrivée de systèmes davantage robotisés et dronisés.
Après près de quatre décennies de missions, plus de 75 000 milles parcourus et des dizaines de tonnes de munitions neutralisées, la Cassiopée achève ainsi son dernier voyage. Une page se tourne pour le bâtiment et pour les générations de marins qui ont servi à son bord.







