21 décembre 1140 : fin du siège de Weinsberg (actuel Bade-Wurtemberg).
Le siège de Weinsberg s’inscrit dans le contexte des luttes entre Welf et Hohenstaufen pour la suprématie en Europe centrale et en Italie au XIIe siècle. Il survient après le décès en 1137 de Lothaire de Supplinbourg, Roi des Romains et empereur du Saint-Empire romain germanique.
Le Duc Welf VI soutint pour la succession son frère Henri X de Bavière (Henri le Superbe), gendre de Lothaire par son mariage en 1127 avec Gertrude de Saxe. Les électeurs lui préférèrent leur adversaire Conrad III de Hohenstaufen, couronné Roi des Romains à Aix-la-Chapelle par un légat du Pape le . Henri prit les armes, mais il mourut subitement à l’abbaye de Quedlinbourg le de l’année suivante. Son frère Welf VI reprit alors les intérêts de la famille et de son neveu mineur, le futur Henri XII de Bavière (Henri le Lion), contre Conrad III.
Le roi Conrad III de Hohenstaufen vint mettre le siège devant le château, qui dut capituler le . Le roi ordonna l’exécution de tous les hommes du château et accorda sa grâce aux femmes, leur permettant de partir avec leur bien le plus cher sur le dos. Elles choisirent de porter leur mari. Conrad III dut leur accorder sa grâce, car « un souverain ne peut se dédire ». Ces femmes seront connues sous le nom de Treue Weiber von Weinsberg (les femmes fidèles de Weinsberg) et le château porte aujourd’hui le nom de Weibertreu (fidélité des femmes).
21 décembre 1645 : mort d’Athos (Armand de Sillègue d’Athos d’Hauteville), mousquetaire du roi ayant inspiré Alexandre Dumas.
Athos tient son nom du petit bourg d’Athos-Aspis sur le gave d’Oloron, près de Sauveterre-de-Béarn et près d’Autevielle. Fils d’Adrien de Sillègue, seigneur d’Athos et d’Autevielle, il ne pouvait espérer, en tant que cadet de famille, recevoir les seigneuries d’Athos et d’Autevielle qui reviendraient à son frère ainé. Il eut donc le choix d’entrer dans l’armée ou dans les ordres. Il était cousin au deuxième degré de Monsieur de Tréville, dont la protection lui permit d’entrer dans le régiment des Mousquetaires en 1640, à la même époque que Porthos et Aramis.
On sait seulement de lui qu’il était béarnais, et qu’il disparut jeune, sans doute tué au cours d’un duel comme l’indique le registre des décès de l’église Saint-Sulpice à Paris à la date du : « Convoy, service et enterrement du deffunct Armand, Athos d’Autebielle mousquetaire de la garde du Roy, gentilhomme de Béarn, pris proche la halle du Pré au Clercs. »
Le Pré-aux-Clercs étant un lieu réputé pour être le rendez-vous des duellistes, il est probable qu’il soit mort ainsi.

21 décembre 1795 : 2e bataille du Rocher de La Piochais (guerre de Vendée).
La deuxième bataille du Rocher de La Piochais se déroule le pendant la Chouannerie. Elle s’achève par la victoire des chouans qui tendent une embuscade à un convoi républicain parti de Fougères pour ravitailler le bourg patriote de Saint-Georges-de-Reintembault.
En décembre 1795, les chouans commencent à assiéger Saint-Georges-de-Reintembault, un gros bourg de 4 000 habitants qui est alors l’un des principaux bastions patriotes de la région. Saint-Georges dispose de fortifications et est défendue par une garnison de 300 à 400 soldats et gardes territoriaux. Selon les mémoires de l’officier royaliste Toussaint du Breil de Pontbriand, les patriotes lancent également des raids dans les communes environnantes et l’assassinat de quelques chouans isolés, surpris chez eux, décide Aimé Picquet du Boisguy à rassembler ses troupes pour attaquer le bourg.
Ne disposant d’aucune pièce d’artillerie pour prendre d’assaut les fortifications, Boisguy tente d’abord provoquer les patriotes pour les pousser à faire une sortie, mais sans succès. Il fait alors bloquer les avenues et détruire les moulins afin de réduire le bourg par la famine. Il envoie également Bonteville surveiller Fougères avec une partie de ses troupes. Le 14 décembre, ce dernier repousse entre Ernée et Fougères une petite colonne qui laisse quelques tués et prisonniers.
