30 octobre 1340 : bataille de Tarifa ou bataille du Salado.
Victoire de la coalition chrétienne castillano-portugaise avec l’aide d’un contingent aragonais contre la coalition musulmane mérinido-nasrides. Fort de cet exploit, le roi de Castille contrôle totalement le détroit et prend en 1343 le stratégique port d’Algésiras. La victoire chrétienne met fin au contrôle mérinide du détroit de Gibraltar et rend impossible l’envoi de secours militaires depuis le Maroc vers le royaume de Grenade, qui doit lutter seul pour assurer sa survie. Il résistera pendant encore un siècle et demi avant la capitulation finale de 1492.

30 octobre 1696 : Pierre le Grand fait adopter la création d’une marine de guerre permanente en Russie.
La Douma des boyards approuve la constitution d’une flotte permanente à la demande de Pierre Ier. Cette décision, prise le 20 octobre dans le calendrier julien alors en usage en Russie, soit le 30 octobre dans le calendrier grégorien, est retenue comme l’acte de fondation de la marine régulière russe.
Elle intervient après la deuxième campagne contre la forteresse ottomane d’Azov, qui contrôle l’embouchure du Don et l’accès à la mer d’Azov. L’année précédente, une première offensive russe a échoué, notamment parce que les défenseurs pouvaient recevoir des renforts et du ravitaillement par mer. Pour renouveler l’opération, Pierre a fait construire pendant l’hiver une flottille dans le bassin du Don, en particulier à Voronej.
L’emploi de ces bâtiments permet de compléter le siège terrestre par un blocus naval. La prise d’Azov, durant l’été 1696, convainc le tsar de ne pas disperser les moyens réunis pour la campagne. Il demande désormais une organisation durable, capable de construire, d’armer et d’entretenir des navires.
La décision du 30 octobre ne marque donc pas l’apparition des premières embarcations militaires russes : des forces fluviales et maritimes existaient auparavant. Elle établit le principe d’une marine permanente au service de l’État.
Son développement impose de créer des chantiers, de former des équipages et de faire appel à des compétences étrangères. La première flotte est tournée vers les mers méridionales. La construction d’une puissance navale en Baltique constituera ensuite un autre volet de la politique de Pierre le Grand.
Aller au contenu PDF30 octobre 1806 : reddition de la ville de Stettin.
Lors de la reddition de Stettin le 29 et , le lieutenant-général Friedrich Gisbert Wilhelm von Romberg rendit la forteresse et la garnison de Stettin au général Lasalle qui disposait de forces nettement inférieures : une brigade de cavalerie légère. Cet événement fut une des nombreuses redditions de soldats prussiens démoralisés à des forces françaises égales ou inférieures en nombres après les défaites désastreuses de bataille d’Iéna et d’Auerstaedt le .
La brigade de cavalerie Lasalle se présente devant la ville de Stettin le en début d’après-midi. Reçu par des coups de canon, Lasalle fait occuper une crête face à la ville par un rideau de cavalerie et fait circuler sur la crête son unique caisson d’artillerie pour faire croire à la mise en place de batteries d’artillerie. Jugeant la manifestation suffisante, il envoie deux officiers négocier la reddition de la ville.
Pendant la négociation, Lasalle laisse ses troupes à une distance d’une lieue de la ville pour ne pas dévoiler la faiblesse de ses forces. Un conseil de guerre accepte la reddition de la ville et de sa garnison sans protestation des deux principaux subordonnés de Romberg, les généraux Kurd Gottlob von Knobelsdorff et Bonaventura von Rauch.
La garnison de plus de 5 000 hommes doit déposer à l’aube ses armes sur le glacis des fortifications et défiler devant les vainqueurs. Lasalle, inquiet de la faiblesse, a en même temps demandé des renforts en infanterie et en artillerie à Murat et Belliard ses supérieurs.
À 07 h 00 du matin, les portes sont livrées et occupées par deux compagnies de hussards. À 08 h 00, la garnison prussienne est prête à défiler alors que Lasalle n’a encore reçu aucun renfort. À 08 h 30, il arrive enfin un régiment d’infanterie et un canon devant lesquels la garnison peut défiler. À ce moment les Prussiens constatent le petit nombre de leurs adversaires et essaient de se mutiner mais ils sont désarmés et Lasalle peut les faire charger.
