29 septembre : Saint Michel, Saint Gabriel, Saint Raphaël.
- Saint Michel, chef de la milice céleste, vainqueur du dragon dans l’Apocalypse, est le patron des parachutistes depuis 1948. Les troupes aéroportées de l’armée de Terre ont pour maison mère l’École des troupes aéroportées (ETAP) de Pau. La Saint-Michel est célébrée dans toutes les unités parachutistes au sein de l’armée de Terre, de la Marine nationale, de l’armée de l’Air et de l’Espace, sans oublier la Gendarmerie nationale.
- Saint Gabriel, l’ange de l’Annonciation, messager de Dieu, a été désigné en 1951 par le pape Pie XII patron des télécommunications. Les transmetteurs de l’armée de Terre le fêtent autour de leur maison mère, l’École des transmissions de Cesson-Sévigné, près de Rennes.
- Saint Raphaël, qui guide le jeune Tobie au cours de son voyage en dissimulant sa véritable identité, a d’abord été choisi en 1989 comme patron de l’École interarmées du renseignement et des études linguistiques (EIREL). Un décret de l’évêque aux armées du 15 avril 1998 a étendu ce patronage à l’ensemble du renseignement militaire. La brigade de renseignement, créée en 1993 et devenue en 2024 brigade de renseignement et de cyber-électronique, en a fait sa fête. La formation des spécialistes du renseignement de l’armée de Terre est assurée au Centre d’enseignement et d’études du renseignement de l’armée de Terre (CEERAT), à Saumur.
29 septembre 1364 : bataille d’Auray (Bretagne).
Au nord d’Auray, l’armée de Jean de Montfort, appuyée par les Anglais de John Chandos, écrase celle de Charles de Blois, soutenu par le roi de France. Charles de Blois est tué, Bertrand du Guesclin fait prisonnier. La bataille met fin à 23 ans de guerre de Succession de Bretagne ; le traité de Guérande, en avril 1365, reconnaît Jean de Montfort comme duc.
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À la mort du duc Jean III, en 1341, deux prétendants se disputent la Bretagne : sa nièce Jeanne de Penthièvre, épouse de Charles de Blois, neveu du roi Philippe VI, et son demi-frère Jean de Montfort. La France soutient le premier, l’Angleterre le second. La guerre de Succession de Bretagne devient un théâtre secondaire de la guerre de Cent Ans. Charles de Blois, capturé à La Roche-Derrien en 1347, passe neuf ans en captivité à Londres ; Jean de Montfort meurt en 1345, et son fils, également prénommé Jean, élevé à la cour d’Édouard III, reprend la lutte.
Les négociations d’Évran, en 1363, échouent. Au cours de l’été 1364, le jeune Montfort assiège le château d’Auray, tenu par les partisans de Blois depuis 1342. La garnison promet de se rendre si elle n’est pas secourue avant la Saint-Michel. Charles de Blois rassemble une armée à Guingamp ; Du Guesclin, vainqueur des Navarrais à Cocherel en mai, commande son avant-garde. Les deux armées, fortes chacune de quelques milliers d’hommes, se font face le 29 septembre au matin, de part et d’autre du Loc’h, sur le plateau de Kerzo, dans l’actuelle commune de Brech.
Une dernière tentative de négociation échoue. Contre l’avis de Du Guesclin, Charles de Blois ordonne l’attaque. Les deux armées combattent à pied, en trois corps, avec une réserve. Côté Montfort, Chandos a conservé une réserve commandée par Hugh Calveley, qui intervient chaque fois qu’une partie de la ligne fléchit. L’aile gauche de Blois cède la première, puis le centre. Charles de Blois est tué dans la mêlée ; les chroniqueurs divergent sur les circonstances de sa mort. Du Guesclin, dont les armes sont brisées, se rend à Chandos. Olivier de Clisson, qui combat du côté de Montfort, perd un œil. Les pertes de l’armée vaincue sont lourdes, notamment parmi la noblesse bretonne.
Charles V, qui vient de monter sur le trône, préfère traiter. Le premier traité de Guérande, signé le 12 avril 1365, reconnaît Jean IV comme duc de Bretagne, à charge d’hommage au roi de France ; Jeanne de Penthièvre conserve le comté de Penthièvre et la vicomté de Limoges. Du Guesclin est libéré contre rançon, payée en partie par le roi. Charles de Blois, honoré comme un saint en Bretagne dès sa mort, sera béatifié en 1904.
29 septembre 1547 : naissance de Miguel de Cervantes (Alcalá de Henares, Castille).
L’auteur de Don Quichotte a d’abord été soldat. Blessé à Lépante, captif cinq ans à Alger, il tirera de ces années une partie de son œuvre.
La date exacte de sa naissance n’est pas connue. On la place traditionnellement au 29 septembre, fête de saint Michel, dont il porte le prénom ; le seul document certain est son acte de baptême, établi le 9 octobre 1547 en l’église Santa María la Mayor d’Alcalá de Henares. Rien ne permet de le faire naître à Madrid, comme on le lit parfois.
Engagé dans l’infanterie espagnole en Italie, il sert dans le tercio de Sicile et embarque sur la galère Marquesa pour la campagne de la Sainte Ligue contre les Ottomans. Le 7 octobre 1571, à Lépante, il combat malgré la fièvre, reçoit deux coups d’arquebuse à la poitrine et un troisième à la main gauche, dont il perd l’usage. Le surnom de « Manchot de Lépante » lui restera. Rétabli, il participe encore aux expéditions de Navarin (1572), puis de Tunis et de La Goulette (1573).
Le 26 septembre 1575, la galère Sol qui le ramène en Espagne avec son frère Rodrigo est prise par des corsaires barbaresques au large des côtes catalanes. Les lettres de recommandation qu’il porte font croire à ses ravisseurs qu’il s’agit d’un captif de haut rang, ce qui fait monter sa rançon. Détenu à Alger, il organise quatre tentatives d’évasion, toutes déjouées. Rodrigo est racheté en 1577 ; Miguel ne l’est que le 19 septembre 1580, par des religieux trinitaires, alors qu’il était déjà enchaîné sur la galère qui devait l’emmener à Constantinople. Il regagne l’Espagne à la fin de l’année.

29 septembre 1567 : la « Michelade » de Nîmes.
