11 septembre 1297 : bataille du pont de Stirling (Écosse).
Les troupes écossaises d’Andrew de Moray et de William Wallace anéantissent l’avant-garde anglaise au moment où elle franchit un pont trop étroit. Le sort réservé au trésorier anglais capturé sur le terrain (écorché vif, dit la tradition) a fait de cette bataille l’un des épisodes les plus rapportés des guerres d’indépendance écossaises.
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Après la mort d’Alexandre III d’Écosse sans héritier direct, en 1286, puis celle de sa petite-fille en 1290, Édouard Ier d’Angleterre impose son arbitrage sur la succession écossaise puis, profitant de la faiblesse du royaume, entreprend de le soumettre directement. La révolte éclate en 1297 sous la conduite conjointe d’Andrew de Moray, dans le nord, et de William Wallace, roturier devenu chef de guerre dans le sud.
Revenus du siège de Dundee, Moray et Wallace prennent position sur les hauteurs d’Abbey Craig, au nord de Stirling, dominant le seul pont permettant de franchir la rivière Forth à cet endroit. John de Warenne, comte de Surrey, et Hugh de Cressingham, trésorier du roi en Écosse et responsable de facto du commandement anglais, cherchent à leur couper la route de repli vers l’ouest.
Les forces et la bataille
Les évaluations retenues donnent environ 1 900 piquiers écossais, 400 archers et 180 cavaliers légers, contre 6 350 fantassins anglais (pour beaucoup également archers) et 350 cavaliers lourds. La disproportion est donc considérable en faveur des Anglais, mais elle est fortement amoindrie par le terrain. Le pont de bois n’autorise le passage que de deux cavaliers de front. Wallace attend que suffisamment de troupes anglaises l’aient franchi pour lancer deux charges simultanées : l’une contre le corps déjà passé, l’autre destinée à couper la retraite vers le pont. La cavalerie lourde anglaise, engluée dans le sol marécageux de la rive écossaise, ne peut manœuvrer et est décimée. Le pont s’effondre (ou est délibérément sabordé, selon les récits) sous le poids de la seconde vague, précipitant la panique du reste de l’armée anglaise restée sur l’autre rive.
Hugh de Cressingham est tué dans la mêlée, détesté des Écossais pour la rigueur de sa gestion fiscale du protectorat anglais. La tradition, rapportée notamment par le chroniqueur anglais Walter de Guisborough, veut que son corps ait été écorché après la bataille, et que des lanières de sa peau aient été distribuées comme trophées ou utilisées pour confectionner des ceintures et un baudrier d’épée destiné à Wallace lui-même. Le fait ne peut être établi avec une certitude absolue (aucune source écossaise contemporaine ne le corrobore) mais il est rapporté par plusieurs chroniques anglaises indépendantes de la période, ce qui lui donne un poids supérieur à une simple légende tardive.
Andrew de Moray, grièvement blessé pendant la bataille, meurt de ses blessures dans les semaines suivantes ; perte qui prive Wallace de son égal en autorité et explique en partie la solitude politique dans laquelle celui-ci exercera ensuite le titre de gardien du royaume.
La victoire, la première remportée par une armée écossaise sur une armée anglaise en rase bataille depuis le début du conflit, entraîne l’effondrement rapide de l’autorité anglaise en Écosse et vaut à Wallace le ralliement de la noblesse. Elle sera suivie, moins d’un an plus tard, par le renversement de situation de Falkirk, le 22 juillet 1298, où Édouard Ier bat Wallace et met fin à sa prééminence politique.
11 septembre 1381 : mort à 74 ans de Charles 1er de Montmorency.
Au décès de son père, il hérite des seigneuries de Montmorency, d’Écouen, de Damville, d’Argentan, de Feuillarde, de Chaumont-en-Vexin, de Vitry en Brie ainsi que de nombreux autres lieux.
Il est chevalier, nommé grand panetier de France de 1336 à 1343 par Philippe de Valois, puis fut élevé à la dignité de maréchal de France en 1343, conseiller et chambellan du roi en 1346 en remerciement de son attachement au roi, et en 1347, capitaine général de par sa majesté sur les frontières de Flandre et de la mer en toute la langue picarde.
En 1347, il se démet de sa charge de maréchal au profit de son beau-frère, Édouard de Beaujeu.
Il commande l’armée que le duc Jean de Normandie mène en Bretagne au secours de Charles de Blois. Il accompagne ce prince en Guyenne contre le comte de Derby en 1345 et se distingue à la bataille de Crécy en 1346.
Gouverneur de Picardie, il défait Oudart, bâtard de Renty en 1348.
Il est un de ceux qui concluent le traité de Brétigny entre le roi de France Philippe VI et celui d’Angleterre, Édouard III, le .
Il est parrain du roi Charles VI.
Il meurt le et est inhumé en l’église de l’abbaye du Val à Mériel, près de L’Isle-Adam.

11 septembre 1565 : fin du Grand Siège de Malte (débuté le 18 mai)
Le Grand Siège de Malte a été mené par les Ottomans en 1565 pour prendre possession de l’archipel et en chasser l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Malgré leur supériorité numérique, les Ottomans ne viennent pas à bout de la résistance des chevaliers et doivent lever leur siège après avoir essuyé de lourdes pertes. Cette victoire de l’Ordre assure sa présence à Malte et renforce durablement son prestige dans l’Europe chrétienne.
Cet épisode s’inscrit dans la lutte pour la domination de la Méditerranée entre les puissances chrétiennes, notamment l’Espagne, appuyées par les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et l’Empire ottoman. Les chevaliers sont installés depuis 1530 à Malte après avoir été chassés de Rhodes par les Turcs en 1522. Face aux activités de pirates des chevaliers qui harcèlent les navires ottomans en Méditerranée et dans l’optique de s’assurer une base navale stratégique, Soliman le Magnifique décide d’envoyer son armée contre l’archipel.
La victoire des chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem a un retentissement considérable dans toute l’Europe chrétienne : elle leur confère un immense prestige et renforce leur rôle de défenseur de la religion chrétienne face à l’expansionnisme musulman. Les fonds collectés à la suite de cette victoire permettent de relever les défenses de Malte et d’assurer la présence durable de l’Ordre sur l’île. Une nouvelle ville est également édifiée, en vue de défendre la péninsule de Xiberras contre un retour éventuel des armées turques. D’abord appelée Citta’ Umilissima, elle prend ensuite le nom de La Valette, en hommage au grand maître de l’Ordre vainqueur des Ottomans.
La défaite ottomane, au-delà des pertes humaines, n’a pas eu de conséquences militaires importantes. Il s’agit cependant d’un des rares échecs de l’armée de Soliman, privant les Turcs d’une position stratégique qui leur aurait permis de lancer de nombreux raids en Méditerranée occidentale.

