mercredi 28 février 2024

CHRONICORUM BELLI du 6 février

6 février 1626 : Richelieu fait interdire la pratique du duel.

A une époque où tous les cadres de l’armée royale sont issus des rangs de la noblesse, la pratique du duel pour laver les affronts à l’honneur finit par entamer dangereusement les effectifs de l’encadrement. Richelieu demande à Louis XIII de promulguer un édit punissant de mort les contrevenants, considérant que la défense de l’honneur individuel ne doit pas mettre en danger le Royaume. Il fait décapiter le 21 juin 1627, deux jeunes nobles pris en flagrant délit de duel. Même si le propre frère de Richelieu est mort en duel avant le fameux édit, c’est pour asseoir l’autorité de l’Etat naissant que Richelieu frappe si fort contre ceux qui sont pourtant ses serviteurs.


6 février 1778 : Louis XVI reconnait l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique.  

Le comte de Vergennes (ministre de Louis XVI) signe avec Benjamin Franklin (représentant Washington en France) un traité de commerce et d’assistance qui officialise l’aide militaire que certains officiers français (comme La Fayette) ont décidé d’apporter à titre individuel aux américains. Un corps expéditionnaire commandé par Rochambeau vient prêter main forte aux premiers volontaires français. 

Voir la RHA N° 125 (4/1976) Spécial Indépendance des Etats-Unis d’Amérique.


6 février 1806 : bataille navale de Saint Domingue (Mer des Caraïbes).

L’escadre du contre-amiral Leissègues (8 navires) est sévèrement battue par celle du vice-amiral anglais Duckworth (11 navires) en deux heures de combat. Leissègue avait cependant réussi, le 22 janvier, à forcer le blocus anglais de l’ile pour apporter vivres et troupes au général Ferrand, commandant Saint Domingue.


6 février 1807 : combat de Hoff (actuelle Russie – proche de Kaliningrad).

En deux charges de cavalerie, les dragons du général Klein et les cuirassiers du général d’Hautpoul balayent deux régiments d’infanterie russes qui tentaient de reprendre Hoff. L’ennemi perd 2000 hommes. Les Russes se replient sur Eylau où le gros de leurs forces s’est regroupé. Hautpoul sera mortellement blessé à Eylau deux jours plus tard.

***

L’armée française se remit en marche le 6 au matin pour suivre l’ennemi. Le grand-duc de Berg et les maréchaux Soult et Augereau se portèrent sur Landsberg, le maréchal Davout sur Heilsberg, le maréchal Ney sur Wormditt, pour empêcher la colonne coupée à Deppen, et en partie culbutée, de s’élever à cette hauteur.

Les Russes voulurent s’arrêter pendant la nuit de 6 au 7 à Landsberg. En conséquence ils se couvrirent par un gros détachement placé à Hoff. Au milieu d’un pays accidenté, une forte masse d’infanterie, ayant à sa droite un village, à sa gauche des bois, protégée de plus par une cavalerie nombreuse, barrait la route. Murat trouva l’arrière-garde russe entre les villages de Gross-Glaudau et de Hoff, et la fit charger sur-le-champ. L’ennemi déploya alors plusieurs lignes de cavalerie pour soutenir cette arrière-garde, composée de douze bataillons d’infanterie légère; ce qui détermina le grand-duc à faire de nouvelles dispositions. Il ordonna d’attaquer successivement la droite et la gauche des Russes, appuyées à un mamelon et à un bois. Les dragons du général Klein et les cuirassiers du général d’Hautpoul, en chargeant avec leur fermeté ordinaire, culbutèrent et sabrèrent deux régiments d’infanterie légère russe. Les colonels, la plupart des officiers et soldats, les drapeaux et les canons de ces régiments furent pris. Au même instant paraissait la division Legrand du corps du maréchal Soult. Un de ses régiments marcha sur le village à gauche, et l’enleva. Les Russes, attachant beaucoup de prix à cette position, qui assurait la tranquillité de leur nuit, tentèrent encore un effort sur le village. Surpris au plus fort de leur lutte avec l’infanterie française, par une nouvelle charge de nos cuirassiers, ils furent définitivement culbutés, et battirent en retraite après une perte de deux mille hommes, sacrifiés dans ce combat d’arrière-garde. La nuit mit fin à ce combat, prélude d’une lutte bien plus sérieuse qui se préparait pour les deux jours suivants.

