Le groupe de services numériques Sopra Steria a annoncé lundi la nomination de Laura Chaubard à la direction de sa verticale Défense, Sécurité et Espace, à compter du 1er septembre 2026. L’ancienne directrice générale de l’École polytechnique rejoindra à ce titre le comité exécutif du groupe.
Cette verticale, qui a représenté 13 % du chiffre d’affaires de Sopra Steria en 2025, regroupe les activités du groupe au service des armées, des gouvernements et des infrastructures critiques : commandement, renseignement, cybersécurité, traitement souverain des données, segments sol et applications spatiales.
Un contexte de réarmement européen
La nomination intervient alors que l’Europe augmente ses dépenses de défense, de sécurité et d’accès à l’espace à un rythme inédit depuis trente ans, et que la question de la souveraineté technologique s’impose dans les stratégies nationales. Sopra Steria entend s’y positionner comme un partenaire européen de référence des systèmes critiques, en s’appuyant notamment sur sa filiale CS Group, intégrateur reconnu de systèmes de défense et de sécurité, ainsi que sur les acquisitions de Starion et Nexova, finalisées en mai 2026, qui renforcent ses capacités souveraines dans le spatial et la cybersécurité.
« Les ambitions se jugent aux moyens qu’on y consacre », a déclaré Rajesh Krishnamurthy, directeur général de Sopra Steria, saluant le parcours d’une dirigeante qui a bâti au sein de l’État français des dispositifs d’innovation de défense devenus des références.
Vingt ans au service de l’innovation de défense
Polytechnicienne (X99) et ingénieure générale de l’armement, Laura Chaubard a passé plus de vingt ans dans le service public. À la Direction générale de l’armement, elle a été experte en mégadonnées et intelligence artificielle pour les services de renseignement, avant de diriger le bureau des PME stratégiques puis la planification capacitaire de la loi de programmation militaire 2018-2022.
Conseillère innovation et numérique de la ministre des Armées Florence Parly de 2017 à 2019, elle a contribué à la création de l’Agence de l’innovation de défense, du fonds Definvest, de la Direction générale du numérique et de la première feuille de route du ministère en matière d’intelligence artificielle. En 2022, elle est devenue la première femme à diriger l’École polytechnique. Elle est chevalier de la Légion d’honneur et officier de l’Ordre national du Mérite.
« La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit », a-t-elle commenté, se disant ravie de contribuer au développement du groupe sur ces enjeux.
Sopra Steria, qui emploie 51 000 collaborateurs dans près de 30 pays, a réalisé un chiffre d’affaires de 5,6 milliards d’euros en 2025.






