28 septembre 1952 : premier vol du Dassault MD 454 Mystère IV (Melun-Villaroche).

Le dimanche 28 septembre 1952, le prototype Mystère IV 01 décolle pour la première fois de l’aérodrome de Melun-Villaroche, en Seine-et-Marne. Aux commandes se trouve Constantin Rozanoff, dit « Kostia », chef pilote d’essais de la Société des avions Marcel Dassault. Le vol dure 25 minutes. L’appareil n’a été commandé qu’à un seul exemplaire, comme avion expérimental. Le marché passé 13 mois plus tôt par l’État ne prévoit aucune fabrication en série. Six ans plus tard, 411 Mystère IV A seront sortis des chaînes de Dassault, dont une large part financée par les États-Unis.

Le Mystère IV est le premier chasseur transsonique à entrer en service en nombre dans l’armée de l’Air. Il équipe six escadres de chasse, la Patrouille de France pendant sept saisons, puis les écoles de chasse jusqu’en 1982. Il combat sous les couleurs israéliennes en 1956 et 1967, sous les couleurs indiennes en 1965 et 1971. Sur le plan industriel, il marque une étape. Il prend la suite des deux premiers chasseurs à réaction de Dassault, l’Ouragan et le Mystère II. Il confirme, après l’Ouragan, la place de la firme sur les marchés d’exportation. Il sert de base au Super Mystère B2, premier avion de série européen capable de dépasser Mach 1 en palier.

Crédit : Dassault Aviation.

Genèse : de l’Ouragan au Mystère II.

Conception : un avion nouveau sous un nom ancien.

Premier vol et essais du prototype 01.

La commande offshore américaine et l’industrialisation.

Description technique du Mystère IV A.

Les variantes : IV B, IV N et IV M.

27 ans dans l’armée de l’Air.

Israël : Suez et la guerre des Six Jours.

Inde : l’attaque au sol en 1965 et 1971.

Le Mystère IV occupe une place charnière dans l’histoire de l’aviation militaire française.

Sur le plan technique, il est le premier chasseur transsonique produit en grande série en France, capable de franchir Mach 1 en piqué. Il valide la voilure en flèche prononcée à profil mince, l’empennage monobloc et les servocommandes hydrauliques à l’échelle d’une production de masse. Ses limites tiennent au réacteur centrifuge, robuste mais sans potentiel de croissance, qui le laisse sous-motorisé.

Sur le plan industriel, il fait passer Dassault à la grande série : 411 avions en quatre ans, jusqu’à 25 par mois à Mérignac. Le contrat américain apporte les devises et la charge de travail nécessaires à ce changement d’échelle.

Sur le plan politique, il illustre la dépendance du réarmement français envers les financements américains au début des années 1950. Washington impose le moment du lancement, le choix de la version et celui du moteur. En même temps, le programme de l’OTAN vise précisément à réduire la dépendance européenne envers les avions américains.

Sur le plan opérationnel, il n’a jamais combattu sous cocarde française, mais il a été engagé dans quatre guerres sous deux autres drapeaux. Conçu comme intercepteur de jour, il s’est révélé avant tout comme un avion d’attaque au sol robuste. En France, sa longévité tient à son rôle d’avion de transition pour les jeunes pilotes de chasse.

Sur le plan de la filiation, il ouvre la voie au Super Mystère B2, premier avion de série européen supersonique en palier. Il précède de peu le Mirage III, qui sera la génération suivante. Trente ans séparent son premier vol, en septembre 1952, de son retrait de la 8e escadre, en novembre 1982.

Caractéristiques techniques

Valeurs du Mystère IV A à réacteur Verdon 350, sauf mention contraire. 

Caractéristique

Mystère IV A

Type

Chasseur-bombardier monoplace

Premier vol (prototype 01)

28 septembre 1952, Melun-Villaroche

Premier vol (série)

29 mai 1954, Mérignac

Production

411 avions de série (1954-1958)

Envergure

11,12 m

Longueur

12,85 à 12,89 m

Hauteur

4,46 à 4,60 m

Surface alaire

32 m²

Flèche / épaisseur relative

38° / 7,5 %

Masse à vide équipé

5 850 kg

Masse au décollage (normale)

7 850 à 8 510 kg

Masse maximale au décollage

9 500 à 10 400 kg

Réacteur

Hispano-Suiza Verdon 350, environ 3 500 kgp (34,3 kN)

Réacteur (premiers avions)

Hispano-Suiza Tay 250, environ 2 850 kgp (28 kN)

Vitesse maximale au niveau de la mer

1 110 à 1 120 km/h

Vitesse maximale en léger piqué

environ Mach 1,1

Plafond pratique

15 000 m

Vitesse ascensionnelle

environ 40 m/s

Distance franchissable

environ 915 km (interne) ; jusqu’à 2 280 km avec réservoirs

Armement fixe

2 canons DEFA de 30 mm, 150 obus par arme

Armement interne optionnel

panier rétractable de 55 roquettes air-air

Charge externe

4 points, environ 900 à 1 000 kg (bombes, roquettes, réservoirs)

Utilisateurs

France (242), Inde (110), Israël (59)

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