Le 19 décembre, les administrateurs du district de Fougères reçoivent une lettre du maire de Saint-Georges-de-Reintembault. Ils lancent alors un appel à l’aide au général Quantin, chef d’état-major de l’armée des côtes de Brest, pour lui réclamer des troupes. Ils écrivent que : « les chouans […] ont réalisé le projet d’affamer le cantonnement et les habitants du chef-lieu, en détruisant les moulins qui faisaient leurs farines. Ils n’ont plus de pain que jusqu’au premier du mois prochain et ils ont été sommés de se rendre dans deux jours, sinon ils sont menacés de voir incendier tous les villages et enlever tous les grains et bestiaux ». De son côté Pontbriand écrit dans ses mémoires : « La garnison de Saint-Georges avait des vivres pour quinze jours, mais les gardes territoriaux et les habitants n’en avaient presque plus au bout de quatre jours; le septième, ils parlèrent de capituler. Du Boisguy leur fit dire qu’il n’exigeait d’eux que la remise de leurs armes et munitions, avec la promesse que désormais ils se tiendraient tranquilles chez eux, moyennant quoi la garnison serait reconduite sans armes à Fougères ».
Mais le 20 décembre, Fougères reçoit dans ses murs une colonne de 300 soldats venue d’Ernée et en route pour Avranches. L’adjudant-général Bernard, commandant de la ville, décide alors de profiter de ce renfort pour envoyer des secours à Saint-Georges. Le lendemain, la colonne, renforcée par une partie de la garnison de Fougères, se met en route avec ordre de ravitailler Louvigné-du-Désert en vivres et en munitions, puis de se porter sur Saint-Georges-de-Reintembault pour protéger l’évacuation du cantonnement.
De son côté, Boisguy est informé par Bonteville dans la nuit du 20 au 21 décembre de l’arrivée de renforts républicains à Fougères. Il abandonne alors le siège de Saint-Georges-de-Reintembault, lève tous les postes et rassemble ses troupes, avant de se porter sur Landéan pour rejoindre Bonteville. Il décide ensuite d’attendre les républicains au Rocher de La Piochais — également orthographié La Plochais, La Piochaye ou La Plochaye — situé au milieu de marais, sur la route de Landéan à Louvigné-du-Désert. Le lieu avait été le théâtre d’un précédent combat en juillet qui s’était achevé à l’avantage des chouans.
D’après le rapport au département du commissaire provisoire de Fougères, l’escorte est forte de plus de 500 hommes, dont 300 de la colonne d’Avranches, auxquels sont adjoints des troupes de la garnison de Fougères. Les chouans sont quant à eux estimés entre 6 000 et 8 000, ce qui semble exagéré.
Pour l’officier royaliste Toussaint du Breil de Pontbriand, les chouans sont environ 2 800. Il estime que les républicains alignent le même nombre d’hommes, dont 1 800 venus des frontières et 1 000 de la garnison de Fougères, commandés par un « général de brigade » dont il ne donne pas le nom et par le chef de bataillon Joré, le commandant des carabiniers à pied.
Le combat s’engage le 30 frimaire, soit le 21 décembre. Du côté des chouans, Bonteville commande le flanc droit, Saint-Gilles le centre et Dauguet la gauche avec ses Normands. Boisguy prend quant à lui la tête d’une troupe de 400 hommes pour prendre le convoi à revers. Le rapport républicain fait mention de « quatre colonnes, l’une en uniforme gris, l’autre en uniforme rouge, l’autre en uniforme bleu et l’autre en habit de paysans ».