Le jour de la Saint-Michel, les protestants de Nîmes prennent le contrôle de la ville. Le lendemain soir, plusieurs dizaines de notables et d’ecclésiastiques catholiques sont tués dans la cour de l’évêché et leurs corps jetés dans un puits. Le massacre intervient au début de la deuxième guerre de Religion.
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L’édit d’Amboise, signé en mars 1563, a mis fin à la première guerre de Religion en accordant aux protestants une liberté de culte limitée. Dans les années suivantes, la méfiance grandit entre la noblesse réformée et la cour. En 1567, le passage de l’armée espagnole du duc d’Albe le long des frontières orientales du royaume, en route pour réprimer la révolte des Pays-Bas, et la levée de troupes suisses par le roi alarment les chefs protestants. Ils préparent un soulèvement général. Le 28 septembre, Condé et Coligny tentent de s’emparer de Charles IX et de Catherine de Médicis, qui séjournent à Meaux ; la cour parvient à gagner Paris sous l’escorte des Suisses. C’est la « surprise de Meaux ».
Nîmes, ville d’environ 10 000 habitants à majorité protestante, s’est vu imposer par le gouverneur du Languedoc des consuls catholiques ; le premier consul, Guy Rochette, a été désigné et non élu. Le 29 septembre, jour de la foire de la Saint-Michel, les protestants s’emparent des portes et des principaux points de la ville. Les catholiques qui ne parviennent pas à fuir sont arrêtés ; une partie se réfugie à l’évêché. Les églises sont pillées. L’évêque Bernard d’Elbène parvient à s’échapper.
Dans la nuit du 30 septembre, les prisonniers, parmi lesquels des prêtres, des religieux, le vicaire général et des notables dont le premier consul, sont conduits l’un après l’autre dans la cour de l’évêché, tués à l’arme blanche et précipités dans le puits. Leurs restes seront retrouvés lors de travaux au XIXe siècle. D’autres violences contre les catholiques ont lieu dans plusieurs villes du Bas-Languedoc. La deuxième guerre de Religion s’achève par la paix de Longjumeau en mars 1568. Nîmes connaîtra une seconde tuerie de catholiques en novembre 1569.
NOTA : le nombre des victimes est très incertain. Les estimations vont d’une vingtaine à une centaine de morts selon les sources et les historiens. Le soulèvement a lieu le 29 septembre ; le massacre lui-même se déroule dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre.
29 septembre 1833 : bataille de Bougie (Algérie – actuelle Bejaïa).
Parti de Toulon le 22 septembre, le corps expéditionnaire du général Camille Trézel débarque sous le feu devant Bougie, appuyé par l’artillerie de la flottille du capitaine de frégate de Parseval-Deschênes. La ville est enlevée le jour même, mais les tribus kabyles des environs contre-attaquent pendant plusieurs jours. Les Français tiennent la place, sans parvenir à s’étendre au-delà.
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Après la prise d’Alger en juillet 1830, Bougie, port de la côte kabyle, échappe à toute autorité ottomane et passe sous l’influence de la tribu des Mezzaïa. Deux tentatives françaises de 1831 pour y installer un caïd favorable échouent. Le port offre pourtant l’un des meilleurs mouillages de la côte entre Alger et Bône. En 1833, sous le gouvernement du général Voirol, commandant en chef par intérim, Paris décide de l’occuper.
L’expédition réunit environ 1 800 hommes et 7 bâtiments de guerre. Elle arrive en rade le 29 septembre au point du jour. Le vent faible et la nécessité de sonder les fonds ralentissent l’approche ; les 5 forts qui défendent la ville ouvrent le feu, puis sont réduits au silence par l’artillerie des navires. Vers 10 h 00, les premières chaloupes abordent sous la fusillade. Les capitaines Lamoricière et Saint-Germain enlèvent le fort Moussa, qui domine la ville, pendant que Trézel dirige le débarquement. Le soir, les Français comptent une vingtaine de tués et une cinquantaine de blessés.
Les jours suivants, les combattants kabyles, venus de plusieurs tribus des environs, attaquent les positions françaises depuis les maisons et les ravins. Lamoricière enlève un marabout à la tête du grand ravin qui coupe la ville ; le génie organise la défense de l’ancienne enceinte. Trézel est légèrement blessé à la jambe. Le 1er octobre, des marins enclouent les dernières pièces tenues par les assaillants. Les pertes kabyles sont estimées à environ 200 morts.
Bougie restera pendant plusieurs années une enclave assiégée, soumise aux attaques des tribus voisines. La Kabylie ne sera conquise qu’en 1857.
29 septembre 1898 : capture de Samory Touré par le capitaine Gouraud (Guelemou – actuelle Côte d’Ivoire).
Dans la forêt de l’ouest de l’actuelle Côte d’Ivoire, la petite colonne du capitaine Henri Gouraud surprend au petit matin le camp de l’almamy Samory Touré. Le souverain mandingue, qui combattait les Français depuis 1882, est capturé sans combat avec son entourage et des dizaines de milliers de ses partisans. Déporté au Gabon, il y meurt en 1900.
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Né vers 1830 dans la région de Sanankoro, en Haute-Guinée, Samory Touré est d’abord marchand, puis chef de guerre. À partir des années 1860, il bâtit par la conquête un vaste État dans le haut bassin du Niger, le Ouassoulou, organisé autour d’une armée de métier, les sofas, équipée de fusils modernes achetés sur la côte ou fabriqués et réparés par ses propres forgerons. En 1884, il prend le titre religieux d’almamy, dérivé de l’arabe al-imam, à la manière des souverains du Fouta-Djalon.
Le premier affrontement avec les Français a lieu en 1882, au siège de Kéniéra. Des traités sont signés en 1886 et 1887, qui fixent le Niger comme limite, mais la guerre reprend en 1891 avec la campagne du colonel Archinard. Chassé de ses bases par les colonnes françaises, Samory déplace son empire vers l’est, dans le nord des actuelles Côte d’Ivoire et Ghana, en pratiquant la terre brûlée. En 1897, ses troupes détruisent la ville de Kong et infligent une défaite à une colonne britannique. Au début de 1898, les Français prennent Sikasso ; privé de ravitaillement, pris entre les possessions françaises et britanniques, Samory tente de gagner le pays toma, au sud-ouest, à travers la forêt. La faim et les maladies déciment ses partisans.