Dans la suite de la journée, la 2e division (Claparède) du Ve corps de Lannes arrive pour s’installer à Stettin et libérer Lasalle pour qu’il reprenne la poursuite du corps de Blücher.
La reddition de Stettin ferma la route vers la rive orientale de l’Oder au corps de Blücher et le contraint à chercher à se replier vers l’ouest, ce qui aboutit à la bataille de Lübeck. Elle est aussi un des exemples de capitulations des troupes et villes prussiennes après le choc représenté par les défaites d’Iéna et Auerstedt.
Les généraux prussiens présents à Stettin furent démis. En 1809, von Romberg et von Rauch furent jugés en conseil de guerre et condamnés pour leur défaillance aux arrêts de forteresse à perpétuité. Ces sentences furent commuées pour raison de santé pour Romberg (décédé en 1809) et par mesure de grâce pour Rauch.
Stettin, aujourd’hui Szczecin, Pologne, est un port sur l’Oder à proximité de la Baltique, à 120 kilomètres au nord-nord-est de Berlin.

30 octobre 1813 : bataille de Hanau (Allemagne).
Après la défaite de Leipzig, l’Empereur ne peut envisager d’autre scénario que celui de fin 1812 : se regrouper en France, pour reprendre des forces pour poursuivre la lutte. Mais, les conditions ont évolué : la Grande Armée est en majeure partie une armée de conscrits et la Confédération du Rhin a volé en éclats (les Saxons passent à l’ennemi au beau milieu de la bataille des nations). L’extrême jeunesse du soldat français a pour conséquence de transformer une retraite en déroute et les débris de l’armée française (environ 70 000 hommes en armes et 30 000 hommes désarmés et débandés) s’étalent sur deux jours de marche.
Quant aux alliés d’hier, ils dressent à Hanau un verrou, composé de troupes austro-bavaroises commandées par le général de Wrède auxquelles s’ajoute une force russo-autrichienne, destiné à interdire le retour de l’armée française sur le sol de France. Environ 45 000 coalisés prétendent disputer le terrain à 17 000 Français, principalement des troupes de la Garde impériale. Un instant indécis, le sort de la bataille est décidé par une charge de la cavalerie de la Garde. La route qui mène à la France est sauvée.
La garde d’honneur est un sujet relativement peu étudié.
L’ouvrage de référence reste celui du lieutenant-colonel Housset La garde d’honneur.

30 octobre 1882 : naissance de William Frederick Halsey, futur commandant de la IIIe flotte américaine.
William Frederick Halsey Jr. naît à Elizabeth, dans le New Jersey, dans une famille d’officier de marine. Diplômé de l’Académie navale d’Annapolis en 1904, il commence sa carrière sur des bâtiments de surface avant de se spécialiser dans les torpilleurs et les destroyers.
Pendant la Première Guerre mondiale, il commande des destroyers affectés à la protection des convois dans l’Atlantique. Sa carrière prend une nouvelle direction dans les années 1930 lorsqu’il entreprend une formation de pilote. Breveté aviateur naval en mai 1935, à 52 ans, il prend ensuite le commandement du porte-avions Saratoga.
Au début de la guerre du Pacifique, Halsey dirige une force aéronavale organisée autour de l’Enterprise. En avril 1942, il assure avec ce porte-avions la couverture du Hornet, chargé d’amener les bombardiers du lieutenant-colonel James Doolittle à portée du Japon.
Nommé à la tête des forces alliées du Pacifique Sud en octobre 1942, il exerce son commandement pendant la campagne de Guadalcanal et la poursuite des opérations dans les Salomon. En 1944, il prend la tête de la IIIe flotte.
Son commandement reste aussi associé à des décisions contestées. Lors de la bataille du golfe de Leyte, en octobre 1944, il entraîne ses principales forces vers le nord à la poursuite des porte-avions japonais, laissant le détroit de San Bernardino sans couverture de surface. La force de l’amiral Kurita peut ainsi déboucher au large de Samar. En décembre, sa flotte subit également les conséquences du typhon Cobra.
Halsey assiste à la capitulation japonaise à bord du Missouri, le 2 septembre 1945. Promu Fleet Admiral en décembre, il quitte le service actif après la guerre. Il meurt le 16 août 1959 et est inhumé au cimetière national d’Arlington.

30 octobre 1914 : naufrage du navire-hôpital Rohilla devant Whitby.