D’après le récit laissé par Toussaint du Breil de Pontbriand, les chouans arrivent à la pointe du jour au Rocher de La Piochais, où ils prennent position. Peu après dans la matinée, les troupes républicaines font leur apparition sur la route de Fougères. Cependant elles repèrent l’embuscade et se mettent en formation en lançant des railleries et des insultes aux chouans, puis marchent baïonnette au canon pour les déloger de leur position. Selon Pontbriand : « ces soldats, qui n’avaient point encore combattu les Royalistes, qu’on leur avait représentés comme un ramas de paysans sans discipline, les insultaient à haute voix et les engageaient ironiquement à les attendre ». Les chouans les laissent s’approcher jusqu’à une distance de 20 pas puis ouvrent le feu. Après avoir essuyé plusieurs décharges meurtrières, le commandant républicain ordonne la retraite et ses troupes rétrogradent en bon ordre sous le feu des royalistes. Peu après, à l’autre bout de la colonne, Boisguy enfonce l’arrière-garde avec ses 400 hommes et se saisit des voitures de vivres et de pains destinées à ravitailler Saint-Georges. Les républicains sont alors attaqués de tous côtés, avec les marais sur leurs flancs. À l’avant-garde, le commandant du convoi met sa troupe en formation carré et Joré fait de même à l’arrière-garde après avoir rallié les fuyards. Mais les républicains, à découvert, restent constamment sous le feu des chouans, qui sont protégés par les marais et restent embusqués derrière les fossés et les haies. Bonteville, Saint-Gilles et Dauguet lancent alors une charge sur le carré de l’avant-garde et leur supériorité numérique permet de l’écraser rapidement. Le carré de Joré et de ses carabiniers résiste plus longtemps, les hommes de Boisguy y pénètrent un instant, puis en sont délogés, avant qu’une deuxième attaque ne s’avère décisive. Les lignes républicaines sont disloquées et les soldats en déroute s’enfuient vers Fougères. Les combats ont duré trois heures.
Les pertes des républicains sont particulièrement lourdes. Dans un premier rapport adressé au Directoire, les administrateurs républicains de Fougères écrivent que « la perte de l’escorte va à plus de moitié tant en tués que blessés ». Le lendemain du combat, le commissaire provisoire de Fougères écrit au département que « l’escorte a perdu au moins la moitié des soldats qui la composaient ». Les corps auraient été enterrés à la prairie de Chevaux-Morts.
Dans ses mémoires, Toussaint du Breil de Pontbriand affirme que les pertes des chouans sont de 39 tués et d’environ 40 blessés, tandis que celles des républicains s’élèvent à plus de 1 200 tués. Il affirme également qu’il ne rentra pas 200 hommes sans blessure à Fougères.
Cette défaite est vécue comme une catastrophe par les patriotes de la région[1],[2]. Le rapport du commissaire provisoire de Fougères à l’administration du département exagère la situation et témoigne de la panique des patriotes : « Nous avons pour ennemis sur notre territoire, les chouans du Maine, de la Haute et Basse-Bretagne, de la Normandie, des Vendéens et d’une foule d’émigrés. Notre pays est donc celui sur lequel on devrait le plus ouvrir les yeux et celui qu’on néglige le plus ». Ses supplications sont cependant entendues : Gabriel d’Hédouville, général en chef de l’Armée des côtes de Brest, envoie une colonne commandée par le général Rey renforcer la place de Fougères, le général Bonnaud arrive également avec 400 hommes pour renforcer les cantonnements et l’adjudant-général Bernard reçoit l’ordre de maintenir à Fougères les survivants de la bataille de la Plochais. D’après Pontbriand, le général de brigade Jean Humbert arrive également en urgence à Fougères depuis Vitré avec 800 hommes.
Lettre du district de Fougéres au général Quantin, chef d’état-major de l’armée des côtes de Brest.
« Citoyen général nous vous écrivons le cœur navré de douleur et l’esprit consterné ; un courrier, venu la nuit dernière de la commune de Saint-Georges-de-Reintembault, nous apprend que les chouans, repoussés dans toutes leurs attaques de vive force, ont réalisé le projet d’affamer le cantonnement et les habitants du chef-lieu, en détruisant les moulins qui faisaient leurs farines. Ils n’ont plus de pain que jusqu’au premier du mois prochain et ils ont été sommés de se rendre dans deux jours, sinon ils sont menacés de voir incendier tous les villages et enlever tous les grains et bestiaux. Depuis le 18, que nous avons écrit au général Bonnaud, nous n’avons eu aucune réponse ; nous lui écrivons encore en ce moment, mais quand recevra-t-il notre lettre ? Nous sommes contraints de la lui faire passer par des voies détournées. Nous n’avons plus qu’un espoir, et c’est en vous que nous le plaçons. Tâchez de nous envoyer sur le champ du secours. Il nous aidera à respirer et à secourir nos malheureux concitoyens jusqu’à ce que le renfort de l’armée de Cherbourg soit rendu. Les approvisionnements du magasin militaire de la place touchent aussi à leur fin et la garnison, faible par elle-même, insultée tous les jours, jusque sous les murs, ne saurait faire aucune sortie. Voilà l’extrémité où nous sommes réduits. »
Rapport du commissaire provisoire du district de Fougères au département, rédigé le 1er nivôse, soit le 22 décembre.