Gouraud, chef d’une colonne d’environ deux cents tirailleurs, reçoit mission de le poursuivre. Le 28 septembre, sa reconnaissance découvre un camp abandonné et apprend que l’almamy se trouve à Guélémou. Le 29, vers 08 h 00, les tirailleurs pénètrent dans le camp au moment où les sofas préparent leur repas. Samory tente de fuir ; repéré par le caporal Tounkara, il est rattrapé à la course par le sergent Bratières, qui le remet au lieutenant Jacquin. Aucun coup de feu n’est tiré. Les Français saisissent un important armement et le trésor de l’almamy.
Samory est conduit à Kayes, puis déporté au Gabon avec quelques proches. Il meurt le 2 juin 1900 sur une île de l’Ogooué, près de N’Djolé. La nouvelle de sa capture parvient en France en octobre 1898, au plus fort de la crise de Fachoda, qui oppose la mission Marchand aux troupes de Kitchener sur le Nil depuis le 19 septembre. Elle fait de Gouraud un homme connu au moment où la France s’apprête à céder au Royaume-Uni. Gouraud en fera le récit dans Au Soudan. Souvenirs d’un Africain, publié en 1939. En Guinée et dans une grande partie de l’Afrique de l’Ouest, Samory est aujourd’hui considéré comme un héros de la résistance à la colonisation ; Ahmed Sékou Touré, premier président de la Guinée indépendante, se réclamera de sa descendance.

29 septembre 1911 : l’Italie déclare la guerre à l’Empire ottoman.
Au terme d’un ultimatum rejeté par Constantinople, le gouvernement Giolitti ouvre les hostilités pour s’emparer de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque, dernières provinces ottomanes d’Afrique du Nord. La guerre, qui voit le premier bombardement aérien de l’histoire, s’achève en octobre 1912 par l’annexion de la future Libye.
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Unifiée tardivement, l’Italie a vu la France s’installer en Tunisie en 1881, puis au Maroc, et la Grande-Bretagne en Égypte. Des accords conclus avec Paris en 1902 lui ont laissé les mains libres en Tripolitaine. En 1911, la deuxième crise marocaine laisse prévoir un protectorat français au Maroc. Une campagne de presse nationaliste présente la Libye comme une terre facile à prendre, peu défendue par une garnison ottomane de quelques milliers d’hommes.
L’ultimatum italien est remis dans la nuit du 26 au 27 septembre : il exige le consentement ottoman à une occupation militaire, sous prétexte de protéger les ressortissants italiens. La Porte propose des garanties sans céder sur la souveraineté. Le 29 septembre, l’Italie déclare la guerre. Le jour même, des destroyers italiens attaquent des torpilleurs ottomans au large de Preveza, dans la mer Ionienne.
Tripoli est bombardée le 3 octobre ; un détachement de marins débarque le 5. Tobrouk, Derna, Benghazi et Homs sont occupées dans le courant d’octobre, et un corps expéditionnaire commandé par le général Carlo Caneva prend pied sur la côte. Le 23 octobre, à Shar al-Shatt, près de Tripoli, des troupes italiennes sont attaquées de revers par des combattants arabes ; la répression qui suit dans l’oasis fait de nombreuses victimes civiles. Le 1er novembre, le sous-lieutenant Giulio Gavotti lâche à la main des grenades sur des positions ottomanes près d’Aïn Zara : c’est le premier bombardement effectué depuis un avion. Le 5 novembre, Rome proclame par décret la souveraineté italienne sur la Tripolitaine et la Cyrénaïque.
À l’intérieur, la résistance s’organise autour d’officiers ottomans, parmi lesquels Enver Bey et Mustafa Kemal, et de la confrérie senoussie. Les Italiens restent longtemps cantonnés à la côte. Pour faire pression sur la Porte, ils occupent au printemps 1912 Rhodes et les îles du Dodécanèse. La menace d’une guerre dans les Balkans conduit l’Empire ottoman à signer le traité d’Ouchy, près de Lausanne, le 18 octobre 1912. La conquête de l’intérieur libyen ne sera achevée qu’en 1931-1932, après l’exécution du chef de la résistance senoussie Omar al-Mokhtar.
29 septembre 1914 : L’Homme libre de Clemenceau est saisi puis suspendu.
Le ministre de l’Intérieur, Louis Malvy, fait saisir le journal de Georges Clemenceau et le suspend pour huit jours. En cause, un article dénonçant les conditions d’évacuation des blessés. Clemenceau répond en faisant paraître dès le lendemain un nouveau titre, L’Homme enchaîné.
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Clemenceau a fondé L’Homme libre en mai 1913. Au début de la guerre, il soutient l’Union sacrée, mais défend la primauté du pouvoir civil sur le commandement militaire. Il a suivi à Bordeaux le gouvernement, qui s’y est replié le 2 septembre.
La loi du 5 août 1914 réprime les indiscrétions de la presse en temps de guerre et une censure préalable se met en place. Dans la seconde quinzaine de septembre, Clemenceau, ancien médecin, dénonce les défaillances du service de santé des armées : des blessés ont voyagé plusieurs jours sur la paille de wagons ayant servi au transport de chevaux, sans soins, et beaucoup sont morts du tétanos ou de la gangrène. Le 28 septembre, une note officielle publiée dans la presse tente de justifier les services. Le 29, L’Homme libre est saisi et suspendu jusqu’au 7 octobre.
Le 30 septembre, Clemenceau publie L’Homme enchaîné, aussitôt saisi à son tour. Le journal reparaît sous ce titre à partir du 7-8 octobre, avec des éditions à Bordeaux, à Toulouse et à Paris, et des colonnes blanches à la place des passages censurés. Il est suspendu de nouveau en 1915 ; Clemenceau fait alors parvenir ses articles aux parlementaires. Devenu président du Conseil le 16 novembre 1917, il redonne à son journal son premier titre. L’épisode a pu inspirer le qualificatif choisi en 1915 par Maurice Maréchal pour Le Canard enchaîné.
29 septembre 1918 : prise d’Uskub (actuelle Skopje en Macédoine).
Après une marche de plus de 80 km à travers la montagne, la brigade de cavalerie d’Afrique du général Jouinot-Gambetta surprend la garnison d’Uskub au lever du jour et s’empare de la ville, nœud ferroviaire et routier de la Macédoine serbe. La retraite de la XIe armée germano-bulgare est coupée. Le même soir, la Bulgarie signe l’armistice.
