Après trois décennies durant lesquelles l’Europe a cru évoluer dans un monde stabilisé par le droit, les alliances et une mondialisation pacifiée, l’Histoire s’est rappelée à elle. Le monde redevient conflictuel, fragmenté et imprévisible, et la guerre cesse d’être un horizon lointain pour redevenir une constante. Le vieil adage de Végèce — « si tu veux la paix, prépare la guerre » — retrouve toute son actualité.
Si la guerre ne change pas de nature, elle se caractérise désormais par un nouveau modèle de supériorité stratégique reposant sur une quadruple saturation : saturation de l’espace par la multiplication des constellations, saturation cognitive par la désinformation et les deepfakes, saturation du champ de bataille par la prolifération des drones, et saturation des données issue de l’explosion des capteurs et des flux. Les conflits en Ukraine et en Iran le démontrent : la saturation épuise, désorganise, submerge. La supériorité technologique seule ne suffit plus ; elle doit s’inscrire dans la durée et dans la masse. Comme l’avertit l’amiral Vandier, l’enjeu n’est plus de faire davantage de ce que l’on faisait hier, mais de répondre à la masse et à la vitesse d’évolution des armes adverses.
Dans ce contexte, la souveraineté est une condition d’action : chaque dépendance peut devenir une vulnérabilité. La valeur bascule des plateformes coûteuses vers le logiciel qui les rend intelligentes, interconnectées et productrices d’effet. Trois impératifs structurent désormais l’action : surveiller et digérer la saturation, agir plus vite que l’adversaire, et construire et régénérer dans la durée. Les dix tendances du rapport se répartissent autour de ces trois piliers.
Source : SOPRA STERIA
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