« Hier, le commandant de l’arrondissement profita de l’arrivée d’une colonne, destinée pour Avranches et forte de trois cents hommes, pour mener à Louvigné-du-Désert des farines, des bœufs et des cartouches. Il joignit à cette colonne la faible garnison de Fougères, de manière que l’escorte était de plus de cinq cents hommes. Elle était en même temps chargée de protéger l’évacuation du cantonnement de Saint-Georges dénué de munitions et de pain.
Les chouans embusqués sur quatre colonnes, l’une en uniforme gris, l’autre en uniforme rouge, l’autre en uniforme bleu et l’autre en habit de paysans, ont attaqué le convoi à hauteur du rocher de La Plochaye. L’escorte a fait une vigoureuse résistance, mais les chouans dont on porte le nombre à six ou huit mille, avaient pris une position si avantageuse que de tous côtés les républicains ont été cernés. Le convoi a été pris, également que les deux caissons qui portaient les munitions de guerre et de bouche, et l’escorte a perdu au moins la moitié des soldats qui la composaient. La majeure partie de ceux qui sont parvenus à faire jour au travers de l’ennemi est rentrée dans nos murs, les uns sans fusils, les autres sans sacs, sans chapeaux, sans souliers et même sans habits
Qu’allons-nous devenir, citoyens, après un désastre aussi continuel ? Le découragement se jette dans la troupe et dans le cœur des patriotes qui ne peuvent, malgré leurs réclamations, obtenir la protection qu’ils méritent. Les chouans, renforcés par une affluence considérable d’émigrés et de vendéens, sont absolument maîtres du pays. Ils ne marchent plus qu’en masse et cette masse devient presque incalculable par la réunion qui se fait sans obstacles des brigands de la ci-devant Normandie, de Laval, de Vitré et d’Ernée, avec ceux de notre pays. Si l’on en croit le rapport d’un officier qui a échappé au feu des scélérats, le drapeau arboré par eux était le même que celui qu’il avait déjà vu dans une précédente affaire. Nous avons pour ennemis sur notre territoire, les chouans du Maine, de la Haute et Basse-Bretagne, de la Normandie, des Vendéens et d’une foule d’émigrés. Notre pays est donc celui sur lequel on devrait le plus ouvrir les yeux et celui qu’on néglige le plus. Nous tremblons à chaque instant d’apprendre que Saint-Georges est au pouvoir des brigands ; nous tremblons pour son cantonnement; nous tremblons que les autres n’éprouvent de suite le même sort. Nous ne pouvons les soulager ni communiquer avec eux, et si on les livre, nous aurons la douleur de voir massacrer une foule de famille patriotes auxquelles les chouans font un crime irrémissible d’avoir été constamment attachées aux principes républicains.
Nous avons écrit hier au directoire exécutif, au ministre de la guerre et au général en chef des Côtes de Cherbourg; nous leur avons peint notre position : nous ne leur avons pas dissimulé que si l’oubli cruel où l’on nous laisse continue, la perte de nos campagnes et même l’invasion du chef-lieu en seront la suite. Comment en effet pouvoir alimenter les habitants et la garnison ? Les chouans qui n’auront plus de cantonnements à attaquer se tourneront sur Fougères, intercepteront les communications et finiront par nous affamer…Nos lettres sont pressantes, mais quand seront-elles parvenues à destinations? Pas assez tôt malheureusement pour obtenir les secours qui nous sont nécessaires dans cette fâcheuse conjoncture… Il nous reste, citoyens, qu’un espoir, celui d’obtenir par vos soins et vos instances auprès des généraux qui commandent à Rennes, un envoi provisoire de troupes qui puisse au moins nous mettre dans le cas d’attendre les forces que pourra nous envoyer le général en chef des côtes de Cherbourg. Il n’y a pas un instant à perdre…Les chouans vont employer les fusils que leur a procurés l’affaire d’hier, à faire de nouvelles levées et si le remède n’est point prompt, vous apprendrez peut-être sous peu notre perte et celle de tous les patriotes de Fougères, qui, comme nous, feraient le sacrifice de leur vie plutôt que de trahir la cause de la liberté. »
Mémoires de Toussaint du Breil de Pontbriand.