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Le 15 septembre 1918, les armées alliées d’Orient du général Franchet d’Espèrey percent le front germano-bulgare au Dobro Pole, dans le massif de la Moglena. Serbes et Français exploitent la rupture vers le nord. Franchet d’Espèrey confie à la brigade du général François Léon Jouinot-Gambetta la mission de devancer l’ennemi sur ses arrières. Elle réunit le 1er et le 4e régiment de chasseurs d’Afrique et le régiment de marche de spahis marocains.
La brigade entre à Prilep le 23 septembre. Plutôt que de suivre les routes, où l’attendent les arrière-gardes ennemies, Jouinot-Gambetta choisit de passer par le massif de la Golešnica, réputé infranchissable pour des troupes montées. Pendant plusieurs jours, les cavaliers progressent à pied une partie du temps, par des sentiers de montagne, en tirant leurs chevaux, avec des vivres et des munitions réduits au minimum. Dans la nuit du 28 au 29 septembre, ils débouchent en vue d’Uskub.
À l’aube, les spahis marocains escaladent les pentes du mont Vodno, qui domine la ville au sud, pendant que d’autres escadrons en tiennent les abords. Vers 09 h 00, la gare est atteinte ; les cavaliers entrent dans la ville et franchissent le Vardar. La garnison, surprise, est dispersée ou capturée ; des dépôts importants tombent aux mains des Français. La XIe armée, qui combat plus au sud, perd sa principale voie de retraite. Elle doit déposer les armes après l’entrée en vigueur de l’armistice.
La prise d’Uskub est l’une des dernières grandes actions de cavalerie à cheval de l’armée française. Le 1er régiment de spahis, héritier du régiment de marche de spahis marocains, en fait sa fête d’arme, célébrée chaque 29 septembre à Valence. Jouinot-Gambetta a publié en 1920 le récit de l’opération, Uskub, ou Du rôle de la cavalerie d’Afrique dans la victoire.
Lire l’article de Camille Harlé-Vargas sur THEATRUM BELLI.
Aller au contenu PDF29 septembre 1918 : la Bulgarie signe l’armistice de Salonique.
14 jours après la percée du Dobro Pole, les délégués bulgares signent au quartier général de Franchet d’Espèrey une convention d’armistice qui entre en vigueur le lendemain à midi. La Bulgarie est la première des Puissances centrales à sortir de la guerre. Le même jour, à Spa, Hindenburg et Ludendorff demandent au gouvernement allemand d’ouvrir des négociations d’armistice.
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Entrée en guerre aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie en octobre 1915, la Bulgarie a contribué à l’écrasement de la Serbie. En 1918, son armée, épuisée par trois ans de guerre de position sur le front de Macédoine, mal ravitaillée, est gagnée par la lassitude. L’offensive alliée du 15 septembre provoque son effondrement : des unités se débandent, d’autres se mutinent et marchent vers la capitale. Le 26 septembre, le gouvernement d’Alexandre Malinov demande un armistice.
La délégation bulgare, composée du ministre des Finances Andreï Liaptchev, du général Ivan Loukov et du diplomate Simeon Radev, arrive à Salonique le 28. Franchet d’Espèrey impose ses conditions. La convention, signée le 29 septembre, prévoit l’évacuation immédiate des territoires grecs et serbes occupés, la démobilisation de l’armée bulgare, à l’exception de quelques unités, la remise des armes et des moyens de transport, et le libre passage des troupes alliées sur le territoire bulgare. Les soldats bulgares qui se trouvent à l’ouest du méridien d’Uskub à l’heure de l’armistice sont faits prisonniers. Les hostilités cessent le 30 septembre à midi.
Le tsar Ferdinand abdique le 3 octobre au profit de son fils Boris III. La défection bulgare coupe les communications terrestres entre l’Allemagne et l’Empire ottoman et ouvre aux Alliés la route du Danube. Sur le front occidental, le 29 septembre est aussi le jour où l’armée britannique de Rawlinson attaque la ligne Hindenburg sur le canal de Saint-Quentin. La 46e division britannique franchit le canal à Riqueval en partie à la nage, avec des gilets de sauvetage, et s’empare intacte du pont de Riqueval, pendant que les divisions américaines et australiennes attaquent le tunnel de Bellicourt. À Spa, le commandement suprême allemand informe le chancelier et le ministre des Affaires étrangères que la guerre ne peut plus être gagnée. Le chancelier Hertling démissionne ; son successeur, le prince Max de Bade, adresse le 3 octobre au président Wilson une première demande d’armistice.
29 septembre 1938 : conférence et accords de Munich.
Réunis à Munich sans représentant tchécoslovaque, Hitler, Mussolini, Neville Chamberlain et Édouard Daladier s’accordent sur la cession à l’Allemagne des régions germanophones de Tchécoslovaquie. Datés du 29 septembre, les accords sont signés peu après une heure du matin le 30. Prague, lâchée par ses alliés, doit s’incliner.
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Après l’annexion de l’Autriche en mars 1938, Hitler se tourne vers la Tchécoslovaquie, dont les régions frontalières, les Sudètes, comptent environ 3 millions d’Allemands. Le Parti allemand des Sudètes de Konrad Henlein, soutenu par Berlin, multiplie les revendications. La Tchécoslovaquie est liée à la France par un traité d’alliance et à l’URSS par un pacte d’assistance dont l’application dépend de l’intervention française.
Chamberlain rencontre Hitler à Berchtesgaden le 15 septembre, puis à Bad Godesberg le 22. Le Führer durcit ses exigences et fixe au 1er octobre la date de l’entrée de ses troupes. Prague mobilise le 23 septembre ; la France rappelle des réservistes, la Royal Navy est mise en alerte. Le 28, à la demande de Chamberlain et sur l’intervention de Mussolini, Hitler accepte une conférence à quatre.
Les discussions se déroulent le 29 dans le Führerbau de Munich, sur la base d’un texte présenté par Mussolini mais préparé à Berlin. L’accord prévoit l’évacuation des territoires des Sudètes et leur occupation par la Wehrmacht en plusieurs étapes, du 1er au 10 octobre, une commission internationale devant fixer le tracé définitif. Les deux diplomates tchécoslovaques présents à Munich, tenus à l’écart, se voient remettre le texte dans la nuit. Le 30 au matin, Chamberlain fait signer à Hitler une déclaration commune sur la volonté des deux peuples de ne plus se faire la guerre. À leur retour, Chamberlain et Daladier sont acclamés.
