Présenté par l’industriel comme une capacité de défense aérienne mobile de nouvelle génération, le système associe une détection à 360 degrés, une conduite de tir automatisée et plusieurs types d’effecteurs montés sur véhicule. Il vise la tranche tactique située entre environ 1 et 5 kilomètres, c’est-à-dire l’espace dans lequel évoluent la plupart des petits drones de reconnaissance et d’attaque, ainsi que les hélicoptères volant à basse altitude.
Sur les théâtres récents, les drones sont employés en grand nombre pour le réglage d’artillerie, les attaques en vue subjective (FPV), les munitions rôdeuses ou la surveillance d’itinéraires. Leur faible coût pose un problème d’économie de la défense : intercepter un drone bon marché avec un missile coûteux n’est pas soutenable dans la durée. Thales positionne RapidStriker comme une réponse à ce déséquilibre, entre les dispositifs de lutte électronique (brouillage) et les systèmes de défense sol-air courte portée à missiles, en ajoutant une option de destruction cinétique calibrée pour des cibles trop nombreuses ou de trop faible valeur pour justifier des intercepteurs onéreux.
Le système est capable de détecter, identifier, suivre puis neutraliser une menace en quelques secondes. La documentation diffusée à Eurosatory mentionne un délai d’environ quarante secondes entre la détection et l’engagement, à partir de sous-ensembles présentés comme interopérables avec les standards de l’OTAN : radar, désignateur laser, effecteurs et logiciel de commandement et de contrôle.
RapidStriker n’est pas organisé autour d’une arme unique. Il combine, dans une configuration modulaire, plusieurs moyens de destruction afin d’offrir une réponse graduée selon la cible et la distance :
- des lance-roquettes « TELSON », avec des roquettes guidées activées par induction (68 mm) pour les engagements de précision et des roquettes non guidées pour des tirs de saturation ;
- un canon de petit calibre assurant la couche rapprochée, lorsque la fenêtre d’engagement est trop courte pour une roquette ou que la cible évolue à l’intérieur de la distance minimale des munitions guidées ;
- des munitions téléopérées, qui complètent la palette d’effets.
Cette articulation — canon, roquette non guidée, roquette guidée ou à fusée de proximité — laisse au chef tactique le choix de l’effecteur le mieux adapté plutôt que de contraindre chaque engagement à un seul type d’arme.
RapidStriker est annoncé comme intégrable sur tout véhicule de combat à haute mobilité. À Eurosatory, Thales l’a présenté sur le Bushmaster Utility (variante Mulga) dévoilé par Thales Australia, plateforme dérivée d’un véhicule déjà éprouvé au combat et susceptible de recevoir différents modules de mission selon les besoins du client.
Le système est par ailleurs présenté comme interopérable avec SkyDefender, l’architecture de défense aérienne et antimissile intégrée de Thales. Selon l’industriel, RapidStriker peut ainsi fonctionner de manière autonome pour la défense locale d’une unité, ou s’insérer dans un dispositif de défense aérienne plus large et multicouche.






