La Cité de la Voile Éric Tabarly de Lorient a accueilli, le 29 avril 2026, une soirée de conférences et de rencontres consacrée aux enjeux de la souveraineté maritime française. L’événement, intitulé Les flots qui déchirent, les mers qui fédèrent, a été organisé conjointement par la société SEAir, le fonds d’investissement participatif SouvTech Invest et l’association Esprit Défense. Il a réuni des représentants du monde maritime, de la défense, de l’industrie, des médias et de la société civile.
La soirée s’est tenue sous le haut patronage du contre-amiral Samuel Majou, commandant de la Force maritime des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO). Les médias spécialisés Theatrum Belli et Marine & Océans figuraient parmi les partenaires de l’événement. Durant la journée, des rencontres privilégiées étaient également organisées entre professionnels, journalistes et investisseurs. Le tout frappé du label officiel des « 400 ans de la Marine nationale ».
Au cœur de la programmation, la société lorientaise SEAir occupait une place centrale. Fondée en 2016 et forte d’une vingtaine de brevets déposés, l’entreprise d’une quinzaine de salariés s’est imposée comme un spécialiste des embarcations à foils motorisées, qu’elle décline en version pilotée ou dronisée sur des plateformes de 8 à 20 mètres. Outre les marchés de la plaisance et des professionnels, SEAir a orienté une majeure partie de son activité vers les enjeux navals de défense, notamment via un partenariat resserré avec la FORFUSCO salué par le contre-amiral Samuel Majou.
L’entreprise développe aujourd’hui une gamme de navires téléopérés et autonomes dédiés aux missions militaires ainsi qu’aux opérations de l’action de l’État en mer — douanes, police, gendarmerie et surveillance environnementale. Elle se positionne notamment sur le segment des drones de surface (USV) rapides et furtifs, pour lesquels l’usage de foils permet de réduire de 50% la consommation de carburant et de doubler le rayon d’action.
La soirée s’inscrivait également dans le contexte d’une campagne de financement participatif lancée par SEAir sur la plateforme SouvTech Invest. L’objectif affiché est de collecter 500 000 euros en fonds propres, destinés à finaliser différentes gammes de drones de surface. Selon le PDG Richard Forest, la crédibilité opérationnelle de l’entreprise est désormais établie : un drone de 8 mètres de la société a été embarqué sur une frégate lors d’un exercice OTAN, avec un retour positif de la Marine nationale.
Sur le plan industriel, MBDA et Thalès ont sélectionné SEAir en 2025 dans le cadre d’un projet conjoint de l’Union européenne ainsi que d’exercices réels organisés par l’OTAN. L’Agence européenne de défense (AED) a par ailleurs contracté avec l’entreprise en juillet 2025 pour le développement et la fabrication d’un drone de surface de 12 mètres.

Au-delà de la dimension industrielle et financière, la soirée comportait un volet culturel. À partir de 20 heures, à l’issue de la conférence avec comme intervenants Stéphanie Soton (DG adjointe de Piriou), le capitaine de vaisseau Guilhem (chef d’état-major FORFUSCO), Patrice Franceschi (président des écrivains de Marine) et Philippe Hartz (ancien commando Marine et skipper Esprit Défense), les écrivains de Marine Patrice Franceschi, Dominique Le Brun, Katell Faria ainsi que le contre-amiral (2S) François Guichard, chargé de la fonction Histoire de la Marine ont participé à une séance de dédicaces, en partenariat avec la librairie lorientaise Au Vent des Mots.
Dans une inspiration analogue à celle développée depuis 20 ans par Theatrum Belli cette journée a rassemblé des militaires, des industriels, des écrivains, des commerçants et des citoyens autour d’un même objectif : fédérer les acteurs de l’écosystème de défense au-delà des seuls mécanismes financiers, dans un véritable « esprit de défense » et de promotion de notre souveraineté industrielle. Un exemple à suivre et à amplifier.