La Tchécoslovaquie perd près d’un tiers de sa population et ses fortifications frontalières. Le président Edvard Beneš démissionne le 5 octobre. La Pologne s’empare de la région de Teschen le 2 octobre ; par l’arbitrage de Vienne du 2 novembre, la Hongrie reçoit le sud de la Slovaquie. Le 15 mars 1939, la Wehrmacht entre à Prague et Hitler proclame le protectorat de Bohême-Moravie. Munich est resté le symbole des concessions faites à une puissance agressive dans l’espoir d’éviter la guerre.
29 septembre 1941 : début du massacre de Babi Yar (Kiev).
En deux jours, les 29 et 30 septembre, le Sonderkommando 4a de l’Einsatzgruppe C et des bataillons de police allemands abattent 33 771 juifs de Kiev dans le ravin de Babi Yar, à la lisière de la ville. C’est l’une des plus grandes tueries par balles de la Shoah.
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La Wehrmacht entre dans Kiev le 19 septembre 1941. À partir du 24, des explosions et des incendies, provoqués par des charges laissées par le NKVD avant son départ, détruisent une partie du centre-ville, autour de la rue Khreshchatyk. Lors d’une réunion à laquelle participent le commandant militaire de la ville, le général Kurt Eberhard, le chef supérieur de la SS et de la police Friedrich Jeckeln, le chef de l’Einsatzgruppe C Otto Rasch et le commandant du Sonderkommando 4a Paul Blobel, les autorités allemandes décident de faire payer ces sabotages aux juifs de la ville.
Le 26 septembre, des affiches ordonnent à tous les Juifs de Kiev de se présenter le 29 au matin, avec leurs papiers, leur argent et des vêtements chauds, à un carrefour proche du cimetière juif, sous peine de mort. Beaucoup croient à une déportation. Le 29, la foule, composée surtout de femmes, d’enfants et de personnes âgées, les hommes en âge de combattre étant pour la plupart dans l’Armée rouge ou évacués, est dirigée vers le ravin. Les victimes doivent se déshabiller et remettre leurs biens, puis sont conduites par petits groupes au bord des fosses et abattues. Des policiers auxiliaires ukrainiens participent à l’encadrement. Le rapport d’activité de l’Einsatzgruppe transmis à Berlin annonce 33 771 exécutions pour les deux journées. Quelques dizaines de personnes seulement survivent, dont Dina Pronicheva, qui témoignera plus tard.
Babi Yar reste un lieu d’exécution pendant toute l’occupation : juifs, prisonniers de guerre soviétiques, roms, patients d’hôpitaux psychiatriques, résistants et otages y sont tués ; le nombre total des victimes est estimé entre 100 000 et 150 000. En août 1943, avant la reprise de Kiev par l’Armée rouge, Blobel fait exhumer et brûler les corps par des détenus pour effacer les traces. Condamné à mort au procès des Einsatzgruppen à Nuremberg, il est pendu en 1951. L’URSS a longtemps passé sous silence le caractère antisémite du massacre ; le poème d’Evgueni Evtouchenko, en 1961, puis la treizième symphonie de Chostakovitch ont contribué à le rappeler.
29 septembre 1943 : l’« armistice long » est signé à Malte.
À bord du cuirassé britannique Nelson, en rade de La Valette, le maréchal Pietro Badoglio, chef du gouvernement italien, et le général Dwight Eisenhower signent les conditions complètes de la capitulation italienne. Elles complètent l’armistice militaire signé à Cassibile le 3 septembre.
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Mussolini a été renversé le 25 juillet 1943 par le Grand Conseil du fascisme et arrêté sur ordre du roi Victor-Emmanuel III, qui confie le gouvernement à Badoglio. Des émissaires italiens négocient en secret avec les Alliés. Le 3 septembre, le général Giuseppe Castellano signe à Cassibile, en Sicile, un armistice court, de nature militaire, dont l’annonce est faite le 8 septembre. Les Allemands, qui s’y attendaient, désarment aussitôt l’armée italienne en Italie, dans les Balkans et en France ; le roi et Badoglio quittent Rome pour Brindisi.
Le document signé à Malte le 29 septembre comprend quarante-quatre articles. Il prévoit la reddition sans condition des forces armées italiennes, la remise de la flotte et de l’aviation, l’arrestation et la livraison de Mussolini et des principaux responsables fascistes, et soumet l’administration du pays au contrôle d’une commission alliée. Badoglio obtient que les conditions ne soient pas rendues publiques et, le 9 novembre, à Brindisi, une modification de l’intitulé : le texte devient « conditions additionnelles d’armistice », sans le terme de reddition.
Le 13 octobre 1943, le gouvernement Badoglio déclare la guerre à l’Allemagne ; l’Italie devient « cobelligérante ». Mussolini, libéré par un commando allemand le 12 septembre, dirige dans le nord la République sociale italienne. La campagne d’Italie se poursuit jusqu’en mai 1945. Le régime d’armistice prend fin avec l’entrée en vigueur du traité de paix de Paris, le 15 septembre 1947.
29 septembre 1948 : premier vol du Vought XF7U-1 Cutlass.
Sur la base aéronavale de Patuxent River, dans le Maryland, le pilote d’essai en chef de Vought, J. Robert Baker, fait voler le premier prototype du Cutlass. Ce biréacteur embarqué sans empennage horizontal est le premier chasseur à aile en flèche de l’US Navy et le premier conçu d’emblée avec postcombustion. Il sera aussi l’un des avions les plus dangereux de l’aviation navale américaine.
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Le 1er juin 1945, l’US Navy lance une compétition pour un chasseur de jour embarqué à réaction. L’appareil doit atteindre environ 965 km/h et opérer jusqu’à 12 000 mètres. Chance Vought, constructeur du Corsair, présente un projet très inhabituel, le V-346. L’aile est en flèche prononcée. Il n’y a pas d’empennage horizontal : deux dérives sont placées sur le bord de fuite de l’aile, et des gouvernes combinées assurent à la fois le contrôle en tangage et en roulis. Le projet l’emporte en 1946. Le 25 juin 1946, la Marine commande trois prototypes XF7U-1, propulsés par deux réacteurs Westinghouse J34 et construits à l’usine de Stratford, dans le Connecticut. L’appareil est le dernier conçu sous la direction de Rex Beisel, qui avait dessiné en 1922 le premier chasseur spécifiquement naval des États-Unis, puis le F4U Corsair.
La formule est souvent rattachée aux recherches allemandes sur les ailes sans queue, celles d’Arado ou d’Alexander Lippisch, dont les Alliés récupèrent la documentation en 1945. Vought a toujours nié toute filiation, et l’importance réelle de ces données reste discutée.