assiégé par le général ottoman Mustapha en septembre 1565.
Don Garcia de Tolède, vice-roi de Sicile, mène l’opération.
Charles Philippe Larivière – RMN Château de Versailles
11 septembre 1611 : naissance du maréchal de Turenne (Sedan).
Henri de La Tour d’Auvergne, dit Turenne, né le au château de Sedan (Ardennes) et mort le près de Sasbach (Principauté épiscopale de Strasbourg, Saint-Empire romain germanique), est un gentilhomme et célèbre militaire français passé à la postérité sous le nom que lui donne son titre de courtoisie de vicomte de Turenne. Maréchal de France en 1643 et maréchal général des camps et armées du roi en 1660, il est l’un des meilleurs généraux de Louis XIII puis de Louis XIV. Figure populaire, stratège de grand talent, gloire militaire du Grand Siècle par excellence, il reste un maître incontestable de l’art de la guerre. De son vivant, il fut considérablement admiré et de ses soldats et des grands maréchaux de l’Europe ; lorsqu’il apprend la mort de Turenne à la bataille de Salzbach, Montecuccoli s’exclame : « Aujourd’hui est mort un homme qui faisait honneur à l’Homme. » Napoléon, lui-même, admirait son génie militaire, et affirma qu’il était « le plus grand commandant de l’ère moderne ».
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Cadet d’une famille souveraine, il est destiné à la carrière des armes. Pendant la guerre de Trente Ans, par commission du , le jeune vicomte lève à l’âge de 14 ans, un régiment d’infanterie qui porte son nom.
La même année, il fait ses premières armes dans l’armée hollandaise en tant que simple soldat, sous les ordres de son oncle, le stathouder Frédéric-Henri d’Orange-Nassau, qui lui offre un commandement en 1626. Le régiment qu’il avait créé en France est licencié en . En 1627 et 1628, il participe aux sièges de Klundert, de Willemstad et dans la plupart des expéditions contre Spinola. Il s’illustre notamment dans l’armée hollandaise, aux côtés de Frédéric-Henri d’Orange-Nassau, au siège de Bois-le-Duc en 1629, contre les Espagnols.
Cependant, il choisit l’année suivante de passer au service, plus prestigieux, de la France et son régiment d’infanterie est rétabli, le , sous le nom de régiment d’Eu.
Richelieu le nomme colonel et il participe au siège de La Mothe en 1634, où ses états de service lui valent une promotion au grade de maréchal de camp le . Après avoir participé à diverses campagnes en Lorraine, sur le Rhin et dans les Flandres, il s’empare notamment de Saverne en 1636, où il manque de perdre un bras, et de Landrecies en 1637. Il dirige l’assaut sur la puissante forteresse de Vieux-Brisach en 1638 et obtient sa capitulation le 17 décembre.
Sa réputation allant croissant, il sert en Italie de 1639 à 1641 sous le commandement d’Henri de Lorraine-Harcourt et s’y illustre à plusieurs reprises, puis participe, comme commandant en second, à la conquête du Roussillon en 1642. Il est nommé lieutenant général des armées du roi le , mais Louis XIII disparaît le , et c’est Anne d’Autriche, régente de France, qui le fait maréchal de France, le 19 décembre. Turenne n’a alors que 32 ans. Il est envoyé en Alsace où les armées françaises sont en position délicate. Empruntant sur ses deniers, il réorganise l’armée et traverse le Rhin au mois de juin 1644 avant d’opérer sa jonction avec les forces de Condé, qui prend le commandement. Il participe aux sièges de Mayence et de Philippsburg et aux batailles de Fribourg (1644) et Nördlingen (1645) aux côtés de Condé. Celui-ci reparti, il mène ensuite avec ses alliés suédois une campagne décisive qui se termine par la victoire de Zusmarshausen le et son armée dévaste la Bavière. Les traités de Westphalie sont signés peu après et mettent fin à la guerre de Trente Ans.
Un temps passé du côté des Frondeurs, il échappe à l’arrestation dont sont victimes d’autres princes (dont Condé) et cherche l’aide des Espagnols. Il connaît à cette occasion un revers en étant vaincu lors de la bataille de Rethel le . Après la libération des princes, il se réconcilie avec Mazarin et obtient le commandement des armées royales lorsque Condé se révolte à nouveau. Après l’indécise bataille de Bléneau le , il bat l’armée espagnole commandée par Condé à la bataille du faubourg Saint-Antoine le et réoccupe Paris le , obtenant définitivement le pardon de Louis XIV. Poursuivant la lutte contre Condé et les Espagnols, il les bat à Arras le mais il est, à son tour, sévèrement battu à la bataille de Valenciennes le . Il remporte néanmoins la décisive victoire des Dunes, près de Dunkerque, le , et le traité des Pyrénées signé l’année suivante met fin à la guerre franco-espagnole.
Nommé maréchal général des camps et armées du roi le , il dirige, durant la guerre de Dévolution, l’armée française qui envahit la Flandre et s’empare de plusieurs villes.
En 1672, il est nommé capitaine général par Louis XIV. Durant la guerre de Hollande, battu par les Impériaux de Raimondo Montecuccoli, il est obligé de repasser le Rhin en 1673. Il prend sa revanche le , à la bataille de Sinsheim, où il empêche la jonction des deux armées ennemies. Un mois plus tard, il ordonne le ravage du Palatinat. Il vainc à nouveau les Impériaux en Alsace à la bataille d’Entzheim en , mais devant la disproportion des forces, il se replie sur Saverne et Haguenau, laissant les Allemands prendre leurs quartiers d’hiver en Alsace.
En plein hiver il fond sur Belfort le , entre dans Mulhouse le 29. Les Impériaux sont basés à Turckheim, dans une vallée des Vosges (côté alsacien). Sa stratégie consiste à surprendre l’ennemi en attaquant par la montagne. Il monte au-dessus de la ville de Thann, passe à côté du château de l’Engelburg (qui n’a pas encore été détruit par Louis XIV), et établit son camp à l’endroit encore dénommé aujourd’hui « camp Turenne ». Puis son armée longe la crête et, arrivée au-dessus du camp adverse le , déboule dans la vallée et prend l’adversaire par surprise qui est mis en fuite.
Les Impériaux sont contraints de battre en retraite et de repasser le Rhin. Louis XIV donne de nouveau à Turenne le commandement de la campagne de 1675, où il se trouve de nouveau face à Montecuccoli. Pendant deux mois, tous deux déploient leurs dons de manœuvriers. Lors de la bataille de Salzbach, enfin Turenne est sur le point d’amener son adversaire sur les positions qu’il juge souhaitables pour une bataille décisive, lorsqu’il est tué par un boulet de canon le . Raimondo Montecuccoli se serait alors écrié : « Il est mort aujourd’hui un homme qui faisait honneur à l’Homme ! ». Selon les mémorialistes du temps, la France entière le pleure, et le peuple rassemblé sur les routes honore « le bon Monsieur de Turenne » lors du passage du convoi funèbre vers Paris. Son oraison funèbre fut prononcée par Fléchier en l’église Saint-Eustache.