Vers 04 h 00 du matin, le navire-hôpital britannique Rohilla s’échoue sur les récifs de Saltwick Nab, près de Whitby, sur la côte du Yorkshire. Une forte tempête d’est-sud-est empêche les secours de l’approcher normalement. Le sauvetage se prolongera pendant plus de 50 heures.
Le vapeur de la British India Steam Navigation Company, réquisitionné pour servir de navire-hôpital, effectue une traversée de Queensferry vers Dunkerque afin d’y embarquer des blessés. Il transporte 229 personnes, parmi lesquelles des membres d’équipage, du personnel médical et 5 infirmières.
Frappée par les vagues, la coque se disloque. Des hommes installés dans la partie arrière sont emportés. La proximité de la terre ne facilite guère les secours : les rochers, les déferlantes et le courant rendent l’approche dangereuse, tandis que les tentatives pour établir une liaison depuis le rivage échouent.
À Whitby, le canot John Fielden est transporté sur des patins, franchit un mur et gagne une position permettant sa mise à l’eau. Il sauve 35 personnes en deux voyages, dont les 5 infirmières, avant de devenir inutilisable à la suite des chocs contre les rochers.
6 canots de 5 stations participent aux tentatives de sauvetage. Certains ne peuvent atteindre l’épave ; d’autres doivent renoncer en raison des avaries ou de l’épuisement de leurs équipages. Des habitants se portent également dans les vagues pour secourir ceux qui tentent de gagner la côte à la nage.
Le 1er novembre, le canot à moteur Henry Vernon, venu de Tynemouth, parvient à embarquer les 50 personnes encore réfugiées sur l’épave. Le bilan généralement retenu est de 144 rescapés et 85 morts, même si certains décomptes historiques diffèrent légèrement.
Le naufrage met en évidence l’avantage des canots motorisés lorsque la force du vent et des courants dépasse les possibilités de la propulsion à l’aviron. Il contribue à accélérer leur adoption dans les stations de sauvetage britanniques.
30 octobre 1918 : signature de l’armistice de Moudros à bord du HMS Agamemnon.
Dans la rade de Moudros, sur l’île grecque de Lemnos, les représentants de l’Empire ottoman et ceux des Alliés signent un armistice à bord du cuirassé britannique Agamemnon. Le texte prévoit la cessation des hostilités le lendemain, 31 octobre, à midi, heure locale.
Le vice-amiral britannique Somerset Arthur Gough-Calthorpe représente les puissances alliées. La délégation ottomane comprend notamment le ministre de la Marine, Rauf Bey, futur Rauf Orbay.
Les clauses maritimes occupent une place importante dans l’accord. Les Dardanelles et le Bosphore doivent être ouverts afin de garantir l’accès à la mer Noire. Les forts qui les commandent seront occupés par les Alliés. Les autorités ottomanes doivent communiquer l’emplacement des champs de mines et des autres obstacles, puis contribuer à leur enlèvement.
L’armistice impose également la remise et l’internement des bâtiments de guerre présents dans les eaux sous contrôle ottoman, à l’exception des petites unités jugées nécessaires à des missions de police. Les Alliés obtiennent l’usage des ports, des mouillages et des moyens de réparation navale.
À ces dispositions s’ajoutent la démobilisation d’une grande partie de l’armée, la reddition de plusieurs garnisons et le contrôle de communications et de transports stratégiques. L’article VII autorise les Alliés à occuper tout point stratégique si leur sécurité est menacée, une formulation qui leur laisse une large marge d’interprétation.
L’accord met fin à la participation ottomane à la guerre, mais ne constitue pas un traité de paix. Les occupations et les règlements territoriaux qui suivent ouvriront une nouvelle période de conflits, jusqu’à la guerre d’indépendance turque et au traité de Lausanne de 1923.
30 octobre 1922 : mort accidentelle du pilote Paul d’Argueeff.
Officier russe dans l’armée française en 1914, 15 victoires aériennes en 1918. As et capitaine. Enterré au Bourget. Sa tombe restaurée par l’association « Mémoire Russe » a été inaugurée le 9 novembre 2019.