Le premier vol, le 29 septembre 1948, révèle d’emblée plusieurs difficultés, et le programme d’essais s’avère meurtrier. Les trois prototypes sont détruits dans des accidents. Le 7 juillet 1950, le pilote d’essai de Vought Paul Thayer doit s’éjecter de son appareil en feu devant le public d’un meeting aérien. Les 14 F7U-1 de série, livrés à partir de 1950, servent aux essais et à l’évaluation, mais aucun n’est déclaré apte au service en escadrille. Lors des essais à la mer, un seul appontage de F7U-1 est réalisé : le pilote ne voyait pas le pont d’envol pendant l’approche. La version F7U-2, commandée à 88 exemplaires en 1949, est annulée faute de réacteurs disponibles.
Vought redessine alors l’avion. Le F7U-3, plus long et plus robuste, vole le 20 décembre 1951. Il reçoit des réacteurs Allison J35 avec postcombustion, mais les 16 premiers exemplaires en sont dépourvus. Il entre en service dans la flotte en 1954. Parmi ses variantes figurent le F7U-3M, armé de missiles air-air Sparrow I, et le F7U-3P de reconnaissance photographique. La Patrouille acrobatique de la Navy, les Blue Angels, présente brièvement deux F7U-1 en 1952.
L’avion reste difficile à exploiter. Sa formule impose une incidence élevée au décollage et à l’appontage. Il faut donc une jambe de train avant très haute, qui place le pilote à plus de quatre mètres au-dessus du pont, avec une mauvaise vue vers l’avant. Cette jambe casse souvent à l’appontage. Les réacteurs manquent de puissance, et une panne de moteur à basse vitesse est souvent fatale. Les marins surnomment l’avion Gutless Cutlass, « le Cutlass sans tripes », ou Ensign Eliminator, « l’éliminateur d’enseignes », du nom du grade des jeunes pilotes. Sur 320 exemplaires construits, environ un quart est détruit dans 78 accidents graves, qui coûtent la vie à 4 pilotes d’essai et à 21 pilotes de la Navy. Le Cutlass est retiré du service de première ligne en 1957, remplacé par le F-8 Crusader, également signé Vought.

29 septembre 1950 : le capitaine Richard V. Wheeler saute en parachute de 42 449 pieds (12 938 mètres) au-dessus du Nouveau-Mexique.
Chef de la section d’essais de parachutes d’un laboratoire de l’US Air Force, le capitaine Richard Vincent « Dick » Wheeler saute d’un avion volant à plus de 12 900 mètres, au-dessus de la zone d’essais de White Sands, près de la base de Holloman. Il établit ainsi un record du monde d’altitude pour un saut en parachute. Ce saut d’essai lui vaut une deuxième Distinguished Flying Cross, sous la forme d’une feuille de chêne ajoutée à sa première décoration.
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Né le 28 mars 1921 dans une famille de militaires, Wheeler sort de l’Académie militaire de West Point en 1943. Il est aussitôt affecté en Europe au 416e groupe de bombardement léger et pilote des bimoteurs A-20 Havoc dans des missions d’attaque à basse altitude. Il effectue 69 missions de guerre, dont la trente-troisième le 6 juin 1944, en appui du débarquement de Normandie.
Après la guerre, il sert dans plusieurs bases aux États-Unis, dont Fairbanks, en Alaska, et suit les cours de l’Air Force Institute of Technology à Wright Field (Ohio). En 1950, il dirige la section d’essais de parachutes du laboratoire aéromédical et des équipements de l’Air Force. Au Nouveau-Mexique, cette section conduit un programme de sauts réels avec des parachutes expérimentaux, dans le cadre d’études sur l’évacuation à haute altitude.
Le problème devient pressant au début de l’ère des avions à réaction. Les bombardiers et les chasseurs volent désormais au-dessus de 10 000 m. Un équipage qui évacue à cette altitude affronte un air trop pauvre en oxygène pour rester conscient plus de quelques dizaines de secondes, des températures de l’ordre de −50 °C et, si le parachute s’ouvre trop tôt, un choc d’ouverture violent suivi d’une longue descente dans le froid. Le précédent record avait été établi le 24 juin 1943 par le lieutenant-colonel William R. Lovelace II, médecin de l’armée, qui avait sauté d’un B-17 à 40 200 pieds (12 253 mètres) au-dessus de l’État de Washington pour tester un équipement d’oxygène. Le choc d’ouverture l’avait assommé, et il avait eu une main gelée. Le saut de Wheeler dépasse cette altitude d’environ 700 m et apporte de nouvelles données sur la survie de l’homme en haute altitude et sur le comportement des parachutes.
Ce record est dépassé dans les années suivantes par les sauts réalisés depuis des ballons stratosphériques. Le 16 août 1960, le capitaine Joseph Kittinger, lui aussi affecté à Holloman, saute de 102 800 pieds (31 333 mètres) lors de l’opération Excelsior III.
Marié en 1951, Wheeler dirige de 1960 à 1964, à Vandenberg (Californie), les essais du missile balistique intercontinental Titan II, lancé depuis des silos souterrains. Il prend sa retraite de l’Air Force en 1968 avec le grade de colonel et travaille ensuite dix ans chez McDonnell Douglas. Il meurt le 29 décembre 2009 en Californie et repose au cimetière de West Point.
29 septembre 1954 : premier vol du McDonnell F-101 Voodoo.
Sur la base d’Edwards, en Californie, le pilote d’essai de McDonnell Robert C. Little fait décoller le F-101A n° 53-2418. Ce biréacteur monoplace est conçu à l’origine pour escorter les bombardiers stratégiques jusqu’en Union soviétique. Lors de ce premier vol, il atteint Mach 0,9 à 10 700 mètres. Le Voodoo deviendra supersonique en palier et servira successivement comme chasseur-bombardier nucléaire, avion de reconnaissance et intercepteur. Il est resté en service jusqu’au milieu des années 1980.