11 septembre 1697 : bataille de Zenta (actuelle Serbie).
La bataille de Zenta eut lieu le juste au sud de la ville, en Hongrie, sur la rive orientale de la Tisza. Ce fut une bataille décisive de la cinquième guerre austro-turque ainsi que l’une des pires défaites jamais infligées à l’Empire ottoman. Cette victoire des Habsbourg fut la dernière étape qui força l’Empire ottoman à signer le traité de Karlowitz, en 1699, qui mit fin à la domination turque sur la Hongrie.
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Après le sauvetage de Vienne à la bataille du Kahlenberg en 1683, les Habsbourg, héritiers de la couronne de Hongrie, peuvent mener une politique offensive dans la plaine hongroise. Ainsi, en 1688, Belgrade ainsi que la plus grande partie de la plaine de Pannonie est occupée par les Habsbourg. Mais la guerre de la Ligue d’Augsbourg contre la France distraient de plus en plus de troupes du théâtre danubien et le nouveau grand vizir réorganise l’armée ottomane, entraînant la fin de la succession des succès autrichiens. Belgrade est reprise par les Turcs en 1690 et la campagne militaire de l’année suivante est relativement indécise.
Après une longue période sans mouvements de grande envergure, le sultan Mustafa II, qui vient alors d’accéder au pouvoir, semble vouloir reprendre l’offensive. Eugène de Savoie-Carignan est alors mis à la tête de l’armée du front oriental dans ce qui était son premier commandement indépendant. Ce commandement inaugure la première d’une série de campagnes victorieuses pour le Prince Eugène.
De plus, la fin de la guerre avec la France permet un redéploiement des forces militaires impériales contre l’Empire ottoman. Dans le même temps, Louis XIV modifie sa politique en Europe, abandonnant les Malcontents hongrois, les alliances de revers avec les Ottomans ou les Suédois contre les Habsbourg.
Dans le même temps, les problèmes de commandement au sein des troupes impériales se résolvent : Louis de Bade, Türkenlouis, n’exerce plus de commandement en Hongrie, tandis que l’incapable Frédéric-Auguste de Saxe est remplacé à la faveur de son élection au trône de Pologne.
En dépit de retours offensifs en Hongrie, le redressement ottoman du début des années 1690 semble compromis par les succès russes à Azov.
Le Prince Eugène, acteur des choix stratégiques opérés à partir du début des années 1690 par les Habsbourg d’Autriche, est nommé commandant en chef de l’armée de Hongrie le , dans le contexte du départ de l’électeur de Saxe.
Son armée compte alors en tout 70 000 hommes mais seulement la moitié de ces effectifs se révèlent prêts à se battre. Comme le trésor de guerre est vide, Eugène doit emprunter de l’argent pour payer les soldes et créer un service médical fonctionnel. Grâce au palatin Paul Esterházy, l’armée des Habsbourg se renforce de 10 000 combattants hongrois, tandis que la Milice serbe, soit 10 000 hommes dont une majorité de cavaliers sous les ordres de Jovan Popovic, se joignent également aux forces d’Eugène.
Quand arrive la nouvelle que le sultan et son armée se trouvent à Belgrade, Eugène décide de rassembler toutes ses troupes disponibles en Hongrie et en Transylvanie et les fait avancer en direction de Petrovaradin, ayant désormais une armée de plus de 50 000 hommes pour faire face aux Ottomans. Le , dans le village de Kolut, Eugène passe ses forces en revue avant de poursuivre son avance sur Petrovaradin en passant par Sombor. Durant le mois d’août, Eugène propose la bataille dans les alentours de la forteresse de Petrovaradin mais les Ottomans, qui tentent d’y mettre le siège, refusent la bataille. Au mois de septembre, les Ottomans font mouvement vers le nord dans le but de prendre la forteresse de Szeged, suivis par l’armée impériale.
Après la capture de Djafer Pacha par la cavalerie impériale, le projet de siège de Szeged est abandonné ; le sultan décide de prendre ses quartiers d’hiver près de Timişoara. À cette nouvelle, Eugène décide de forcer les Ottomans à livrer bataille.
Le , l’armée ottomane tente de passer à gué la rivière Tisza près de Zenta, sans savoir que l’armée impériale se trouvait dans une zone toute proche. Jovan Popović Tekelija le découvre et en informe le Prince Eugène qui se trouve alors en mesure d’attaquer par surprise les Ottomans en plein franchissement de la rivière. Après un bombardement d’artillerie intensif, les régiments de dragons impériaux démontent et avancent à pied vers les fossés entourant le camp ottoman, échangeant des coups de feu avec l’ennemi. Les troupes ottomanes derrière les retranchements battent alors en retraite dans une grande confusion vers le pont, très vite encombré. L’artillerie autrichienne prend pour cible ces troupes, faisant un massacre. Le flanc droit de l’armée impériale attaque, s’infiltrant entre le flanc gauche des Ottomans et le pont, coupant ainsi leur retraite. Dans le même temps, les forces impériales attaquent de front et, après un féroce corps à corps, franchissent les tranchées entourant le camp ottoman. À l’intérieur du camp, au milieu du train de provisions, les soldats impériaux poursuivent leur attaque implacablement et environ 20 000 Ottomans sont tués sur le champ de bataille alors que 10 000 autres se noient dans la Tisza.
La bataille constitue une victoire totale pour les Autrichiens ; au prix de pertes minimes (environ 500 morts), ils ont infligé la perte de 30 000 hommes aux Ottomans et capturé le harem du sultan, 87 canons et les coffres du trésor royal. L’armée ottomane est alors dispersée et les Impériaux envahissent la Bosnie sans rencontrer la moindre résistance.
La riche ville de Sarajevo, pratiquement sans défense, est une proie tentante pour les Autrichiens. Les habitants font l’erreur de refuser l’accès aux musulmans de la région fuyant l’invasion, puis de tuer les émissaires autrichiens. Les Impériaux pillent la ville de fond en comble, puis l’incendient. Les musulmans sont emmenés en esclavage et la minorité chrétienne de la ville, par crainte des représailles, s’enfuit en territoire autrichien. Seul le château, défendu par la garnison ottomane, est épargné.