Le général Benningsen, poursuivi de la sorte, ne crut pas qu’il y eût sûreté à passer la nuit dans la ville de Landsberg, et se retira sur Eylau, où il entra dans la journée du 7 février.


6 février 1840 : bataille de Mazagran (Algérie).

Les troupes françaises occupent depuis maintenant 10 ans l’Algérie mais sont encore confrontées à une forte opposition d’Abd el Kader. Le fort de Mazagran, situé à 4 km de Mostaganem, est la garnison de la 10ème compagnie du 1er bataillon d’infanterie légère d’Afrique (BILA) et est resté célèbre suite à l’attaque qu’il a repoussée. Ces BILA sont plus connus sous l’appellation de Bat d’Af ou de bataillon disciplinaire puisque nombre de leurs chasseurs sont d’anciens droits communs. Le 3 févier, l’armée de Mustapha ben Tami, un des lieutenants d’Abd el Kader, attaque le fort avec 2000 à 12 000 hommes (selon les sources) pensant que les 123 chasseurs qui le défendent seront écrasés et que la garnison de Mostaganem sera obligée de sortir et de s’exposer. Or, contre toute attente, la 10ème compagnie du capitaine Lelièvre résiste parfaitement aux trois jours d’assaut et inflige une belle défaite aux assaillants. Mazagran ayant tenu, Mostaganem n’a pas été inquiété.

Mazagran


6 février 1862 : victoire de Andrew Hull Foote à la bataille de Fort Henry pendant la guerre de Sécession.

Une force fluviale nordiste, la flottille de l’Ouest, commandée par A. H. Foote, bombarde et fait capituler un fort sudiste encerclé par les troupes du général Grant. Il s’agit de la première victoire d’envergure pour l’Union et pour Grant sur le Théâtre occidental de la guerre de Sécession. Ce combat est également le premier de l’histoire occidentale où une position fluviale ait été défendue par des mines submergées destinées à éventrer les navires assaillants.

Les  et , Grant débarque deux divisions juste au nord de Fort Henry, sur le Tennessee. Son plan est de marcher sur Fort Henry le , pendant que celui-ci sera attaqué par les canonnières de l’US Navy commandées par l’amiral Andrew Hull Foote.

La situation géographique défavorable du fort, presque complètement inondé par les crues, et l’efficacité du pilonnage naval poussent le brigadier-général Lloyd Tilghman, qui commande le fort, à se rendre à Foote avant même que les hommes de Grant ne soient arrivés sous ses murs. L’armée de Grant poursuit alors son offensive par voie de terre pour s’emparer de Fort Donelson, situé à une vingtaine de kilomètres de là, sur la rivière Cumberland.

La prise de Fort Henry donne à l’Union le contrôle du trafic fluvial sur le Tennessee, jusqu’au-delà de la frontière de l’Alabama. Les forces fédérales le prouvent en poussant, du  au , un raid naval en amont à l’aide de timberclads, détruisant sur leur passage les navires et des équipements confédérés.


6 février 1899 : ratification par le Sénat américain du traité de Paris

Il met fin officiellement à la guerre hispano-américaine (débutée le 25 avril 1898 à la suite d’une « escalade » des différends opposant les États-Unis et l’Espagne). Le traité marque le début du pouvoir colonial des États-Unis avec l’extension de leur zone d’influence dans le bassin Caraïbes, en Amérique centrale et dans le Pacifique.


6 février 1922 : traité de Washington interrompant la construction de navires de guerre pour dix ans et limitant la flotte de chaque pays.

En 1920, les États-Unis avaient déclaré l’objectif de construire une marine « qui ne soit dépassée par personne » et avaient déjà mis sur cale cinq cuirassés et quatre croiseurs de bataille. Le Japon démarrait un projet de flotte huit-huit (huit cuirassés et autant de croiseurs). Au début de 1921 les Britanniques commandèrent quatre très grands croiseurs de bataille d’un type nouveau et prévoyaient quatre cuirassés correspondants. Cette éclosion de nouveaux navires majeurs alimenta la peur d’une nouvelle course à l’armement naval, similaire à la compétition des « Dreadnought » entre l’Allemagne et la Grande-Bretagne qui mena, en partie, à la Première Guerre mondiale.