« Le bourg de Saint-Georges-de-Reintembault avait été fortifié avec soin par les Républicains, qui y entretenaient toujours une garnison considérable. En cas d’alarme, le tocsin se faisait entendre, et trois à quatre cents habitants de cette paroisse, organisés en compagnies, couraient s’enfermer dans ce bourg, fort difficile à prendre sans artillerie. Cependant le mal qu’ils faisaient dans les paroisses royalistes, où ils pillaient et assassinaient impunément, le massacre récent de quelques soldats isolés, qu’ils avaient surpris chez eux, décidèrent du Boisguy à marcher contre eux. Il réunit donc sa colonne du Centre et celle de Normandie, pour aller prendre ses cantonnements dans cette paroisse. Il essaya d’abord de faire sortir la garnison, mais, voyant qu’il ne pouvait y réussir et pensant avec raison qu’il n’y avait pas de vivres pour le grand nombre d’hommes renfermés dans le bourg, il en fit bloquer toutes les avenues avec tant de soin que personne n’en pouvait sortir ; il fit mettre hors de service les moulins d’alentour, et conçut l’espoir de le prendre par la famine. Il avait chargé Bonteville, avec sa colonne, de surveiller Fougères. Ce dernier venait de battre et de rejeter sur Ernée un corps de trois cents hommes, qui venaient pour renforcer la garnison ; il avait repoussé une sortie que celle-ci venait de faire sur la route de Louvigné, avec une perte de deux cent cinquante hommes dans ces deux affaires, en sorte que les assiégés n’osaient plus sortir.
La garnison de Saint-Georges avait des vivres pour quinze jours, mais les gardes territoriaux et les habitants n’en avaient presque plus au bout de quatre jours; le septième, ils parlèrent de capituler. Du Boisguy leur fit dire qu’il n’exigeait d’eux que la remise de leurs armes et munitions, avec la promesse que désormais ils se tiendraient tranquilles chez eux, moyennant quoi la garnison serait reconduite sans armes à Fougères.
Il avait l’espoir que ces conditions allaient être acceptées, lorsqu’il reçut, pendant la nuit qui suivit ces propositions, une dépêche de Bonteville le prévenant qu’un corps de dix-huit cents homme, venant des frontières, était arrivé la veille à Fougères, et que, le lendemain, le général de brigade qui les commandait devait marcher pour débloquer Saint-Georges.
Ces nouvelles étaient positives. Du Boisguy, voyant ses espérances ainsi renversées, prit son parti sur-le-champ; il envoya l’ordre à Bonteville d’aller se poster à Landéan et de l’y attendre, et, dans le même temps, il fit lever tous ses postes et se mit en marche avec toutes ses troupes, résolu à attendre l’ennemi à la forte position de la Piochais, où il devait passer. Il y arriva à la pointe du jour et fit aussitôt embusquer ses troupes. Bonteville et le chevalier de Saint-Gilles commandaient le centre et la droite; Dauguet, avec la colonne Normande, occupait la gauche. Du Boisguy, suivi de Louvières, Poirier, Breil et quatre cents hommes choisis, marcha pour prendre position sur les derrières de l’ennemi, lorsque l’action serait engagée. Toutes ces troupes réunies montaient à environ deux mille huit cents hommes.
À peine ces dispositions étaient-elles prises que l’avant-garde des Républicains parut. Elle découvrit l’embuscade et s’arrêta court pour attendre le corps de bataille. Ces soldats, qui n’avaient point encore combattu les Royalistes, qu’on leur avait représentés comme un ramas de paysans sans discipline, les insultaient à haute voix et les engageaient ironiquement à les attendre. Le général de brigade qui commandait cette troupe, réunie à environ mille hommes de la garnison de Fougères, sous les ordres du brave Joré, se décida à enlever la position de vive force; il fit former ses pelotons et leur ordonna de marcher à la baïonnette.
Cependant, Bonteville et Saint-Gilles parcouraient les rangs, défendant de tirer sans ordre, ce qui fut si bien exécuté que la première décharge eut lieu à vingt pas. Les premiers pelotons furent presque entièrement détruits et immédiatement remplacés par d’autres qui eurent le même sort. Le général, surpris d’une résistance qu’il n’attendait pas, fit arrêter sa troupe et ordonna un mouvement rétrograde, dans l’espoir de faire sortir les Royalistes de leur position, pour les combattre avec moins de désavantage. Ce mouvement s’opéra en bon ordre, toujours sous le feu des Royalistes, auquel les Républicains ne répondaient pas; mais dans ce moment, une vive fusillade se fit entendre sur les derrières de la colonne. C’était l’intrépide Boisguy qui enfonçait l’arrière-garde et s’emparait des voitures chargées de pain et de vivres destinés pour Saint-Georges.