Par le traité de Karlowitz de 1699, le sultan Mustafa II doit céder à l’empereur Léopold la Transylvanie ainsi que les provinces ottomanes de Buda, d’Eger et de Kanizsa, qui deviennent ou sont intégrées aux provinces des Habsbourg connues sous le nom de principauté de Transylvanie, royaume de Hongrie, royaume de Slavonie et Confins militaires.

11 septembre 1709 : bataille de Malplaquet (guerre de succession d’Espagne).
La bataille de Malplaquet eut lieu le au cours de la guerre de Succession d’Espagne au sud de Mons dans les Pays-Bas espagnols (sur le territoire de l’actuelle commune de Taisnières-sur-Hon en France). Les forces commandées par le général John Churchill, duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie, essentiellement autrichiennes et néerlandaises, affrontèrent les Français commandés par le maréchal de Villars. L’armée de Marlborough conquiert le terrain. L’armée française, fit retraite avec toute son artillerie et en conservant sa cohésion, préservant ainsi le Royaume de France d’une invasion. Mons, privée de secours, capitulera le 20 octobre.
La situation désespérée de la France sur le plan militaire et économique après les défaites et 7 années de guerre, est accentuée par un déclin économique (départ forcé des industrieux huguenots) et un hiver rigoureux, où des centaines de milliers de Français périssent (le Grand hiver de 1709).
Le peuple désire la paix et une partie de la Cour soutient ce parti. Les termes préliminaires ont néanmoins été repoussés par Louis XIV, en raison des conditions inacceptables posées par les coalisés. Au mois de juin 1709, le vieux roi adresse un appel à son peuple, pour l’exhorter à un dernier effort, dans le but d’obtenir une paix honorable.
Le peuple se joint à son monarque et se scandalise des termes proposés par les Alliés. En province, les intendants rivalisent de zèle pour approvisionner l’armée. De nombreux jeunes gens s’engagent et refusent parfois les primes d’engagement. De riches bourgeoises donnent de l’argent pour équiper les soldats. Abattue après les défaites de Ramilies et d’Audenarde, l’armée des Flandres retrouve l’espoir et le moral grâce à son énergique commandant, le maréchal de Villars. Arrivé à la mi-mars 1709, Villars s’attèle à réconforter ses hommes, à améliorer le ravitaillement, et à construire une série de lignes défensives, et de camps retranchés entre Douai et Saint-Venant.
Les coalisés cherchent à exploiter l’avantage obtenu l’année précédente grâce à la bataille d’Audenarde et la prise de Lille. De leur côté les Français tentent timidement de soutenir Mons assiégée, après la chute prématurée de Tournai fin juillet 1709.
Les forces des coalisés, 86 000 hommes et 100 canons surtout formés d’éléments autrichiens et néerlandais commandés conjointement par le duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie, s’opposent à l’armée franco-bavaroise des maréchaux Villars et Boufflers, forte de 75 000 hommes et de 80 canons. L’artillerie est commandée par Saint-Hilaire. Les deux armées se mettent en position face à face, à portée de canon. Le 11 septembre 1709 à 09 h 00 du matin, Eugène de Savoie, avec l’appui du régiment prussien du comte von Finckenstein, amorce une offensive sur l’aile gauche française. Il y a massé 83 bataillons et n’en laisse que 30 face à l’aile droite française qui, elle, en compte 70. L’idée directrice de ce plan est de forcer Villars à engager ses réserves et ainsi à affaiblir son centre ; mais le maréchal français fait au contraire glisser sa première ligne, esquissant un demi-repli.
Sur l’autre aile (droite), les cuirassiers du prince Jean-Guillaume d’Orange chargent une heure plus tard, et au prix de lourdes pertes parviennent à fixer les régiments du duc de Boufflers.
Marlborough et le prince Eugène redoublent leur attaque sur l’aile gauche des Français, cette fois avec l’appui du régiment du général Withers, contraignant Villars à dégarnir le centre pour les contrer. Vers 13 h 00, le maréchal de Villars, blessé au genou par une balle de mousquet, doit être évacué et confie l’intégralité du commandement au maréchal de Boufflers.
Lorsque l’infanterie britannique commandée par le comte Hamilton passe à l’attaque sur le centre français affaibli, elle emporte toute la ligne de redents, derrière laquelle se trouvent encore les escadrons de cavalerie de la Maison du roi, sous le commandement de Guillaume François Gibert de Lhène, capitaine des Chevau-Légers. Le maréchal de Boufflers prend lui-même le commandement du centre français. Par six fois, la cavalerie du prince de Hesse-Cassel passe cette ligne et relance son attaque, mais elle se fait repousser par la cavalerie française qui, à son tour, se trouve bloquée par les tirs de couverture des fusiliers britanniques, installés sur l’ancienne position française.
Vers 15 h 00, les deux camps renoncent à relancer une nouvelle attaque, et Boufflers réalise qu’il lui faudra un bain de sang pour, peut-être, reprendre le terrain perdu : il préfère ordonner le repli. Les pertes coalisées se situent, selon la quasi-totalité des historiens, entre une fois et demie et deux fois les pertes françaises.
« Les pertes sont lourdes : quelque 10 000 hommes du côté français, au moins 15 000 du côté des coalisés. Quincy met l’accent sur la faiblesse du centre et l’inutilisation de plusieurs brigades de l’aile droite qui n’ont pas combattu. » (Jean-Pierre Le Flem, Dictionnaire Perrin des guerres et des batailles de l’histoire de France).
L’armée française se replie en bon ordre sur Bavay et Valenciennes et bloque toujours la route aux alliés qui renoncent à envahir la France. Ils prennent toutefois Mons, qui capitule le 20 octobre 1709, n’ayant pu être secourue par les Français.
Bien qu’ils restent maîtres du terrain au soir de la bataille, les alliés ont subi de telles pertes qu’ils ne peuvent poursuivre l’invasion de la France. C’est donc une victoire stratégique française. Villars informa Louis XIV en ces termes : « Si Dieu nous fait la grâce de perdre encore une pareille bataille, Votre Majesté peut compter que ses ennemis sont détruits ».
Les opérations sur ce front reprendront en 1710 dans la région de Douai.
Cette bataille, la plus sanglante de la guerre de Succession d’Espagne, frappe les esprits dans toute l’Europe ; l’étendue des pertes fournira la matière à la rumeur de la mort de Marlborough. Elle renforce le camp de la paix, déjà stimulé par la durée et les frais de la guerre. En 1710, le gouvernement britannique passe aux Tories, qui cherchent une paix avantageuse aux intérêts anglais.
Ce bilan donne à l’armée française un répit, permettant à la France de se maintenir dans le conflit jusqu’à la victoire de Denain, de négocier le traité d’Utrecht et de terminer la guerre dans une position avantageuse.