Né le 1er mars 1887 à Yalta, Pavel Argeyev était issu d’une famille de militaires : son père et son grand-père étaient officiers dans l’armée russe. Il choisit lui aussi une carrière militaire et, après avoir obtenu son diplôme de l’Académie militaire d’Odessa en 1907, il intègre l’infanterie comme enseigne. À partir de 1911, il sert au 29e régiment d’infanterie à Tchernihiv comme spécialiste de l’armement. Le 12 décembre 1912, il est promu lieutenant. Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il se trouve en France, où il travaille pour la mission militaire russe chargée de l’armement. Il tente de rentrer en Russie, mais les autorités militaires russes le maintiennent à son poste (selon d’autres sources, il aurait quitté l’armée russe avant la guerre et émigré en France). Désireux de combattre activement, Argeyev a demandé la nationalité française puis s’est porté volontaire pour rejoindre l’armée française. Il a ensuite francisé son nom de famille en Paul d’Argueeff.
Le 12 septembre 1914, il fut envoyé au front comme lieutenant au sein du 331e régiment d’infanterie et, le 23 septembre, il fut blessé pour la première fois. Il servit ensuite comme commandant de compagnie au 131e régiment d’infanterie. Le 5 novembre, il fut promu capitaine. Pour ses services, le 9 janvier 1915, il reçut la Croix de Guerre avec deux palmes. Le 17 avril, il fut de nouveau blessé, mais ne quitta pas le champ de bataille, ce qui lui valut, entre autres, la Légion d’honneur le 7 mai 1915. Le 15 mai, cependant, il fut grièvement blessé aux deux jambes et déclaré inapte au service dans l’infanterie. Argueeff demanda alors son transfert dans l’armée de l’air, mais, en raison de sa blessure, il dut par la suite s’appuyer sur une canne. Sa demande fut acceptée et après sa formation, le 30 janvier 1916, il obtint une licence de pilote militaire (brevet n° 2573), et après avoir terminé le cours de pilote de chasse, le 1er juin 1916, il fut affecté à l’escadron N.48, volant sur des avions Nieuport.
Le premier engagement d’Argueeff dans l’aviation militaire française fut de courte durée. En juillet, il se porta volontaire pour rejoindre un groupe de pilotes envoyés en Russie par le gouvernement français dans le cadre de l’aide militaire. Il y déclara son intention de réintégrer l’armée de terre russe et, le 22 octobre, il fut incorporé avec le grade de capitaine. Le 2 novembre, il fut affecté à la 19e escadrille (Aviaotriad), commandée par Alexandre Kazakov. Il y pilota le chasseur Nieuport 17.
Le 10 janvier 1917, il remporta la première victoire aérienne confirmée contre un avion de reconnaissance allemand Albatros, et le 27 février, la seconde (Albatros C.III). En avril, son escadrille combattit sur le front roumain, puis en Ukraine. Argueeff remporta six victoires aériennes officiellement reconnues en Russie, dont deux conjointement avec Kazakov (toutes contre des bombardiers-reconnaissance de catégorie C ). Sa dernière victoire, contre un Rumpler C.I., eut lieu en juin 1917. Après la révolution bolchevique en Russie, et la désintégration de l’armée russe, Argueeff décida de quitter le pays.
Il parvint à rejoindre la France en mai 1918 et s’engagea immédiatement dans l’armée française. Le 25 mai, il fut affecté à l’escadrille SPA 124, composée d’un équipage international, volant sur des chasseurs SPAD S.XIII , au sein de l’escadrille GC 21. N’étant pas familiarisé avec ce nouvel appareil, Argueeff fut abattu le 1er juin, mais réussit à effectuer un atterrissage d’urgence. À la fin du mois de juin, il avait néanmoins abattu quatre avions allemands. Après une interruption de ses vols pour raisons médicales, il abattit un chasseur Fokker D.VII le 27 septembre, deux avions de reconnaissance le lendemain, puis deux autres les 5 et 30 octobre. Au total, avec 9 victoires officiellement reconnues en France, il porta son nombre de victoires à 15 avions (les dates de ces victoires mentionnées dans les différentes publications divergent toutefois). De plus, il remporta probablement plusieurs victoires non reconnues officiellement. Comme le rappelaient ses collègues, Argueeff préférait voler et chasser seul.
Durant son service dans l’armée, il reçut la Croix de Guerre française avec huit palmes et plusieurs décorations russes, dont l’Ordre de Saint-Georges (4e classe avec épées), l’Ordre de Saint-Vladimir (4e classe avec épées) et l’Ordre de Sainte-Anne (2e, 3e et 4e classes). Argueeff fut le deuxième as russe le plus victorieux de la Première Guerre mondiale, après Kazakov (Vasyl Yanchenko revendique également la 2e place).