Pendant que Joré réunissait les fuyards de cette arrière-garde pour tenir tête à du Boisguy, le général fit former un carré long et ouvrir un feu terrible; mais Bonteville, Saint-Gilles et Dauguet descendirent alors de leurs positions, sur l’ennemi, qu’ils attaquèrent de toutes parts. Saint-Gilles combattit à la baïonnette sur la grande route, tandis qu’à l’abri des haies et des fossés, dont le pays est couvert, les Royalistes tiraient sur cette épaisse colonne, presque sans perdre un seul coup.
Du Boisguy fit des prodiges pour enfoncer le carré que Joré avait formé. Suivi de ses capitaines et des plus braves, il pénétra deux fois au milieu de ce carré, avant de rompre ces braves soldats; mais enfin ceux-ci voyant la déroute générale, prirent aussi la fuite et jamais victoire ne fut plus complète.
Les insultes et les bravades des Républicains avant l’action avaient exaspéré les Royalistes, et leur firent redoubler d’efforts pour vaincre. Officiers et soldats, tous firent leur devoir et combattirent pendant trois heures avec une ardeur extraordinaire. Louvières, Poirier, Francœur, Hervé, de Lécousse; Oger, de Beaucé; Angeneau, de La Chapelle-Janson; André Charles, de Fougères; Maupilé Pierre et nombre d’autres, reçurent publiquement des éloges de du Boisguy pour leur conduite pendant cette action.
Plus de douze cents hommes restèrent sur le champ de bataille; le reste prit la fuite, et il n’en rentra pas deux cents sans blessures à Fougères.
Les Royalistes eurent trente-neuf hommes tués et environ quarante blessés, presque tous dans les attaques des carrés, qui furent faites par Saint-Gilles, Bonteville, Louvières, Dauguet et Boisguy, sur la grande route, aux deux extrémités de la colonne; car à l’attaque de leur position sur le Rocher de la Piochais et à celle qu’ils firent sur les flancs des Républicains, ils étaient si bien embusqués qu’ils ne perdirent pas un seul homme; deux seulement furent blessés.
Jean Bazin, de Saint-Ouen-la-Rouërie ; Julien Loutre, de Mellé ; Pierre le Roi, de Saint-Sauveur ; Pierre Forêt, de Saint-Hilaire ; Julien Laumondais, de Sougéal ; Guillaume Maudit, du Châtellier ; Guillaume le Pauvre, de Landéan ; Julien Chénuas, de Landéan ; André Garnier, de Lécousse ; Louis Petit, de Saint-Germain ; René Roussel, de Lécousse ; François Mézette (ou Mézéray), lieutenant de Parigné ; Julien David, sous-lieutenant de Parigné ; Noël Plard, sergent, du Châtellier, furent assez grièvement blessés. »
21 décembre 1873 : mort du lieutenant de vaisseau Francis Garnier (Tonkin).
Officier de marine et explorateur infatigable de l’Asie (Chine, Tibet, Yunnan), Francis Garnier est tué par des pirates chinois, les Pavillons noirs, au pont de papier, à trois kilomètres de Hanoï, lors d’une embuscade.
Le consul général français au Vietnam, Jean-François Parot, fait rapatrier ses restes en France après de longues recherches (1982-1987). Ils ont été placés dans le monument dressé à la mémoire de Garnier, place Camille Julian (Paris VIe).

21 décembre 1945 : mort du général Georges Smith Patton (Allemagne).
Patton est l’un des généraux américains les plus hauts en couleurs. Célèbre pour ses victoires lors des deux conflits mondiaux, il commande victorieusement la contre-attaque blindée de Saint Mihiel (septembre 1918), écrase l’Afrikakorps lors de la bataille d’El Guettar (mars 1943), libère la Sicile (août 1943), Avranches (juin 1944), Metz (septembre 1944) et Bastogne (décembre 1944).
