Le fil conducteur de ce nouveau numéro de FANTASSINS est le retour de la perspective d’un combat de haute intensité en Europe et la transformation qu’il impose à l’infanterie. Dans sa préface, le général de corps d’armée Bruno Baratz, commandant du Combat futur, situe les évolutions en cours dans la continuité des grandes ruptures du XXe siècle. Il décrit l’arrivée du numérique, de l’intelligence artificielle et de la robotisation comme un changement comparable à celui qu’avaient produit la mécanisation et l’aviation. Drones et robots y sont présentés comme des éclaireurs, des multiplicateurs de force et des appuis dans les zones les plus exposées, susceptibles à terme d’agir de façon autonome sous supervision humaine. Le texte annonce la création des premières unités de drones de combat et le développement d’une première unité robotisée terrestre dans les années à venir, tout en rappelant que le fantassin reste celui qui contrôle le terrain.
Le général Ransan précise que cette évolution ne se résume pas à une question d’effectifs ou d’équipements. Il fixe trois objectifs : doter les régiments des capacités nécessaires pour s’engager et durer en haute intensité, s’inscrire dans la transformation en cours des brigades, et contribuer à la montée en puissance des grandes unités de l’armée de Terre.
La thématique de la haute intensité réunit les contributions d’écoles, de laboratoires et d’unités opérationnelles, qui exposent chacune leur vision d’un même environnement. Plusieurs thèmes y reviennent : l’intégration des robots et des drones à la manœuvre de l’infanterie débarquée, les applications de l’intelligence artificielle, la guerre électronique et la maîtrise du champ électromagnétique, le combat décentralisé, la furtivité et la protection contre les drones, ainsi que le combat urbain. Une attention particulière est portée à l’espace de basse altitude où évoluent les drones, dont les auteurs soulignent le rôle devenu déterminant à la lumière du conflit en Ukraine. Le dossier s’élargit au-delà de l’infanterie, avec des réflexions prospectives sur le champ de bataille de 2040, et au-delà des frontières, avec un regard de l’École de l’infanterie belge.
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