Après la guerre, Argueeff resta en exil en France. En septembre 1922, il trouva un emploi de pilote à la Compagnie France-Roumanie, qui assurait des vols commerciaux entre Varsovie et Prague. Cependant, le 30 octobre 1922, lors d’un vol, il perdit son orientation en raison de mauvaises conditions météorologiques et de la présence de nuages, et s’écrasa contre une montagne près de Trutnov en Tchécoslovaquie, se tuant sur le coup.

30 octobre 1926 : naissance de Paul Brunbrouck, une des figures de la bataille de Diên Biên Phu (Indochine).
Paul Emile Brunbrouck est né le 30 octobre 1926 à Roubaix. Il est le plus jeune d’une famille modeste de onze enfants. Très tôt, il est frappé par les épreuves de la vie. Il aura un destin hors du commun…
La mère de Paul décède alors qu’il n’a que 26 mois et il est donc élevé par Alix, l’aînée des filles, âgée de 18 ans, qui va remplir la fonction de mère de famille.
Paul, dans sa petite enfance, montre déjà beaucoup de curiosité pour la culture militaire. Il aime lire et relire des ouvrages relatant la guerre de 1870 et le désastre de Sedan. Paul rentre à six ans à l’école privée Saint-Joseph de Wattrelos, tenue par les Frères des Ecoles chrétiennes. A l’école primaire, Paul marque beaucoup d’intérêt pour l’histoire de France, et les illustrations des dessins de ses livres d’histoire le font rêver.
Quand les Allemands envahissent le Nord de la France, Paul Emile Brunbrouck a 14 ans. Deux de ses frères quittent la province, lui demeure dans la maison familiale. Il connaît le fracas des bombardements puisque des bombes anglaises tombent à 500 mètres de sa maison.
Paul va également connaître l’angoisse des interrogatoires de la Gestapo. Un jour, accompagné de l’un de ses frères, alors qu’ils rentrent après le couvre feu, ils sont arrêtés par une patrouille allemande puis interrogés dans les bureaux de la Gestapo. Après avoir été relâché, Paul confie à son frère Albert qu’il a été très marqué par l’univers concentrationnaire : les locaux, les sentinelles, les chiens…
Attiré par le métier des armes et l’excellence que symbolise Saint-Cyr, Paul Brunbrouck décide de rentrer à la corniche Faidherbe de Lille pour préparer le concours. Malgré le fait que Paul soit externe, il partage l’ambiance de cohésion et d’amitié qui règne dans la corniche. Paul se manifeste par sa bonne humeur et son espièglerie.
En 1948, Paul réalise son rêve, il est admis à l’Ecole Spéciale Militaire Interarmes avec le titre de Saint-Cyrien dans la promotion « Général Frère ». Il exprime sa vocation en ces termes : « Pour moi la France n’est pas un vain mot et ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort ».
Pour Paul, fils d’une famille modeste du Nord de la France, c’est une chance de prouver sa valeur. Une anecdote est à relever. A la fin de sa scolarité à Saint-Cyr, Paul Brunbrouck assiste à un amphi consacré à la présentation des Armes. Au cours de cette amphi, un capitaine de l’artillerie coloniale clame : « Si vous aimez la rigolade, la paillardise et le bon vin, venez chez les Bigors ! Nous, ce ne sont pas des majors qu’il nous faut, ce sont des culots ! » Paul exulte alors qu’il n’est nullement sorti culot mais 5e sur 439. C’est en effet avec des notes élogieuses que Paul quitte Saint-Cyr. Le commandement de l’Ecole écrit de lui qu’il est un « élément de premier ordre, tout de solidité et de dynamisme qui, bien conseillé et bien guidé, doit faire une brillante carrière ».
Paul choisit donc de rentrer chez les Bigors. La coloniale lui promet une carrière aventureuse et une ambiance bon enfant. Il n’en faut pas plus pour l’attirer. Il est affecté à l’Ecole d’Application de l’Artillerie le 2 octobre 1950 puis au RATC en Tunisie en 1952, et arrive ensuite en Indochine où il rejoint rapidement le camp de Diên Biên Phu.