Son impétuosité lui vaudra d’être sanctionné régulièrement durant sa carrière : en 1918, il est rétrogradé commandant après s’être enfui de l’hôpital où il est soigné pour une blessure reçue en Argonne. En août 1943, Eisenhower doit le mettre au vert après le scandale qu’il crée en giflant deux GI’s hospitalisés qu’il prend à tort pour des simulateurs. Dans les mois qui suivent la capitulation allemande, il veut poursuivre le combat mais cette fois contre les Soviétiques. Il est à nouveau mis sur la touche par le commandement, d’autant qu’il s’oppose à la dénazification et tient des propos antisémites. Inclassable, il oblige cependant la population allemande à défiler dans les camps de concentration qu’il vient de libérer. Il se définit lui-même comme « un anachronisme vivant ». Original et courageux, il tue lors d’un duel au pistolet l’un des officiers de Pancho Villa (Mexique – 1916). Déconcertant, il est capable de déclamer, dans le texte, les auteurs classiques grecs et latins, tout en arborant deux colts à la ceinture. Passionné par l’histoire militaire, la culture française (il a fait Saumur…), l’escrime et Napoléon, son attrait pour un passé idéalisé et chevaleresque ne l’a pas empêché d’être le précurseur du combat mécanisé américain. Il meurt dans un accident de la circulation à Heidelberg.
Lire le texte de Camille Harlé-Vargas sur sa participation à la Grande Guerre dans l’Argonne.

21 décembre 1970 : premier vol du Grumman F-14 Tomcat.
Le Grumman F-14 Tomcat est un avion de chasse biréacteur embarqué, dont la particularité est de posséder des ailes à géométrie variable. Destiné à protéger la flotte d’attaques aériennes, il est le premier chasseur conçu aux États-Unis à intégrer les leçons de la guerre du Viêt Nam. Il est devenu mondialement célèbre en 1986, grâce au film Top Gun, avec Tom Cruise.
Entré en service en 1974, il servira pendant 28 ans quasiment sur tous les porte-avions de l’US Navy qui embarquaient chacun 24 exemplaires de cet appareil. En partie en raison de son prix et ses coûts de maintenance (un exemplaire était estimé à 38 millions de dollars en 1998 et nécessitait près de 50 heures de maintenance pour une heure de vol), il a été retiré du service de l’US Navy en 2006, mais demeure en service en Iran.
Le premier vol du prototype n°1 eut lieu le . Au total, quatorze avions ont été utilisés pour le programme de développement, dont 12 instrumentés. Sur ces 12, deux ont été utilisés pour le développement du système de missile Phoenix chez Hughes Aircraft Corporation à Point Mugu, en Californie. Six avions ont été utilisés pour les essais de cellules et de moteurs dans les installations de Grumman à Calverton, dans l’État de New York, et quatre pour le développement de systèmes avioniques à Point Mugu. Cinq F-14 (sur les six avions « cellule ») ont passé du temps à Patuxent River, dans le Maryland, pour des essais d’aptitude au transport et pour des démonstrations de structure, de motorisation et de performances. Le F-14 ayant fait ses preuves, a été introduit dans l’US Navy seulement 51 mois après l’attribution du contrat. Mais le programme connut beaucoup de problèmes de surcoûts, de délais et de problèmes techniques (3 prototypes s’écrasèrent) et la société Grumman se trouva en grande difficulté.

21 décembre 1983 : attentat du Hezbollah contre le PC du 3e RPIMa (Liban Sud).
Un poste de garde du PC du 3e RPIMa, situé sur le stade de Chayla à Beyrouth, subit l’attaque d’un camion-bombe chargé de 1 200 kg d’équivalent TNT. Le véhicule suicide est arrêté par les merlons de terre mais les 1 200 kilos d’explosif tuent un parachutiste (Marsouin Philippe Chabrat du 3e RPIMa) et treize civils. On compte également plus de 100 blessés dont 24 Français. Le nom de Philippe Chabrat figure sur le monument aux morts de Bassan (Hérault).

21 décembre 1988 : premier vol de l’avion de transport très gros porteur Antonov An-225 Mriya.
L’Antonov An-225 Mriya est un avion de transport très gros porteur, conçu dans les années 1980 en unique exemplaire par l’OKB Antonov en République socialiste soviétique d’Ukraine. Il est développé à l’origine comme un agrandissement de l’Antonov An-124 pour transporter la navette spatiale soviétique OK-1.01 et son lanceur Energuia avant l’annulation du programme spatial Bourane en 1993. Après avoir rempli avec succès plusieurs missions militaires, l’avion est mis sous stockage pendant huit ans. C’est seulement en 2000 que l’avion est remis en état et affrété par la compagnie Antonov Airlines pour le transport de charges exceptionnelles par voie aérienne.