NOTA : La bataille frappe les esprits dans toute l’Europe par son ampleur et alimente en Grande-Bretagne le camp de la paix, déjà porté par la lassitude et le coût de huit années de guerre : le basculement du gouvernement britannique vers les Tories en 1710 en est la conséquence directe. Ce répit permettra à la France de tenir jusqu’à la victoire de Denain, en 1712, et de négocier le traité d’Utrecht en position moins défavorable qu’on ne pouvait le craindre après 1709.


11 septembre 1814 : création du 3e régiment du génie (Grenoble).
Le 3e régiment du génie, ou 3e RG, est constitué sous la première Restauration. Plus ancien régiment de l’arme, ce régiment est implanté à Charleville-Mézières et appartient à la 7e brigade blindée (située à Besançon) de la 1ère division de l’armée de Terre.
Le 3e RG a été créé à Grenoble le 11 septembre 1814. Après avoir passé de nombreuses années à Arras, le régiment s’installe en 1947 à Mézières, où fût jadis créée l’école royale du génie.
Les neuf batailles inscrites dans les plis de son drapeau (décoré de la Croix de guerre 1939-1945) témoignent de ce passé prestigieux : Château de Morée 1828, Alger 1830, Constantine 1837, Sébastopol 1854-1855, l’Extrême-Orient 1884-1885, Verdun – l’Aisne 1916-1917, la Somme 1916, les Flandres 1918, l’Italie 1943-44.
Entre octobre 2014 et juin 2015, 570 sapeurs du régiment ont été projetés en opération extérieure : République de Centre Afrique dans le cadre de l’opération SANGARIS, en République de Côte d’Ivoire, au Mali ainsi qu’en Guyane dans le cadre de l’opération HARPIE et en Polynésie Française. Depuis janvier 2015 le régiment est engagé sur le territoire métropolitain au quotidien dans le cadre de la mission SENTINELLE.
Enfin, le régiment sort de son cycle de projection régimentaire (octobre 2018 – mars 2019) :
- 1re compagnie de combat du génie et le CDC : BARKHANE ;
- 2e compagnie de combat du génie : RCI ;
- 3e compagnie de combat du génie : Guyane.
Sa devise, « Ardennes, tiens ferme ! », traduit la volonté d’inscrire concrètement son action sur le terrain mais aussi l’attachement de ce régiment au territoire des Ardennes, profondément marqué par l’histoire
Missions
La nature de ses missions est :
- Appui au combat : appui à la mobilité tactique (aide à la progression des unités de mêlée en ouvrant les itinéraires, en déminant les zones à risques, en construisant des ponts, des plates-formes pour l’installation de postes de commandement et d’unités, en produisant de l’énergie ou de l’eau potable…),
- Appui à la contre mobilité (construction ou mise en place d’obstacles pour contraindre la progression ennemie), appui direct au combat (y compris en zone urbaine), aide au déploiement d’urgence.
Le régiment sert aussi d’appui général en facilitant la projection et le retrait d’une force et préservant sa liberté d’action et sa capacité opérationnelle. Il aide également à remplir d’autres conditions de succès d’une mission (aide au déploiement, appui aux déplacements stratégiques et opératifs…).
Il dispose également de sections spécialisées comme les plongeurs de combat du génie et le groupe régional d’intervention NEDEX (GRIN Groupe Régional d’Intervention) qui est particulièrement employé dans une zone fortement marquée par la Première Guerre mondiale.
Composition
Le 3e régiment du génie compte près de 900 hommes répartis en 7 compagnies :
- 1 compagnie de commandement et de logistique,
- 4 compagnies de combat,
- 1 compagnie d’appui,
- 1 compagnie de réserve.
Matériel
Bénéficiant d’une plateforme d’entraînement complète et dédiée pour l’entrainement au combat en zone urbaine, le 3e régiment du génie se spécialise dans ce domaine. La plateforme est composée :
- d’un PERFOR (parcours élémentaire réduit pour le franchissement et l’organisation de la reconnaissance) construit par la compagnie d’appui du régiment ;
- du complexe ACIER (Ardennes complexe interservices entrainement à la réalité).
Infrastructure unique en France, le complexe ACIER a été conçu en relation avec le SDIS, Service Départemental d’Incendie et de Secours, des Ardennes et financé par le conseil départemental pour l’entrainement des forces terrestres et de sécurité en milieu urbain.
La plateforme bénéficie d’un ensemble d’équipements adaptables, performants et efficaces pour l’entraînement au combat en zone urbaine, notamment en milieu clos : appartement modulable, réseau suburbain, travaux de cordage.
Source : MinArm

11 septembre 1855 : naissance d’Émilie Driant (alias Capitaine Danrit), officier, écrivain et député.
Émile-Augustin-Cyprien Driant, connu en littérature sous le pseudonyme de capitaine Danrit, est né le 11 septembre 1855 à Neufchâtel-sur-Aisne, dans le département de l’Aisne. Officier de carrière, écrivain populaire, député de Meurthe-et-Moselle et combattant de la Première Guerre mondiale, il a mené successivement ou simultanément une carrière militaire, littéraire et politique. Il meurt le 22 février 1916 au bois des Caures, au début de la bataille de Verdun, alors qu’il commande un groupement de bataillons de chasseurs à pied.
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Son parcours appartient à une génération d’officiers formée après la défaite française de 1870-1871. Ses romans d’anticipation, centrés sur les conflits futurs, les innovations militaires et la préparation de la Nation à la guerre, lui assurent une importante notoriété avant 1914. Son activité parlementaire est principalement consacrée aux questions militaires. À la mobilisation, il demande à reprendre du service malgré son âge et son statut de député. Il est tué à la tête de ses hommes après avoir participé à la défense du bois des Caures.
Une formation militaire après la défaite de 1870
Émile Driant grandit dans le contexte politique et moral de la jeune Troisième République. Comme beaucoup de jeunes Français de sa génération, il est marqué par la défaite de Sedan, la perte de l’Alsace-Lorraine et l’occupation d’une partie du territoire national. Cette expérience contribue à orienter son choix professionnel vers l’armée.
Après ses études au lycée de Reims, il entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1875. Il en sort en 1877 avec le grade de sous-lieutenant et rejoint le 54e régiment d’infanterie. Il y devient lieutenant avant d’être affecté, en 1882, au 4e régiment de zouaves en Tunisie. Il sert alors dans une armée française engagée dans la consolidation de son implantation nord-africaine.
En 1884, Driant est nommé officier d’ordonnance du général commandant la division d’occupation en Tunisie. Il exerce également les fonctions d’officier d’ordonnance auprès du général Georges Boulanger, alors ministre de la Guerre. Cette relation joue un rôle important dans sa vie personnelle : Émile Driant épouse Marcelle Boulanger, la fille cadette du général.