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Le Voodoo dérive d’un programme lancé en 1946 par l’aviation de l’armée américaine, qui voulait un « chasseur de pénétration » capable d’accompagner les bombardiers à long rayon d’action. McDonnell y répond avec le XF-88 Voodoo, qui vole en octobre 1948. Le programme est interrompu en 1950. La première explosion atomique soviétique, en août 1949, a en effet conduit l’US Air Force à donner la priorité aux intercepteurs. La guerre de Corée relance ensuite le besoin d’escorte pour les bombardiers du Strategic Air Command. McDonnell reprend alors le XF-88 et l’agrandit profondément : fuselage allongé, deux réacteurs Pratt & Whitney J57 à postcombustion, entrées d’air redessinées, empennage horizontal placé au sommet de la dérive. Le nouvel appareil prend le nom de F-101. Une première commande de 29 exemplaires est passée le 28 mai 1953.
Il n’y a pas de prototype. Selon une méthode alors en vogue à l’US Air Force, les premiers avions de série servent directement aux essais. Le 53-2418, premier F-101A sorti de l’usine de Saint-Louis, est donc à la fois le premier Voodoo de série et l’appareil du premier vol. Les essais révèlent un défaut sérieux : aux fortes incidences, l’empennage horizontal passe dans le sillage de l’aile, et l’avion se cabre brutalement sans que le pilote puisse le rattraper. Ce phénomène de cabrage incontrôlé (pitch-up) ne sera jamais totalement corrigé. Il faudra installer un système d’alerte et un dispositif qui repousse automatiquement le manche.
Entre-temps, le Strategic Air Command a renoncé à l’escorte : aucun chasseur ne peut suivre ses bombardiers jusqu’à leurs objectifs et en revenir. Le Voodoo passe au Tactical Air Command. Équipé pour emporter une bombe nucléaire tactique, il sert de chasseur-bombardier dans sa version F-101A, puis F-101C, notamment dans les unités américaines stationnées en Angleterre. Le 53-2418, lui, est confié à General Electric, qui l’utilise comme banc d’essai pour le réacteur J79, futur moteur du F-4 Phantom II. Il est désigné NF-101A et rendu à l’US Air Force en 1959.
Le 12 décembre 1957, le major Adrian Drew bat le record du monde absolu de vitesse sur un F-101A modifié : 1 943 km/h au-dessus d’Edwards. Il enlève ainsi le record au Fairey Delta 2 britannique. Quelques semaines plus tôt, en novembre, des RF-101C ont battu les records de traversée des États-Unis lors de l’opération Sun Run.
Les versions de reconnaissance RF-101A et RF-101C connaissent la carrière la plus active. En octobre 1962, pendant la crise de Cuba, elles photographient à basse altitude les sites de missiles soviétiques. À partir de 1961, elles sont les premiers avions de reconnaissance à réaction américains engagés en Asie du Sud-Est. Au Vietnam et au Laos, elles volent souvent sans escorte et subissent de lourdes pertes. La version biplace F-101B, qui vole pour la première fois le 27 mars 1957, équipe à partir de 1959 les escadrons d’interception de l’Air Defense Command. Elle emporte des missiles air-air Falcon et la roquette à charge nucléaire AIR-2 Genie, destinée à détruire des formations de bombardiers. La Garde nationale aérienne l’utilise jusqu’en 1982.
McDonnell construit 807 Voodoo au total, dont 77 F-101A. Le Canada exploite des CF-101 dans la défense aérienne de l’Amérique du Nord de 1961 à 1984, et Taïwan reçoit des RF-101A pour survoler la Chine continentale. Après sa carrière d’essais, le 53-2418 est cédé à une école civile de mécanique aéronautique. Partiellement restauré, il est aujourd’hui exposé à l’Evergreen Aviation and Space Museum de McMinnville, dans l’Oregon.

29 septembre 1957 : explosion au complexe nucléaire militaire de Maïak (URSS).
Dans l’Oural du Sud, une cuve de déchets hautement radioactifs explose sur le site secret de production de plutonium de Tcheliabinsk-40. Le nuage contamine une bande de territoire de plusieurs centaines de kilomètres. Connu sous le nom de catastrophe de Kychtym, l’accident, classé au niveau 6 de l’échelle internationale INES, sera caché pendant plus de 30 ans.
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Le combinat Maïak, construit à partir de 1946 près de la ville fermée de Tcheliabinsk-40 (aujourd’hui Oziorsk), produit le plutonium des premières bombes atomiques soviétiques. Les déchets liquides de haute activité issus du retraitement du combustible sont stockés dans des cuves d’acier enterrées dans des fosses en béton, refroidies en permanence.
Le dimanche 29 septembre 1957, vers 16 h 20, le système de refroidissement d’une cuve contenant 70 à 80 tonnes de déchets étant tombé en panne, les résidus asséchés, composés de nitrates et d’acétates, explosent. La dalle de béton de 160 tonnes qui recouvre la fosse est projetée à plusieurs mètres. Une grande partie de la radioactivité retombe sur le site, mais environ 2 millions de curies sont emportés par le vent vers le nord-est. La zone contaminée, appelée plus tard « trace radioactive de l’Oural oriental », s’étend sur environ 300 km de long.
Environ 10 000 habitants d’une vingtaine de villages sont évacués au cours des mois suivants, sans explication ; les villages sont rasés, le bétail abattu, les récoltes détruites. Une zone interdite est créée. Les soldats et les détenus mobilisés pour la décontamination reçoivent des doses importantes. L’accident, connu des services occidentaux, n’est révélé au public qu’en 1976 par le biologiste soviétique exilé Jaurès Medvedev. Les autorités soviétiques ne le reconnaissent officiellement qu’à la fin des années 1980. Maïak, qui avait déjà rejeté de grandes quantités de déchets dans la rivière Techa et le lac Karatchaï, reste l’un des sites les plus contaminés au monde.
29 septembre 1979 : exécution de l’ancien président Francisco Macías Nguema (Guinée équatoriale).
À Malabo, un tribunal militaire spécial condamne à mort le premier président de la Guinée équatoriale, renversé le 3 août par son neveu, le lieutenant-colonel Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Macías et 6 de ses collaborateurs sont fusillés le jour même. Sous son régime, le pays avait perdu par les massacres et l’exil une part considérable de sa population.
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Ancienne colonie espagnole, la Guinée équatoriale accède à l’indépendance le 12 octobre 1968. Francisco Macías Nguema, fonctionnaire fang du Río Muni, remporte l’élection présidentielle. Dès 1969, après une crise avec l’Espagne et une tentative de coup d’État présumée, il fait arrêter et tuer ses adversaires. En 1972, il se proclame président à vie. Le parti unique, une milice de jeunes et une police politique encadrent la population ; l’Église catholique est persécutée, les écoles de missions fermées, l’économie de plantation s’effondre. La prison de Black Beach, à Malabo, devient le symbole de la répression. Les estimations du nombre de morts vont de 20 000 à 50 000, pour une population d’environ 300 000 habitants ; plus de 100 000 personnes auraient fui le pays.