Les porte-avions furent traités à part par le traité. En plus d’une limitation en tonnage global, des règles fixant la taille maximum de ces navires furent fixées. Chaque pays n’avait droit qu’à deux porte-avions de plus de 27 000 tonnes, lesquels ne devaient pas dépasser 33 000 tonnes chacun — cette exception était en fait pensée pour permettre de convertir certains croiseurs de bataille en cours de construction en porte-avions, elle donnera naissance à certains des plus célèbres porte-avions de l’Histoire, les classes LexingtonAkagi et Courageous. Le calibre maximum des canons portés par les porte-avions était limité à celui applicable aux croiseurs, pour qu’un cuirassé ne puisse être doté de quelques aéronefs et désigné comme porte-avions.

Le , le gouvernement japonais signala qu’il comptait mettre fin au traité. Ses dispositions restèrent en vigueur jusque fin 1936, et il ne fut pas renouvelé.

Tonnages autorisés
Pays Navires de bataille Porte-avions Nombre
Empire britannique 580 450 tonnes 135 000 tonnes 22
États-Unis 500 600 tonnes 135 000 tonnes 18
Japon 301 320 tonnes 81 000 tonnes 10
France 220 170 tonnes 60 000 tonnes 10
Italie 180 800 tonnes 60 000 tonnes 10


6 février 1934 : manifestation patriotique (Paris).

Alexandre Stavisky (1886-1934).

Le , une manifestation patriotique et antiparlementaire est organisée à Paris devant la Chambre des députés par des groupes de droite, des associations d’anciens combattants et des ligues patriotiques pour protester contre le limogeage du préfet de police Jean Chiappe à la suite de l’affaire de  l’escroc Alexandre Stavisky, couvert par des politiques et retrouvé tué d’une balle de revolver à Chamonix le 8 janvier 1934 .

La manifestation tourne à l’émeute sur la place de la Concorde, faisant 14 victimes civiles, 1 mort chez les forces de l’ordre et plus de 1 000 blessés le soir-même. 2 autres victimes civiles décèdent des suites immédiates de leurs blessures quelques jours plus tard et 4 autres des conséquences de leurs blessures portant ainsi à 19 le nombre total de morts du 6 février 1934. La crise du 6 février 1934 est une des manifestations les plus sanglantes de la Troisième République, depuis la fusillade de Fourmies en 1891. De nouvelles manifestations violentes — avec de nouvelles victimes du côté des manifestants — se produisent les 7, 9 et 12 février. Le bilan de la répression policière s’élève à 30 morts sur l’ensemble de ces manifestations.

La crise provoque dès le lendemain la chute du second gouvernement Daladier et exerce une influence profonde et durable sur la vie politique française.

6 février 1934


6 février 1998 : assassinat du préfet Claude Erignac (Ajaccio – Corse).

Il est préfet de la région Corse depuis le  lorsqu’il est assassiné le  à 21 h 15 à Ajaccio par des indépendantistes corses. Depuis, ses cendres reposent dans une maison familiale située dans le village de Montbrun en Lozère, conformément à une tradition protestante cévenole.

Les auteurs de l’assassinat ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité ; un autre indépendantiste corse, Yvan Colonna, jugé postérieurement au reste du groupe, a été condamné en appel à la même peine le 9 mais nie sa participation à l’attentat. Yvan Colonna, qui a toujours nié être impliqué, a été jugé une troisième fois début , après cassation de son procès en . C’est pour n’avoir pas répondu aux conclusions de la défense concernant l’audition d’un expert en balistique que sa condamnation en appel avait été annulée.

Le , le pourvoi en cassation d’Yvan Colonna est rejeté, rendant sa condamnation à perpétuité définitive. Le , Yvan Colonna a toutefois saisi la Cour européenne des droits de l’homme, estimant qu’il n’a pas eu droit à un procès équitable. Le , la CEDH a jugé sa demande irrecevable. Le  à la maison centrale d’Arles, Yvan Colonna est agressé par un codétenu islamiste. Il en meurt le , à l’hôpital nord de Marseille.

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