Le 30 mars est un soir exceptionnel à Dien Bien Phû. L’attaque débute au crépuscule. Deux régiments vietminh attaquent les points d’appui Dominique 1 et 2, deux autres régiments les points d’appui Eliane 1 et 2. L’artillerie, bien que fortement harcelée, applique ses tirs d’arrêts tous azimuts. Toute la nuit, cinq compagnies du 1er BEP et la 1/13 DBLE montent successivement à la rescousse d’Eliane 2. Elles sont décimées mais au matin l’ennemi n’a pas gagné un pouce de terrain. Afin de percer il décide alors de porter son effort vers le pont de la Nam Youn. Son élan vient se briser contre une batterie du 1er / 4e RAC (régiment d’artillerie coloniale), celle du Lieutenant Brunbrouck.
Brunbrouck observe que les tirailleurs algériens de Dominique, ébranlés par la préparation d’artillerie, dévalent les pentes de leur colline en direction de la Nam Youn. Au passage, la panique s’étend à certains des soldats de la compagnie d’infanterie qui, à Dominique 3, protègent la 4e batterie. Brunbrouck rend compte de la situation au PC de groupe qui alerte le PC du camp retranché. Si Dominique 2 est occupée par les Vietminh, la 4e batterie ne sera plus qu’à 400 m de l’ennemi et soumise au tir des armes d’infanterie. Mais bientôt, il apparaît que les Vietminh progressent derrière les Algériens en direction de la batterie d’artillerie.
Alors que les tirailleurs algériens refluent depuis Dominique vers ses positions, Brunbrouck aperçoit l’ennemi à leur suite. Le colonel Langlais ne pouvant dégarnir les postes d’Eliane 2 pour venir a son secours, Brunbrouck reçoit l’ordre de détruire ses canons pour se replier, ordre contre lequel il s’insurge, alors même qu’une division Vietminh vient se jeter sur ses positions. Après avoir rendu compte de son incapacité à continuer la mission en cours, pour assurer sa propre défense, il déclenche le feu en utilisant ses canons de 105 mm en ordonnant : « Débouchez à Zéro ». Dès lors, faisant pointer à vue directe et à charge maximum ses canons, il fait éclater ses obus à quelques dizaines de mètres seulement de la position de la batterie, hachant littéralement sur place les déferlantes adverses.
Par cette action, Brunbrouck et ses canonniers terminent une terrible nuit, durant laquelle 1 500 hommes sont tombés pour sauver Dien Bien Phu.
Le destin frappera dans la nuit du 13 avril, alors que la batterie s’est repliée sur le point d’appui Claudine. Pour la première fois, l’artillerie Vietminh se concentre en effet sur les seules positions de Brunbrouck. Les pertes sont lourdes, lorsque, en fin d’après midi, un obus explose sur le PC de la batterie où seul Brunbrouck est frappé mortellement. Porté par ses tirailleurs sénégalais jusqu’à l’infirmerie, il meurt des suites de ses blessures.
Le camp retranché ne tombera que 38 jours plus tard….
Une promotion de Saint-Cyr porte son nom.
Source : L’Echo du champ de bataille

30 octobre 1940 : lancement du destroyer Norman, futur bâtiment de la marine australienne.
Le destroyer Norman est lancé aux chantiers Thornycroft de Southampton. Il appartient à la classe N, commandée initialement pour la Royal Navy, dont plusieurs unités seront armées par des marines alliées.
Sur les 8 destroyers de cette série, 5 servent dans la Royal Australian Navy : Napier, Nestor, Nepal, Nizam et Norman. Deux autres sont attribués à la marine néerlandaise et un à la marine polonaise.
Mis sur cale le 27 juillet 1939, le Norman entre en service australien le 15 septembre 1941 sous le commandement de Henry Burrell. Le lancement du 30 octobre 1940 correspond donc à sa mise à l’eau, et non au début de sa carrière opérationnelle : l’achèvement, l’installation des équipements et les essais se poursuivent ensuite pendant près d’un an.
Après ses essais et son passage à Scapa Flow, le destroyer effectue une mission vers le nord de la Russie, transportant une délégation syndicale britannique conduite par Walter Citrine. Il sert ensuite sur plusieurs théâtres, notamment dans l’océan Indien et en Méditerranée.