Après la crise politique du boulangisme, il retourne au 4e régiment de zouaves en Tunisie, où il reste jusqu’en 1892. Il revient ensuite en métropole et devient capitaine instructeur à Saint-Cyr entre 1892 et 1896. Cette fonction lui permet d’enseigner la pratique militaire et de transmettre sa conception de la préparation des officiers et des soldats.
En 1898, il est promu chef de bataillon et affecté au 1er bataillon de chasseurs à pied. Sa carrière progresse cependant moins rapidement qu’il ne l’avait espéré. Son attitude dans l’Affaire des fiches, qui oppose au début du XXe siècle les milieux républicains et anticléricaux à une partie du corps des officiers, contribue à son départ de l’armée. En 1905-1906, alors qu’il est chef de bataillon, il demande sa mise à la retraite et quitte le service actif.
Émile Driant commence à publier alors qu’il est encore officier. Il utilise le pseudonyme de Danrit, anagramme de son nom. L’emploi d’un pseudonyme lui permet de contourner les restrictions qui pèsent sur l’expression publique des militaires et de distinguer son activité littéraire de ses fonctions dans l’armée.
Son premier grand cycle romanesque est La Guerre de demain, publié à partir de la fin des années 1880 et au début des années 1890. L’ensemble comprend notamment La Guerre de forteresse, La Guerre en rase campagne et La Guerre en ballons. Le cycle imagine un affrontement futur entre la France et l’Allemagne et associe récit d’aventures, réflexion militaire et vulgarisation technique.
Driant s’inscrit dans le prolongement de la littérature d’anticipation popularisée par Jules Verne, mais son approche est différente. Chez lui, les inventions ne constituent pas seulement des instruments d’exploration ou de découverte : elles sont d’abord des moyens de reconnaissance, de transport ou de destruction. Les ballons, les dirigeables, les avions, les sous-marins, les transmissions et les nouvelles armes occupent une place centrale dans ses récits.
Son œuvre s’adresse principalement à la jeunesse. Les intrigues mettent en scène des soldats, des familles liées au service militaire et des personnages confrontés à des conflits imaginaires. Les romans cherchent à divertir, mais aussi à transmettre des connaissances sur l’armée et les techniques de guerre.
Parmi ses ouvrages figurent notamment :
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La Guerre de demain ;
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L’Invasion noire ;
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La Guerre fatale ;
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Histoire d’une famille de soldats ;
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Petit Marsouin ;
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Filleuls de Napoléon ;
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Vers un nouveau Sedan ;
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Robinsons sous-marins ;
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Robinsons de l’air ;
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L’Alerte ;
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L’Aviateur du Pacifique ;
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Au-dessus du Continent noir ;
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Un dirigeable au pôle Nord ;
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La Grève de demain ;
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La Révolution de demain.
La Bibliothèque nationale de France conserve plusieurs éditions de ses livres sous le nom de Danrit ou sous celui d’Émile-Cyprien Driant. Guerre maritime et sous-marine, publié en 1908, est ainsi catalogué comme une œuvre d’Émile-Cyprien Driant publiée sous le nom de capitaine Danrit. De même, Petit Marsouin, appartenant au cycle Histoire d’une famille de soldats, est attribué à Driant.
Une littérature marquée par la revanche et la technique
Les romans de Danrit reflètent l’état d’esprit d’une partie de la société française avant 1914. Ils sont marqués par le souvenir de la défaite de 1870, par la crainte de la puissance allemande et par l’idée que la préparation militaire conditionne la sécurité du pays. Le thème de la revanche est présent, même si l’œuvre ne se réduit pas à un discours politique.
Dans La Guerre de demain, l’auteur imagine les différentes formes que pourrait prendre une guerre moderne. Il s’intéresse à la fortification, aux combats en rase campagne et à l’utilisation des moyens aériens. Dans La Guerre fatale et Robinsons sous-marins, il explore les possibilités du sous-marin et de la guerre maritime. Dans ses romans aéronautiques, il suit le passage progressif du ballon dirigeable à l’aéroplane.
Driant s’appuie souvent sur des prototypes ou sur des innovations déjà discutées par les ingénieurs et les militaires de son temps. Ses anticipations ne relèvent donc pas toujours d’une invention entièrement imaginaire. Elles prolongent fréquemment des techniques existantes en essayant d’en prévoir les applications militaires. L’auteur s’intéresse par exemple à l’observation aérienne, aux liaisons, au transport de troupes et aux opérations conduites à partir d’appareils volants.
Certaines de ses intuitions paraissent rétrospectivement remarquables. Il évoque l’importance future de l’aviation dans la guerre, les bombardements de villes par des dirigeables et le rôle des armes chimiques ou biologiques. Il ne prévoit toutefois pas tous les aspects de la guerre de 1914-1918. Comme la plupart des observateurs de son époque, il imagine plutôt un conflit rapide décidé par une grande bataille initiale qu’une guerre longue de tranchées et d’usure.
Cette dimension technique contribue à son succès auprès du public. Ses livres sont publiés sous différentes formes, notamment en volumes illustrés et en éditions destinées aux livres d’étrennes. Ils circulent largement dans les familles et les établissements scolaires. Son œuvre lui vaut également une reconnaissance littéraire officielle avec le couronnement de La Guerre de demain par l’Académie française, selon la notice biographique de l’Assemblée nationale.
Le départ de l’armée et l’entrée en politique
Après son départ de l’armée, Driant s’engage dans la vie politique. Il se présente en 1906 dans la circonscription de Pontoise sous l’étiquette de l’Action libérale, mais il est battu au second tour. Il est ensuite élu député de la troisième circonscription de Nancy en 1910. Il conserve son siège lors des élections législatives de 1914. Il représente la Meurthe-et-Moselle jusqu’à sa mort.
À la Chambre des députés, son expérience militaire détermine largement ses domaines d’intervention. Il siège notamment dans des commissions liées aux questions de défense et dépose des propositions ou rapports sur le recrutement, les incorporations, les cadres, les promotions et l’avancement dans l’armée.
Ses interventions portent également sur :
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l’organisation du haut commandement ;
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la situation militaire en Tunisie et au Maroc ;
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les effectifs de l’infanterie ;
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la durée du service militaire ;
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la situation matérielle des officiers et des sous-officiers ;
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les conditions de préparation de l’armée.
Driant défend une armée suffisamment nombreuse, correctement équipée et dirigée par une organisation adaptée aux évolutions de la guerre. Ses prises de position s’inscrivent dans une période de tensions croissantes en Europe, alors que les rivalités franco-allemandes, les crises internationales et la course aux armements alimentent les débats parlementaires.
Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il continue brièvement à exercer son mandat, mais ses interventions à la Chambre deviennent plus rares. En 1915, il est rapporteur d’une proposition de loi qui aboutit à la création de la Croix de guerre. Il participe également aux discussions sur la reconnaissance de la valeur militaire des combattants.
Le retour au front en 1914
Lorsque la guerre éclate en août 1914, Émile Driant a 58 ans et n’est plus soumis aux obligations normales du service actif. Son âge, son mandat parlementaire et sa radiation des contrôles de l’armée auraient pu le maintenir à l’arrière. Il demande pourtant au ministre de la Guerre, Adolphe Messimy, l’autorisation de reprendre du service.
Dans les premiers jours du conflit, il rejoint le front et reçoit le commandement du 1er bataillon de chasseurs à pied. Sa conduite au combat lui vaut la rosette d’officier de la Légion d’honneur. Il prend ensuite le commandement d’un groupement formé par les 56e et 59e bataillons de chasseurs à pied. Il est promu lieutenant-colonel à titre définitif le 28 mai 1915.
Ses responsabilités militaires ne l’empêchent pas de conserver une attention particulière aux questions de défense. À l’approche de l’offensive allemande contre Verdun, il alerte des responsables politiques et militaires sur la faiblesse des moyens disponibles dans le secteur. Il s’inquiète notamment de l’insuffisance des effectifs et du matériel. Ces avertissements ne sont pas suffisamment pris en compte dans les conditions qui précèdent l’offensive allemande.
La mort au bois des Caures
Le 21 février 1916, l’armée allemande déclenche son offensive contre Verdun. Le bois des Caures, situé au nord de la place forte, constitue l’une des positions françaises avancées. Le secteur est défendu par les chasseurs commandés par le lieutenant-colonel Driant.
Les 56e et 59e bataillons de chasseurs à pied résistent au bombardement et aux attaques allemandes pendant plus de 24 heures. Cette résistance permet aux renforts français d’arriver et contribue au maintien de la ligne de front. Les unités combattent dans des conditions très difficiles, avec des effectifs réduits et sous la pression d’une offensive préparée par une importante concentration d’artillerie.
Le 22 février, après une nouvelle phase de combats, Driant donne l’ordre de repli. Il est atteint à la tempe alors qu’il tente de rejoindre ses hommes et meurt au bois des Caures, sur le territoire de la commune de Beaumont-en-Verdunois. Il a soixante ans.
Dans les jours qui suivent, l’incertitude entoure les circonstances exactes de sa disparition. Sa mort est finalement établie et provoque un retentissement important en France. Le public connaît alors moins le député que l’écrivain Danrit, dont les romans ont accompagné plusieurs générations de lecteurs. L’Assemblée nationale rappelle que son éloge funèbre est prononcé par le président Paul Deschanel le 7 avril 1916.
Les restes de Driant sont inhumés le 21 octobre 1922 au pied du monument consacré aux 56e et 59e bataillons de chasseurs, avec ceux de treize chasseurs inconnus. Le lieu entretient depuis lors la mémoire du lieutenant-colonel et des soldats placés sous ses ordres.
NOTA : Émile Driant occupe une place particulière dans l’histoire française du début du XXe siècle. Il n’est pas seulement un officier mort à Verdun, ni uniquement un auteur de romans patriotiques. Son itinéraire associe la culture militaire de la période postérieure à 1870, l’essor de la littérature d’anticipation et l’intervention d’anciens officiers dans le débat politique. Sous le nom de Danrit, il a contribué à diffuser auprès de la jeunesse une représentation de la guerre fondée sur la discipline, la préparation et l’innovation technique. Ses romans expriment les préoccupations de leur époque : la menace allemande, le rôle de la science, l’importance des transmissions, le développement de l’aviation et des sous-marins, ainsi que la nécessité d’adapter l’armée aux transformations technologiques.

11 septembre 1906 : le serment du Satyagraha à Johannesburg.
Plus de 3 000 Indiens du Transvaal, réunis à l’Empire Theatre de Johannesburg à l’appel de Mohandas Gandhi, jurent collectivement de désobéir à une loi de recensement qu’ils jugent humiliante, quitte à choisir la prison. C’est, sur le sol africain, l’acte de naissance de la résistance civile organisée qui portera plus tard le nom de désobéissance civile de masse.
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En août 1906, le gouvernement du Transvaal (colonie britannique depuis la fin de la seconde guerre des Boers) adopte l’ordonnance sur l’enregistrement des Asiatiques, restée dans la mémoire sud-africaine sous le nom de Black Act. Elle impose à tout Indien, homme, femme ou enfant de plus de huit ans, de se faire enregistrer, de fournir ses empreintes digitales et de porter en permanence un certificat, sous peine d’amende ou de prison ; elle restreint en outre l’immigration indienne future dans la colonie.
Mohandas Karamchand Gandhi, avocat formé à Londres, installé au Natal depuis 1893 puis au Transvaal, dirige depuis plusieurs années l’organisation de la minorité indienne de la colonie. Les voies de recours légales ayant été épuisées sans résultat, il convoque une réunion publique.
La réunion du 11 septembre
Le 11 septembre 1906 à 14 h 00, plus de 3 000 personnes (Indiens hindous et musulmans, ainsi que des représentants de la communauté chinoise du Transvaal, également visée par des textes voisins) se rassemblent à l’Empire Theatre de Johannesburg, sous la présidence d’Abdul Gani. 5 résolutions sont adoptées, dont la 4e engage solennellement chaque participant à refuser l’enregistrement, quelles qu’en soient les conséquences, plutôt que de se soumettre à une loi jugée contraire à la dignité humaine.
C’est ce serment collectif qui constitue l’acte fondateur. Gandhi qualifiera plus tard ce moment de point de départ d’une méthode qu’il baptisera satyagraha (littéralement, la force de la vérité), terme qu’il forgera spécifiquement pour la distinguer de la « résistance passive » anglo-saxonne, dont il jugeait la connotation trop proche de la faiblesse ou de la lâcheté.
L’engagement n’est pas resté théorique. Le gouvernement du Transvaal, malgré un compromis provisoire négocié avec le général Jan Smuts, ne renonce pas à la loi. Une campagne de résistance de huit années s’ensuit : refus massif de l’enregistrement, incendie public de certificats en 1908, grèves de mineurs et marches de protestation en 1913, emprisonnements répétés de Gandhi lui-même. Elle aboutit à un compromis partiel avec les autorités sud-africaines en 1914, année où Gandhi quitte définitivement l’Afrique du Sud pour l’Inde.
NOTA : La méthode mise au point à Johannesburg sera ensuite exportée, à une tout autre échelle, dans la lutte pour l’indépendance indienne (désobéissance aux lois du sel en 1930, campagnes de non-coopération des années 1920 et 1940) avant d’influencer, bien après la mort de Gandhi en 1948, des mouvements de résistance civile sur d’autres continents.