En 1979, Macías fait exécuter plusieurs membres de sa propre famille, dont un frère d’Obiang. Ce dernier, gouverneur militaire de l’île de Bioko et vice-ministre des Forces armées, s’empare du pouvoir le 3 août avec le soutien de l’armée. Les combats avec les fidèles de Macías font plusieurs centaines de morts. Le président déchu, qui a brûlé une partie du trésor public avant de s’enfuir vers la frontière camerounaise, est capturé le 18 août.
Le procès s’ouvre le 24 septembre dans un cinéma de Malabo. Macías est accusé notamment de génocide, d’assassinats et de détournement de fonds. Le 29 septembre, le tribunal le condamne à mort avec six coaccusés ; la sentence est exécutée le soir même par un peloton que plusieurs témoignages disent composé de soldats marocains, les militaires équatoguinéens craignant les pouvoirs attribués au condamné. Obiang, président du Conseil militaire suprême, puis président de la République, dirige depuis lors le pays.
29 septembre 1995 : fin de cavale pour Khaled Kelkal (Vaugneray – Rhône).
Recherché dans toute la France pour sa participation à la vague d’attentats de l’été 1995, Khaled Kelkal est intercepté en fin de journée par un détachement de l’Escadron parachutiste d’intervention de la gendarmerie nationale (EPIGN), au lieu-dit « la Maison Blanche », dans les monts du Lyonnais. Il ouvre le feu et est tué. La scène, filmée par une équipe de télévision, suscite une polémique.
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Né à Mostaganem, en Algérie, le 28 avril 1971, Khaled Kelkal grandit à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise. Condamné pour des vols, il se radicalise en prison. Il est recruté par un réseau du Groupe islamique armé (GIA) algérien, mis en place en France par Ali Touchent et coordonné à Paris par Boualem Bensaïd. Le GIA, engagé dans la guerre civile algérienne, reproche à la France son soutien au gouvernement d’Alger.
Kelkal est impliqué dans l’assassinat de l’imam Abdelbaki Sahraoui, tué le 11 juillet 1995 dans sa mosquée de la rue Myrha, à Paris. Le 25 juillet, une bombe fabriquée avec une bouteille de gaz explose dans une rame du RER B à la station Saint-Michel–Notre-Dame, faisant huit morts et plus d’une centaine de blessés. Suivent l’attentat de la place de l’Étoile (17 août, 17 blessés) et la découverte, le 26 août, d’une bombe posée sur la voie du TGV Paris-Lyon à Cailloux-sur-Fontaines, près de Lyon : elle n’a pas explosé, et les empreintes de Kelkal y sont relevées. Son portrait est diffusé à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires. Le 3 septembre, une bombe défectueuse blesse quatre personnes au marché du boulevard Richard-Lenoir, à Paris ; le 7 septembre, une voiture piégée explose devant une école juive de Villeurbanne, faisant quatorze blessés.
Le 27 septembre, Kelkal et un complice échappent à un contrôle dans la forêt de Malval, près de Lyon ; le complice est arrêté après un échange de tirs. Des centaines de gendarmes ratissent la zone. Le 29, peu avant 20 heures, Kelkal est repéré près d’un arrêt de bus à Vaugneray. Encerclé par huit gendarmes de l’EPIGN, il tire avec un pistolet et est abattu. Un journaliste de M6 filme l’intervention ; la diffusion de propos d’un gendarme captés par la bande-son provoque un débat.
Les attentats ne cessent pas : le 6 octobre, jour de son enterrement, une bombe blesse une douzaine de personnes près de la station de métro Maison-Blanche, à Paris, et le 17 octobre une explosion dans le RER C, entre Musée-d’Orsay et Saint-Michel, fait une trentaine de blessés. Les carnets saisis sur Kelkal permettent de démanteler le réseau. Bensaïd et Smaïn Aït Ali Belkacem sont condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité en 2002. Rachid Ramda, qui avait financé les attentats depuis Londres, est extradé en 2005 et condamné à son tour. Ali Touchent a été tué en Algérie en 1997.
29 septembre 2013 : massacre du collège d’agriculture de Gujba (Nigeria).
Vers une heure du matin, des combattants de Boko Haram pénètrent dans les dortoirs des garçons du collège d’agriculture de Gujba, dans l’État de Yobe, et tirent sur les étudiants endormis. Entre 40 et 50 jeunes gens sont tués. L’attaque s’inscrit dans une série de tueries visant les établissements d’enseignement du nord-est du Nigeria.
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Fondé au début des années 2000 à Maiduguri par le prédicateur Mohammed Yusuf, le mouvement désigné sous le nom de Boko Haram, souvent traduit par « l’éducation occidentale est un péché », entre en insurrection armée en 2009 ; Yusuf est tué en détention la même année. Sous la direction d’Abubakar Shekau, le groupe multiplie les attentats contre les forces de sécurité, les églises, les mosquées qui lui sont hostiles et les écoles. Le 14 mai 2013, le président Goodluck Jonathan décrète l’état d’urgence dans les États de Borno, de Yobe et d’Adamawa et y déploie des renforts militaires. Le 6 juillet, à Mamudo, près de Damaturu, des assaillants tuent des dizaines d’élèves d’un internat ; les écoles de Yobe ferment plusieurs semaines.
Le collège d’agriculture de Gujba, à une trentaine de kilomètres au sud de Damaturu, a rouvert. Dans la nuit du 28 au 29 septembre, des hommes armés arrivent en pick-up et à moto, entrent dans les dortoirs, abattent les étudiants et incendient des salles de classe. Les bilans varient selon les sources, entre 40 et 50 morts ; le gouverneur de l’État en annonce une quarantaine. Environ un millier d’étudiants s’enfuient du campus. Les habitants et les survivants dénoncent l’absence de toute protection militaire.
Les attaques contre les écoles se poursuivent. Le 25 février 2014, 59 garçons sont tués au collège fédéral de Buni Yadi, dans le même État. Le 14 avril 2014, 276 lycéennes sont enlevées à Chibok, dans l’État de Borno. Des centaines d’écoles sont détruites ou fermées dans le nord-est du pays, et des dizaines de milliers d’enfants privés de scolarité.