En octobre 1944, il participe aux opérations de l’Eastern Fleet contre les îles Nicobar, coordonnées avec l’offensive américaine aux Philippines.
Le Norman est retiré du service australien en octobre 1945, après avoir parcouru environ 270 000 milles marins. Son parcours illustre la répartition des bâtiments et des équipages entre les marines du Commonwealth pendant la guerre.
30 octobre 1940 : l’U-32 est coulé après avoir achevé l’Empress of Britain.
Les destroyers britanniques HMS Harvester et HMS Highlander coulent le sous-marin allemand U-32 aux grenades sous-marines, au nord-ouest de l’Irlande. Neuf membres de son équipage meurent ; 33 autres, dont le commandant Hans Jenisch, sont recueillis et faits prisonniers.
Deux jours plus tôt, l’U-32 a torpillé l’Empress of Britain. Le paquebot de la Canadian Pacific, réquisitionné comme transport de troupes, avait été bombardé et incendié le 26 octobre par un avion allemand Focke-Wulf Fw 200 Condor.
Abandonné par la majeure partie des personnes présentes à bord, mais demeuré à flot, il avait été pris en remorque dans l’espoir de le sauver. L’U-32 avait réussi à s’approcher de ce convoi et à l’achever le 28 octobre.
Avec une jauge brute de 42 348 tonneaux, l’Empress of Britain est le plus grand navire coulé par un sous-marin allemand pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette mesure exprime le volume intérieur du bâtiment selon le système de jauge de l’époque, et non sa masse.
L’U-32, de type VIIA, était entré en service avant la guerre. Sa destruction intervient au cours de sa dernière patrouille, alors que les sous-marins allemands mènent leurs attaques contre les routes d’approvisionnement britanniques.
L’enchaînement des deux pertes résume plusieurs dimensions de la bataille de l’Atlantique : reconnaissance aérienne à longue distance, attaque des transports, protection des remorquages et chasse anti-sous-marine par les escorteurs.
30 octobre 1941 : début du siège de Sébastopol.
Le siège de Sébastopol (du nom de code opération Störfang) est une bataille de la Seconde Guerre mondiale qui se déroula entre le 30 octobre 1941 et le 4 juillet 1942 entre les forces allemandes et soviétiques. L’enjeu était le port de Sébastopol qui était la principale base navale de la flotte soviétique de la mer Noire. Il résulte en une victoire allemande et la prise de la ville portuaire mais au prix de pertes importantes et d’une mobilisation de troupes pendant plusieurs mois qui feront défaut pour les autres offensives allemandes du sud du front de l’Est.

30 octobre 1942 : récupération de documents de chiffrement à bord de l’U-559.
En Méditerranée orientale, les Britanniques récupèrent des documents secrets dans le sous-marin allemand U-559, abandonné après une chasse menée par plusieurs destroyers. Deux hommes du HMS Petard, le lieutenant Anthony Fasson et le matelot Colin Grazier, meurent lorsque le bâtiment sombre.
Repéré par un hydravion Sunderland, l’U-559 est poursuivi et attaqué aux grenades sous-marines. Les avaries finissent par contraindre son commandant à faire surface dans la soirée. L’équipage évacue après avoir pris des dispositions pour saborder le bâtiment.
Fasson et Grazier gagnent le sous-marin et descendent à l’intérieur. Tommy Brown, jeune employé de la cantine du Petard, participe à la transmission des documents vers l’embarcation britannique. Il survit au naufrage, contrairement aux deux marins restés dans la coque.
Parmi les pièces récupérées figurent un recueil de signaux courts, le Kurzsignalheft, et un code météorologique abrégé, le Wetterkurzschlüssel. Ces publications servent à condenser certains messages avant leur chiffrement par Enigma. Elles permettent donc aux cryptanalystes de rechercher des correspondances entre des contenus prévisibles et les messages interceptés.
Leur récupération intervient après l’introduction, en février 1942, d’une machine navale Enigma à 4 rotors sur un important réseau de communications des U-Boote. Cette modification avait interrompu la lecture régulière de ce trafic par les Britanniques.
Les documents parviennent à Bletchley Park le 24 novembre et contribuent à la reprise du déchiffrement en décembre. Il ne s’agit donc ni d’une résolution immédiate du système, ni de la récupération réussie d’une machine Enigma complète : les éléments décisifs sauvés de l’U-559 sont les documents de code.