Cet avion aux dimensions impressionnantes est le plus long et le plus lourd avion du monde, et le troisième en envergure, derrière le Stratolaunch (117 m) et l’hydravion H-4 Hercules (97,54 m). Il est capable de transporter des charges volumineuses pesant jusqu’à 250 tonnes avec une autonomie de 4 000 à 14 500 km selon la charge. Un deuxième exemplaire était en cours de construction à la fin des années 1980, il devait servir pour des tests statiques. Assemblé à environ 70 %, il lui manque les systèmes de propulsion, hydraulique et informatique.
Le , trois jours après le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’avion qui est entreposé dans un hangar de l’aéroport de Hostomel, situé au nord de Kiev, est détruit par deux bombes durant l’assaut des forces russes sur l’aéroport.
Le , le PDG d’Antonov annonce la reconstruction d’un deuxième An-225 en réutilisant 30 % des pièces du premier exemplaire détruit. L’assemblage sera réalisé dans un lieu tenu secret et le nouvel appareil ne sera présenté qu’une fois le conflit russo-ukrainien terminé.


21 décembre 1986 : mort à 94 ans de l’as belge de la Grande Guerre Willy Coppens (37 victoires homologuées et six probables).
Durant la guerre, il est surnommé par les Allemands, le Diable bleu, car il a fait peindre en bleu turquoise son avion, un Hanriot HD 1. Dans le ciel des Flandres, cet as du combat aérien s’était spécialisé dans la chasse aux Drachens (les ballons de repérage de l’artillerie) ce qui lui vaut le surnom du « tueur de Drachen ». Il emprunte aux Français une munition spéciale, les « fusées-torpilles » Le Prieur, ancêtres des roquettes sur aéronefs, avec lesquelles il fait des ravages contre les ballons ennemis. Cette munition impose de s’approcher à moins de 150 mètres du ballon, ce qui est extrêmement risqué car les servants de l’engin sont fortement armés et les troupes au sol tirent inlassablement sur tout avion intrus.
Le , il est gravement blessé lors d’une mission ; il est amputé d’une jambe. Après la guerre, le lieutenant Coppens est promu capitaine et anobli par le roi Albert de Belgique sous le nom de chevalier Coppens de Houthulst, du nom de la forêt au-dessus de laquelle il remporta plusieurs de ses victoires. Il est décoré par la Belgique (Ordre de Léopold II, Ordre de la Couronne, Croix de Guerre et Officier de l’Ordre de Léopold avec Palme), par la France (Croix de Guerre et Légion d’honneur), par l’Angleterre (Military Cross et Distinguished Service Order) et par la Serbie l’Ordre de l’Aigle blanc.

21 décembre 2004 : attaque au mortier contre une base américaine à Mossoul (Irak).
22 Américains sont tués et 50 blessés par un tir de mortier tiré sur une base américaine de Mossoul.
21 décembre 2019 : combat de Wagadou (Mali).
Dans la nuit du 20 au 21 décembre, l’armée française lance une opération contre un groupe de djihadistes dans la région de Mopti. L’affrontement a lieu dans la forêt de Wagadou, près de la frontière avec la Mauritanie, et le groupe ciblé appartient à la katiba Macina, elle-même affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans.
Après avoir obtenu plusieurs renseignements les jours précédents sur un rassemblement de groupes djihadistes, l’armée française déclenche son opération le 20 décembre. L’attaque est menée contre un campement dans une zone densément boisée. Un assaut héliporté guidé par un drone MQ-9 Reaper est mené de nuit par plusieurs dizaines de commandos appuyés par des hélicoptères Tigre. Les combats s’achèvent le matin du 21 décembre.
Un autre affrontement éclate ensuite dans la journée, lorsque des commandos sont attaqués par des djihadistes à moto alors qu’ils procédaient à la fouille de la zone des combats. Un drone Reaper et une patrouille de Mirage 2000 interviennent alors pour bombarder les assaillants. Il s’agit de la première frappe de drone effectuée par l’armée française dans une opération.
Le 21 décembre, le ministère français des Armées annonce que 33 djihadistes ont été « neutralisés » lors de l’opération et qu’un autre a été capturé, tandis que deux gendarmes maliens retenus prisonniers ont été délivrés. Quatre pick-ups, dont un équipé d’un canon anti aérien, quatre motos et des armes dont des mitrailleuses lourdes sont saisis.
Dans un deuxième communiqué, le ministère français des Armées annonce ensuite que sept djihadistes de plus ont été « neutralisés » dans l’action du 21 décembre, faisant passer à 40 le nombre des tués.