11 septembre 1917 : mort du capitaine Georges Guynemer (Poelkapelle – Belgique).
Fils d’un Saint-Cyrien, Guynemer veut s’engager dans l’armée de Terre lorsqu’éclate la guerre. L’armée de Terre le refuse, le jugeant physiquement trop fragile, alors il postule pour un poste de mécanicien avion. En persévérant, il devient pilote et acquiert bientôt une belle maîtrise du vol. Remarqué pour son courage, son sang-froid et surtout ses qualités chevaleresques en combat aérien, il est promu lieutenant en février 1916. Nommé capitaine début 1917, il prend le commandement de la prestigieuse escadrille des Cigognes.
Le jour de sa mort, il totalise 53 victoires aériennes homologuées. Nombreux sont les ennemis qu’il a épargnés lors de duels aériens, à lui rendre les honneurs lorsqu’ils apprennent sa mort (dont les circonstances demeurent obscures). Il fait partie des pilotes* qui utilisèrent les « fusées-torpilles » inventées par le lieutenant-de-vaisseau Yves Le Prieur (ancêtres des roquettes sur aéronefs) pour détruire les Drachen et les Zeppelin.
* Parmi lesquels : Charles Nungesser, Jean Navarre, Henri Guiguet, Willy Coppens, Albert Ball, Norman Prince…

11 septembre 1922 : coup d’État militaire en Grèce.
Au lendemain du désastre grec en Asie Mineure, des officiers révoltés débarquent à Athènes et contraignent le roi Constantin Ier à abdiquer. C’est la fin de la « Grande Idée » grecque de restauration d’un empire byzantin, et l’ouverture d’un échange de population qui redessine la carte ethnique de l’Anatolie et des Balkans.
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L’armée grecque, engagée depuis 1919 dans une offensive en Anatolie occidentale destinée à annexer la région de Smyrne et à réaliser le vieux projet de reconquête byzantine, s’effondre à l’été 1922 devant la contre-offensive turque conduite par Mustafa Kemal. Smyrne est reprise le 9 septembre 1922 dans des conditions dramatiques ; incendies et massacres de la population grecque et arménienne de la ville.
Le 11 septembre, des officiers grecs, les colonels Nikolaos Plastiras et Stylianos Gonatas en tête, débarquent avec leurs troupes sur l’île de Chios puis à Athènes et exigent la démission du gouvernement royaliste, tenu pour responsable du désastre. Le roi Constantin Ier abdique le 27 septembre en faveur de son fils Georges II ; six anciens ministres et le commandant en chef de l’armée d’Asie Mineure seront jugés et exécutés en novembre 1922 lors du « procès des Six ».
Le traité de Lausanne, signé en 1923, organise un échange de population obligatoire entre la Grèce et la Turquie concernant environ un million et demi de personnes ; l’un des plus vastes transferts de population planifiés du XXe siècle, dont les effets démographiques se font sentir jusqu’à aujourd’hui des deux côtés de la mer Égée.
11 septembre 1973 : coup d’État militaire au Chili.
Le palais présidentiel de La Moneda est bombardé par l’aviation chilienne. Le président socialiste Salvador Allende meurt le jour même, dans des circonstances qui restent discutées. Le général Augusto Pinochet installe une dictature qui durera 17 ans.
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Élu en 1970 à la tête d’une coalition de gauche, Salvador Allende engage un programme de nationalisations — cuivre, banques, grandes entreprises — qui provoque l’hostilité conjuguée d’une partie de l’establishment chilien, des milieux d’affaires américains et de l’administration Nixon, dont la CIA finance des opérations de déstabilisation dès 1970.
Le 11 septembre 1973 au matin, l’armée, la marine, l’aviation et les carabiniers se soulèvent simultanément. Pinochet, nommé commandant en chef de l’armée de terre trois semaines plus tôt sur la recommandation d’Allende lui-même, prend la tête de la junte. Des chasseurs Hawker Hunter bombardent le palais présidentiel de La Moneda en fin de matinée. Allende meurt dans l’après-midi, les circonstances exactes de sa mort (suicide ou exécution) restant débattues malgré plusieurs expertises médico-légales ultérieures qui penchent pour la thèse du suicide.
La répression qui suit fait, selon les commissions d’enquête chiliennes ultérieures (rapport Rettig, 1991, et rapport Valech, 2004), plus de 3 000 morts ou disparus et des dizaines de milliers de personnes torturées ou détenues arbitrairement. Le stade national de Santiago sert de centre de détention de masse dans les semaines suivant le coup.
La dictature, qui dure jusqu’en 1990, s’inscrit dans le cadre plus large de l’opération Condor, coopération répressive entre plusieurs services de renseignement sud-américains soutenue par les États-Unis. Pinochet sera arrêté à Londres en 1998 sur mandat d’un juge espagnol, épisode qui posera pour la première fois avec cette ampleur la question de la compétence universelle pour crimes contre l’humanité commis par un ancien chef d’État.
11 septembre 2001 : attentats du World Trade Center et du Pentagone (New York et Washington).
11 septembre 2007 : essai russe de la bombe thermobarique ATBIP.
La Russie annonce l’essai d’une bombe aérienne à vide d’air surnommée « le père de toutes les bombes ». Présentée comme 4 fois plus puissante que son équivalent américain, elle reste, par sa puissance destructrice annoncée, la plus importante arme non nucléaire jamais testée.
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L’ATBIP (aviatsionnaïa termobaritcheskaïa bomba povychennoï moshchnosti, bombe thermobarique aérienne de puissance accrue) est testée le 11 septembre 2007 sur un polygone russe. Selon les données diffusées par le ministère russe de la Défense, la charge, larguée d’un bombardier, produit un nuage de matière combustible dispersée puis enflammée, dont l’onde de choc équivaudrait à celle d’environ 44 tonnes de TNT ; soit, selon Moscou, 4 fois la puissance de la bombe américaine équivalente (chiffres jamais vérifiés de manière indépendante), la MOAB (Massive Ordnance Air Blast), testée en 2003 et elle-même surnommée « la mère de toutes les bombes ».
Le principe thermobarique (explosion d’un nuage de particules combustibles préalablement dispersé dans l’air, produisant une onde de surpression prolongée et une consommation d’oxygène qui rend l’arme particulièrement destructrice en milieu confiné, tunnels ou fortifications souterraines) n’est pas nouveau : il équipait déjà certaines munitions soviétiques employées en Afghanistan dans les années 1980. L’essai de 2007 en constitue la démonstration la plus spectaculaire, à visée autant politique que technique, dans un contexte de tension croissante entre Moscou et les pays occidentaux sur les questions de défense antimissile en Europe.