Fasson et Grazier reçoivent la George Cross à titre posthume ; Brown est décoré de la George Medal.
30 octobre 1944 : gravement endommagé devant le Japon, l’USS Salmon combat en surface et s’échappe.
Au sud-est de Kyūshū, le sous-marin américain USS Salmon subit une attaque aux grenades sous-marines après avoir lancé ses torpilles contre un pétrolier japonais. Les explosions déforment sa coque et provoquent d’importantes voies d’eau. Incapable de conserver durablement son immersion, il doit revenir en surface au milieu des escorteurs ennemis.
Le Salmon, entré en service en mars 1938, effectue sa onzième patrouille de guerre. Il opère dans un groupe comprenant notamment les sous-marins Silversides et Trigger, sur les approches méridionales du Japon.
Le 30 octobre, il détecte au radar un pétrolier escorté par quatre bâtiments. Après une longue poursuite, il attaque dans la soirée. Les escorteurs réagissent et larguent plusieurs séries de grenades alors que le sous-marin se trouve à environ 90 mètres de profondeur.
Les avaries touchent les installations de propulsion, les circuits et les commandes de plongée. Le bâtiment s’enfonce jusqu’à environ 176 mètres. L’équipage tente de reprendre le contrôle en utilisant l’air comprimé et en luttant contre les entrées d’eau.
17 minutes après le début de l’attaque, le Salmon fait surface avec une gîte importante. Il engage les escorteurs au canon et parvient à se dégager en utilisant trois de ses moteurs Diesel.
Sa retraite exige de nouvelles réparations en mer. D’autres sous-marins américains viennent assurer sa protection, puis une couverture aérienne est organisée à l’approche de Saipan. Il y arrive le 3 novembre.
Les dégâts sont tels que le bâtiment ne reprend pas les patrouilles de combat. Le rapport technique américain consacré à ses avaries classe cet épisode parmi les cas de dommages les plus graves auxquels un sous-marin des États-Unis ait survécu pendant la guerre.
30 octobre 1979 : décès de Sir Barnes Neville Wallis.
Sir Barnes Neville Wallis (26 septembre 1887 – 30 octobre 1979) était un ingénieur et inventeur anglais. Il est surtout connu pour avoir inventé la bombe rebondissante utilisée par la Royal Air Force lors de l’opération Chastise (le raid des « Dambusters ») pour attaquer les barrages de la Ruhr pendant la Seconde Guerre mondiale .
Le raid a fait l’objet du film de 1955, Les Briseurs de barrages, dans lequel Wallis était interprété par Michael Redgrave . Parmi ses autres inventions figuraient sa version de la cellule d’avion géodésique et la bombe sismique , notamment des modèles tels que les bombes Tallboy et Grand Slam.

30 octobre 1982 : lancement du câblier USNS Zeus à San Diego.
Le câblier Zeus est lancé aux chantiers National Steel and Shipbuilding Company, à San Diego. Destiné au Military Sealift Command, il est conçu pour installer, relever, entretenir et réparer des câbles sous-marins.
Mis sur cale le 1er juin 1981, il entre en service le 19 mars 1984 sous la désignation USNS Zeus (T-ARC-7). Le préfixe USNS correspond à un bâtiment de l’US Navy exploité dans le cadre du Military Sealift Command, et non à une unité armée selon le même régime qu’un bâtiment portant le préfixe USS.
À la différence de plusieurs câbliers militaires issus de conversions, le Zeus est construit dès l’origine pour cette spécialité. Ses installations comprennent 5 cuves à câbles, des équipements de traction et de réglage de tension, des tambours et des dispositifs guidant les câbles lors de leur passage par-dessus bord.
Le travail exige autant de précision dans la conduite du navire que dans la manutention. Le système de commande associe la propulsion principale à des propulseurs transversaux installés à l’avant et à l’arrière, afin de suivre une route déterminée ou de maintenir une position pendant les opérations.
Le bâtiment peut poser environ 1 600 km de câble par des fonds atteignant quelque 2 700 m, sans réapprovisionnement.
Son activité relève du soutien des infrastructures sous-marines militaires, mais mobilise des techniques communes aux opérations civiles de câblage. Le lancement du Zeus rappelle la place des navires spécialisés dans l’installation et l’entretien des équipements immergés, au-delà des seules unités de combat.









